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"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
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Mercredi 3 juillet an -5 (27 Tammouz)
- [Commentaires de
MV : Une vision de paix] 137 - Marie aide Élisabeth et Sara dans le jardin
137 - Elle rassure une Élisabeth qui a peur 137 - Elle voit à tout dans la maison 139 - Elle va soutenir une Élisabeth souffrante
139 - Elle revient pour rassurer Zacharie 140 - Elle est comme la mère du vieillard 141 - On apporte le garçon au père 141 - Marie rapporte l'enfant à la mère 142 |
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137> Au milieu des choses repoussantes que nous offre à cette heure
le monde, voilà que descend du Ciel - et je ne sais pas comment cela peut-il
arriver, puisque je suis comme un fétu de paille que le vent soulève, dans
ces heurts continuels avec la méchanceté humaine, si opposée à tout ce qui
vit en moi - descend du Ciel cette vision de paix. C'est encore et
toujours la maison d'Élisabeth. Par une belle soirée d'été [1] encore éclairée par
le soleil couchant et où déjà l'arc de la lune semble une virgule d'argent
posée sur une immense draperie d'azur foncé. Les rosiers répandent
leur forte odeur et les abeilles font leurs derniers vols, gouttes d'or
bourdonnantes dans l'air tranquille et chaud du soir. Des prés il arrive une
forte odeur de foin séché au soleil, une odeur de pain, dirait-on, de pain
chaud sorti du four, Peut-être vient-elle aussi des nombreux linges étendus à
sécher un peu partout et que Sara est en train de plier. Marie se promène
lentement, donnant le bras à sa cousine. Tout doucement elles montent et
descendent sous la tonnelle à demi éclairée. Marie a l’œil à tout,
et tout en s'occupant d'Élisabeth, elle voit que Sara s'emploie à replier une
longue pièce de toile qu'elle a enlevée de dessus une haie.
"Attends-moi, assieds-toi là" dit-elle à sa parente et elle s'en va
aider la vieille servante en tirant sur la toile pour défaire les plis et en
la pliant avec soin. "Elle se ressent encore du soleil, elle est chaude
dit-elle avec un sourire. Et pour faire plaisir à la femme, elle
ajoute : "Cette toile, depuis ton blanchissage est devenue belle
comme elle ne l'a jamais été. Il n'y a que toi pour faire si bien les
choses." Sara s'en va toute
fière avec sa charge de toile parfumée. Marie retourne vers
Élisabeth et lui dit : "Encore quelques pas. Ça te fera du
bien." Mais, puisque Élisabeth ne voudrait pas bouger, elle lui
dit : "Allons seulement voir si les colombes sont toutes dans leurs
nids et si l'eau de leur baignoire est propre, puis, nous revenons à la
maison." Les colombes doivent
être les préférées d'Élisabeth. Quand elles sont devant la petite tour
rustique, les colombes sont déjà toutes rassemblées : les femelles sur
les nids, les mâles immobiles devant elles, mais en voyant les deux femmes,
ils roucoulent encore pour les saluer, Élisabeth en est toute émue. 138> La
faiblesse due à son état la domine et lui inspire des craintes qui la font
pleurer . Elle s'appuie sur sa cousine : "Si j'allais mourir... mes
pauvres colombes ! Toi tu ne restes pas. Si tu restais à la maison, il
ne m'importerait pas de mourir. J'ai eu la plus grande joie qu'une femme
puisse avoir, une joie que je ne m'étais résignée à ne jamais connaître. Et
même de la mort je ne pourrai me plaindre au Seigneur. Lui, qu'Il en soit
béni, m'a comblée de ses bontés. Mais il y a Zacharie... et il y aura l'enfant. L'un vieux et qui se
trouverait comme perdu dans un désert, sans sa femme. L'autre pauvre petit et
qui serait comme une fleur destinée à mourir de froid parce qu'il n'aurait
pas sa maman. Pauvre bébé sans les caresses de sa mère !..." "Mais pourquoi
cette tristesse ? Dieu t'a donné la joie d'être mère et Il ne te
l'enlèvera pas quand elle est à son comble. Le petit Jean aura tous les
baisers de sa maman et Zacharie tous les soins de son épouse fidèle, jusqu'à
la vieillesse la plus avancée. Vous êtes deux branches du même arbre. L'une
ne mourra pas en laissant l'autre à sa solitude." "Tu es bonne et
tu me réconfortes. Mais moi, je suis tellement vieille pour avoir un fils. Et
maintenant que le moment de le mettre au monde est venu, j'ai peur." "Oh ! non,
Jésus est ici ! Il ne faut pas avoir peur là où Jésus se trouve. Mon Enfant
