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Vision du mardi 24
avril 1945
21> Entre temps, je fais cette première
observation, sinon je l'oublie. Le passage "Sépulture de Jésus" de
l'an passé, placé sous le titre de la Passion et que nous avions retranché
parce qu'il nous paraissait superflu comme une répétition, était utile au
contraire pour expliquer certaines choses à ceux qui désirent connaître
(honnêtement) tout ce qui se rapporte au Seigneur et aussi à ceux qui nient
la réalité de la mort du Christ. Sur la fin il était dit comment le
Corps avait été embaumé et disposé dans le linceul. Et ceci expliquait
différentes choses. Bon, désormais c'est fait. Mais qu'on se persuade que
moi, quand je ne suis pas tenue par Jésus, je suis une parfaite
abrutie : je ne vois rien, je ne comprends rien. Il est donc
parfaitement inutile de venir me demander, à moi, quelque chose après que mon
travail soit fini. Je ne sais plus rien. Je ne comprends plus l'utilité d'un
passage. Rien. Zéro absolu et obscurité totale. Ce matin, à l'aube, il m'a
été montré pourquoi ce passage avait été placé sous le titre en question. Et
j'ai avalé mon... remède contre l'orgueil du jugement humain. Maintenant, je
ferai un ajout, sur une feuille incluse, où il sera expliqué comment fut
préparé le cadavre et je l'insérerai pour l'utilité et la clarté à
l'intention de ceux qui veulent être informés et des négateurs.
Et maintenant, en avant.
Jésus parle
au milieu d'une place à une foule nombreuse. Il est monté sur le petit banc
de pierre qui se trouve près de la fontaine. Les gens l'entourent. Et tout
autour sont aussi les douze avec des visages... consternés ou ennuyés ou qui
manifestent même clairement le dégoût de certains contacts. Barthélemy spécialement et l'Iscariote montrent ouvertement
leur embarras et
pour éviter le plus possible le voisinage des samaritains, l'Iscariote s'est
mis à cheval sur la branche d'un arbre, comme s'il voulait dominer la scène
alors que Barthélemy s'est adossé à une porte cochère à un angle de la place.
Les préjugés sont vivants et actifs en tous. Jésus, au contraire, n'a rien
qui diffère de l'ordinaire. Je dirais, au contraire, qu'il s'efforce de ne
pas effrayer par sa majesté en même temps qu'il cherche à la manifester pour
enlever tout doute. Il caresse deux ou trois petits dont il demande le nom et
il s'intéresse à un vieil aveugle auquel il donne personnellement l'obole. Il
répond à deux ou trois questions qui Lui sont posées sur des choses qui ne
sont pas d'ordre général, mais privé.
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22> L'une est la demande d'un
père dont la fille a fait une fugue par amour et maintenant demande pardon.
"Accorde-lui sans retard ton pardon."
"Mais j'ai souffert de cela, Maître ! Et j'en souffre. En moins
d'une année, j'ai vieilli de dix ans."
"Le pardon t'apportera du soulagement."
"Ce n'est pas possible, La blessure reste."
"C'est vrai. Mais dans la blessure il y
a deux pointes qui font souffrir. L'une c'est l'affront indéniable que tu as
reçu de ta fille. L'autre, c'est l'effort que tu fais pour lui refuser ton
amour. Supprime au moins cette dernière. Le pardon, qui est la forme la plus
élevée de l'amour, la fera disparaître. Pense, pauvre père, que cette fille
est née de toi et qu'elle a toujours droit à ton amour. Si tu la voyais
malade d'une maladie physique et si tu savais qu'en ne la soignant pas toi,
précisément toi, elle mourrait, la laisserais-tu mourir? Non, certainement
pas. Et alors pense que toi, toi précisément, tu peux par ton pardon arrêter
son mal et même J'amener à une saine estimation de l'amour. C'est que,
vois-tu, c'est le côté matériel, le plus vil, qui chez elle a pris le dessus."
"Alors, tu dirais que je dois pardonner?"
"Tu le dois."
"Mais, comment faire pour la voir à la maison, après ce qu'elle a fait,
sans la maudire?"
"Mais alors, tu ne pardonnerais pas. Le pardon n'est pas dans l'acte de
lui ouvrir la porte de la maison, mais dans celui de lui ouvrir ton cœur.
Sois bon, homme. Et quoi, la patience que nous avons pour le bouvillon
capricieux, nous ne l'aurions pas pour notre enfant?"
Une femme, de son côté, demande s'il est bien qu'elle épouse son beau-frère
pour donner un père à ses orphelins.
"Es-tu sûre qu'il serait un vrai père?"
"Oui, Maître. J'ai trois garçons. Il faut un homme pour les
diriger."
"Fais-le alors et sois pour lui une épouse fidèle comme tu l'as été pour
ton premier mari."
Un troisième Lui demande s'il ferait bien ou mal d'accepter une invitation
qu'il a reçue d'aller à Antioche.
"Homme, pourquoi veux-tu y aller?"
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23> "Parce
qu'ici je n'ai pas de moyens d'existence pour moi et mes nombreux enfants.
J'ai connu un gentil qui me prendrait parce qu'il m'a vu capable au travail
et il donnerait aussi du travail à mes fils. Mais je ne voudrais pas... ce
scrupule te paraîtra étrange de la part d'un samaritain, mais je l'ai. Je ne voudrais
pas qu'on perde la foi. C'est un païen, sais-tu, cet homme !?"
