|
|
"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta © Centro Editoriale Valtortiano |
aucun accent | |
| Consulter la Bible en ligne | Aller sur le forum | ||
|
samedi
6 mai 28
- Les apôtres, repoussés, mangent des épis de blé 478 - Diatribe - Jonathas d'Uziel s'en prend à Jésus 478 - Vol et viol du sabbat ? 480 - Ils trouvent des figuiers et un gîte 481 |
3.79. |
|
478> Encore le même lieu, mais le soleil est moins implacable car il ne va pas tarder à se coucher. "Il faut rejoindre cette maison" dit Jésus. Ils vont, y arrivent. Ils demandent du pain et des vivres, mais le régisseur les repousse durement. "Race de philistins ! Vipères ! Toujours les mêmes ! Ils sont nés du même cep et donnent des fruits empoisonnés" bougonnent les disciples affamés et fatigués. "Que vous soit rendu ce que vous donnez." "Mais pourquoi manquez-vous de charité. Ce n'est plus le temps du talion. Avancez. Il ne fait pas encore nuit et vous ne mourez pas de faim. Un peu de sacrifice pour que ces âmes arrivent à avoir faim de Moi" exhorte Jésus. Mais les disciples, et je crois que c'est plutôt par dépit qu'à cause d'une faim insupportable, entrent au beau milieu d'un champ et se mettent à cueillir des épis. Ils les égrènent dans leurs mains et se mettent à les manger. "Ils sont bons, Maître" crie Pierre. "Tu n'en prends pas ? Et puis ils ont une double saveur... Je voudrais manger tout le champ." "Tu as raison ! Ainsi ils regretteront de ne pas nous avoir donné un paille" disent les autres et ils s'en vont à travers les épis et mangent avidement. Jésus marche seul sur la route poussiéreuse. A cinq ou six mètres derrière, il y a le Zélote avec Barthélemy, mais ils parlent entre eux. Un autre carrefour que fait un chemin secondaire avec la route principale, et arrêtés à cet endroit un groupe de pharisiens hargneux. Ils reviennent sûrement des offices du sabbat auxquels ils ont assisté dans le petit pays que l'on voit au bout de ce chemin secondaire, large, plat, comme si c'était une grosse bête tapie dans sa tanière. Jésus les voit, les regarde, doux et souriant, et leur adresse son salut : "La paix soit avec vous." Au lieu de répondre à son salut, un des pharisiens Lui demande avec arrogance : "Qui es-tu ?" "Jésus de Nazareth." "Vous voyez que c'est Lui !" dit l'un d'eux aux autres. 479> Pendant ce temps, Nathanaël et Simon s'approchent du Maître, pendant que les autres, cheminant à travers les sillons, viennent vers la route. Ils mâchent encore des grains de blé et en ont dans le creux de la main. Le pharisien qui a parlé le premier, peut-être le plus puissant, recommence à parler avec Jésus qui s'est arrêté pour écouter la suite : "Ah ! c'est donc Toi, le fameux Jésus de Nazareth ! Comment se fait-il que tu sois venu jusqu'ici ?" "Parce qu'ici aussi il y a des âmes à sauver." "Nous y suffisons, à cela. Nous savons sauver les nôtres et nous savons sauver celles qui dépendent de nous." "Si c'est ainsi, vous faites bien. Mais Moi, je suis envoyé pour évangéliser et sauver." "Envoyé ! Envoyé ! Et qu'est-ce qui le prouve ? Sûrement pas tes oeuvres !" "Pourquoi parles-tu ainsi ? Tu ne tiens pas à ta Vie ?" "Ah ! c'est vrai ! C'est Toi qui administre la mort à ceux qui ne t'adorent pas[1]. Alors tu veux tuer toute la classe des prêtres, celle des pharisiens, des scribes et beaucoup d'autres parce qu'ils ne t'adorent pas et ne t'adoreront jamais. Jamais, comprends-tu ? Jamais, nous, les élus d'Israël, nous ne t'adorerons, ni t'aimerons." "Je ne vous force pas à m'aimer et je vous dis : "Adorez Dieu", parce que..." "Ou Toi, parce que tu es Dieu, n'est-ce pas ? Mais nous ne sommes pas les pouilleux du peuple de Galilée, ni les imbéciles de Judée qui te suivent et délaissent nos rabbins..." "Ne te fâche pas, homme. Je ne demande rien. J'accomplis ma mission. J'apprends à aimer Dieu et je reviens rappeler le Décalogue parce qu'il est trop oublié, et surtout parce qu'il est mal appliqué. Je veux donner la Vie, celle de l'éternité. Je ne souhaite pas la mort corporelle, ni encore moins la mort spirituelle. La Vie dont je te demandais si tu ne tenais pas à la perdre, c'était celle de ton âme, car Moi, j'aime ton âme, même si elle ne m'aime pas. Et je souffre de voir que tu la tues en offensant le Seigneur et en méprisant son Messie." Le pharisien semble en proie à des convulsions, tant il s'agite; il chiffonne ses vêtements, en arrache les franges, enlève son couvre- chef, se passe la main dans les cheveux, et crie : "Écoutez ! Écoutez ! C'est à moi, Jonathas d'Uziel, descendant direct de Simon le Juste, à moi, qu'il dit cela. Moi, offenser le Seigneur ! Je ne sais pas ce qui me retient de te maudire, mais..." "C'est la peur qui te retient, mais fais-le, donc. Tu ne seras pas 480> pour cela réduit en cendres. En temps voulu, tu le seras, et tu m'appelleras, alors. Mais entre Moi et toi, il y aura alors un ruisseau rouge : mon Sang."
