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"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta © Centro Editoriale Valtortiano |
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lundi
28 août 28 Tarichée
- La foule a percé le secret et attend 323 - Dialogue avec un scribe : Ne corromps pas comme on t'a corrompu 324 - Que penser de la réincarnation 325 - Et du purgatoire 327 - La vie éternelle 327 - Israël s'est rendu aveugle et idiot 327 - Jésus converse avec les gens 328 |
4.135. |
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323> Jésus met le pied sur la rive droite du Jourdain à un bon mille, peut-être plus, de la petite péninsule de Tarichée. Ce ne sont que 324> des campagnes bien vertes car le terrain, maintenant sec mais humide en profondeur, garde en vie les plantes les plus faibles. Jésus trouve alors une foule de gens qui l'attendent. Ses cousins viennent à sa rencontre avec Simon le Zélote : "Maître, les barques nous ont trahi... Peut-être Manaën leur a fourni une indication..." "Maître" s'excuse Manaën, "je suis parti de nuit pour qu'on ne me voie pas et je n'ai parlé à personne. Crois-le. Plusieurs m'ont demandé où tu étais. Mais j'ai seulement dit à tous: "Il est parti". Mais je crois que le mal vient d'un pêcheur qui a dit t'avoir donné sa barque..." "Mon imbécile de beau-frère !" tonne Pierre. "Et je lui avais dit de ne pas parler ! Et je lui avais dit que nous allions à Bethsaïda ! Et je lui avais dit que, s'il parlait, je lui arracherais la barbe ! Et je le ferai ! Pour sûr que je le ferai. Et maintenant ? Adieu paix, solitude, repos !" "Du calme, Simon ! Nous avons déjà eu nos journées de paix. Et du reste, j'ai atteint en partie le but que je poursuivais : vous instruire, vous consoler et vous calmer pour empêcher des offenses et des heurts entre vous et les pharisiens de Capharnaüm. Maintenant allons trouver ces gens qui nous attendent. Pour récompenser leur foi et leur amour. Et même cet amour n'est- il pas pour nous un soulagement ? Nous souffrons de ce qui est de la haine. Ici il y a l'amour, et donc la joie." Pierre
se calme comme un vent qui tombe tout d'un coup. Et Jésus va vers la
foule des malades qui l'attendent avec un désir marqué sur leurs
figures, et il les guérit l'un après l'autre, bienveillant, C'est ce scribe qui Lui dit : "Tu le vois ? Tu fuis. Mais c'est inutile. La haine et l'amour sont ingénieux pour te trouver. Ici, c'est l'amour qui t'a trouvé comme dit le Cantique. Désormais pour trop de gens tu es comme l'Époux des Cantiques et on vient à Toi comme la Sulamite va vers son époux en bravant les gardes de ronde et les quadriges d'Aminadab !"[1] "Pourquoi dis-tu cela ? Pourquoi ?" "Parce que c'est vrai. Venir à Toi est dangereux parce qu'on te hait. Ne sais-tu pas que Rome te surveille et que le Temple te hait ?" "Pourquoi me tentes-tu, homme ? Tes paroles sont des pièges pour porter à Rome et au Temple mes réponses. Je ne t'ai pas tendu un piège en guérissant ton fils..." 325> Le scribe, sous ce doux reproche, baisse la tête, confus, et avoue : "Je vois que réellement tu vois les cœurs des hommes. Pardonne. Je vois que réellement tu es saint. Pardonne. Oui, j'étais venu alors que fermentait en moi le levain que d'autres y avaient mis..." "Et qui avait trouvé en toi la chaleur qui convenait pour sa fermentation." "Oui, c'est vrai... Mais maintenant je m'en vais sans levain, ou plutôt avec un levain nouveau." "Je le sais et n'ai pas de rancune. Beaucoup sont en faute par leur propre volonté, beaucoup par la volonté d'autrui. Différente sera la mesure dont se servira pour les juger le juste Dieu. Toi., scribe, sois juste, et à l'avenir ne corromps pas comme on t'a corrompu. Quand le monde exercera sur toi sa pression, regarde la grâce vivante qu'est ton fils, sauvé de la mort, et sois-en reconnaissant à Dieu." "À Toi." "A Dieu. A Lui toute gloire et louange. Je