a allégé ta souffrance, tu l'as dit, quand il était comme un bouton, tout
juste formé. Maintenant qu'il se développe de plus en plus et qu'il est déjà
en moi comme un être bien vivant - je sens battre son petit cœur tout près de
ma poitrine et j'ai l'impression d'avoir un petit oiseau au nid par le
battement léger de son petit cœur - maintenant il t'épargnera tout danger. Tu
dois avoir foi." "Oui, j'ai foi,
mais si je venais à mourir ...n'abandonne pas tout de suite Zacharie. Je sais
que tu penses à ta maison, mais reste encore un peu pour aider mon homme dans
les premiers jours de deuil." "Je resterai
pour jouir de ta joie et de la sienne et je ne partirai que lorsque tu seras
forte et joyeuse. Mais, tiens-toi tranquille, Élisabeth, tout ira bien. Ta
maison ne manquera de rien à l'heure de ta souffrance. Zacharie sera servi
par la plus affectueuse servante, tes fleurs seront soignées et tes colombes
aussi, et tu retrouveras les unes et les autres joyeuses et belles pour fêter
le joyeux retour de leur maîtresse. Rentrons maintenant, je te vois pâlir
..." 139> "Oui,
il me semble que ma souffrance redouble. Peut-être l'heure est-elle venue.
Marie, prie pour moi." "Je t'aiderai
par ma prière, jusqu'au moment où ta peine s'épanouira en joie." Les deux femmes
rentrent lentement à la maison. Élisabeth se retire
dans son appartement. Marie, adroite et prévoyante, donne des ordres, prépare
tout ce qu'il est possible de prévoir et réconforte Zacharie inquiet. Dans la maison où on
veille cette nuit et où on entend les voix étrangères des femmes qu'on a
appelées à l'aide, Marie reste vigilante, comme un phare dans une nuit de
tempête. Toute la maison gravite autour d'elle. Et elle, douce et souriante,
veille à tout. Sara entre et lui
fait signe de sortir. Marie sort déchaussée dans le jardin. "La
maîtresse vous désire" dit-elle. "Je viens"
et Marie longe la maison, monte l'escalier ...On dirait un ange blanc qui
tourne dans la nuit tranquille et constellée d'étoiles. Elle entre chez
Élisabeth. "Oh !
Marie ! Marie ! Quelle douleur ! Je n'en puis plus.
Marie ! Quelle souffrance il faut endurer pour être mère !" Marie la caresse affectueusement
et lui donne un baiser. "Marie !
Marie ! Laisse-moi mettre la main sur ton sein !" Marie prend les deux
mains ridées et gonflées et se les pose sur 140> l'abdomen
arrondi en les tenant pressées de ses mains lisses et légères. Et elle parle
doucement, maintenant qu'elles sont seules : "Jésus est là qui se
rend compte et voit. Confiance, Élisabeth. Son cœur saint bat plus fort parce
qu'il travaille en ce moment pour ton bien. Je le sens palpiter comme si je
le tenais entre mes mains. Je comprends les paroles que par ses battements Élisabeth pose aussi
son visage sur le sein de Marie et pleure doucement. Marie reste ainsi
quelque temps parce qu'il lui semble que la douleur s'endort, se relâche et
se calme. Elle fait signe à tous de rester tranquilles. Elle reste debout,
blanche et toute belle dans le faible rayonnement de la lampe à huile, comme
un ange qui veille sur la souffrance. Elle prie. Je la vois remuer les
lèvres, Mais, même si je ne les voyais pas remuer, je comprendrais qu'elle
prie par l'expression extasiée de son visage. Le temps passe et la
douleur reprend Élisabeth. Marie l'embrasse de nouveau. Elle descend, rapide,
dans le rayon de lune et court voir si le vieillard dort encore. Il dort et
gémit tout en rêvant. Marie a un geste de pitié. Elle se remet à prier. Le temps passe, le
vieillard se réveille et jette un regard étonné comme s'il se souvenait mal
pourquoi il se trouve là. Puis, il se rappelle, il a un geste et une
exclamation gutturale. Puis il écrit : "N'est-il encore pas
né ?" Marie fait signe que non. Zacharie écrit : "Quelle
douleur ! Ma pauvre femme ! En sortira-t-elle sans
mourir ?" Marie prend la main
du vieil homme et le rassure : "A l'aube, sous peu, le bambin sera
né. Tout ira bien. Élisabeth est forte. Comme il va être beau, ce jour -
puisqu'il va bientôt faire jour - où ton enfant verra la lumière ! Le
plus beau jour de ta vie ! Ce sont de grandes grâces que le Seigneur te
réserve pour toi, et ton enfant en est l'annonciateur." Zacharie secoue la
tête tristement et montre sa bouche muette. Il voudrait dire tant de choses
et ne le peut. 141> Marie
comprend et répond : "Le Seigneur te donnera une joie complète.
