|
|
"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta © Centro Editoriale Valtortiano |
aucun accent | |
| Se repérer | Consulter la Bible en ligne | Aller sur le forum | |
|
jeudi
18 janvier 29 vers Aczib
- Jacques et Jean sont tentés par la violence 117 - Jésus se dit attristé par leur attitude 118 - Il envoie quêter du lait à des bergers 119 - Il apprend qu'une femme en pleurs le cherche 119 - Jésus bénit le troupeau du berger Anna 120 - En passant par Cédès 121 - Halte dans une famille sympathique 122 |
5.18. |
|
117> Jésus s'achemine à travers une région très montagneuse. Ce ne sont pas des hautes montagnes mais une succession de montées et de descentes de collines et une quantité de torrents, joyeux en cette fraîche et nouvelle saison, limpides comme le ciel, jeunes comme les premières feuilles de plus en plus nombreuses sur les branches. Mais bien que la saison soit belle, joyeuse, capable de soulager le cœur, il ne semble pas que Jésus ait l'esprit très soulagé et encore moins que Lui les apôtres. Ils vont très silencieux dans le fond d'une vallée. Des bergers et des troupeaux seulement se présentent à leurs yeux, mais Jésus ne paraît même pas les voir. C'est le soupir découragé de Jacques de Zébédée et ses paroles inattendues, fruit d'une réflexion soucieuse, qui attirent l'attention de Jésus... Jacques dit : "Et défaites sur défaites !... Il semble que nous soyons des maudits..." Jésus lui met la main sur l'épaule : "Ne sais-tu pas que c'est le sort des meilleurs ?" "Hé ! je le sais depuis que je suis avec Toi ! Mais de temps à autre, il faudrait quelque chose de différent, et avant nous l'avions, pour remonter notre cœur et notre foi..." "Tu doutes de Moi, Jacques ?" Quelle douleur fait trembler la voix du Maître ! "Non !..." Le "non" n'est pas très assuré, en vérité. "Mais pour ce qui est de douter, tu doutes. De quoi, alors ? Tu ne m'aimes plus comme autrefois ? De me voir chassé, ridiculisé, ou même seulement laissé de côté sur ces confins phéniciens, a-t-il affaibli ton amour ?" Des pleurs tremblent dans les paroles de Jésus, bien qu'il n'y ait pas de sanglots ni de larmes. C'est vraiment son âme qui pleure. "Pour cela non, mon Seigneur ! Au contraire mon amour pour Toi augmente quand je te vois incompris, récusé, humilié, affligé. Et pour ne pas te voir ainsi, pour pouvoir changer le cœur des hommes, je serais prêt à donner ma vie en sacrifice. Tu dois me croire. Ne me brise pas le cœur, déjà si affligé, en pensant que tu doutes de mon amour. Autrement... Autrement je tomberais dans des excès. Je reviendrais en arrière, et j'exercerais une vengeance contre celui qui t'afflige, pour te prouver que je t'aime, pour t'enlever ce doute, et si j'étais pris et tué cela ne m'importerait en rien. Il me suffirait de t'avoir donné une preuve d'amour." 118>
"Oh! au moins je te vois sourire ! C'est déjà un fruit de mes projets. Qu'en dis-tu, Jean ? Devons-nous mettre en pratique ce que je pense pour soulager le Maître humilié par tant de refus ?" "Oh ! oui. Allons et mettons-nous à parler, Et s'ils l'insultent encore comme un roi de paroles, un roi de comédie, un roi sans argent, un roi fou, frappons dur pour qu'ils s'aperçoivent que le roi a aussi une armée de fidèles et qu'ils ne sont pas disposés à le laisser mépriser. La violence est utile en certaines choses. Allons, frère! "
Jésus est mi-sérieux quand il parle aux fils de Zébédée tout enflammés. Mais ses reproches ne durent pas devant leur repentir et, avec un visage que l'amour rend lumineux, il les serre contre son cœur en disant : "Et plus jamais, mauvais comme cela. Et merci pour votre amour. Et aussi pour le vôtre, amis" dit-il en s'adressant à André, Mathieu et les deux cousins. "Venez ici que je vous embrasse vous aussi. Mais ne savez-vous pas que si je n'avais pas d'autre joie que celle de faire la volonté de mon Père et votre amour, je serais toujours heureux même si le monde entier me souffletait ? 119> Je suis triste, non pas pour Moi, pour mes défaites, comme vous dites, mais par pitié pour les âmes qui repoussent la Vie. Voilà, maintenant nous sommes tous contents, n'est-ce pas, grands enfants que vous êtes ? Alors, allons. Allez trouver ces bergers qui sont entrain de traire le troupeau et demandez un peu de lait, au nom de Dieu. N'ayez pas peur" dit-il en voyant l'air désolé des apôtres, "Obéissez avec foi. Vous aurez du lait et non des coups de bâton, même si l'homme est phénicien". Et les six s'en vont alors que Jésus les attend sur la route. Et il prie pendant ce temps, le Jésus affligé dont personne ne veut... Les apôtres reviennent avec un petit seau de lait et ils disent : "L'homme a dit que tu ailles là-bas, il doit te parler, mais il ne peut laisser les chèvres capricieuses aux petits bergers." Jésus dit : "Alors allons manger leur pain." Et ils vont tous sur la pente sur laquelle s'accrochent les chèvres capricieuses. "Je te remercie du lait que tu m'as donné. Que veux-tu de Moi ?" "Tu es le Nazaréen, n'est-ce pas ? Celui qui fait des miracles ?"
