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"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta © Centro Editoriale Valtortiano |
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mercredi
- [Commentaires de MV : Une vision de paix] 137 - Marie aide Élisabeth et Sara dans le jardin 137 - Elle rassure une Élisabeth qui a peur 137 - Elle voit à tout dans la maison 139 - Elle va soutenir une Élisabeth souffrante 139 - Elle revient pour rassurer Zacharie 140 - Elle est comme la mère du vieillard 141 - On apporte le garçon au père 141 - Marie rapporte l'enfant à la mère 142 |
1.36. |
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137> Au milieu des choses repoussantes que nous offre à cette heure le monde, voilà que descend du Ciel - et je ne sais pas comment cela peut-il arriver, puisque je suis comme un fétu de paille que le vent soulève, dans ces heurts continuels avec la méchanceté humaine, si opposée à tout ce qui vit en moi - descend du Ciel cette vision de paix. C'est encore et toujours la maison d'Élisabeth. Par une belle soirée d'été [1] encore éclairée par le soleil couchant et où déjà l'arc de la lune semble une virgule d'argent posée sur une immense draperie d'azur foncé. Les rosiers répandent leur forte odeur et les abeilles font leurs derniers vols, gouttes d'or bourdonnantes dans l'air tranquille et chaud du soir. Des prés il arrive une forte odeur de foin séché au soleil, une odeur de pain, dirait-on, de pain chaud sorti du four, Peut-être vient-elle aussi des nombreux linges étendus à sécher un peu partout et que Sara est en train de plier. Marie se promène lentement, donnant le bras à sa cousine. Tout doucement elles montent et descendent sous la tonnelle à demi éclairée. Marie a l’œil à tout, et tout en s'occupant d'Élisabeth, elle voit que Sara s'emploie à replier une longue pièce de toile qu'elle a enlevée de dessus une haie. "Attends-moi, assieds-toi là" dit-elle à sa parente et elle s'en va aider la vieille servante en tirant sur la toile pour défaire les plis et en la pliant avec soin. "Elle se ressent encore du soleil, elle est chaude dit-elle avec un sourire. Et pour faire plaisir à la femme, elle ajoute : "Cette toile, depuis ton blanchissage est devenue belle comme elle ne l'a jamais été. Il n'y a que toi pour faire si bien les choses." Sara s'en va toute fière avec sa charge de toile parfumée. Marie retourne vers Élisabeth et lui dit : "Encore quelques pas. Ça te fera du bien." Mais, puisque Élisabeth ne voudrait pas bouger, elle lui dit : "Allons seulement voir si les colombes sont toutes dans leurs nids et si l'eau de leur baignoire est propre, puis, nous revenons à la maison." Les colombes doivent être les préférées d'Élisabeth. Quand elles sont devant la petite tour rustique, les colombes sont déjà toutes rassemblées : les femelles sur les nids, les mâles immobiles devant elles, mais en voyant les deux femmes, ils roucoulent encore 138> pour les saluer, Élisabeth en est toute émue. La faiblesse due à son état la domine et lui inspire des craintes qui la font pleurer . Elle s'appuie sur sa cousine : "Si j'allais mourir... mes pauvres colombes ! Toi tu ne restes pas. Si tu restais à la maison, il ne m'importerait pas de mourir. J'ai eu la plus grande joie qu'une femme puisse avoir, une joie que je ne m'étais résignée à ne jamais connaître. Et même de la mort je ne pourrai me plaindre au Seigneur. Lui, qu'Il en soit béni, m'a comblée de ses bontés. Mais il y a Zacharie... et il y aura l'enfant. L'un vieux et qui se trouverait comme perdu dans un désert, sans sa femme. L'autre pauvre petit et qui serait comme une fleur destinée à mourir de froid parce qu'il n'aurait pas sa maman. Pauvre bébé sans les caresses de sa mère !..." "Mais pourquoi cette tristesse ? Dieu t'a donné la joie d'être mère et Il ne te l'enlèvera pas quand elle est à son comble. Le petit Jean aura tous les baisers de sa maman et Zacharie tous les soins de son épouse fidèle, jusqu'à la vieillesse la plus avancée. Vous êtes deux branches du