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"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" |
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mardi
15 août 51 Résumé - Jean s'était endormi 283 - Le rapt de Marie par les anges l'éveille 283 - Il voit la montée de Marie vers Jésus 284 - Jean remercie Dieu pour cette vision 285 - Il recueille les objets de Marie 286 - L'amour sera mon arme et ma doctrine 287 |
10.36. |
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283> Combien de jours sont-il passés ? Il est difficile de l’établir sûrement. Si on en juge par les fleurs qui font une couronne autour du corps inanimé, on devrait dire qu’il est passé quelques heures. Mais si on en juge d’après le feuillage d’olivier sur lequel sont posées les fleurs fraîches, et dont les feuilles sont déjà fanées, et d’après les autres fleurs flétries, mises comme autant de reliques sur le couvercle du coffre, on doit conclure qu’il est passé déjà des journées. Mais le corps de Marie est tel qu’il était quand elle venait d’expirer. Il n’y a aucun signe de mort sur son visage, sur ses petites mains. Il n’y a dans la pièce aucune odeur désagréable. Au contraire il y flotte un parfum indéfinissable qui rappelle l’encens, les lys, les roses, le muguet, les plantes de montagne, mélangés. Jean, qui sait depuis combien de jours il veille, s’est endormi, vaincu par la lassitude. Il est toujours assis sur le tabouret, le dos appuyé au mur, près de la porte ouverte qui donne sur la terrasse. La lumière de la lanterne, posée sur le sol, l’éclaire par en dessous et permet de voir son visage, fatigué, très pâle, sauf autour des yeux rougis par les pleurs. L’aube doit maintenant être commencée car sa faible clarté permet de voir la terrasse et les oliviers qui entourent la maison. Cette clarté se fait toujours plus forte et, pénétrant par la porte, elle rend plus distincts les objets mêmes de la chambre, ceux qui, étant éloignés de la lampe, pouvaient à peine être entrevus. Tout d’un coup une grande lumière remplit la pièce, une lumière argentée, nuancée d’azur, presque phosphorique, et qui croît de plus en plus, qui fait disparaître celle de l’aube et de la lampe. C’est une lumière pareille à celle qui inonda la Grotte de Bethléem au moment de la Nativité divine. Puis, dans cette lumière paradisiaque, deviennent visibles des créatures angéliques, lumière encore plus splendide dans la lumière déjà si puissante apparue d’abord. Comme il était déjà arrivé quand les anges apparurent aux bergers, une danse d’étincelles de toutes couleurs se dégage de leurs ailes doucement mises en mouvement d’où il vient une sorte de murmure harmonieux, arpégé, très doux.
Le son produit par les ailes angéliques est maintenant puissant comme celui d’un orgue. Jean, qui tout en restant endormi s’était déjà remué deux ou trois fois sur son tabouret, comme s’il était troublé par la grande lumière et par le son des voix angéliques, est complètement réveillé par ce son puissant et par un fort courant d’air qui, descendant par le toit découvert et sortant par la porte ouverte, forme une sorte de tourbillon qui agite les couvertures du lit désormais vide et les vêtements de Jean, et qui éteint la lampe et ferme violemment la porte ouverte. L’apôtre regarde autour de lui, encore à moitié endormi, pour se rendre compte de ce qui arrive. Il s’aperçoit que le lit est vide et que le toit est découvert. Il se rend compte qu’il est arrivé un prodige. Il court dehors sur la terrasse et, comme par un instinct spirituel, ou un appel céleste, il lève la tête, en protégeant ses yeux avec sa main pour regarder, sans avoir la vue gênée par le soleil qui se lève. Et il voit. Il voit le corps de Marie, encore privé de vie et qui est en tout pareil à celui d’une personne qui dort, qui monte de plus en plus haut, soutenu par une troupe angélique. Comme pour un dernier adieu, un pan du manteau et du voile s’agitent, peut-être par l’action du vent produit par l’assomption rapide et le mouvement des ailes angéliques. Des fleurs, celles que Jean avait disposées et renouvelées autour du corps de Marie, et certainement restées dans les plis des vêtements, pleuvent sur la terrasse et sur le domaine du Gethsémani, pendant que l’hosanna puissant de la troupe angélique se fait toujours plus lointain et donc plus léger.
