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"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
aucun accent |
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Une double vision
: celle de la mort de Marie-Madeleine,
précédée de l’apparition de Jésus qui rappelle le soin avec lequel la
pécheresse repentie soulagea sa fatigue à Béthanie |
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Index des "Cahiers" >> Sommaire de mars 1944 Vision et dictée du 30 mars 1944 Accès direct aux rubriques : Description
de la grotte de la Sainte-Baume - Marie de Madeleine à la fin de sa vie - L'amour de Marie de Magdala
pour Jésus - Mort
de Marie de Magdala - L'onction de Béthanie - Le monde asservi à Satan
croit que les saints sont des satans |
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Celle du repas dans la
maison de Lazare, évoqué par Jésus dans la première partie de la vision. "Dieu veut vous
sauver, et non vous perdre" RETOURS AUX FICHES
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251> 252> L’ouverture étroite
et basse laisse entrevoir un arrière-fond de montagnes et, comme on aperçoit
au loin une luminosité mobile, on pourrait dire que la mer est visible de cet
endroit. Mais je ne peux le certifier. Des branchages de lierre, de
chèvrefeuille et de rosiers sauvages —
toute la magnificence habituelle des lieux alpestres, pendent sur
l’ouverture et forment comme un voile mobile qui sépare l’intérieur de
l’extérieur.
La femme se traîne
jusqu’au rocher qui fait office de table et y dépose des myrtilles ainsi que
des fraises sauvages. Elle va ensuite à l’autel et s’agenouille. Mais elle
est tellement épuisée que, ce faisant, elle manque de tomber et se retient
par une main au rocher. Elle prie les yeux tournés vers la croix, et des
larmes descendent par le sillon des rides jusqu’à sa bouche, qui les boit.
Elle laisse ensuite tomber sa peau de chèvre et reste avec sa seule tunique
grossière, puis elle prend les fouets et les épines. Elle serre les
branchages épineux autour de sa tête et autour de ses reins et se flagelle
avec les cordes. Mais elle est trop faible pour le faire. Elle laisse donc
tomber le fouet et, prenant appui des mains et du front sur l’autel, elle dit
: "Je ne peux plus, Rabbouni ! Je ne peux plus
souffrir, en souvenir de ta douleur !" 253> C’est sa voix qui me
permet de la reconnaître : c’est Marie de Magdala. Je me trouve dans sa
grotte de pénitente. Marie pleure. Elle
appelle Jésus avec amour. Elle ne peut plus souffrir, mais elle peut encore
aimer. Sa chair, mortifiée par la pénitence, ne résiste plus à l’effort de se
flageller, mais son cœur a encore des mouvements de passion et consume ses
dernières forces en aimant. Et elle aime, en restant le front couronné
d’épines et la taille serrée dans les épines, elle aime en parlant à son
Maître en une continuelle profession d’amour et un acte de contrition renouvelé. Elle a glissé, le
front à terre. Elle avait cette même pose au Calvaire devant Jésus déposé sur
le sein de Marie, ou bien dans la maison de Jérusalem quand Véronique
d’Arimathie [1] dépliait son voile,
ou encore dans le jardin de Joseph d’Arimathie quand Jésus l’appela, qu’elle
le reconnut et l’adora [2]. Mais aujourd’hui
elle pleure, parce que Jésus n’est pas là. "Ma vie s’enfuit,
mon Maître. Devrai-je mourir sans te revoir ? Quand pourrai-je me délecter de
ta face ? Mes péchés sont devant moi et m’accusent. Tu m’as pardonné et je
crois que l’enfer ne me possèdera pas. Mais combien de temps vais-je passer à
expier avant de vivre de toi ! Oh ! Bon Maître ! Par l’amour que tu m’as
donné, réconforte mon âme ! L’heure de la mort est venue. Par ta mort désolé
sur la croix, réconforte ta créature ! C’est toi qui m’as engendrée. Toi, et
non ma mère. Tu m’as ressuscitée plus que tu n’as ressuscité mon frère
Lazare. Car il était déjà bon, lui, et la mort ne pouvait être qu'une attente
dans tes limbes. Mais moi, j’étais morte dans mon âme, et mourir signifiait
pour moi la mort éternelle. Jésus, en tes mains je remets mon esprit ! Il est
à toi parce que c’est toi qui l’as sauvé. En guise d’ultime expiation,
j’accepte de connaître l’âpreté de ta mort abandonné. Mais donne-moi un signe
que ma vie a servi à expier mes fautes." "Marie !" Jésus
est apparu. Il paraît descendre de la croix grossière. Mais il n’a pas de
plaies et n’est pas mourant. Il est beau comme au matin de la Résurrection.
