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Isaïe
45, 11.16.18-21.23.
33>
L’Esprit de Dieu dit :
"N’omets pas de te rappeler la parole
de celui qui est Sagesse et Amour de Dieu, celui qui, d’éternité en éternité,
se répand sur tout ce qui existe pour le sanctifier pour Dieu, celui qui a
présidé avec puissance à toutes les œuvres de notre Trinité et n’est étranger
à rien de ce qui est saint dans le temps et dans l’éternité; je suis en effet
le Sanctificateur, celui qui vous
sanctifie par son don septiforme, vous conduit à Dieu
et vous le fait connaître en vous révélant ses volontés sur la terre et sa
gloire dans le ciel.
Je suis la Sagesse de Dieu. Je suis celui que la seconde Personne de notre
très sainte Trinité appelle "le Maître de toute vérité, celui qui ne
vous parlera pas de son propre chef mais qui vous dira tout ce qu’il aura
entendu et vous annoncera l’avenir"
Vous qui cherchez à connaître même plus que le nécessaire, voici celui qui
peut vous procurer cette connaissance que vous recherchez. Je suis. Moi, la
Lumière de la Lumière, l’Esprit de l’Esprit, l’Intelligence de
l’Intelligence, je suis le gardien, le dépositaire de toutes les vérités
passées, présentes et à venir, celui qui connaît tous les décrets de Dieu,
l’administrateur de ses lumières. De même que, par mon conseil, je ne suis
pas absent des œuvres du Créateur, de même que je ne suis pas absent du décret
de la rédemption, je ne suis pas non plus absent de vous pour vous conseiller
et vous guider avec la douceur de l’amour pour transformer les volontés que
le Père vous propose en fait accompli. Et je suis encore davantage. Je suis
l’Amour qui vous inspire ce qui est capable de vous donner le baiser de Dieu
et vous porter sur son sein par le chemin de la sainteté.
Comme une nourrice compatissante, je saisis votre incapacité de nouveau-nés à
la Vie, je vous éduque et je vous élève. Je vous tiens dans mes bras pour
vous réchauffer et vous faire assimiler le doux lait de la Parole de Dieu
afin qu’il devienne vie en vous. Je me fais bouclier contre tous les périls
du monde et de Satan, car l’amour est une force qui sauve. Je vous guide, je
vous soutiens et, tel un maître à la patience amoureuse, je vous instruis. De
vous, qui êtes lourds et lents, pusillanimes et faibles, je fais des héros et
des athlètes de Dieu. De vous, qui êtes pauvres spirituellement, je fais des
rois de l’esprit, car je recouvre votre esprit de mes splendeurs divines, je
le place sur le plus grand trône qui soit, puisqu’il s’agit de mon trône de
sainteté éternelle.
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34> Mais
encore faut-il, pour me connaître, ne pas avoir d’idolâtrie au fond du cœur.
Il faut croire à ce que j’ai sanctifié, croire à la vérité que j’ai
illuminée. Il est indispensable d’abandonner l’erreur et de rechercher Dieu
là où il est, et non pas là où se trouve l’Ennemi de Dieu et de l’homme.
Voulez-vous connaître la Vérité ? Oh ! Venez à moi ! Moi seul peux vous la
révéler. Et je vous la révèle de la façon dont ma bonté sait que c’est celle
qui vous convient, pour ne pas troubler votre faiblesse d’hommes et votre
relativité.
Pourquoi donc aimez-vous ce qui est tordu, compliqué, ténébreux ? Aimez-moi,
qui suis simple, clair, lumineux, moi qui suis joie de Dieu et de l’esprit.
Voulez-vous connaître l’avenir de l’âme ? Je vous l’enseigne en vous parlant
d’une éternité qui vous attend, dans un bonheur que vous ne pouvez concevoir.
C’est dans un tel bonheur que, après ce séjour sur terre, cet unique
séjour, vous vous reposerez en Dieu de toutes vos fatigues, de toutes vos
peines; vous oublierez la souffrance car vous posséderez déjà la joie. Et
même si l’amour, qui n’est jamais aussi vif qu’au ciel, vous fait frémir pour
les souffrances des vivants, ce ne sera plus la pitié qui vous fera ainsi
souffrir, mais seulement un amour actif qui sera lui aussi de la joie.
