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"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta © Centro Editoriale Valtortiano |
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jeudi 6 janvier 28
- Les apôtres critiquent le Maître 28 - Un homme suspect 29 - Guérison d'une femme loque 29 - Que de choses il vous manque! 31 - Arrivée de Fotinaï 31 - Sa volonté de conversion 32 |
3.7. |
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28> Jésus marche devant, seul, en frôlant une haie de cactus qui, se moquant de toutes les autres plantes dépouillées, brillent au soleil avec leurs grosses palettes épineuses sur lesquelles il reste quelques fruits que le temps a rendus rouge brique ou sur lesquelles déjà rit quelque fleur précoce jaune teintée de cinabre. Derrière, les apôtres parlottent entre eux et il me semble qu'ils ne font vraiment pas des compliments au Maître. A un certain moment, Jésus se retourne brusquement et dit : "Qui regarde d'où vient le vent ne sème pas, et qui reste à regarder les nuages ne moissonne jamais". C'est un vieux proverbe. Mais je m'y tiens. Et vous voyez que là où vous craigniez de mauvais vents et ne vouliez pas rester, j'ai trouvé un terrain et possibilité de semailles. Malgré "vos" nuages - soit dit en passant, ce n'est pas bien que vous les fassiez voir là où la Miséricorde veut montrer son soleil, je suis certain d'avoir déjà moissonné." "Mais, en attendant, personne ne t'a demandé de miracle. C'est une foi bien étrange qu'ils ont en Toi !" "Et tu crois, Thomas, que seule la requête d'un miracle prouve qu'il y a foi ? Tu te trompes. C'est tout le contraire. Celui qui veut un miracle pour pouvoir croire témoigne que, sans le miracle, preuve palpable, il ne croirait pas. Au contraire, celui qui dit : "Je crois" sur simple parole d'autrui manifeste la foi la plus grande." "De sorte alors que les samaritains sont meilleurs que nous !" "Je ne dis pas cela. Mais dans leurs conditions d'affaiblissement spirituel, ils se sont montrés beaucoup plus capables d'entendre Dieu que les fidèles de Palestine. Cela, vous le rencontrerez de nombreuses fois dans votre vie et, je vous en prie, souvenez-vous aussi de cet épisode pour savoir régler votre conduite sans préjugés à l'égard des âmes qui viendront à la foi du Christ." "Pourtant, pardonne-moi, Jésus, si je te le dis, il me semble qu'avec toute la haine qui te poursuit, il est nuisible pour Toi de créer de nouvelles accusations. Si les membres du Sanhédrin savaient que tu as eu..." "Mais dis-le simplement : "de l'amour", car c'est cela que j'ai eu, Jacques, et que j'ai encore. Et toi, qui es mon cousin, tu peux comprendre que je ne puis avoir autre chose que de l'amour. 29> Je t'ai montré que je n'ai qu'amour, même pour ceux qui m'étaient hostiles parmi ceux de mon sang et de mon pays. Et devrais-je pour ceux-ci qui m'ont respecté sans me connaître ne pas avoir d'amour ? Les membres du Sanhédrin peuvent faire tout le mal qu'ils veulent. Mais ce ne sera pas la perspective de ce mal à venir qui fermera les digues de mon amour omniprésent et tout-opérant, Du reste... même si j'agissais autrement... je n'empêcherais pas le Sanhédrin de trouver, dans sa haine, des motifs d'accusation." "Mais Toi, Maître, tu perds ton temps en pays idolâtre alors que l'on t'attend en tant d'endroits en Israël. Tu dis que toute heure doit être consacrée au Seigneur. Ne sont-ce pas là des heures perdues ?"
En effet un homme s'avance. il paraît courbé sous une lourde charge qu'il porte en équilibre sur ses épaules. il voit que le groupe s'arrête et il s'arrête lui aussi. "Il veut nous faire du mal. il s'arrête parce qu'il voit que nous nous en sommes aperçus. Oh ! ces samaritains !" "En es-tu certain, Pierre !" "Oh ! absolument!" "Alors, restez ici. Moi, je vais à sa rencontre." "Pour cela, non, Seigneur. Si tu y vas, je viens aussi." "Alors viens." Jésus va vers 1'homme. Pierre trottine à son côté curieux et hostile à la fois. Quand ils sont à quelques mètres l'un de l'autre, Jésus dit : "Que veux-tu, homme ? Qui cherches-tu ?" "Toi" "Et pourquoi ne m'as-tu pas cherché en ville ?" "Je n'osais pas... Si tu m'avais repoussé devant tout le monde, j'en aurais eu trop de douleur et de honte." "Tu pouvais m'appeler dès que j'ai été seul avec les miens." 