Il descend de l’autel et s’avance vers la femme prosternée. Il se penche sur
elle. 254> Il l’appelle une nouvelle fois; puis comme, semble-t-il,
elle croit entendre cette voix par ses sens spirituels et reste face contre
terre, elle ne voit pas la lumière qui rayonne du Christ, il la touche en
posant une main sur sa tête et la prend par le coude comme à Béthanie pour la
relever [3]. Quand elle se sent
touchée et reconnaît cette main à sa longueur, elle pousse un grand cri. Elle
lève alors un visage transfiguré par la joie. Puis elle l’abaisse pour baiser
les pieds de son Seigneur.
Alors Judas, qui te
détestait parce que tu étais honnête désormais et que tu repoussais par ton
honnêteté les convoitises des hommes, t’avait réprimandée... Mais, moi, je
t’avais défendue parce que tu avais accompli tout cela par amour, un si grand
amour que son souvenir m'a accompagné durant mon agonie, le soir du jeudi à
l’heure de none... C’est en raison de cet acte d’amour que tu m’as donné au
seuil de ma mort, que je viens maintenant, au seuil de ta mort, te
récompenser par l’amour. Ton Maître t’aime, Marie. Il est ici pour te le
dire. Ne crains pas, n’aie pas peur d’une autre mort. Ta mort n’est guère
différente de la mort de ceux qui versent leur sang pour moi. Que donne le
martyr ? Sa vie par amour de son Dieu. Que donne le pénitent ? Sa vie par
amour de son Dieu. Que donne celui qui aime ? Sa vie par amour de son Dieu.
Tu vois bien qu’il n’y a pas de différence. Martyre, pénitence, amour
consument le même sacrifice et dans le même but. Il y a donc en toi, qui est
pénitente et qui aime, le même martyre que celui qui périt dans l’arène.
Marie, je te précède dans la gloire. Baise-moi la main et reste en paix.
Repose-toi. Il est temps pour toi de prendre du repos. Donne-moi tes épines.
C’est maintenant le temps des roses. Repose-toi et attends. Je te bénis, ma
bénie."
Elle se relève pour
s’asseoir quand une lumière éclatante apparaît dans la grotte, provoquée par
la venue d’un ange portant un calice qu’il pose sur l’autel et qu’il adore.
Marie, agenouillée à côté de sa couche, adore elle aussi. Elle ne peut plus
bouger. Ses forces l’abandonnent. Mais elle est heureuse. L’ange prend le
calice et lui donne la communion. Puis il remonte au ciel. Telle une fleur
brûlée par un soleil trop ardent, Marie se penche, les bras encore croisés
sur la poitrine, et elle tombe, le visage dans les feuilles de sa couche.