"Eh bien ? Rien ne contamine si on ne veut pas être contaminé. Va
donc à Antioche et sois fidèle au Dieu Vrai. Lui te guidera et tu seras même
un bienfaiteur pour le maître qui connaîtra Dieu à travers ton
honnêteté."
Ensuite, il s'adresse à tout le monde.
"J'ai entendu parler beaucoup d'entre vous, et en tous j'ai découvert
une secrète douleur, une peine, de laquelle vous-mêmes ne vous rendez pas
compte, mais qui pleure en vos cœurs. Cela fait des siècles qu'elle grandit
et ni les raisons que vous exprimez, ni les injures que l'on vous lance ne
peuvent la faire disparaître. Mais, au contraire, elle durcit de plus en plus
et pèse comme la neige quand elle se transforme en glace.
Je ne suis pas vous et je ne suis pas non
plus de ceux qui vous accusent. Je suis Justice et Sagesse. Et pour résoudre
votre cas, je vous cite encore Ézéchiel. Lui, en qualité de prophète, parle
de Samarie et de Jérusalem en disant
qu'elles sont les filles d'un même sein et en
les appelant Ohola et Oholiba . La
première à tomber dans l'idolâtrie, ce fut la première, Ohola, car elle était
déjà privée de l'union spirituelle avec notre Père des Cieux. L'union avec
Dieu est salut, toujours. Elle échangea la véritable richesse, la véritable
puissance, la véritable sagesse avec la pauvre richesse, puissance
et sagesse de quelqu'un qui était, encore plus qu'elle- même, au-dessous de
Dieu, et elle fut séduite par lui au point de devenir l'esclave de la manière
de vivre de celui qui l'avait séduite. Pour être forte, elle devint faible.
Pour être plus, elle devint moins. Pour être imprudente, elle devint folle .
Quand quelqu'un s'est imprudemment contaminé par une infection, il lui est
bien difficile de s'en guérir.
Vous direz : "Avons-nous été amoindris? Non. Nous fûmes grands". Grands,
oui, mais comment ? À quel prix ? Vous le savez. Combien, aussi
parmi les femmes, conquièrent la richesse au prix effroyable de leur
honneur ! Elles acquièrent une chose qui peut ne pas durer. Elles
perdent une chose qui n'a jamais de fin : leur bonne renommée.
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24> Oholiba, voyant
que la folie d'Ohola lui avait valu des richesses, voulut l'imiter et devint
folle plus qu'Ohola et au prix d'une double faute. En effet, elle
avait avec elle le Vrai Dieu et n'aurait jamais dû piétiner la force qui lui
venait de cette union . Et une dure, terrible punition est venue et
viendra encore davantage à Oholiba doublement folle et impure. Dieu lui
tournera le dos . Déjà Il est en train de le faire pour s'en aller vers
ceux qui ne sont pas de Juda. Et on ne pourra accuser Dieu d'être injuste,
car Lui ne s'impose pas. À tous Il ouvre les bras, Il invite tout le monde,
mais si quelqu'un Lui dit: "Va-t'en" il s'en va. Il va chercher
l'amour et en inviter d'autres jusqu'à ce qu'Il trouve quelqu'un qui Lui
dise: "Je viens".
C'est pour cela que je vous dis que vous pouvez avoir un soulagement à votre
tourment, que vous devez l'avoir, en pensant à cette chose. Ohola, reviens à
toi! Dieu t'appelle.
La sagesse de l'homme consiste à se repentir. La sagesse de l'esprit
réside dans l'amour du Dieu Vrai et de sa Vérité. Ne regardez ni
Oholiba, ni la Phénicie, ni l'Égypte, ni la Grèce. Regardez Dieu. C'est la Patrie de tout esprit droit :
le Ciel. Il n'y a pas beaucoup de lois, mais une seule : celle de Dieu.
C'est par ce code que l'on a la Vie. Ne dites pas : "Nous avons
péché", mais dites: "Nous ne voulons plus pécher". Que Dieu
vous aime encore, la preuve en est dans le fait qu'Il vous a envoyé son Verbe
vous dire: "Venez". Venez, je vous le dis. Vous êtes injuriés et
proscrits? Et par qui? Par des êtres semblables à vous. Mais Dieu est plus
qu'eux, et Lui vous dit: "Venez". Un jour viendra où vous jubilerez
de n'avoir pas été dans le Temple... Votre
intelligence s'en réjouira. Mais davantage jubileront les esprits parce que
sur ceux qui ont le cœur droit, dispersés en Samarie, sera déjà descendu le
pardon de Dieu. Préparez-en l'avènement. Venez au Sauveur universel, ô fils
de Dieu qui avez perdu la route."
"Mais, quelques-uns au moins, nous viendrions. Ce sont ceux de l'autre
côté qui ne veulent pas de nous."
"Et avec le prêtre et le
prophète, je vous dis encore : "Je prendrai le bois de Joseph qui
est aux mains" d'Éphraïm avec les tribus d'Israël qui lui sont unies et
je l'unirai au bois de Juda et j'en ferai un seul bois..." Oui. Pas au Temple. Venez à Moi. Je ne vous repousse
pas. Je suis Celui que l'on appelle l'universel Dominateur. Je suis le Roi
des rois. Je vous purifierai tous, ô peuples qui voulez être purifiés. Je
vous rassemblerai, ô troupeaux qui êtes sans bergers ou avec des bergers
idolâtres, car je suis le Bon Berger. Je vous donnerai un tabernacle unique
et le placerai au milieu de mes fidèles. Ce tabernacle sera source de vie, pain
de vie, il sera lumière, il sera salut, protection, sagesse.
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