"Voilà... Tu étais il y a deux jours à Alexandroscène ?" "Oui. Pourquoi ?" "Moi aussi j'y étais avec mes chevrettes et quand j'ai compris qu'il y avait de la bagarre j'ai filé, parce qu'on a l'habitude de les provoquer pour voler ce qui se trouve sur les marchés. Ce sont tous des voleurs, les phéniciens... comme les autres. Je ne devrais pas le dire car mon père était prosélyte et ma mère syrienne, prosélyte moi aussi. Mais c'est la vérité. Bien. Revenons à notre récit. Je m'étais mis dans une étable avec mes bêtes, en attendant le char de mon fils. Et le soir, au sortir de la ville, j'ai rencontré une femme en pleurs avec une fillette dans les bras. Elle avait fait huit milles[1] pour venir vers Toi, parce qu'elle habite hors de la ville, dans la campagne. Je lui ai demandé ce qu'elle avait. C'est une prosélyte. Elle était venue pour vendre et acheter. Elle avait entendu parler de Toi. Et l'espoir lui était venu au cœur. Elle était accourue à la maison. Elle avait pris sa fillette. Mais avec un fardeau, on marche lentement ! Quand elle fut au magasin des frères, tu n'y étais plus. Eux, les frères, lui ont dit : 120> "Ils l'ont chassé. Mais il nous a dit hier soir qu'il refera les escales de Tyr". Moi - je suis père moi aussi - je lui ai dit : "Et alors va là-bas". Mais elle m'a répondu: "Et, si après ce qui est arrivé, il passe par d'autres chemins pour retourner en Galilée ?". Je lui ai dit : "Oh ! écoute. Ce sera une des deux routes des frontières. Moi, je fais paître mes troupeaux entre Rohob et Lesemdan, justement sur la route des frontières entre ici et Nephtali. Si je le vois, je le Lui dis. Parole de prosélyte". Et voilà je te l'ai dit." "Et que Dieu t'en récompense. J'irai trouver la femme. Je dois retourner à Aczib." "Tu vas à Aczib ! Alors nous pourrons faire route ensemble si tu ne dédaignes pas un berger." "Je ne dédaigne personne. Pourquoi vas-tu à Aczib ?" "Parce que là, j'ai des agneaux. A moins que... je n'en aie plus." "Pourquoi ?" "Parce qu'il y a la maladie... Je ne sais pas si c'est de la sorcellerie ou autre chose. Je sais que mon beau troupeau est devenu malade. C'est pour cela que j'ai amené ici les chèvres, qui sont encore saines, pour les séparer des brebis. Ici vont rester mes deux fils. Maintenant ils sont à la ville pour les commissions. Mais je retourne là... pour les voir mourir, mes belles brebis laineuses..." L’homme soupire... Il regarde Jésus et il s'excuse : "Te parler à Toi, qui es Celui qui est,[2] de ces choses et t'affliger, Toi certainement déjà affligé de la façon dont ils te traitent, c'est de la sottise. Mais les brebis, nous les aimons et c'est notre fortune, sais-tu ?" "Je comprends, mais elles vont guérir. Ne les as-tu pas fait voir à des gens qui s'y connaissent ?" "Oh ! Ils m'ont tous dit la même chose: "Tue-les et vends leurs peaux. Il n'y a rien d'autre à faire" et même ils m'ont menacé si je les fais sortir. ..Ils ont peur de la maladie pour les leurs. Je dois les garder ainsi enfermées... et elles meurent en plus grand nombre. Ils sont méchants, tu sais ? ceux de Aczib..." Jésus dit simplement : "Je le sais." "Moi, je dis qu'ils me les ont ensorcelées..." "Non. Ne crois pas ces histoires... Quand tes fils vont venir, vas-tu partir tout de suite ?" "Tout de suite. Ils vont être ici dans un moment. Est-ce que ce sont tes disciples, eux ? N'y a-t-il qu'eux seuls ?" "Non, j'en ai encore d'autres." "Et pourquoi ne viennent-ils pas ici ? Une fois, près de Méron, j'ai rencontré un groupe de ceux-ci. Ils avaient à leur tête un berger. 12l> C'est ce qu'on disait. C'était un homme grand, robuste, qui s'appelait Élie. C'était en octobre, me semble-t-il, avant ou après les Tabernacles. Maintenant il t'a quitté ?" "Aucun disciple ne m'a quitté." "On m'avait dit que..." "Quoi ?" "Que tu... que les pharisiens... En somme que les disciples t'avaient quitté par peur, et parce que tu étais un..." "Un démon. Dis-le simplement. Je le sais. Double mérite pour toi, qui crois malgré cela." "Et pour ce mérite, ne pourrais-tu pas... mais peut-être je demande une chose sacrilège. .." "Dis-la. Si elle est mauvaise, je te le dirai." "Ne pourrais-tu pas, en passant, bénir mon troupeau ?" l'homme est tout angoissé...
