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"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
aucun accent |
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Samedi 1er septembre 29 (4 Tisri) Syro-Phénicie
- Au sortir de la synagogue sur la
place centrale 83 - Une femme riche attire
l'attention de Jésus 83 - Elle lui montre un enfant aux
yeux desséchés 83 - Que Jésus guérit 85 - La femme raconte à tous ce que
Jésus savait 85 |
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Sommaire
du Tome 7 7.167. |
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83> Je vois Jésus qui,
entouré des apôtres et du peuple, sort de la synagogue. Je comprends que
c'est une synagogue parce que, par la porte grande ouverte, je vois le même
mobilier que j'ai vu dans celle de Nazareth, dans une des visions
préparatoires à la Passion. La synagogue se trouve sur la place centrale du village. Une
place nue, seulement entourée de maisons, un bassin au milieu, alimenté par
une fontaine d'où coule une belle eau limpide par une bouche unique faite
d'une pierre creusée comme une tuile. Le bassin sert à abreuver les
quadrupèdes et les nombreuses colombes qui volettent d'une maison à
l'autre ; la fontaine pour remplir les brocs des femmes, de belles
amphores beaucoup en cuivre repoussé, d'autres en cuivre uni, qui brillent au
soleil. En effet il fait du soleil et il est chaud. La terre de la place est
sèche, jaunâtre, Comme elle l'est lorsque un chaud soleil la dessèche. Il n'y
a pas un seul arbre sur la place, mais des touffes de figuiers et des
sarments de vignes débordent par dessus les murets des jardins qui s'alignent
sur les quatre routes qui débouchent sur la place. Ce doit être la fin de
l'été et la fin de la journée. En effet il y a du raisin mûr sur les
tonnelles, et le soleil ne tombe pas à pic, mais il a les rayons obliques du
crépuscule. Sur la place, des
malades attendent Jésus. Je ne vois pourtant pas de miracle parmi eux. Il
passe, se penche sur eux, les bénit et les réconforte, mais ne les guérit
pas, du moins en ce moment. Il y a aussi des femmes avec des enfants et des
hommes de tout âge. Ils semblent connus du Sauveur car il les salue par leurs
noms et ils se serrent autour de Lui avec familiarité. Jésus caresse les
enfants en le penchant affectueusement sur eux. Dans un coin de la place, il y a une femme avec un petit garçon
ou une petite fille (ils sont tous vêtus de la même tunicelle de couleur
claire). Elle ne semble pas être de l'endroit. Je dirais qu'elle est d'une
condition sociale plus élevée Que les autres. Son vêtement est plus ouvragé,
avec des galons et des plis ; ce n'est pas la simple tunique des femmes
du peuple qui a, à la taille, un cordon comme unique ornement et unique adaptation
du vêtement. Cette femme a, au contraire, un habit plus compliqué qui, sans
être le chef-d'œuvre, de vêtements qu'étaient ceux de Marie-Magdeleine,
est déjà très orné. 84> Sur la tête un voile
léger, beaucoup plus que celui des autres femmes qui est de lin fin, alors
que le sien est presque de la mousseline tant il est léger. Il est fixé au
milieu de la tête, avec grâce, et il laisse voir et entrevoir une chevelure
châtaine bien peignée ; les mèches sont tressées simplement mais avec
plus de soins que celles des autres femmes, qui ont des tresses groupées sur
la nuque ou enroulées sur la tête. Sur les épaules un véritable manteau, je
ne sais si l'étoffe est cousue ou tissée en rond, qui a au cou un galon
terminé par une boucle d'argent. Le manteau tombe très ample avec des plis
jusqu'à la cheville. La femme tient par la main le petit ou la petite dont j'ai
parlé, un bel enfant d'environ sept ans. Il est même robuste, mais dépourvu
de vivacité. Il reste tranquille, la tête penchée, à la main de la maman,
indifférent à ce qui se passe. La femme regarde, mais elle n'ose s'approcher du groupe qui
s'est formé autour de Jésus. Elle semble indécise, se demandant si elle va y
aller et craignant d'avancer. Mais ensuite elle prend un moyen terme : attirer
l'attention de Jésus. Elle voit qu'il a pris dans ses bras un bébé tout rosé
et tout riant qu'une mère Lui a présenté et que, tout en parlant avec un
petit vieux, il le serre contre son cœur en le berçant. Elle se penche sur
son enfant et lui dit quelque chose. L'enfant lève la tête. Je vois alors un visage triste, aux yeux
fermés. Il est aveugle. "Pitié de moi, Jésus !" dit-il. La voix enfantine fêle l'air tranquille de la place et arrive,
avec sa plainte jusqu'au groupe. Jésus se retourne et voit. Il se déplace immédiatement avec une
sollicitude affectueuse, sans même rendre à sa mère le bébé qu'il a dans les
bras. Il va, grand et très beau, vers le pauvre petit aveugle qui, après
avoir crié, a de nouveau baissé la tête, inutilement sollicité par sa mère de
répéter le cri. Jésus est en face de la femme. Il la regarde. Elle aussi le
regarde puis, timidement, elle baisse les yeux. Jésus l'aide. Il a rendu
l'enfant qu'il avait dans les bras à la femme qui le Lui avait donné.
