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"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
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- [Commentaires de Marie : C'est dans la
souffrance que l'on gagne la paix 174 - J'ai racheté le quadruple péché d'Ève 174 - Humilité versus orgueil 175 - Renoncement versus cupidité 175 - Faim de Dieu versus gourmandise 175 - Chasteté versus luxure 176 - La paix obtenue au pied de la croix 176 - Participer à la rédemption] 177 |
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174> Marie dit : "Je t'avais
promis que Lui serait venu t'apporter sa paix. Te rappelles-tu cette paix qui
était en toi au jour de Noël ? Quand tu m'as vue avec mon Bébé ?
Alors c'était ton temps de paix. Maintenant c'est ton temps de peine. Mais,
tu le sais désormais : c'est dans la souffrance que
l'on gagne la paix et toute grâce pour nous et pour le prochain.
Moi, Marie, j'ai racheté la
femme avec ma Maternité divine. Mais cela ne fut que le début. de la
rédemption de la femme. Me refusant à toute union humaine par le vœu de
virginité, j'avais repoussé toute satisfaction charnelle en méritant ainsi la
grâce de Dieu. Mais ce n'était pas encore suffisant. En effet, le péché d'Ève
était comme un arbre à quatre branches : orgueil, cupidité, gourmandise,
luxure. Et ces quatre branches devaient être coupées avant de stériliser
l'arbre jusqu'en ses racines. 175> C'est en m'humiliant jusqu'au plus profond de moi-même que
j'ai vaincu l'orgueil. Je me suis humiliée devant tout le monde. Je ne
parle pas de mon humilité devant Dieu. Elle est due au Très-Haut par toute
créature. Son Verbe la possédait. Je devais l'avoir , moi, femme. Mais as-tu réfléchi
à toutes ces humiliations que j'ai dû supporter, et sans me défendre,
d'aucune manière, de la part des hommes ? Même Joseph, qui était juste,
m'avait accusée en son cœur. Les autres qui n'étaient pas justes, avaient
péché en médisant de ma grossesse, et la rumeur de leurs paroles était venue
comme un flot amer se briser contre mon honneur de femme. Ce furent les
premières des humiliations innombrables que ma vie de Mère de Jésus et du genre humain
me procurèrent. Humiliations de pauvreté, humiliations de réfugiée,
humiliations pour les reproches des parents et amis qui, ne connaissant pas
la vérité, taxaient de faiblesse ma conduite maternelle à l'égard de Jésus,
devenu jeune homme, humiliations pendant les trois années de son ministère,
humiliations cruelles à l'heure du Calvaire, humiliations jusqu'à reconnaître
que je n'avais pas de quoi acheter une place et des aromates pour la
sépulture de mon Fils [1]. J'ai vaincu la
cupidité des premiers parents en renonçant d'avance à ma Créature. Une mère ne renonce
jamais que par force à sa créature. Si elle est réclamée à son cœur par la
patrie, l'amour d'une épouse ou Dieu Lui-même, elle se raidit contre la séparation.
C'est naturel. Le fils croît dans le sein maternel et on ne coupe jamais
complètement le lien qui tient sa personne unie à la nôtre. Même quand on a
rompu le canal vital de l'ombilic, il reste toujours un nerf qui part du cœur
de la mère, un nerf spirituel, plus vivant et plus sensible qu'un nerf
physique et qui est branché sur le cœur du fils. Et on le sent s'étirer à en
faire souffrir si l'amour de Dieu ou d'une créature, le devoir patriotique
éloignent le fils de la mère. Et il se brise en déchirant le cœur si la mort
arrache un fils à une mère. Et moi, j'ai renoncé,
dès l'instant que je l'ai eu, à mon Fils; Je l'ai donné à Dieu, je l'ai donné
à vous. Moi, du Fruit de mon sein, je me suis dépouillée pour réparer la
faute d'Ève du fruit dérobé à Dieu. 176> J'ai vaincu la gourmandise, celle du savoir et celle de la
jouissance, en acceptant de savoir uniquement ce que Dieu voulait que je
sache, sans demander à moi-même ou à Lui plus que ce qui m'avait été dit.