Jean regarde, regarde. 285> Le miracle que Dieu lui accorde lui donne de pouvoir, contre toutes les lois naturelles, voir Marie qui maintenant qu’elle monte rapidement vers le Ciel est entourée, sans qu’on l’aide à monter, par les anges qui chantent des hosannas. Jean est ravi par cette vision de beauté qu’aucune plume d’homme, qu’aucune parole humaine, qu’aucune œuvre d’artiste ne pourra jamais décrire ou reproduire, car c’est d’une beauté indescriptible.
Il
baisse la tête. Sur son visage fatigué on peut voir à la fois la
douleur de la perte de Marie et la joie de son glorieux sort. Mais désormais
la joie dépasse la douleur. Il dit : "Merci, mon Dieu ! Merci !
J’avais pressenti que cela serait arrivé. Et je voulais veiller pour ne
perdre aucun détail de son Assomption. Mais cela faisait trois jours que
je ne dormais pas ! Le sommeil, la lassitude, joints à la peine, m’ont
abattu et vaincu justement quand l’Assomption était imminente... Mais
peut-être c’est Toi qui l’as voulu, ô mon Dieu, pour ne pas troubler
ce moment et pour que je n’en souffre pas trop... Oui. Certainement
c’est Toi qui l’as voulu, comme maintenant tu voulais que je vois ce
que sans un miracle je n’aurais pu voir. Tu m’as accordé de la voir
encore, bien que déjà si loin, déjà glorifiée et glorieuse, comme si
elle avait été tout prés. Et de revoir Jésus ! Oh ! vision
bienheureuse, inespérée, inespérable ! Oh ! don des dons de Jésus-Dieu
à son Jean ! Grâce suprême ! Revoir mon Maître et Seigneur ! Le voir
Lui près de sa Mère ! Lui semblable au soleil et elle à la lune, tous
les deux d’une splendeur inouïe, à la fois parce que glorieux et pour
leur bonheur d’être réunis pour toujours ! Que sera le Paradis
maintenant que vous y resplendissez, Vous, astres majeurs de la Jérusalem
céleste ? Quelle est la joie des chœurs angéliques et des saints ? Elle
est telle la joie que m’a donnée la vision de la Mère avec le Fils,
une chose qui fait disparaître toute sa peine, toute leur peine, même,
que la mienne aussi disparaît, et en moi la paix la remplace. 286>
Des trois miracles que j’avais demandés à Dieu, deux se sont
accomplis. J’ai vu la vie revenir en Marie, et je sens que la paix est
revenue en moi. Toute mon angoisse cesse car je vous ai vus réunis dans
la gloire. Merci pour cela, ô Dieu. Il ramasse aussi les pétales des fleurs qui se sont effeuillées en tombant, et rentre dans la pièce en les gardant dans un pli de son vêtement. Il remarque alors avec plus d’attention l’ouverture du toit et s’écrie : "Un autre prodige ! Et une autre admirable proportion dans les prodiges de la vie de Jésus et de Marie ! Lui, Dieu, est ressuscité par Lui-même, et par sa seule volonté il a renversé la pierre du Tombeau, et par sa seule puissance il est monté au Ciel. Par Lui-même. Marie, toute Sainte, mais fille d’homme, c’est par l’aide des anges que lui fut ouvert le passage pour son Assomption au Ciel, et c’est toujours avec l’aide des anges qu’elle est montée là-haut. Pour le Christ, l’esprit revint animer son Corps pendant qu’il était sur la Terre, car il devait en être ainsi pour faire taire ses ennemis et pour confirmer dans la foi tous ses fidèles. 287> Pour Marie, son esprit est revenu quand son corps très saint était déjà sur le seuil du Paradis, parce que pour elle il ne fallait pas autre chose. Puissance parfaite de l’Infinie Sagesse de Dieu !..." Jean ramasse maintenant dans un linge les fleurs et les feuillages restés sur le lit, y met ceux qu’il a ramassés dehors, et il les dépose tous sur le couvercle du coffre. Puis il l’ouvre et y place le coussinet de Marie, la couverture du lit. Il descend dans la cuisine, rassemble les autres objets dont elle se servait : le fuseau et la quenouille, sa vaisselle, et les met avec les autres choses. Il ferme le coffre et s’assoit sur le tabouret en s’écriant : |
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