Désirez-vous connaître les perfections du
Créateur en toutes choses, les mystères de la création ? Je peux vous en
parler, moi, la Sagesse, qui "suis issue de la bouche du Très haut,
première-née de toutes les créatures" , moi qui suis en tout ce qui est, puisque tout porte le
sceau de l’amour et que je suis l’Amour. Mon Être s’étend sur tout l’univers;
ma Lumière baigne les astres, les planètes, les mers, les vallées, les
plantes, les animaux; mon Intelligence court sur toute la terre, instruit les
plus lointains, donne à tous un reflet du Très haut, enseigne comment
rechercher Dieu; ma Charité pénètre comme le souffle et conquiert les cœurs.
J’attire à moi les justes de la terre et, même aux hommes droits qui ne
connaissent pas le vrai Dieu, je donne des reflets de votre Dieu saint; c’est
ainsi qu’il y a un filet de vérité dans toutes les religions révélées, déposé par moi, qui suis celui qui irrigue et
féconde.
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35> En outre, comme le
jaillissement puissant d’une source éternelle, je déborde de tous côtés de
l’Église catholique du Christ et, par le moyen de la grâce, des sept dons et
des sept sacrements, je transforme les catholiques fidèles en serviteurs du
Seigneur, en élus pour le Royaume, en fils de Dieu, en frères du Christ, en
dieux dont le destin est si infiniment sublime qu’il mérite qu’on se sacrifie
pour le posséder.
Tournez-vous vers moi. Vous saurez, vous connaîtrez et vous serez sauvés
parce que vous connaîtrez la Vérité. Séparez-vous de l’erreur, abandonnez-la,
car elle ne vous procure ni joie ni paix. Pliez le genou devant le vrai Dieu,
devant le Dieu qui a parlé au Sinaï et
annoncé l’Évangile en Palestine, devant le Dieu qui vous parle par l’Église, que
moi, l’Esprit de Dieu, j’ai rendue Maîtresse.
Il n’y a pas d’autre Dieu que nous : un
et trine. Il n’y a pas d’autre religion que la nôtre, vieille de
plusieurs siècles. Il n’y a pas d’autre avenir, sur la terre et au-delà, que
ce qu’en disent les Livres sacrés. Tout le reste est mensonge destiné à être couvert de
honte par celui qui est Justice et Vérité.
Demandez-nous la lumière — à nous qui sommes la Puissance, la Parole
et la Sagesse — afin que vous ne marchiez plus sur de tortueux sentiers de
mort, mais pour que vous puissiez vous aussi, qui errez, prendre la voie par
laquelle ceux qui ont eu une foi humble, sage et sainte trouvèrent le salut
parce que cela avait plu à Dieu, qui en fit ses saints."
Marie dit :
"Puisque je suis la Mère, je parle moi aussi en vous serrant sur mon
sein pour vous conduire à la foi, vous, mes enfants que je vois mourir,
nourris comme vous l’êtes, de poisons mortels.
Je vous en prie, pour mon Fils que j'ai donné avec une joie douloureuse pour
votre salut, revenez sur les sentiers du Christ. Vous avez inscrit son Nom
très saint sur vos chemins. Mais c’est le profaner. Si ce n’était parce que
l’Ennemi vous obscurcit l’esprit et vous tient la main pour vous forcer à
écrire ce que le bon sens ne pourrait vous pousser à écrire, vous
n'inscririez pas ce Nom béni sur les voies par lesquelles Satan vient à vous
ni sur les portes de vos temples grotesques de sans-Dieu.
Mais je dis au Père pour vous : "Père, pardonne leur parce qu’ils ne
savent pas ce qu’ils font" et je
vous demande au Père saint, mes pauvres enfants trompés par Satan. J’ai
vaincu Satan en moi et pour les hommes. Il est sous mon pied. Je le vaincrai
aussi en vous, à condition que vous veniez vers moi.
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36> Je suis la Mère, la Mère que
l’Amour a rendue mère du bel amour. Je suis celle en qui repose, comme en une
arche, la manne de la grâce. Je suis pleine de grâce et
Dieu ne met pas de limites à mon pouvoir de répandre ce trésor divin. Je suis
la Mère de la Vérité qui, par moi, a pris chair. Je suis celle qui porte l’espérance
de l’homme. Par moi, l’espérance des patriarches et des prophètes est devenue
réalité. Je suis le siège de la Sagesse qui a fait de moi sa Mère et la Mère
du Fils de Dieu.
Venez, que je vous porte au Christ en vous tenant par la main, par cette main
qui a soutenu les premiers pas de Jésus-Sauveur sur les chemins de la terre
et lui a appris à marcher afin qu’il puisse aisément monter au Golgotha pour
vous sauver, vous, qui m’êtes les plus chers puisque les plus malheureux de
tous les hommes, ces condamnés que je lutte pour les arracher au pouvoir
qui vous entraîne vers l’abîme, afin de vous sauver pour le ciel.