"Comme tu sauves les hommes des maladies, ainsi tu pourras sauver les bêtes. On dit que tu es le Fils de Dieu. Les brebis, c'est Dieu qui les a créées. Ce sont donc des choses du Père. Moi... je ne savais pas s'il était respectueux de te le demander. Mais si c'est possible, fais-le, Seigneur, et je porterai au Temple de grandes offrandes de louange. Ou plutôt, non ! Je te les donnerai pour les pauvres et ce sera mieux." Jésus sourit et se tait. Les fils du berger arrivent, et peu après Jésus avec les siens et le vieux berger partent, en laissant les jeunes gens à la garde des chèvres. Ils marchent rapidement, dans l'intention d'arriver vite à Cédès pour en sortir aussitôt en essayant de rejoindre la route qui va de la mer vers l'intérieur. Ce doit être la même, qui bifurque au pied du promontoire, qu'ils ont faite en allant à Alexandroscène. Du moins c'est ce que je comprends d'après les conversations du berger avec les disciples. Jésus est en avant tout seul. "Mais n'aurons-nous pas d'autres ennuis?" demande Jacques d'Alphée. "Cédès ne dépend pas de ce centurion. Elle est hors des frontières phéniciennes. Les centurions, il suffit de ne pas les piquer, ils se désintéressent de la religion." "Et puis nous ne nous y arrêtons pas..." "Arriverez-vous à faire plus de trente milles[3] en un jour ?" demande le berger. 122> "Oh ! nous sommes des pèlerins perpétuel !" Ils marchent sans arrêt... Ils arrivent à Cédès et la dépassent sans incidents. Ils prennent la route directe. Sur la borne est indiquée Aczib. Le berger la montre en disant : "Demain, nous y serons. Cette nuit, vous viendrez avec moi. Je connais des paysans des vallées, mais beaucoup sont dans les frontières phéniciennes... C'est bien ! Nous sortirons des frontières, et sûrement on ne nous découvrira pas tout de suite... Oh ! la surveillance ! Il vaudrait mieux l'exercer pour les voleurs !..." Le soleil tombe et les vallées n'aident certainement pas à garder sa lumière, boisées comme elles le sont. Mais le berger est au courant et il va avec assurance. Ils arrivent à un petit village, exactement une poignée de maisons. "S'ils nous donnent l'hospitalité ici, ce sont des israélites. Nous sommes vraiment sur les frontières. S'ils ne veulent pas de nous, nous irons dans un autre village qui est phénicien." "Je n'ai pas de préventions, homme." Ils frappent à une maison. "Toi, Anna ? Avec des amis ? Viens, viens et que Dieu soit avec toi" dit une femme très âgée. Ils entrent dans une vaste cuisine que réjouit un grand feu. Une famille nombreuse de tous les âges, est réunie à table, mais courtoisement fait place à ceux qui viennent d'arriver. "Voici Jonas. Voilà sa femme, ses enfants, ses petits-enfants et les belles-filles. Une famille patriarcale, fidèle au Seigneur" dit le berger Anna à Jésus. Et puis, se tournant vers le vieux Jonas : "Et celui qui est avec moi, c'est le Rabbi d'Israël celui que tu désirais connaître." "Je bénis Dieu de Lui donner l'hospitalité et d'avoir de la place, ce soir, Et je bénis le Rabbi d'être venu dans ma maison, et je demande sa bénédiction." Anna explique que la maison de Jonas est comme une auberge pour les pèlerins qui vont de la mer vers l'intérieur. Tous s'assoient dans la cuisine chaude et les femmes servent les nouveaux arrivés, Il y a un tel respect qu'il en est paralysant. Mais Jésus détend la situation en prenant autour de Lui, tout de suite après le repas, les nombreux enfants et en s'intéressant à eux qui tout de suite fraternisent. Et derrière eux, dans le bref espace de temps qui sépare le souper du repos, les hommes de la maison s'enhardissent racontant ce qu'ils ont appris du Messie et demandant de nouveaux détails. 123> Et Jésus rectifie, confirme, explique avec bienveillance, dans une paisible conversation, jusqu'à ce que pèlerins et gens de la famille aillent se reposer après que Jésus les ait tous bénis. |
|