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"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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lundi 26 février 29 (23 Adar)
Pella


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 I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\BaliseBleue.gif Guérisons de l’aveugle et de sa mère

 I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\BaliseBleue.gif La douleur des mères peut sauver les enfants


 I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\Resume.gif

- Le comportement des aveugles sur la route 320

- Le cas d'un aveugle malicieux 321

- Un enfant aveugle est maltraité 322

- Jésus, incognito, le prend avec Lui 322

- Ce Jaïa est bien connu à Pella 324

- La mère du possédé de Gerasa s'y trouve 324

- Jésus se retire avec elle 325

- Dialogue : Elle lui raconte la rechute de son fils 325

- Elle désespère à cause de sa trahison 326

- Ta souffrance sera féconde 326

- Visite chez la mère aveugle de l'enfant aveugle 327

- Départ. Guérison de l'enfant et de sa mère 328

Accueil >> Plan du Site >> Sommaire du Tome 5

 

5.48.
Jésus à Pella


320> La route qui va de Gadara à Pella passe à travers une région fertile qui s'étend entre deux rangées de collines, l'une plus haute que l'autre. Elles semblent deux énormes marches d'un escalier de géants fabuleux pour monter de la vallée du Jourdain aux monts de l'Auran. Quand la route s'approche davantage de la marche occidentale, l’œil domine non seulement les monts de l'autre rive - je crois que ce sont ceux de la Galilée méridionale et certainement ceux de la Samarie - mais aussi la splendide étendue de verdure qui longe les deux rives du fleuve azuré. Quand elle s'en écarte, en se rapprochant des chaînes orientales, alors l’œil perd de vue la vallée du Jourdain, mais il voit encore les cimes des chaînes de Samarie et de Galilée qui se détachent avec leur verdure sur le ciel gris. Par temps de soleil ce serait un beau panorama aux teintes gracieuses et vives. Aujourd'hui le ciel est décidément couvert de nuages très bas, amoncelés par le sirocco qui souffle de plus en plus fort et forme de nouveaux amas de nuages plus épais, abaissant le ciel avec toute cette ouate grise ébouriffée. Aussi le panorama perd la luminosité des couleurs vertes qui semblent atténuées comme par l'opacité du brouillard.

Ils traversent quelque petit village sans qu'il arrive rien de notable. L'indifférence accueille et suit le Maître. Seuls les mendiants ne manquent pas de s'intéresser au groupe des pèlerins galiléens et viennent demander l'aumône. 321> Il y a toujours les habituels aveugles dont, pour la plupart, les yeux sont détruits par le trachome, ou ceux qui sont presque aveugles qui marchent la tête baissée. Supportant mal la lumière, rasant les murs, parfois seuls, parfois accompagnés d'une femme ou d'un enfant. Dans un village où se croisent la route qui va à Pella avec celle de Gérasa et Bozra par le lac de Tibériade, il y en a toute une foule qui assaille les caravanes par ses lamentations qui ressemblent à des jappements de chiens, interrompus de temps à autre par de véritables hurlements. Ils sont à l'écoute, groupe miséreux, sale, fatigué, adossés aux murs des premières maisons, grignotant des croûtes de pain et des olives, ou sommeillant, alors que les mouches se repaissent à l'aise sur les paupières ulcérées, mais au premier bruit de sabots ou au premier bruit de pas nombreux, ils se lèvent et vont, semblables au chœur dépenaillé d'une tragédie antique, proférant tous les mêmes paroles et faisant les mêmes gestes, vers les gens qui arrivent.

Quelque pièce de monnaie ou quelque quignon de pain vole, et les aveugles ou les semi-aveugles cherchent à tâtons dans la poussière ou dans les ordures pour trouver l'obole.

Jésus les observe et dit à Simon le Zélote et à Philippe : "Apportez-leur de l'argent et du pain. Judas a l'argent et Jean le pain."

Les deux s'en vont en avant s'empressant de faire ce qui leur a été ordonné et ils s'arrêtent pour parler, pendant que Jésus s'avance lentement, retardé par une file d'ânes qui barrent le chemin.

Les mendiants sont étonnés par le salut et par la grâce avec les- quels ils sont salués et assistés par ceux qui arrivent, et ils demandent : "Qui êtes-vous, vous qui êtes si gentils avec nous ?"

"Les disciples de Jésus de Nazareth, le Rabbi d'Israël. Celui qui aime les pauvres et les malheureux parce qu'il est le Sauveur, et qui passe en annonçant la Bonne Nouvelle et en faisant des miracles."

"Le miracle, le voilà" dit un homme aux paupières atrocement dévastées. Et il frappe sur son morceau de pain, véritable animal qui ne comprend et n'admire que les choses matérielles.