même arbre. L'une ne mourra pas en laissant l'autre à sa solitude." "Tu es bonne et tu me réconfortes. Mais moi, je suis tellement vieille pour avoir un fils. Et maintenant que le moment de le mettre au monde est venu, j'ai peur." "Oh ! non, Jésus est ici ! Il ne faut pas avoir peur là où Jésus se trouve. Mon Enfant a allégé ta souffrance, tu l'as dit, quand il était comme un bouton, tout juste formé. Maintenant qu'il se développe de plus en plus et qu'il est déjà en moi comme un être bien vivant - je sens battre son petit cœur tout près de ma poitrine et j'ai l'impression d'avoir un petit oiseau au nid par le battement léger de son petit cœur - maintenant il t'épargnera tout danger. Tu dois avoir foi." "Oui, j'ai foi, mais si je venais à mourir ...n'abandonne pas tout de suite Zacharie. Je sais que tu penses à ta maison, mais reste encore un peu pour aider mon homme dans les premiers jours de deuil." "Je resterai pour jouir de ta joie et de la sienne et je ne partirai que lorsque tu seras forte et joyeuse. Mais, tiens-toi tranquille, Élisabeth, tout ira bien. Ta maison ne manquera de rien à l'heure de ta souffrance. Zacharie sera servi par la plus affectueuse servante, tes fleurs seront soignées et tes colombes aussi, et tu retrouveras les unes et les autres joyeuses et belles pour 139> fêter le joyeux retour de leur maîtresse. Rentrons maintenant, je te vois pâlir ..." "Oui, il me semble que ma souffrance redouble. Peut-être l'heure est-elle venue. Marie, prie pour moi." "Je t'aiderai par ma prière, jusqu'au moment où ta peine s'épanouira en joie." Les deux femmes rentrent lentement à la maison. Élisabeth se retire dans son appartement. Marie, adroite et prévoyante, donne des ordres, prépare tout ce qu'il est possible de prévoir et réconforte Zacharie inquiet. Dans
la maison où on veille cette nuit et où on entend les voix étrangères
des femmes qu'on a appelées à l'aide, Marie reste vigilante, comme un
phare dans une nuit de tempête. Toute la maison gravite autour d'elle. Et
elle, douce et souriante, veille à tout.
Sara entre et lui fait signe de sortir. Marie sort déchaussée dans le jardin. "La maîtresse vous désire" dit-elle. "Je viens" et Marie longe la maison, monte l'escalier ...On dirait un ange blanc qui tourne dans la nuit tranquille et constellée d'étoiles. Elle entre chez Élisabeth. "Oh ! Marie ! Marie ! Quelle douleur ! Je n'en puis plus. Marie ! Quelle souffrance il faut endurer pour être mère !" Marie la caresse affectueusement et lui donne un baiser. "Marie ! Marie ! Laisse-moi mettre la main sur ton sein !" Marie
prend les deux mains ridées et gonflées et se les pose sur 140>
l'abdomen arrondi en les tenant pressées de ses
mains lisses et légères. Et elle parle doucement, maintenant qu'elles
sont seules : "Jésus est là qui se rend compte et voit.
Confiance, Élisabeth. Son cœur saint bat plus fort parce qu'il travaille
en ce moment pour ton bien. Je le sens palpiter comme si je le tenais
entre mes mains. Je comprends les paroles que par ses battements
Élisabeth pose aussi son visage sur le sein de Marie et pleure doucement. Marie reste ainsi quelque temps parce qu'il lui semble que la douleur s'endort, se relâche et se calme. Elle fait signe à tous de rester tranquilles. Elle reste debout, blanche et toute belle dans le faible rayonnement de la lampe à huile, comme un ange qui veille sur la souffrance. Elle prie. Je la vois remuer les lèvres, Mais, même si je ne les voyais pas remuer, je comprendrais qu'elle prie par l'expression extasiée de son visage. Le temps passe et la douleur reprend Élisabeth. Marie l'embrasse de nouveau. Elle descend, rapide, dans le rayon de lune et court voir si le vieillard dort encore. Il dort et gémit tout en rêvant. Marie a un geste de pitié. Elle se remet à prier. Le temps passe, le vieillard se réveille et jette un regard étonné comme s'il se souvenait mal pourquoi il se trouve là. Puis, il se rappelle, il a un geste et une exclamation gutturale. Puis il écrit : "N'est-il encore pas né ?" Marie fait signe que