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"L'Évangile tel qu'il m'a été
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Jésus décrit l’enfer:
un tourment de feu, de gel, de ténèbres - Saint Jean réconforte l’écrivain
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Index des "Cahiers" >> Sommaire de janvier 1944 Catéchèse du 15 janvier 1944 Accès direct aux
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RETOURS AUX FICHES |
60> Jésus dit : "Une fois, je
t’ai fait voir le Monstre des abîmes [1]. Je vais aujourd’hui
te parler de son royaume. Je ne peux pas toujours te garder au paradis.
Souviens-toi que tu as pour mission de rappeler certaines vérités à tes
frères qui les ont trop oubliées. Ce sont ces oublis, qui sont en réalité du
mépris pour les vérités éternelles, qui sont la cause de tant de maux pour
les hommes. 61> Écris donc cette
page pénible. Ensuite, tu seras réconfortée. C’est la nuit du vendredi. Écris
en regardant ton Jésus, qui est mort sur la croix dans des tourments tels
qu’ils sont comparables à ceux de l’enfer, et qui a voulu cette mort pour
sauver les hommes de la Mort.
Leur malice,
instruite pas Satan dont ils sont les serviteurs ou les esclaves (suivant
leur adhésion aux volontés et aux suggestions du Malin) ne veut pas de tels
reculs et de tels retours sur soi. Par conséquent, l’homme abandonne la foi à
l’enfer tel qu’il est réellement et s’en fabrique un autre — si du moins il
s’en fabrique un —, qui n’est en fait qu’une pause pour prendre son élan vers
d’autres élévations futures.
Non. S’il fut le
sacrilège par excellence, moi je ne le suis pas. S’il fut l’injuste par
excellence, moi je ne le suis pas. S’il fut celui qui a répandu
dédaigneusement mon Sang, moi je ne le suis pas. Pardonner à Judas serait un
sacrilège envers ma divinité qu’il a trahie, ce serait une injustice envers
tous les autres hommes, toujours moins coupables que lui et qui sont pourtant
punis pour leurs péchés, ce serait mépriser mon sang, enfin ce serait ne pas
tenir compte de mes lois.
Le purgatoire est un
lieu dans lequel vous expiez vos manques d’amour pour votre Seigneur Dieu en
pensant à lui, dont l’Essence a brillé devant vous au moment de votre
jugement particulier et vous a remplis du désir de la posséder. Par l’amour,
vous conquérez l’Amour et, en passant par des degrés croissants de charité
enflammée, vous lavez vos vêtements jusqu’à les rendre purs et lumineux pour
entrer dans le royaume de la Lumière, dont je t’ai montré les splendeurs il y
a quelques jours. [5] L’enfer est un lieu
où la pensée de Dieu, le souvenir de Dieu entrevu lors du jugement
particulier n’est pas, comme pour l’âme du purgatoire, un saint désir, une
nostalgie déchirante mais pleine d’espoir, une espérance faite d’attente
tranquille, de paix assurée qui atteindra la perfection quand elle sera
devenue conquête de Dieu, mais qui donne déjà à l’âme du purgatoire une
joyeuse activité purifiante, puisque chaque souffrance, chaque instant de
souffrance l’approche de Dieu, son amour. En enfer la pensée de Dieu est
remords, ressentiment, damnation, haine. Haine contre Satan, haine contre les hommes, haine contre soi-même. 63> Après avoir, pendant
leur vie, adoré Satan à ma place, maintenant qu’ils le possèdent et en voient
le véritable aspect, qui n’est plus caché sous le sourire ensorcelant de la
chair, sous l’éclat lumineux de l’or, sous le signe puissant de la
suprématie, ils le haïssent pour avoir causé leurs tourments. Après avoir oublié
leur dignité d’enfants de Dieu au point d’adorer les hommes jusqu’à devenir
des assassins, des voleurs, des escrocs, des marchands d’immondices pour
eux-mêmes, maintenant qu’ils retrouvent les patrons pour lesquels ils ont
tué, volé, escroqué, vendu leur propre honneur comme celui de tant de
créatures malheureuses, faibles, sans défense, en se faisant l’instrument
d’un vice que les animaux n’en connaissent pas — la luxure, cet attribut de
l’homme empoisonné par Satan —, maintenant donc ils les haïssent pour
avoir provoqué leurs tourments. Après s’être adorés
eux-mêmes en accordant toute satisfaction à la chair, au sang ainsi qu’aux
sept appétits de leur chair et de leur sang, foulant ainsi aux pieds la Loi
de Dieu et celle de la moralité, ils se haïssent maintenant parce qu’ils
se rendent compte qu’ils se sont eux-mêmes causé leurs tourments.
Au milieu de ces
flammes, l’âme morte, à l’instar de ces
corps jetés au bûcher ou dans les fours crématoires, se tord et crie comme si elle était de nouveau animée par un
mouvement de vie, elle se réveille pour comprendre son erreur puis meurt et
renaît à chaque instant dans d’atroces douleurs, car le remords la tue sous
un blasphème et ce meurtre la ramène à vivre un nouveau tourment. Le crime
d’avoir trahi Dieu dans le temps reste devant l’âme pour l’éternité; l’erreur
d’avoir refusé Dieu dans le temps lui est éternellement présente, pour son
tourment.
Le feu répond au feu.