Une femme qui passe avec des brocs de cuivre et qui l'entend, lui dit : "Tais-toi donc, dégoûtant paresseux." Et elle se tourne vers les disciples pour dire : "Il n'est pas du pays. Il est bagarreur et violent avec ses semblables. Il faudrait le chasser car il vole les pauvres du village. 322> Mais nous avons peur de ses vengeances" et doucement, avec seulement un filet de voix, elle murmure : "On dit que c'est un voleur qui pendant des années a volé et tué, en descendant des monts de Caracamoab et de Séla, cette dernière appelée Pétra par les troupes d'occupation qui surveillent les chemins des déserts. On dit que c'est un soldat déserteur des troupes de ce romain qui est venu là... pour faire connaître Rome... Hélios, me semble-t-il, et un autre nom encore... Si vous le faites boire il va vous raconter... Maintenant, aveugle, il est arrivé ici... C'est Le Sauveur ?" demande-t-elle ensuite en montrant Jésus qui est passé tout droit.

"C'est Lui. Tu veux Lui parler ?"

"Oh ! non !" dit la femme indifférente.

Les deux apôtres la saluent et s'en vont rejoindre le Maître, Mais un tumulte se produit parmi les aveugles et on entend une plainte quasi d'enfant. Plusieurs se tournent et la femme de tout à l'heure, qui est sur le seuil de sa maison, explique : "Ce doit être ce cruel qui enlève les pièces de monnaie aux plus faibles. Il le fait toujours."

Même Jésus s'est retourné pour regarder.

En effet un enfant, ou plutôt un adolescent, sort du groupe tout couvert de sang et en pleurs, et il se lamente : "Il m'a tout pris ! Et maman n'a plus de pain !"

Les uns le plaignent, d'autres rient.

"Qui est-ce ?" demande Jésus à la femme.

"Un enfant de Pella. Pauvre. Il vient mendier. Ils sont tous aveugles dans la maison. Ils se sont donnés la maladie. Le père est mort. La mère reste à la maison. L'enfant demande l'obole aux passants et aux paysans."

Le garçon s'avance avec son bâton. Il essuie avec son manteau déchiré les larmes et le sang qui descend de son front.

La femme l'appelle : "Arrête-toi, Jaia. Je vais te laver le front et te donner un pain !"

"J'avais de l'argent et du pain pour plusieurs jours ! Maintenant plus rien ! Maman m'attend pour manger..." dit le malheureux en se lamentant pendant qu'il se lave avec l'eau de la femme.

Jésus s'avance et il dit : "Je vais te donner ce que j'ai. Ne pleure pas."

"Mais Seigneur ! Pourquoi ? Où allons-nous loger ? Qu'allons-nous faire ?" dit Judas fâché.

"Nous louerons le Seigneur qui nous garde en bonne santé. C'est déjà une très grande grâce."

323> Le garçon dit : "Oh ! sûrement ! Moi, si j'y voyais, je travaillerais pour maman."

"Voudrais-tu guérir ?"

"Oui."

"Pourquoi ne vas-tu pas voir les médecins ?"

"Aucun ne nous a jamais guéri. ils nous ont dit qu'il y a quelqu'un en Galilée qui n'est pas médecin, mais qui guérit. Mais comment faire pour aller le trouver ?"

"Va à Jérusalem, au Gethsémani. Il y a une oliveraie au pied du mont des Oliviers près de la route de Béthanie. Demande de Marc et de Jonas. Tous ceux du faubourg d'Ophel te l'indiqueront. Tu peux te joindre à une caravane. Il en passe tant. A Jonas demande de Jésus de Nazareth..."

"Voilà ! C'est ce nom ! Il me guérira ?"

"Si tu as la foi, oui."

"Et j'ai la foi. Où vas-tu, Toi qui es bon ?"

"A Jérusalem, pour la Pâque."

"Oh ! prends-moi avec Toi ! Je ne te causerai pas d'ennuis. Je dormirai à la belle étoile et il me suffira d'un quignon de pain ! Allons à Pella... Tu y vas n'est-ce pas ? On le dit à la mère, et puis on va... Oh ! Voir ! Sois bon, Seigneur !..." Et l'enfant s'agenouille pour chercher les pieds de Jésus et les baiser.

"Viens. Je t'amènerai à la lumière."

"Béni sois-tu !"

Ils reprennent leur marche, et la main effilée de Jésus tient l'enfant par un bras pour le conduire avec sollicitude. Et l'enfant parle : "Toi, qui es-tu ? Un disciple du Sauveur ?"

"Non."

"Mais tu le connais, au moins ?"

"Oui."

"Et tu crois qu'il me guérira ?"

"Je le crois."

"Mais... il demandera de l'argent ? Je n'en ai pas. Les médecins en veulent tant ! Nous avons souffert de la faim pour nous guérir..."

"Jésus de Nazareth ne veut que la foi et l'amour."

"Il est très bon, alors. Pourtant Toi aussi, tu es bon" dit l'enfant et pour prendre et caresser la main qui le conduit, il palpe la manche du vêtement. "Quel bel habit tu as ! Tu es un seigneur ! Tu n'as pas honte de moi, dépenaillé comme je suis ?"

"Je n'ai honte que des fautes qui déshonorent l'homme."

"Moi, j'ai celle de maudire mon état, et de désirer des habits chauds, du pain, et surtout la vue."