"Ils avaient faim. Nous avons demandé logement et nourriture au pays où nous sommes arrivés hier soir. Ils nous ont chassés. Seule une petite vieille nous a donné de son pain et une poignée d'olives. Dieu le lui rende au centuple car elle a donné tout ce qu'elle avait, demandant seulement une bénédiction. Nous avons marché pendant un mille, et puis nous nous sommes arrêtés, comme la Loi le prescrit, et nous avons bu l'eau d'un ruisseau. Puis, au crépuscule, nous sommes allés à cette maison... Ils nous ont repoussés. Tu vois que nous avions la volonté d'obéir à la Loi." "Mais vous ne l'avez pas fait. Il n'est pas permis, pendant le sabbat, de faire des travaux manuels et il n'est jamais permis de prendre ce qui appartient à autrui. Mes amis et moi, nous en sommes scandalisés." "Moi, au contraire, je ne le suis pas" dit Jésus. "N'avez-vous jamais lu comment David, à Nobé, prit les pains sacrés de la Proposition, pour se nourrir, lui et ses compagnons ?[2] Les pains sacrés appartenaient à Dieu, dans sa maison, réservés par un ordre éternel aux prêtres. Il est dit : "Ils appartiendront à Aaron et à ses fils qui les mangeront en un lieu saint, parce que c'est une chose très sainte"[3]. Et pourtant David les prit pour lui et pour ses compagnons parce qu'ils avaient faim. Or si le saint roi entra dans la maison de Dieu et mangea les pains de la Proposition le jour du sabbat, lui à qui il n'était pas permis de s'en nourrir, pourtant la chose ne lui fut pas comptée comme péché puisque Dieu continua encore après cela de lui garder son amour, comment peux-tu dire que nous sommes pécheurs si nous cueillons sur le sol de Dieu les épis qui ont poussé et ont mûri par sa volonté, les épis qui appartiennent aussi aux oiseaux et que tu refuses que s'en nourrissent les hommes, fils du Père ?" "Il les avait demandés, ces pains. Il ne les avait pas pris sans les demander. Et cela change la chose. Et puis, ce n'est pas vrai que 481> Dieu ne compta pas à David cet acte pour un péché. Dieu le frappa durement !" "Mais pas pour cela. Pour sa luxure, pour son recensement, pas pour..." "Oh ! Assez ! Ce n'est pas permis, et ce n'est pas permis, Vous n'avez pas le droit de le faire, et vous ne le ferez pas. Allez-vous-en. Nous ne voulons pas de vous sur nos terres. Nous n'avons pas besoin de vous. Nous ne savons que faire de vous." "Nous allons partir." "Et pour toujours, rappelle-le-toi. Que jamais plus Jonathas d'Uziel ne te trouve en sa présence. Va-t-en !" "Oui, nous partons. Et pourtant nous nous retrouverons encore. Et alors, ce sera Jonathas celui qui voudra me voir pour répéter ma condamnation et délivrer pour toujours le monde de Moi. Mais alors ce sera le Ciel qui te dira : "Il ne t'est pas permis de le faire", et cette parole "il ne t'est pas permis" te résonnera dans le cœur comme une sonnerie de trompette pendant toute ta vie et au-delà. De même que le jour du sabbat les prêtres violent au Temple le repos sabbatique et ne font pas de péché, ainsi nous, serviteurs du Seigneur, nous pouvons, puisque l'homme nous refuse l'amour, recevoir amour et secours du Père Très Saint sans pour cela commettre de faute. Il y a ici Quelqu'un qui est bien plus grand que le Temple et qui peut prendre ce qu'il veut de ce qui est créé, car Dieu a mis toutes choses pour servir d'escabeau à la Parole. Et Moi, je prends et je donne. Il en est ainsi des épis du Père servis sur l'immense table qu'est la Terre, comme de la Parole. Je prends et je donne. Aux bons comme aux mauvais, car je suis la Miséricorde. Mais vous ne savez pas ce que c'est que la Miséricorde. Si vous saviez ce que cela veut dire que je suis la Miséricorde, vous comprendriez aussi que je ne veux qu'elle. Si vous saviez ce que c'est que la Miséricorde, vous n'auriez pas condamné des innocents. Mais vous ne le savez pas. Vous ne savez pas non plus que je ne vous condamne pas, vous ne savez pas que je vous pardonnerai et que même je demanderai au Père qu'Il vous pardonne. Car je veux la miséricorde et non le châtiment. Mais vous, vous ne le savez pas. Vous ne voulez pas le savoir. Et cela est un péché plus grand que celui que vous m'imputez, que celui que vous dites qu'ont fait ces innocents. Du reste, sachez que le sabbat est fait pour l'homme et non pas l'homme pour le sabbat, et que le Fils de l'homme est le maître même du sabbat. Adieu..." Il se tourne vers ses disciples : 482> "Venez, allons chercher un lit dans les sables qui maintenant ne sont pas loin. Nous aurons toujours les étoiles pour compagnes et la rosée nous rafraîchira. Dieu pourvoira, Lui qui envoya la manne à Israël, à notre nourriture, à nous aussi qui sommes pauvres et qui Lui sommes fidèles." Et Jésus plante là le groupe hargneux et s'en va avec les siens alors que la nuit tombe avec les premières ombres violettes... Ils trouvent finalement une haie de figuiers d'Inde aux sommets desquels, hérissées de piquants, il y a des figues qui commencent à mûrir. Mais tout est bon pour qui a faim et, en se piquant les doigts, ils cueillent les plus mûres et ils s'en vont jusqu'à l'endroit où les champs font place à des dunes de sable. De loin arrive la rumeur de la mer. "Arrêtons-nous ici. Le sable est fin et chaud. Demain nous entrerons à Ascalon" dit Jésus, et tous tombent fatigués au pied d'une dune élevée. |
|
|
[3] Lévitique 2,3 ou 10 |