Elle est morte. L’extase eucharistique a coupé le dernier fil qui la retenait
à la vie. 256>
Ils vont ensuite
dîner. Les deux sœurs servent à table. Elles ne mangent pas. Seuls les hommes
mangent. Les serviteurs vont et; viennent eux aussi, apportant les plats qui
sont riches et beaux. Mais ce sont les deux sœurs qui servent en personne à
table; elles prennent sur les crédences les plats que les serviteurs y
déposent ainsi que les amphores remplies de vin qu’elles versent. Jésus boit
de l’eau. Ce n’est qu’à la fin qu’il accepte un doigt de vin. Or vers la fin du
banquet, quand déjà le repas ralentit son rythme et tourne surtout en
conversation tandis qu’on passe les fruits et les douceurs, Marie, qui avait
disparu pendant quelques minutes, revient avec une amphore d’albâtre. Elle en
brise le col contre le coin d’un meuble pour pouvoir y puiser avec plus de
facilité puis, debout derrière Jésus, elle lui prend les cheveux à pleines
mains et les oint. Elle en reconstitue les boucles et termine en les
enroulant mèche par mèche autour de ses doigts. On dirait une mère qui peigne
son enfant. Lorsqu’elle en a fini, elle embrasse tout doucement la tête de
Jésus, puis lui prend les mains, les embaume et les baise; elle en fait ensuite
de même avec ses pieds. Les disciples
regardent. Jean sourit, comme pour l’encourager. Pierre hoche la tête mais...
allez, il sourit lui aussi dans sa barbe et peu à peu les autres en font
autant. Thomas et un autre vieillard grommèlent à voix basse. Mais Judas,
dont le regard est indéfinissable mais certainement mauvais, explose avec
mauvaise humeur : 257> "Quelle bêtise
! Il n’y a que les femmes pour être aussi sottes ! Pour quoi faire un tel
gaspillage ? Le Maître n’est certes pas un publicain ni une prostituée pour
avoir besoin de telles manières efféminées ! Et puis c’est dés honorant pour
lui. Que vont dire les juifs quand ils le sentiront parfumé comme un éphèbe ?
Maître, je m’étonne que tu permettes à une femme de faire de telles sottises.
Si elle a des richesses à gaspiller, qu’elle me les donne pour les pauvres !
Ce sera plus judicieux. Femme, je te le dis, arrête, car tu me dégoûtes
!" Marie le regarde,
interdite, et, rougissante, elle est sur le point d’obéir. Mais Jésus lui
pose la main sur la tête, qu’elle tient penchée, puis fait descendre sa main
sur son épaule en l’attirant doucement vers lui, comme pour la défendre :
"Laisse-la faire, dit-il. Pourquoi la rabroues-tu ? Personne ne doit
reprocher une œuvre bonne et y voir des sous-entendus que seule la méchanceté
enseigne. Elle a accompli une bonne action à mon égard. Les pauvres, vous en
aurez toujours. Moi, je ne serai plus parmi vous mais les pauvres resteront.
Vous pourrez continuer à leur faire du bien, mais pas à moi, car le moment est
proche où je vais vous laisser. Elle a anticipé l’hommage rendu à mon Corps
sacrifié pour vous tous, et elle m’a oint pour ma sépulture, car alors elle
ne pourra le faire. Et cela lui aurait trop coûté de ne pas avoir pu
m’embaumer. En vérité je vous dis que, partout où l’Evangile sera annoncé et
jusqu’à la fin du monde, on se souviendra de ce qu’elle vient de faire. Les
âmes tireront de son acte un enseignement pour m’offrir leur amour comme un
baume aimé du Christ, et prendre courage dans le sacrifice : ils penseront
que tout sacrifice revient à embaumer le Roi des rois, l’Oint de Dieu, celui
dont la grâce descend comme ce nard de mes cheveux pour féconder les cœurs à
l’amour et vers qui l’amour s’élève en un continuel flux et reflux d’amour de
moi à mes âmes et de mes âmes à moi. Judas, imite-la, si tu en
es capable. Si tu peux encore le faire. Et puis, respecte Marie et moi avec
elle. Respecte-toi aussi toi-même. Car ce n’est pas se déshonorer que
d’accepter un pur amour avec un amour pur, en revanche, nourrir la rancœur et
faire des insinuations sous l’aiguillon de la sensualité, voilà qui est dés
honorant ! Voici trois ans, Judas, que je t’instruis. Mais je ne suis pas
encore arrivé à te faire changer. Or l’heure est proche. Judas, Judas...