Crois en Lui complètement, espère infiniment, aime totalement. Le Très-Haut
t'exaucera au-delà de ce que tu espères. Il veut cette foi totale pour laver
ta défiance passée. Dis en ton cœur, avec moi : "Je crois"
.Dis-le à chaque battement de ton cœur. Les trésors de Dieu s’ouvrent pour
qui croit en Lui et en sa puissante bonté. La lumière commence à
pénétrer par la porte entr'ouverte. Marie l'ouvre. L'aube répand une lumière
blanche sur la terre humide. Il y a une forte odeur de terre et de verdure
humides. On entend les premiers pépiements des oiseaux qui s'appellent d'une
branche à l'autre. Le vieil homme et
Marie vont sur le seuil de la porte. Ils sont pâles après une nuit sans
sommeil et la lumière de l'aube les fait encore plus pâles. Marie remet ses
sandales, va au pied de l'escalier et écoute. Quand une femme se montre, elle
fait un signe et revient. Rien encore. Marie va dans une
pièce et revient avec du lait chaud qu'elle donne à boire au vieillard. Elle
va voir aux colombes. Elle revient pour disparaître dans cette pièce.
Peut-être est-ce la cuisine, Elle fait un tour, surveille. Elle semble avoir
eu un sommeil merveilleux tant elle est vive et tranquille. Zacharie fait les
cent pas, nerveux, monte et descend à travers le jardin. Marie le regarde
avec pitié. Puis elle entre de nouveau dans la même pièce, et agenouillée
près de son métier, elle prie de toute son âme, parce que les plaintes de la
malade se font plus déchirantes. Elle se courbe jusqu'à terre pour prier l'Éternel.
Zacharie rentre et la voit prosternée ainsi et il pleure, le pauvre vieux.
Marie se relève et le prend par la main. Elle semble être la mère de cette
vieillesse désolée et verse sur elle le réconfort. Ils se tiennent
ainsi, l'un près de l'autre dans le soleil qui rosit l'air du matin et c'est
ainsi que les rejoint la nouvelle joyeuse : "Il est né ! Il
est né ! Un garçon ! Heureux père ! Un garçon, frais comme une
rose, beau comme le soleil, fort et vigoureux et bon comme sa mère. Joie à
toi, père béni par le Seigneur qu'un fils t'a été donné pour que tu l'offres
à son Temple. Gloire à Dieu qui a accordé une postérité à cette maison !
Bénédiction à toi et au fils qui est né de toi ! Puisse sa descendance
perpétuer ton nom dans les siècles des siècles à travers les générations et
les générations et qu'elle conserve toujours l'alliance du Seigneur
Éternel." Marie, avec des
larmes de joie, bénit le Seigneur. Et puis les deux reçoivent le petit, apporté
au père pour qu'il le bénisse. Zacharie ne va pas trouver Élisabeth. Il
reçoit le bambin qui crie comme un perdu, mais ne va pas trouver sa femme. 142> C'est
Marie qui y va, portant affectueusement le bébé qui se tait tout à coup, à
peine Marie l'a-t-elle pris dans ses bras. La commère qui la suit remarque le
fait. "Femme" dit-elle à Élisabeth, "ton enfant s'est tu tout
d'un coup quand Elle l'a pris. Regarde comme il dort tranquille. Et Dieu sait
s'il est remuant et fort. Maintenant, regarde, on dirait une petite
colombe." Marie met la créature
près de la mère et la caresse en remettant en ordre ses cheveux gris.
"La rose est née" lui dit-elle doucement. "Et tu es en vie.
Zacharie est heureux." "Il parle?" |
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"Pas
encore, mais espère dans le Seigneur. Repose-toi, maintenant. Je resterai
avec toi." |
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