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Vision du mercredi 2
mai 1945
43> Jésus se
trouve dans une maison dont je comprends qu'elle est celle de Jacques et de Jean d'après les conversations de
ceux qui s'y trouvent. Avec Jésus, en plus des deux disciples, il y a Pierre et André, Simon le Zélote, l'Iscariote et Mathieu. Les
autres, je ne les vois pas.
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44> Jacques et Jean sont heureux. Ils vont et
viennent de leur mère à
Jésus et vice versa comme deux papillons qui ne savent quelle fleur préférer
entre deux également aimées. Et Marie Salomé caresse chaque fois ses enfants,
heureuse, pendant que Jésus sourit. Ils doivent avoir terminé le repas, car
je vois que la table est encombrée. Mais ils veulent absolument faire manger
à Jésus des grappes de raisin blanc que leur mère a gardé en conserve et qui
doit être doux comme du miel . Que
ne donneraient-ils pas à Jésus ! Mais Salomé veut donner et recevoir
quelque chose de plus que du raisin et des caresses. Et, après être restée un
peu pensive en regardant Jésus; en regardant Zébédée, elle
se décide. Elle va vers le Maître qui est assis le dos appuyé à la table et
elle s'agenouille devant Lui. "Que veux-tu, femme ?"
"Maître, tu as décidé de faire venir avec Toi ta Mère et la mère de Jacques et Jude et
aussi Suzanne, et certainement aussi la
grande Jeanne de Chouza viendra .
Toutes les femmes qui te vénèrent viendront, s'il en vient une seule. Je
voudrais en être moi aussi. Prends-moi, Jésus. Je te servirai avec
amour."
"Tu as Zébédée
dont tu dois t'occuper. Est-ce que tu ne l'aimes
plus ?"
"Oh! si, je l'aime ! Mais je t'aime davantage, Toi. Oh ! je ne
veux pas dire que je t'aime en tant qu'homme. J'ai soixante ans, et depuis
quarante ans je suis épouse et jamais
je n'ai vu d'autre homme que le mien. Je ne deviens pas folle, maintenant que
je suis vieille. Et la vieillesse ne fait pas mourir l'amour que j'ai pour
mon Zébédée, Mais Toi... Je ne sais pas parler. Je suis une pauvre femme. Je
parle comme je sais. Voici : Zébédée, je l'aime avec tout ce que j'étais
jusqu'alors. Toi, je t'aime avec tout ce que tu as su faire venir en moi par
tes paroles et par celles que m'ont transmises Jacques et Jean. C'est quelque
chose de tout à fait différent... mais tellement beau."
"Ce ne sera jamais aussi beau que l'amour d'un excellent époux."
"Oh ! non ! C'est quelque chose de bien plus !...
Oh ! ne le prends pas mal, Zébédée ! Je t'aime encore avec tout
moi-même. Mais Lui je l'aime avec quelque chose qui est encore Marie, mais
qui n'est plus Marie, la pauvre Marie, ton épouse, qui est bien plus... Oh !
je ne sais pas le dire !"
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45> Jésus sourit à la femme qui
ne veut pas blesser son mari mais qui ne peut taire son grand, son nouvel
amour, Même Zébédée sourit gravement en s'approchant de son épouse qui,
toujours à genoux, fait un tour sur elle-même pour se tourner alternativement
vers son époux et vers Jésus.
"Mais sais-tu, Marie, que tu devras quitter ta maison ? Tu y es
tellement attachée ! Tes colombes... tes fleurs... cette vigne qui donne
ce doux raisin dont tu es si fière... et tes ruches, les plus célèbres du
pays... et aussi ce métier sur lequel tu as tissé tant de lin et tant de
laine pour tes bien-aimés... Et tes petits-enfants ? Comment feras- tu
pour vivre sans ces petits ?"
"Oh ! mais, mon Seigneur ! Que veux-tu que ce soit pour moi,
les murs, les colombes, les fleurs, la vigne, les ruches, le métier, toutes
choses bonnes et chères, mais si mesquines par rapport à Toi, à l’amour pour
Toi ?! Les petits...oh ! oui !ce sera une peine de ne plus
pouvoir les endormir sur mon sein et de ne plus les entendre m'appeler...
Mais Toi, tu es bien plus ! Oh ! si tu es bien plus que toutes les
choses que tu me nommes ! Et si toutes ces choses prises ensemble et à
cause de ma faiblesse m'étaient plus chères que de te servir et te suivre,
moi, en pleurant, je les jetterais de côté en pleurant comme une femme, pour
te suivre avec mon âme souriante. Prends-moi, Maître. Dites-le-Lui, vous,
Jean, Jacques... et toi, mon époux. Soyez bons. Venez à mon aide, tous."
"C'est bien. Tu viendras aussi avec les autres. J'ai voulu te faire bien
réfléchir sur le passé et sur le présent, sur ce que tu laisses, sur ce que
tu prends, Mais viens, Salomé. Tu es mûre pour entrer dans ma famille."
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