non. Zacharie écrit : "Quelle douleur ! Ma pauvre femme ! En sortira-t-elle sans mourir ?" Marie prend la main du vieil homme et le rassure : "A l'aube, sous peu, le bambin sera né. Tout ira bien. Élisabeth est forte. Comme il va être beau, ce jour - puisqu'il va bientôt faire jour - où ton enfant verra la lumière ! Le plus beau jour de ta vie ! Ce sont de grandes grâces que le Seigneur te réserve pour toi, et ton enfant en est l'annonciateur." Zacharie secoue la tête tristement et montre sa bouche muette. Il voudrait dire tant de choses et ne le peut. Marie comprend et répond : "Le Seigneur te donnera une joie complète. Crois en Lui complètement, espère infiniment, aime totalement. 141> Le Très-Haut t'exaucera au-delà de ce que tu espères. Il veut cette foi totale pour laver ta défiance passée. Dis en ton cœur, avec moi : "Je crois" .Dis-le à chaque battement de ton cœur. Les trésors de Dieu s’ouvrent pour qui croit en Lui et en sa puissante bonté. La lumière commence à pénétrer par la porte entr'ouverte. Marie l'ouvre. L'aube répand une lumière blanche sur la terre humide. Il y a une forte odeur de terre et de verdure humides. On entend les premiers pépiements des oiseaux qui s'appellent d'une branche à l'autre. Le vieil homme et Marie vont sur le seuil de la porte. Ils sont pâles après une nuit sans sommeil et la lumière de l'aube les fait encore plus pâles. Marie remet ses sandales, va au pied de l'escalier et écoute. Quand une femme se montre, elle fait un signe et revient. Rien encore. Marie va dans une pièce et revient avec du lait chaud qu'elle donne à boire au vieillard. Elle va voir aux colombes. Elle revient pour disparaître dans cette pièce. Peut-être est-ce la cuisine, Elle fait un tour, surveille. Elle semble avoir eu un sommeil merveilleux tant elle est vive et tranquille. Zacharie fait les cent pas, nerveux, monte et descend à travers le jardin. Marie le regarde avec pitié. Puis elle entre de nouveau dans la même pièce, et agenouillée près de son métier, elle prie de toute son âme, parce que les plaintes de la malade se font plus déchirantes. Elle se courbe jusqu'à terre pour prier l'Éternel. Zacharie rentre et la voit prosternée ainsi et il pleure, le pauvre vieux. Marie se relève et le prend par la main. Elle semble être la mère de cette vieillesse désolée et verse sur elle le réconfort. Ils se tiennent ainsi, l'un près de l'autre dans le soleil qui rosit l'air du matin et c'est ainsi que les rejoint la nouvelle joyeuse : "Il est né ! Il est né ! Un garçon ! Heureux père ! Un garçon, frais comme une rose, beau comme le soleil, fort et vigoureux et bon comme sa mère. Joie à toi, père béni par le Seigneur qu'un fils t'a été donné pour que tu l'offres à son Temple. Gloire à Dieu qui a accordé une postérité à cette maison ! Bénédiction à toi et au fils qui est né de toi ! Puisse sa descendance perpétuer ton nom dans les siècles des siècles à travers les générations et les générations et qu'elle conserve toujours l'alliance du Seigneur Éternel." Marie, avec des larmes de joie, bénit le Seigneur. Et puis les deux reçoivent le petit, apporté au père pour qu'il le bénisse. Zacharie 142> ne va pas trouver Élisabeth. Il reçoit le bambin qui crie comme un perdu, mais ne va pas trouver sa femme. C'est Marie qui y va, portant affectueusement le bébé qui se tait tout à coup, à peine Marie l'a-t-elle pris dans ses bras. La commère qui la suit remarque le fait. "Femme" dit-elle à Élisabeth, "ton enfant s'est tu tout d'un coup quand Elle l'a pris. Regarde comme il dort tranquille. Et Dieu sait s'il est remuant et fort. Maintenant, regarde, on dirait une petite colombe." Marie met la créature près de la mère et la caresse en remettant en ordre ses cheveux gris. "La rose est née" lui dit-elle doucement. "Et tu es en vie. Zacharie est heureux." "Il parle?" "Pas encore, mais espère dans le Seigneur. Repose-toi, maintenant. Je resterai avec toi." |
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[1] La tradition situe la naissance du Baptiste le 24 juin |