Voyez combien j’ai pleuré pour vous ! Car
vous n’êtes pas de ceux qui tombent en étant emportés par tout un poids de chair,
si impétueux et soudain qu’il vous terrasse sans même vous donner le temps et
le moyen de réagir. Vous êtes de ceux qui, obstinément, sciemment, commettent
la faute qui n’est
pas pardonnée, comme
mon Fils l’a dit. Vous niez la Vérité pour vous fabriquer des vérités à
partir de mensonges infâmes. Vous devenez des lucifers.
Alors que vous pourriez être des anges !
Je n’exige pas grand-chose de vous : seulement que vous m’aimiez comme une
Mère, seulement que vous m’invoquiez. Mon nom sera déjà du miel pour vos
lèvres empoisonnées. Il sera également salut car, là où est Marie, là est
aussi Jésus, et ceux qui l’aiment ne peuvent pas ne pas aimer la Vérité qui
est le Fils de ma chair. Je ne fais pas de reproches, je ne condamne pas.
J’aime. J’aime seulement.
Il ne faut pas que je vous fasse peur, car je suis plus douce qu’une
brebis et plus pacifique que l’olivier. Je suis si douce que, surpassant les
brebis, j’ai accepté que ma créature soit arrachée de mon sein et sacrifiée
sur un autel sanglant sans réagir, sans maudire. Je suis si supérieure à
l’olivier que, de moi-même, je me suis faite olive dans le pressoir et me
suis laissée presser par la douleur pour extraire de mon cœur immaculé,
vierge et maternel, l’huile qui allait guérir vos plaies et vous consacrer au
ciel.
Posez votre tête malade sur mes genoux. Je la guérirai et vous transmettrai
les paroles que la Sagesse me dit pour vous conduire vers la Lumière de
Dieu."
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37> Que c’est beau ! Que c’est beau ! Comme
ce que je vois est beau !
Je vais essayer d’être très précise et claire pour vous décrire ce que la
communion m’a apporté.
Vous savez déjà que je suis heureuse. Mais vous ne connaissez pas le bonheur
et la vision joyeuse qui m’a été accordée à partir du moment de l’union
eucharistique. Ce fut comme un tableau qui m’était dévoilé petit à petit. Mais
ce n’était pas un tableau : c’était de la contemplation. Je me suis
recueillie pendant une bonne heure sans autre prière que cette contemplation
qui me transportait au-delà de la terre.
Cela a commencé aussitôt après avoir reçu l’hostie sainte et je crois qu’il
ne vous a pas échappé que j’étais lente à répondre et à saluer, j’étais déjà
enveloppée. Malgré cela, j’ai rendu grâces à haute voix alors que la vision
m’était de plus en plus vive. Ensuite, je suis restée tranquille, les yeux
fermés comme si je dormais. Mais je n’ai jamais été aussi éveillée de tout
mon être qu’à ce moment-là.
Encore maintenant que j'écris, la vision perdure, bien qu’elle soit dans sa
phase finale. J’écris sous le regard d’une foule d’êtres célestes qui voient
comme je dis uniquement ce que je vois, sans ajouter de détails ou
modifier quoi que ce soit. Voici la vision :
À peine avais-je reçu Jésus que j’ai senti la Mère, Marie, du côté gauche de
mon lit, qui m’enlaçait du bras droit et m’attirait à elle. Elle portait son
vêtement et son voile blancs comme dans la vision de la grotte, en décembre.
Je me suis sentie en même temps enveloppée d’une lumière dorée. Cette couleur
dorée était d’une douceur impossible à décrire et les yeux de mon esprit en
cherchaient la source, que je sentais couler sur moi d’en haut. J’avais
l’impression que, tout en restant ma chambre avec son plancher, ses quatre
murs et les objets qui s’y trouvent, celle-ci n’avait plus de plafond et que
je voyais les cieux infinis de Dieu.
Suspendue dans les cieux, la divine
Colombe de feu se tenait perpendiculairement au-dessus de la tête de Marie,
et par conséquent au-dessus de ma tête puisque j’étais joue contre joue
contre Marie. L’Esprit Saint avait les ailes ouvertes et il se tenait debout,
en position verticale. Il ne bougeait pas, mais il vibrait, et à chaque
vibration il y avait des vagues, des éclairs et des étincelles de splendeur
qui se dégageaient. Un cône de lumière dorée sortait de lui, dont le sommet
partait de la poitrine de la Colombe et dont la base nous recouvrait, Marie
et moi. Nous étions réunies dans ce cône, sous ce manteau, dans cette
étreinte de lumière joyeuse.