Merci, Marie. Persévère dans ton amour."
258> "Bien qu’une créature
puisse, de façon absolue, aimer avec générosité et récompenser ceux qui l’ont
aimée, ce n’est jamais que très relatif. En revanche, votre Jésus surpasse
tout désir humain, aussi vaste soit-il, et toute limite de satisfaction. Car
votre Jésus est Dieu et, moi, je vous donne avec ma prodigalité de Dieu et de
Dieu bon, à vous qui êtes généreux et qui aimez - car cette page s’adresse tout spécialement à vous, âmes qui ne
vous contentez pas d’obéir aux préceptes mais qui embrassez le conseil et
développez votre amour jusqu’à accomplir de saints actes d’héroïsme -. Je
suscite les miracles pour vous, pour vous accorder de la joie en échange de
toute la joie que vous m’occasionnez. Je me substitue à ce qui vous fait
défaut ou je vous procure ce qui vous est nécessaire. Je ne vous laisse
manquer de rien, car vous vous êtes dépouillés de tout par amour de moi, au
point de vivre dans la solitude matérielle ou morale dans un monde qui ne
vous comprend pas, qui vous méprise et qui, reprenant l’ancienne insulte qu’on
m’avait déjà adressée, à moi votre Maître, [6] vous traite de
"fous" et voit en votre pénitence et en vos lumières des signes
diaboliques. En effet, le monde asservi à Satan croit que les saints sont des
satans, eux qui ont mis le monde sous leurs pieds et
s’en sont fait une échelle pour monter plus haut vers moi et se plonger dans
ma Lumière. Mais laissez-les donc
vous traiter de "fous" et de "démons". Je sais que vous
êtes les détenteurs de la vraie sagesse, de l’intelligence droite, et que
vous possédez une âme d’ange dans un corps mortel. Je n’oublie pas le moindre
de vos soupirs d’amour et je me souviens de tout ce que vous avez fait pour
moi; tout comme je vous défends contre le monde, car je fais connaître aux
meilleurs de ce monde ce que vous représentez à mes yeux, je vous récompense
lorsque vient l’heure et que je juge qu’il est temps de mêler quelque douceur
à votre calice. Je suis le seul à l’avoir bu jusqu’à la
dernière goutte sans l’adoucir avec du miel. Moi qui ai dû me cramponner à la
pensée de ceux qui allaient m’aimer à l’avenir, pour pouvoir résister
jusqu’au bout, sans en venir à maudire l’homme pour qui je répandais mon sang
et connaître (plus que connaître : m’y abandonner) au désespoir devant ma
condition d’être abandonné par Dieu [7]. |
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Ce que j’ai souffert,
je ne veux pas que vous le souffriez. Mon expérience a été trop cruelle pour
que je vous l’impose. De plus, ce serait vous tenter au-delà de vos forces.
Dieu n’est jamais imprudent. Il désire vous sauver et non vous perdre. 259> Et vous imposer de
vivre certaines heures trop cruelles reviendrait à la perte de votre âme, qui
ploierait comme une branche trop chargée, finirait par se briser et
connaîtrait la boue après avoir connu si bien le ciel. Je ne déçois jamais ceux qui espèrent en moi.
Dis-le, dis-le, dis-le à tous." |
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[1] Dans "l'Évangile
tel qu'il m'a été révélé", Niké ou Niqué
(Véronique), est une femme de la Diaspora, venue s'installer à Jéricho après
son veuvage. Il n'est pas indiqué de lien avec Arimathie comme le signale Maria
Valtorta dans cette vision.
[2] Se reporter aux visions
du 18 février, du 19 février et du 21 février.
[3] Vision du 23 mars
[4] L'onction de Béthanie : Matthieu
26, 6-13 – Marc 14, 3-9 – Jean 12, 1-11
[5] Luc 10, 38-42
[6] Matthieu 12,24 – Marc
3,22-30 – Luc 11,15 – Jean 10,20
[7] Matthieu 27,46 – Marc
15,34