suis son Messie et je suis le premier à le louer et à le glorifier. Le premier à Lui obéir. Car l'homme ne se rabaisse pas en honorant et en servant Dieu avec fidélité, mais il se dégrade en servant le péché." "Tu parles bien. Parles-tu toujours ainsi, à tous ?" "A tous. Que je parle à Anna ou à Gamaliel, ou que je parle au mendiant lépreux, sur un chemin de campagne, les paroles sont les mêmes, car la Vérité est une." "Parle, alors, car nous sommes tous ici pour mendier une de tes paroles ou l'une de tes grâces." "Je parlerai, pour qu'on ne dise pas que je suis prévenu contre ceux qui sont honnêtes dans leurs convictions." "Elles sont mortes, celles que j'avais. Mais c'est vrai. J'étais honnête, je croyais servir Dieu en te combattant." "Tu es sincère, et pour cela tu mérites de comprendre Dieu qui n'est jamais mensonge. Mais tes convictions ne sont pas encore mortes. C'est Moi qui te le dis. C'est comme du chiendent qu'on a brûlé. En surface il semble détruit et en vérité il a subi un rude assaut qui l'a affaibli. Mais les racines sont vivantes, mais le terrain les nourrit, mais la rosée les invite à mettre de nouvelles tiges et celles-ci de nouvelles feuilles. Il faut surveiller pour que cela n'arrive pas ou tu seras de nouveau envahi par le chiendent. Israël a la vie dure !" "Israël doit donc mourir ? C'est une plante mauvaise ?" "Il doit mourir pour ressusciter." 326>
"Une évolution spirituelle. Il n 'y a pas de réincarnation d'aucune sorte." "Il y en a qui y croient." "Ils sont dans l'erreur." "L'hellénisme a mis en nous aussi ces croyances. Et les savants s'en repaissent et s'en glorifient comme d'une très noble nourriture." "Contradiction absurde, pour ceux qui crient à l'anathème pour la négligence de l'un des six cent treize préceptes mineurs." "C'est vrai. Mais... c'est ainsi. On prend plaisir à imiter ce que pourtant on hait." "Alors imitez Moi, puisque vous me haïssez. Ce sera mieux pour vous." Le scribe doit par force esquisser un sourire devant cette sortie de Jésus. Les gens sont bouche bée à écouter et ceux qui sont loin se font répéter par les plus proches les paroles des deux. "Mais Toi, entre nous, que penses-tu de la réincarnation ?" "C'est une erreur. Je l'ai dit." "Il y en a qui soutiennent que les vivants proviennent des morts et les morts des vivants, parce que qui existe ne peut se détruire." "Ce qui est éternel, en effet, ne se détruit pas. Mais, dis-moi. Selon toi le Créateur a t-il des limites à Lui-même ?" «Non, Maître. Le penser serait l'amoindrir." "Tu l'as dit. Et est-il possible alors de penser que Lui permet la réincarnation d'un esprit parce qu'il ne pourrait y avoir qu'un nombre donné d'esprits ?" "On ne devrait pas le penser, et pourtant il y en a qui le pensent." "Et, ce qui est pire, on le pense en Israël. Cette pensée de l'immortalité de l'esprit qui est déjà grande, même si elle est unie chez un païen à une erreur d'appréciation inexacte sur la façon dont se produit cette immortalité, devrait être parfaite en Israël. Au contraire, chez ceux qui l'admettent d'après les termes de la thèse païenne, elle devient une pensée amoindrie, rabaissée, coupable. Ce n'est pas la gloire d'une pensée qui se montre digne d'admiration pour avoir frôlé par elle seule la Vérité et qui, par conséquent, témoigne de la nature composite de l'homme comme elle l'est chez le païen à cause de son intuition d'une vie immortelle de la chose mystérieuse qu'on appelle l'âme et qui nous distingue des brutes. Mais c'est une dégradation de la pensée qui, connaissant la Divine Sagesse et le Dieu Vrai, devient matérialiste, même 327> dans une chose aussi profondément spirituelle. Il n'y a de transmigration de l'esprit que du Créateur à l'être et de l'être au Créateur, auquel on se présente après la vie pour recevoir un jugement de vie ou de mort. Voilà la vérité. Et là où il est envoyé, il reste, pour toujours."