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38> Cette très vive lumière n'était
pourtant pas éblouissante, car elle communiquait aux yeux une force nouvelle
qui augmentait à chaque éclat qui se dégageait de la Colombe, accroissant
sans cesse l’éclat qui existait déjà à chacune de ses vibrations. Je sentais
mes yeux se dilater jusqu’à acquérir une puissance surhumaine, comme si
n’étaient plus des yeux de créature mais d’esprit déjà glorifié.
Quand j’atteignis la capacité de voir
au-delà, grâce à l’Amour enflammé suspendu au-dessus de moi, mon âme fut
appelée à regarder plus haut. Alors, contre l’azur plus pur du paradis, je
vis le Père, distinctement, bien que les
traits de sa figure soient d’une lumière immatérielle. Il était d’une
beauté que je ne tenterai pas de décrire, car elle surpasse les capacités
humaines. Il m’apparaissait comme s’il était sur un trône. Je parle de cette
manière parce qu'il se présentait, assis, avec une infinie majesté.
Toutefois, je ne voyais pas de trône, de fauteuil ou de dais. Rien qui ait la
forme terrestre d’un siège. Il m’apparaissait de mon côté gauche (dans la
direction de Jésus crucifié, juste pour donner une indication, et donc à
droite de son Fils), mais à une hauteur incalculable. Je voyais cependant ses
traits si lumineux dans leurs moindres détails. Il regardait en direction de
la fenêtre (toujours pour donner une indication des différentes positions).
Son regard exprimait un amour infini.
Je suivis son regard et je vis Jésus. Non
pas le Jésus-Maître que je vois habituellement. Mais Jésus comme roi. Il
était vêtu de blanc, mais son vêtement était lumineux et extrêmement blanc, comme
celui de Marie. Cet habit semblait fait de lumière. Il était
extraordinairement beau, vigoureux, imposant, parfait, resplendissant. De la
main droite — il était debout —, il tenait son sceptre, qui est aussi son
étendard.
Il s’agissait d’une longue hampe, presque
une crosse, mais encore plus haute que mon Jésus déjà très grand; elle ne se
terminait pas par la boucle de la crosse, mais par une hampe transversale,
formant ainsi une croix d’où pendait une bannière, soutenue par la plus
courte des hampes.
Cette bannière était en soie, une soie
blanche très lumineuse, faite de cette façon, et marquée d’une croix pourpre
sur les deux côtés ; sur la bannière, il est écrit "Jésus Christ"
en mots de lumière, presque comme s’ils étaient écrits avec des diamants
liquides.
Je
vois bien les plaies de ses mains puisque celle de droite tient la hampe en
haut, vers la bannière, et la seconde montre la plaie du côté, dont je ne
vois pourtant rien d’autre qu’un point très lumineux d’où sortent
des rayons qui descendent vers la terre.
39> La
plaie de la main droite se trouve du côté du poignet et ressemble à un rubis
resplendissant de la largeur d’une pièce de dix centimes .
Celle de la main gauche est plus centrale et plus grande, mais elle s’allonge
un peu vers le pouce, comme ceci. Elles brillent comme des rubis éclatants.
Je ne vois pas d’autre blessure.
Au contraire, le corps de mon Seigneur est très beau et totalement intact.
Le Père regarde le Fils sur sa gauche. Le Fils regarde sa Mère et moi. Mais
je vous assure que, s’il ne me regardait pas avec amour, je ne pourrais
soutenir l’éclat de son regard et de son aspect. Il est véritablement le Roi
de terrible majesté dont on parle .
Plus la vision se prolonge et plus augmente ma faculté de percevoir les moindres
détails et de voir toujours plus loin autour de moi.
Effectivement, après quelque temps je vois saint Joseph (près de l’angle où se
trouve la crèche). Il n’est pas bien grand, plus ou moins comme Marie.
Robuste. Il a les cheveux grisonnants, bouclés et courts, et une barbe
taillée au carré. Son nez est long et fin, aquilin. Ses joues sont creusées
de deux rides qui partent des angles du nez et descendent se perdre du côté
de la bouche, dans la barbe. Ses yeux sont noirs et semblent très bons. Je
retrouve en lui le bon regard plein d’amour de mon père. C’est son visage
tout entier qui est bon, pensif sans être mélancolique, digne, mais avec une
telle expression de bonté ! Il est vêtu d’une tunique bleu violacé comme les
pétales de certaines pervenches et il porte un manteau couleur poil de
chameau. Jésus me le montre en me disant : "Voici le patron de tous les
justes."
