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"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" |
aucun accent |
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vendredi Betsaïda
- Le bonheur de Jacques et de Jean 43 - Marie Salomé demande de suivre Jésus 44 - Elle cherche à ne pas déplaire à son mari 44 - Elle préfère Jésus à toutes ses richesses 45 |
3.12. |
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43> Jésus se trouve dans une maison dont je comprends qu'elle est celle de Jacques et de Jean d'après les conversations de ceux qui s'y trouvent. Avec Jésus, en plus des deux disciples, il y a Pierre et André, Simon le Zélote, l'Iscariote et Mathieu. Les autres, je ne les 44> vois pas. Jacques et Jean sont heureux. Ils vont et viennent de leur mère à Jésus et vice versa comme deux papillons qui ne savent quelle fleur préférer entre deux également aimées. Et Marie Salomé caresse chaque fois ses enfants, heureuse, pendant que Jésus sourit. Ils doivent avoir terminé le repas, car je vois que la table est encombrée. Mais ils veulent absolument faire manger à Jésus des grappes de raisin blanc que leur mère a gardé en conserve et qui doit être doux comme du miel. Que ne donneraient-ils pas à Jésus ! Mais Salomé veut donner et recevoir quelque chose de plus que du raisin et des caresses. Et, après être restée un peu pensive en regardant Jésus; en regardant Zébédée, elle se décide. Elle va vers le Maître qui est assis le dos appuyé à la table et elle s'agenouille devant Lui. "Que veux-tu, femme ?" "Maître, tu as décidé de faire venir avec Toi ta Mère et la mère de Jacques et Jude et aussi Suzanne, et certainement aussi la grande Jeanne de Chouza viendra. Toutes les femmes qui te vénèrent viendront, s'il en vient une seule. Je voudrais en être moi aussi. Prends-moi, Jésus. Je te servirai avec amour."
"Oh! si, je l'aime ! Mais je t'aime davantage, Toi. Oh ! je ne veux pas dire que je t'aime en tant qu'homme. J'ai soixante ans, et depuis quarante ans je suis épouse et jamais je n'ai vu d'autre homme que le mien. Je ne deviens pas folle, maintenant que je suis vieille. Et la vieillesse ne fait pas mourir l'amour que j'ai pour mon Zébédée, Mais Toi... Je ne sais pas parler. Je suis une pauvre femme. Je parle comme je sais. Voici : Zébédée, je l'aime avec tout ce que j'étais jusqu'alors. Toi, je t'aime avec tout ce que tu as su faire venir en moi par tes paroles et par celles que m'ont transmises Jacques et Jean. C'est quelque chose de tout à fait différent... mais tellement beau." "Ce ne sera jamais aussi beau que l'amour d'un excellent époux." "Oh ! non ! C'est quelque chose de bien plus !... Oh ! ne le prends pas mal, Zébédée ! Je t'aime encore avec tout moi-même. Mais Lui je l'aime avec quelque chose qui est encore Marie, mais qui n'est plus Marie, la pauvre Marie, ton épouse.,. qui est bien plus... Oh! je ne sais pas le dire !" Jésus sourit à la femme qui ne veut pas blesser son mari mais qui ne peut taire son grand, son nouvel amour, Même Zébédée sourit 45> gravement en s'approchant de son épouse qui, toujours à genoux, fait un tour sur elle-même pour se tourner alternativement vers son époux et vers Jésus. "Mais sais-tu, Marie, que tu devras quitter ta maison ? Tu y es tellement attachée ! Tes colombes... tes fleurs... cette vigne qui donne ce doux raisin dont tu es si fière... et tes ruches, les plus célèbres du pays... et aussi ce métier sur lequel tu as tissé tant de lin et tant de laine pour tes bien-aimés... Et tes petits-enfants ? Comment feras- tu pour vivre sans ces petits ?" "Oh ! mais, mon Seigneur ! Que veux-tu que ce soit pour moi, les murs, les colombes, les fleurs, la vigne, les ruches, le métier ,toutes choses bonnes et chères, mais si mesquines par rapport à Toi, à l’amour pour Toi ?! Les petits;..oh ! oui !ce sera une peine de ne plus pouvoir les endormir sur mon sein et de ne plus les entendre m'appeler... Mais Toi, tu es bien plus ! Oh ! si tu es bien plus que toutes les choses que tu me nommes ! Et si toutes ces choses prises ensemble et à cause de ma faiblesse m'étaient plus chères que de te servir et te suivre, moi, en pleurant, je les jetterais de côté en pleurant comme une femme, pour te suivre avec mon âme souriante. Prends-moi, Maître. Dites-le-Lui, vous, Jean, Jacques... et toi, mon époux. Soyez bons. Venez à mon aide, tous." "C'est bien. Tu viendras aussi avec les autres. J'ai voulu te faire bien réfléchir sur le passé et sur le présent, sur ce que tu laisses, sur ce que tu prends, Mais viens, Salomé. Tu es mûre pour entrer dans ma famille." |
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"Oh ! Mûre ! Je le suis moins qu'un tout petit. Mais tu pardonneras mes erreurs et me tiendras par la main. Toi… parce que; grossière comme je suis, je rougirai beaucoup devant ta Mère et devant Jeanne. Devant tous j'aurai honte, mais pas devant Toi parce que tu es la Bonté et que tu comprends tout, excuses tout, pardonnes tout." |
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