30> "J'espérais te rejoindre quand tu aurais été seul, comme Fotinaï. J'ai aussi un grand motif d'être seul avec Toi..." "Que veux-tu ? Que portes-tu sur tes épaules avec tant de peine ?" "Ma femme. Un esprit en a pris possession et en a fait un corps mort et une intelligence éteinte. Je dois la faire manger, l'habiller , la porter comme une petite. Elle a été prise ainsi, sans maladie... Ils l’appellent la "possédée". J'en souffre. Je peine et j'ai des dépenses. Regarde." L'homme dépose sur le sol son fardeau de chairs inertes enveloppées dans un manteau comme dans un sac et découvre un visage de femme encore jeune, mais qu'on pourrait croire morte si elle ne respirait pas. Les yeux clos, la bouche entrouverte... la physionomie d'une personne qui a rendu le dernier soupir. Jésus se penche sur la malheureuse, couchée par terre; il la regarde, regarde l'homme : "Tu crois que je puis ? Pourquoi le crois- tu ?" "Parce que tu es le Christ." "Mais tu n'as rien vu qui le prouve." "J'ai entendu ta parole. Elle me suffit." "Pierre, tu l'entends ? Que dis-tu que je doive faire maintenant, devant une foi aussi parfaite ?" "Mais.,. Maître... Toi... Moi... Mais en somme, fais-le Toi." Pierre est très gêné. "Oui. Je le fais. Homme, regarde." Jésus prend la femme par la main et commande : "Quitte-la. Je le veux." La femme, jusqu'alors inerte, a une horrible convulsion d'abord muette et puis ce sont des cris et des lamentations qui se terminent par un grand cri durant lequel elle ouvre les yeux jusqu'alors fermés, se frottant les yeux, comme si elle s'éveillait d'un cauchemar. Puis elle se calme, et un peu abasourdie regarde tout autour, dévisageant d'abord Jésus, l'Inconnu qui lui sourit... elle regarde la poussière du chemin sur lequel elle est allongée, une touffe d'herbe qui a poussé au bord du chemin et sur laquelle les têtes blanches-rouges des pâquerettes sont comme des perles tout près de s'épanouir. Elle regarde la haie de cactus, le ciel si azuré, et puis elle tourne les yeux et voit son homme... son homme qui la regarde avec anxiété et observe attentivement tous ses mouvements. Elle sourit et puis, avec la complète liberté qui lui est revenue, se dresse et se réfugie sur la poitrine du mari qui la caresse et l'embrasse en pleurant. "Comment ? Ici ? Pourquoi ? Quel est cet homme ?" 31> "C'est Jésus, le Messie. Tu étais malade. Il t'a guérie. Dis-lui que tu l'aimes bien." "Oh ! oui ! Merci... Mais qu'est-ce que j'avais ? Mes enfants... Simon... Je ne me souviens pas d'hier, mais je me rappelle que j'ai des enfants..." Jésus parle : "Il ne faut pas te rappeler hier. Souviens-toi toujours d'aujourd'hui. Et sois bonne. Adieu. Soyez bons et Dieu sera avec vous." Et Jésus, suivi par les bénédictions des deux, se retire rapidement. Quand il rejoint les autres, toujours adossés à la haie, il ne leur parle pas. Mais il s'adresse à Pierre : "Et maintenant, toi qui étais sûr que cet homme voulait me faire du mal, que dis-tu ? Simon, Simon ! Que de choses il te manque encore pour être parfait! Que de choses il vous manque! Moins l'idolâtrie évidente, vous avez tous les péchés de ces gens-là et en plus l'orgueil dans vos jugements. Maintenant, prenons notre repas. Nous ne pouvons arriver où je voulais avant la nuit. Nous dormirons dans quelque grange à foin si nous ne trouvons mieux." Les douze, avec au cœur le sentiment du reproche, s'assoient sans parler et mangent leurs vivres. Le soleil d'une journée tranquille illumine la campagne qui descend en molles ondulations vers une plaine. Le repas fini, ils s'arrêtent encore quelque temps jusqu'à ce que Jésus se lève et dise : "Viens, toi André, et toi Simon. Je vais voir si cette maison est amie ou hostile" et il s'en va pendant que les autres restent taciturnes jusqu'à ce que Jacques d'Alphée dit à Judas l'Iscariote : "Mais celle qui vient, n'est-ce pas la femme de Sychar ?" "Oui, c'est elle. Je la reconnais à son vêtement. Que voudra-t-elle ?" "Suivre son chemin" répond Pierre boudeur. "Non, elle nous fixe trop, en se protégeant les yeux avec sa main." Ils l'observent jusqu'à ce qu'elle arrive près d'eux et elle leur demande, toute humble : "Votre Maître, où est-il ?" "Passe ton chemin. Pourquoi le demandes-tu ?" "J'avais besoin de Lui..." "Il ne se perd pas avec les femmes" répond Pierre sèchement. "Je le sais. Avec les femmes, non. Mais je suis une âme de femme qui a besoin de Lui." 32> "Laisse-la faire" conseille Jude d'Alphée. Et il répond à Fotinaï : "Attends. Il reviendra bientôt." La femme se met dans un coin de la route à un tournant et elle reste immobile et silencieuse pendant que tous la délaissent. Mais Jésus revient vite et Pierre dit: "Voici le Maître. Dis-lui ce que tu veux, et vivement." La femme ne lui répond même pas, mais elle va aux pieds de Jésus et se baisse jusqu'au sol, silencieuse. "Fotinaï, que veux-tu de Moi ?"
"Tu ne pourrais venir, femme seule, à ma suite. Mais si tu veux réellement ne plus pécher et connaître la science de ne pas pécher, retourne chez toi avec l'esprit de pénitence et attends. Le jour viendra où, femme parmi d'autres également rachetées, tu pourras être proche de ton Rédempteur et apprendre la science du Bien. Va. N'aie pas peur. Sois fidèle à ta volonté actuelle de ne pas pécher. Adieu." La femme baise la poussière, se relève et s'éloigne à reculons pendant quelques mètres, puis elle s'en va vers Sychar. |
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