"Femme, c'est ton fils ?" "Oui, Maître, c'est mon premier-né." Jésus caresse sa petite tète inclinée. Jésus paraît
n'avoir pas vu la cécité du petit. Mais je pense qu'il le fait
intentionnellement pour que la mère formule sa demande. "Le Très-Haut a donc béni ta maison avec de nombreux
enfants et en te donnant d'abord le garçon consacré au Seigneur." 85> "Je n'ai qu'un
garçon : lui, et trois fillettes, et je n'en aurai pas d'autres..."
Elle sanglote. "Pourquoi pleures-tu, femme ?" "Parce que mon garçon est aveugle, Maître !" "Et tu voudrais qu'il voie. Peux-tu croire ?" "Je crois, Maître. On m'a dit que tu as ouvert des yeux
qui étaient fermés. Mais mon petit est né avec des yeux desséchés.
Regarde-le, Jésus. Sous les paupières, il n'y a rien..." Jésus lève vers Lui le petit visage précocement sérieux et le
regarde en soulevant les paupières avec le pouce. Dessous, c'est le vide. Il
recommence à parler en tenant d'une main le petit visage levé vers Lui. "Pourquoi es-tu venue, alors, femme ?" "Parce que... je sais que c'est plus difficile pour mon
enfant... mais s'il est vrai que tu es l'Attendu, tu peux le faire. Ton Père
a fait les mondes... Ne pourrais-tu faire, Toi, deux pupilles à mon
enfant ?" "Tu crois que je viens du Père, le Seigneur
Très-Haut ?" "Je le crois et que Toi, tu peux tout." Jésus la regarde comme pour apprécier la foi qui est en elle et
la pureté de cette foi. Il sourit, puis il dit : "Enfant, viens
vers Moi" et il le conduit par la main sur un muret haut d'un demi-mètre
qui s'élève Le long de la route devant une maison, une sorte de parapet pour
la protéger de la route qui a un tournant en cet endroit.
La femme a poussé un cri aigu de joie en voyant qu'une fois
enlevés les pouces divins, à la place des orbites vides, deux yeux
magnifiques bleu foncé, comme ceux du Maître, la fixent étonnes et heureux
sous la frange des cheveux noir foncé. 86> Mais elle pousse un
autre cri et, tout en tenant son fils serré contre son cœur, elle
s'agenouille aux pieds du Maître en disant : "Cela aussi, tu le
sais ? Ah ! Tu es vraiment le Fils de Dieu" et elle baise son
vêtement et ses sandales et puis elle se lève transfigurée par la joie. Elle
dit : "Écoutez tous. Je viens de la terre lointaine de Sidon. Je
suis venue parce qu'une autre mère m'a parlé du Rabbi de Nazareth. Mon mari,
juif et marchand, a dans cette ville ses comptoirs pour le commerce avec
Rome. Riche et fidèle à la Loi, il cessa de m'aimer quand, après lui avoir
donné un garçon malheureux, je lui ai enfanté trois filles et qu'ensuite je
suis devenue stérile. Lui s'est éloigné de sa maison et, sans être répudiée,
j'étais dans la même situation que si je l'avais été. Je savais déjà qu'il
voulait se libérer de moi pour avoir, d'une autre femme, un héritier capable
de continuer le commerce et jouir des richesses paternelles. Avant de partir,
je suis allée trouver mon époux et je lui ai dit : "Attends,
seigneur. Attends que je revienne. Si je reviens avec un fils encore aveugle,
répudie-moi. Mais autrement ne blesse pas à mort mon cœur et ne refuse pas un
père à tes enfants". Et lui m'a juré : "Pour la gloire du
Seigneur, femme, je te jure que si tu me ramènes l'enfant sain - je ne sais
pas comment tu pourras faire puisque ton ventre n'a pas su lui donner des yeux
- je reviendrai à toi comme aux jours de notre premier amour". Le Maître
ne pouvait rien savoir de mon chagrin d'épouse et pourtant il m'a consolée
même pour cela. Gloire à Dieu et à Toi, Maître et Roi." La femme est de
nouveau à genoux, et elle pleure de joie. "Va ! Dis à Daniel, ton mari, que Celui qui a créé
les mondes, a donné deux claires étoiles pour pupilles au petit consacré au
Seigneur. Car Dieu est fidèle à ses promesses et Il a juré que celui qui
croit en Lui verra toutes sortes de prodiges. Qu'il soit maintenant fidèle au
serment qu'il a fait et qu'il ne commette pas de péché d'adultère. Dis cela à
Daniel. Va ! Sois heureuse. Je te bénis toi et cet enfant et avec toi,
ceux qui te sont chers." |
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La foule forme un chœur de louanges et de félicitations, et
Jésus entre dans une maison voisine pour se reposer. La vision cesse
ainsi. Et je vous assure qu'elle m'a profondément frappée. |
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