Au paradis, il est feu d’amour parfait. Au purgatoire, il est feu d’amour
purificateur. En enfer, il est feu d’amour offensé. Puisque les élus ont aimé
à la perfection, l’Amour se donne à eux avec toute sa perfection. Puisque les
âmes du purgatoire ont aimé tièdement, l’Amour devient flamme pour les amener
à la perfection. Puisque les maudits ont brûlé de tous les feux, sauf du Feu
de Dieu, le Feu de la colère de Dieu les brûle pour l’éternité. Or au sein de
ce feu se trouve aussi un froid glacé. Oh ! Vous ne pouvez
vous imaginer ce qu’est l’enfer. Prenez tout ce qui tourmente l’homme sur
terre : le feu, les flammes, le gel, les eaux qui submergent, la faim, le
sommeil, la soif, les blessures, les maladies, les plaies, la mort...
Additionnez-les et multipliez ce total des millions de fois : vous n’aurez
qu’une pâle image de cette terrible vérité. Un froid sidéral se
mêlera à une chaleur insoutenable. Les damnés ont brûlé de tous les feux
humains mais n’auront eu qu’une vie spirituelle glacée pour leur Seigneur
Dieu. C’est donc le gel qui les attend pour les congeler après que le feu les
aura salés comme du poisson mis à rôtir sur une flamme. Le fait de passer de
la chaleur brûlante qui fait fondre au froid glacé qui condense est un
tourment de plus. Oh ! Ce n’est pas là
un langage métaphorique, car Dieu peut faire en sorte que les âmes, lourdes
des fautes qu’elles ont commises, aient une sensibilité égale à celle de la chair,
même avant qu’elles ne revêtent cette chair. Vous ne savez pas et
ne croyez pas. Mais je vous dis, en vérité, que mieux vaudrait pour vous
subir tous les tourments de mes martyrs plutôt que passer une seule
heure dans les tortures de l’enfer.
Je vous le dis, moi
qui pourtant ai créé cet endroit : quand j’y suis descendu pour tirer des
limbes ceux qui attendaient ma venue, j’ai eu horreur, moi qui suis
Dieu, de cette horreur, et, si une chose faite par Dieu n’était
immuable parce que parfaite, j’aurais voulu le rendre moins atroce, car je
suis l’Amour et j'ai souffert de cette horreur. Or vous, vous voulez
y aller ! Mes enfants, méditez
ce que je vous dis. On donne aux malades des médicaments amers, les endroits
atteints par le cancer sont cautérisés et le mal excisé. Pour vous, qui êtes
malades et cancéreux, ma parole est médicaments et cautère chirurgical. Ne la
refusez pas. Servez-vous-en pour vous guérir. La durée de la vie n’est pas
ces quelques jours passés sur la terre. La vie commence quand elle vous
semble finir, et elle ne finit pas. Faites en sorte
qu’elle se déroule là où la lumière et la joie de Dieu rendent l’éternité
belle, et non pas là où Satan est le bourreau éternel." "C’est moi qui
vais être ton réconfort, ma petite sœur. Hier matin, tu as
formulé une petite plainte à notre bon Jésus. Tu avais l’impression
qu’il te mettait à la place de l’ouvrière de la dernière heure, [8] à celle de la victime
immolée immédiatement, alors que toi, qui es sur l’autel depuis des années et
qui as été la première à dire la prière donnée par le Maître, tu ne vois
jamais venir la consommation de ton sacrifice. [9] Tu es une sœur pour
moi, Maria. J’ai été le premier disciple de Jésus, celui qui, plus que tous,
lui a ressemblé. Ses paroles, ses affections, ses désirs, je les ai faits
miens. J’ai eu la même envie ardente que lui de mourir pour sauver. Or j’ai
vu les autres me précéder auprès de Dieu. Paul lui-même, l’apôtre qui était
arrivé après l’heure, m’a précédé. Étienne est tombé en premier, il a suivi
le Maître. Mais moi je suis resté. 66> J’ai connu la
douleur de la séparation du Maître, l’anxiété de l’attente, les persécutions,
le martyre, l’exil, mais pas la prompte consommation du sacrifice. Moi qui
étais affamé de mon Jésus, j'ai dû voir les années s’écouler jusqu’à ma plus
grande vieillesse avant de pouvoir le rejoindre. Or qu’en est-il ? Mon
martyre d’amour et de désir serait-il un moindre martyre que celui des autres
? Est-il moins fécond ? Non, ma petite sœur. Il y en a qui sont accueillis
immédiatement et d’autres qui "doivent demeurer le temps qu’il veut
qu’ils restent", [10] pour accomplir leur
tâche d’être porte-parole de Dieu pour leurs frères. |
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Mais crois bien, ma
sœur dans l’amour du Christ, que ton attente est prédilection de Jésus. Il te
laisse sur terre parce que tu es son petit Jean [11] et qu’il te faut
prêcher l'amour à tes frères, par la parole que le Maître te donne. C’est la
plus douce des missions. Que la paix soit
toujours avec toi." |
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[1] Le 20 juillet 1943 (et
dès le 18 au soir). Voir "Les cahiers de 1943".
[2] Matthieu 26,14-16 – Marc
14,10-11, 43-43 – Luc 22,36, 47-48 – Jean 18,13
[3] Le 7 janvier.
[4] Les 17 et 21 octobre
1943. Voir "Les cahiers de 1943"
[5] Le 10 janvier : vision du Paradis
[6] Mémento est un mot
latin, repris par la liturgie, qui signifie : souviens toi.
[7] Bien qu’elle ne soit pas
prise à la lettre, cette idée se retrouve souvent dans la Bible, en particulier
dans l’Apocalypse.
[8] Matthieu 20, 1-16
[9] Matthieu 26, 39-44 –
Marc 14, 35-39 – Luc 22, 41-42
[10] D’après Jean 21, 23
[11] Dans tout le volume,
l’écrivain est souvent qualifiée de "petit Jean". Effectivement, elle
est proche par sa spiritualité et sa mission du grand saint Jean, apôtre et
évangéliste. Voir les dictées du 8 février, du 6 mars, du 15 juin et du 20
octobre.