J'ai cru, sans chercher. J'ai vaincu la gourmandise de la jouissance car je
me suis refusé toute satisfaction sensuelle; Ma chair, je l'ai mise sous mes
pieds. La chair, instrument de Satan, je l'ai mise avec Satan, sous mon talon
afin de m'en faire un escabeau pour m'approcher du Ciel [2]. Le Ciel, mon
but ! Là où est Dieu, ma seule faim, une faim qui n'est pas gourmandise
mais nécessité bénie par Dieu qui ne veut nous voir d'appétit que pour Lui
seul. J'ai vaincu la luxure
qui
est la gourmandise portée jusqu'à la gloutonnerie. En effet, tout vice non
réfréné conduit à un vice plus grand. La gourmandise d'Ève, déjà condamnable,
l'a conduite à la luxure. Il ne lui a pas suffi de se satisfaire seule, elle
a voulu pousser sa faute jusqu'au raffinement. Elle a connu la luxure et l'a
enseignée à son compagnon. J'ai bouleversé les termes, et au lieu de
descendre, j'ai toujours monté. Au lieu de faire déchoir, j'ai toujours
attiré vers les sommets, et de mon compagnon, qui était un homme honnête,
j'en ai tait un ange. Dès que je possédais Dieu, et avec Lui ses richesses infinies,
je me suis hâtée de me dépouiller en disant : "Voilà : qu'elle
soit faite pour Lui et par Lui ta volonté". Chaste est celui-là qui
possède la retenue, non seulement de la chair, mais encore des affections et
des pensées. Je devais être la Chaste pour réduire à rien l'Impudique de la
chair, du cœur et de l'esprit. Je n'ai pas quitté cette retenue en ne disant
pas même de mon Fils, qui était uniquement à moi sur la terre comme il était
uniquement à Dieu au Ciel : "Celui-ci est à moi, je le veux". Pourtant cela ne
suffisait pas encore, pour rendre à la femme la paix perdue par Ève. Cette
paix, je vous l'ai obtenue au pied de la Croix, en voyant mourir Celui que tu
as vu naître. En me sentant arracher les entrailles au cri de ma Créature qui
mourait, je me suis vidée de tout féminisme : je n'étais plus chair,
mais ange. Marie, la Vierge unie comme épouse à l'Esprit, est morte à ce
moment-là. Il restait la Mère de la Grâce, celle qui par son tourment vous a
engendrés à la Grâce et vous l'a donnée. La femelle que j'avais reconsacrée femme la nuit de Noël, a acquis au pied de la
Croix le moyen de devenir la créature des Cieux. Moi, j'ai fait cela,
pour vous, en me refusant toute satisfaction, même sainte. De vous, réduites
par Ève à être des femelles pas supérieures aux compagnes des animaux, j'ai
fait, pourvu que vous le vouliez, les saintes de Dieu. J'ai atteint ce
sommet pour vous. 177>
Comme Joseph, je vous ai portées vers les
hauteurs. Le rocher du Calvaire est pour moi le Mont des Oliviers. Là, j'ai
pris mon élan pour porter jusqu'aux Cieux, l'âme de nouveau sanctifiée de la
femme, en même temps que ma chair, glorifiée pour avoir porté le Verbe de
Dieu, et j'ai supprimé en moi jusqu'à la dernière trace d'Ève, la dernière
racine de cet arbre aux quatre rameaux empoisonnés et la racine enfoncée dans
les sens qui avait entraîné à sa chute l'humanité, et qui, jusqu'à la fin des
siècles et jusqu'à la dernière femme, vous mordra les entrailles. C'est de
l'endroit où je resplendis dans le rayonnement de l'Amour que je vous appelle
et vous indique le Remède pour vous vaincre vous-mêmes : la Grâce de mon
Seigneur et le Sang de mon Fils. Et toi, ma parole, repose ton âme dans la
lumière de cette première aube de Jésus pour avoir la force au cours des
crucifixions qui ne te seront pas épargnées, parce que c'est ici que nous te
voulons, ici où on arrive par le chemin de la douleur, parce que c'est ici
que nous te voulons où l'on monte d'autant plus haut qu'on a supporté
davantage de peine pour obtenir la Grâce au monde. |
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Va en paix, je suis avec toi." |
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[2] Psaume 110,1 - Déclaration du
Seigneur Dieu: "Viens siéger à ma droite, je veux contraindre tes ennemis
à te servir de marchepied."