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Vision du jeudi 3 mai
1945
45> "Qu'as-tu, Pierre ?
Tu sembles mécontent" demande Jésus. qui
suit un sentier de campagne sous les branches des amandiers en fleurs qui
annoncent à l'homme la fin de la mauvaise saison.
"Je réfléchis, Maître."
46> "Tu réfléchis, Je le
vois bien, mais ta physionomie fait voir que tu ne penses pas à des choses
gaies."
"Mais Toi qui sais tout ce qui nous concerne, tu le sais déjà."
"Oui, je le sais déjà. Même Dieu le Père sait les besoins de l'homme,
mais Il veut trouver dans l'homme la confiance qui expose ses propres besoins
et qui demande de l'aide. Moi, je peux te dire que tu as tort de te
tourmenter."
"Alors mon épouse ne
t'est pas moins chère ?"
"Mais non, Pierre. Et pourquoi
devrait-elle l'être moins ? Si nombreuses sont au Ciel les demeures de
mon Père .
Si nombreuses sont sur la terre les fonctions de l'homme. Et pourvu qu'elles
soient faites saintement, elles sont toutes bénies. Pourrais-je dire qu'elles
sont mal vues de Dieu toutes les femmes qui ne suivent pas les Marie et Suzanne ?"
"Hé ! non. Alors mon épouse aussi croit au Maître
et ne suit pas l'exemple des autres." dit Barthélemy.
"Et la mienne non
plus, avec ses filles.
Elles restent à la maison, mais toujours prêtes à offrir l'hospitalité, comme
elles l'ont fait hier." dit Philippe.
"Je crois que ma mère en
fera autant. Elle ne peut tout quitter... elle est seule" dit l'Iscariote.
"C'est vrai ! C'est vrai ! J'étais triste parce qu'il me
semblait que la mienne était si... si peu.
Oh ! je ne sais le dire !"
"Ne la critique pas, Pierre. C'est une honnête femme" dit Jésus.
"Elle est très timide. Sa mère les a toutes, filles et
belles-filles, pliées sous ses volontés." dit André.
"Mais, depuis tant d'années qu'elle est avec moi, elle aurait dû
changer !"
"Oh ! frère ! Tu n'es pas très doux, toi non plus,
sais-tu ? Sur une personne timide tu produis l'effet d'une grosse bûche
qu'on vous lance entre les jambes. Ma belle-sœur est très bonne, et la preuve
en est d'avoir supporté avec patience sa mère avec toute sa méchanceté et toi
avec ton autorité."
Tout le monde rit de la conclusion si franche d’André et du visage étonné de
Pierre qui s'entend proclamer autoritaire.
Même Jésus rit tout à fait de bon cœur . Puis
il dit : "Les femmes fidèles qui ne se
sentent pas appelées à quitter leur maison pour me suivre me servent
également en restant chez elles. Si toutes avaient voulu venir avec Moi,
j'aurais dû commander à certaines de rester. Maintenant que les femmes
s'uniront à nous, je dois aussi penser à elles.
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de page
47> Il ne serait ni convenable ni
prudent que des femmes se trouvent sans demeure allant ici et
là. Nous, nous pouvons dormir n'importe où . La
femme a d'autres besoins, et il lui faut un abri. Nous, nous pouvons coucher
sur une même litière. Elles ne peuvent rester au milieu de nous par respect
et par prudence pour leur constitution plus délicate. On ne doit jamais
tenter la Providence ni s'affranchir de la nature au-delà de certaines
limites. Maintenant je ferai de toute maison amie où habite une de vos
femmes, un abri pour les autres. De la tienne Pierre, de la tienne Philippe,
de la tienne Barthélemy, et de la tienne Judas. Nous ne pourrons imposer aux
femmes les marches continuelles que nous ferons. Mais elles nous attendront
au lieu fixé pour le départ chaque matin et le retour chaque soir.
Nous leur donnerons des instructions pendant les heures de repos et le monde
ne pourra plus jaser si d'autres malheureuses créatures viennent vers Moi et
il ne me sera pas interdit de pouvoir les entendre. Les mères et les épouses
qui nous suivront serviront de défense à leurs sœurs et à Moi contre les
calomnies du monde , Vous
voyez que je suis en train de faire un rapide voyage pour saluer là où ils se
trouvent les amis que j'ai déjà et ceux que je pourrai avoir. Ceci n'est pas
pour Moi. Mais pour les plus faibles parmi les disciples dont la faiblesse
soutiendra notre force et la rendra utile auprès de tant,
de tant de créatures."
"Mais, maintenant, nous allons à Césarée, as-tu dit. Qui est-ce qu'il
y a là ?"
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