Puis la Lumière appelle mon esprit de
l’autre côté de la chambre, autrement dit vers le lit de Marta
, et
je vois mon ange gardien. Il est à genoux,
tourné vers Marie qu’il semble vénérer. Il est vêtu de blanc. il a les bras
croisés sur la poitrine et ses mains touchent ses épaules. Il courbe la tête,
si bien que je vois peu de chose de son visage. Il a une attitude de profond
respect. Je vois ses ailes, belles, longues, très blanches, pointues; ce sont
de vraies ailes faites pour voler rapidement et sûrement de la terre au ciel,
mais il les tient actuellement repliées derrière le dos. Par son attitude, il
m’enseigne comment l’on doit dire : "Je vous salue, Marie."
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40> Pendant que je le regarde, je sens quelqu’un
près de moi à ma gauche; il me pose une main sur l’épaule droite. C’est mon saint Jean, le visage
resplendissant d’amour joyeux.
Je me sens heureuse. Je me recueille au milieu de tant de bonheur en croyant
en avoir atteint le summum. Mais un éclat plus vif de l’Esprit de Dieu et des
plaies de mon Seigneur Jésus accroît encore ma capacité à voir. Je vois alors
l’Eglise céleste, l’Eglise triomphante! Je vais essayer de la décrire.
En haut, comme toujours, se trouvent le
Père, le Fils et maintenant aussi l’Esprit, plus haut que les Deux, au centre
des Deux, qu’il réunit dans ses splendeurs.
Plus bas, comme entre deux pentes bleues, d’un bleu qui n’avait rien de
terrestre, se trouvait, rassemblée dans une vallée bienheureuse, la multitude
des bienheureux en Christ, l’armée
de ceux qui sont marqués du sceau de l’Agneau;
cette multitude était lumière une lumière qui est chant, un chant qui est
adoration, une adoration qui est béatitude.
À gauche se trouvait la foule des confesseurs, à droite celle des vierges. Je
n’ai pas vu la foule des martyrs, mais l’Esprit me fit comprendre que les
martyrs étaient réunis aux vierges puisque le martyre rendait sa virginité à
l’âme, comme si elle venait d’être créée. Tous paraissaient vêtus de blanc,
les confesseurs comme les vierges, du même blanc lumineux que les vêtements
de Jésus et de Marie.
De la lumière se dégage du sol bleu et des parois bleues de la sainte vallée,
comme s’ils étaient en saphir flamboyant. Les vêtements tissés de diamant
émettent de la lumière. Surtout, les corps et les visages spiritualisés sont
lumière. Je vais maintenant m’efforcer de vous décrire ce que j’ai remarqué
dans les différents corps.
Seuls les corps de Jésus et de Marie sont des corps de chair et d’esprit —
vivants, palpitants, parfaits, sensibles au toucher et au contact: ce sont
deux corps glorieux, mais réellement "corps" —. Le Père éternel,
l’Esprit Saint et mon ange gardien sont de la lumière ayant la forme d’un
corps, pour qu’ils puissent être perceptibles à la pauvre servante de Dieu
que je suis. Saint Joseph et saint Jean sont formés de lumière déjà plus
compacte, certainement parce que je dois en percevoir la présence et en
entendre les paroles. Tous les bienheureux qui forment la multitude des cieux
sont des flammes blanches, qui sont des corps spiritualisés.
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41> Aucun confesseur ne se
retourne. Ils regardent tous la très sainte Trinité. Quelques vierges se
tournent. Je discerne les apôtres Pierre et Paul car, même s’ils sont
lumineux et vêtus de blanc comme tous, leur visage est plus facile à
distinguer que les autres: ce sont des visages typiquement hébraïques. Ils me
regardent avec bienveillance (heureusement !).
Puis trois esprits bienheureux qui me
regardent, et que je devine être des femmes, me font signe en souriant. On
dirait qu’elles m’invitent. Elles sont jeunes. Tous les bienheureux me
semblent d’ailleurs avoir le même âge: ils sont jeunes, parfaits et d’une
égale beauté. Ce sont des copies de Jésus et de Marie en plus petit. Je ne
puis dire qui sont ces trois créatures célestes mais, comme deux d’entre
elles portent des palmes et une seule des fleurs — les palmes sont l’unique
signe qui distingue les martyrs des vierges, je pense ne pas me tromper si je
dis qu’il s’agit d’Agnès, de Cécile
et de Thérèse de Lisieux.
Ce que je ne saurais vous rapporter, malgré toute ma bonne volonté, c’est
l’alléluia de cette multitude. C’est un alléluia puissant et pourtant doux
comme une caresse. Tout rit et resplendit de manière encore plus vive à
chaque hosanna de la foule à son Dieu.
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