"Si. Pourquoi me le demandes-tu ?" "Parce que tu dis : "Là où on l'envoie, il reste". Le Purgatoire est temporaire." "C'est que, dans ma pensée, je l'assimile à la Vie éternelle. Le Purgatoire est déjà "vie". Amoindrie, liée, mais toujours de la vie. Une fois terminé le séjour temporaire dans le Purgatoire, l'esprit conquiert la Vie parfaite, 1a rejoint sans plus de limites et de liens. Il y aura deux choses qui resteront : le Ciel - l'Abîme. Le Paradis - l'Enfer. Il y aura deux catégories : les bienheureux - les damnés. Mais, de ces trois royaumes qui existent maintenant, aucun esprit ne reviendra jamais se revêtir de chair. Et cela jusqu'à la résurrection finale qui terminera pour toujours l'incarnation des esprits dans la chair, de l'immortel dans le mortel." "De l'éternel, non ?" "Dieu est éternel. L'éternité, c'est de n'avoir ni commencement ni fin. Et cela, c'est Dieu. L'immortalité c'est de continuer à vivre du moment où l'on a commencé à vivre. Et cela c'est pour l'esprit de l'homme. Voilà la différence." "Tu dis : "Vie éternelle"." "Oui. Du moment où quelqu'un est créé pour vivre, il peut par l'esprit, par la Grâce et sa volonté, arriver à la Vie éternelle, pas à l'éternité. La vie suppose un commencement. On ne dit pas "Vie de Dieu" car Dieu n'a pas eu de commencement." "Et Toi ?" "Moi, je vivrai parce que je suis chair aussi, et à l'esprit divin j'ai uni l'âme du Christ en une chair d'homme." "Dieu est dit le "Vivant"." "En effet Il ne connaît pas la mort. Lui est Vie. La Vie inépuisable. Non pas Vie de Dieu, mais Vie. Cela seulement. Ce sont des nuances, ô scribe, mais c'est de nuances que se revêt la Sagesse et la Vérité." "Parles-tu ainsi aux gentils ?" "Pas ainsi. Ils ne comprendraient pas, mais je leur montre le Soleil. Mais comme je le montrerais à un enfant jusqu'alors aveugle et idiot, et arrivé par miracle à la vue et à l'intelligence. Ainsi, 328> comme un astre, sans arriver à en expliquer la composition. Mais vous d'Israël, vous n'êtes ni aveugles ni idiots. Depuis des siècles, le doigt de Dieu vous a ouvert les yeux et éclairci l'esprit..." "C'est vrai, Maître. Et pourtant nous sommes aveugles et idiots." "Vous vous êtes rendus tels. Et vous ne voulez pas du miracle de Celui qui vous aime." "Maître..." "C'est la vérité, scribe." Celui-ci baisse la tête et se tait, Jésus le quitte et va plus loin. Et en passant, il caresse Margziam et le petit garçon du scribe qui se sont mis à jouer avec des cailloux multicolores. Sa prédication est plutôt une conversation avec tel ou tel groupe. Mais c'est une prédication continuelle car elle résout tous les doutes, éclaircit toute pensée, résume ou développe des choses déjà dites ou des idées partiellement retenues par quelqu'un. Et les heures passent ainsi... |
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