324> Jésus le caresse : "Ce ne sont pas des fautes déshonorantes. Cependant cherche à ne pas avoir même ces imperfections, et tu seras saint."

"Mais si je guéris, je ne les aurais plus... Ou bien... je ne guéris pas et Toi, tu le sais, et tu me prépares à mon sort et tu m'instruis pour me sanctifier comme Job ?"

"Tu guériras. Mais après, surtout après, tu dois être content de ton état, même s'il n'est pas des plus heureux."

Ils sont arrivés à Pella. Les potagers qui précèdent toujours les villes, montrent la fécondité de leur sol par la luxuriance de leur verdure. Des femmes, occupées au travail dans les sillons ou encore aux cuves de lessive, saluent Jaia et lui disent : "Tu reviens vite aujourd'hui, cela a bien marché ?" ou encore : "Tu as trouvé un protecteur, pauvre enfant ?" Une femme, âgée, crie du fond d'un potager : "O Jaia ! Si tu as faim, voici une écuelle pour toi. Sinon, ce sera pour ta mère. Tu vas à la maison ? Prends-la."

"Je vais dire à maman que je vais avec ce bon seigneur à Jérusalem pour guérir. Il connaît Jésus de Nazareth et il me conduit à Lui."

La route, presque jusqu'aux portes de Pella, est envahie par la foule. Il y a des marchands, mais il y a aussi des pèlerins.

Une femme bien mise qui voyage sur un mulet, accompagnée d'une servante et d'un serviteur, se tourne en entendant parler de Jésus. Elle tire les rênes, arrête le mulet, descend et se dirige vers Jésus. "Tu connais Jésus ? Et tu vas le trouver ? Moi aussi, j'y vais... pour la guérison d'un fils. Je voudrais parler avec le Maître parce que..." elle se met à pleurer sous son voile fin.

"Quelle maladie a ton fils ? Où est-il ?"

"Il est de Gerasa, mais maintenant il est du côté de la Judée. Il va comme un obsédé... Oh ! qu'ai-je dit !"

"C'est un possédé ?"

"Seigneur, il l'était et il fut guéri. Maintenant... il est plus démon qu'auparavant parce que... Oh ! je ne puis en parler qu'à Jésus de Nazareth !"

"Jacques, prends l'enfant entre toi et Simon et allez en avant avec les autres. Vous m'attendrez au-delà de la porte. Femme, tu peux envoyer en avant tes serviteurs, nous parlerons entre nous."

La femme dit : "Mais tu n'es pas le Nazaréen ! C'est seulement à Lui que je veux parler. Lui seul peut comprendre et avoir miséricorde."

325> Désormais ils sont seuls pourtant. Les autres sont en avant et parlent de leurs affaires. Jésus attend que la route soit déserte et puis il dit : "Tu peux parler. Je suis Jésus de Nazareth."

La femme gémit et elle va tomber à genoux. "Non, pour le moment, les gens ne doivent pas savoir. Allons. Il y a là une maison ouverte. Nous demanderons à nous reposer et nous parlerons. Viens."

Ils s'en vont par une ruelle entre deux potagers vers une maison populaire sur l'aire de laquelle s'ébattent des enfants.

"La paix soit avec vous. Me permettez-vous de faire reposer la femme pendant un moment ? Je dois parler avec elle. Nous venons de loin pour pouvoir parler ensemble, et Dieu nous a fait nous rencontrer avant le but."

"Entrez. L'hôte est une bénédiction. Nous vous donnerons du lait et du pain et de l'eau pour vos pieds fatigués" dit une petite vieille.

"Pas besoin. Il nous suffit d'un endroit tranquille pour pouvoir parler."

"Venez" et elle les conduit sur une terrasse enguirlandée d'une vigne où se forment des feuilles émeraudes.

Ils restent seuls. "Parle, femme. Je l'ai dit : Dieu nous a fait rencontrer avant le but du chemin, pour ton soulagement."

"Il n'y a pas, il n'y a plus de soulagement pour moi ! J'avais un fils. Il devint possédé. Une bête sauvage dans les tombeaux. Rien ne le retenait, rien ne le guérissait. Il te vit. Il t'adora par la bouche du démon, et tu l'as guéri. Il voulait venir avec Toi. Tu as pensé à sa mère et tu me l'as envoyé pour me rendre la vie et la raison qui vacillaient à cause de la douleur que me donnait un fils possédé. Et tu l'as envoyé pour qu'il te prêchât puisqu'il voulait t'aimer. Moi. .. Oh ! être mère de nouveau et d'un fils saint ! Qui serait ton serviteur ! Mais dis-moi, dis-moi ! Quand tu l'as renvoyé, savais-tu que lui était... qu'il serait un démon de nouveau ? Parce que c'est un démon, qui te quitte après avoir tant reçu de Toi, après t'avoir connu, après avoir été choisi pour le Ciel... Dis-le-moi ! Le savais- tu ? Mais moi, je divague ! Je parle et je ne te dis pas pourquoi c'est un démon... Il est devenu comme fou depuis quelque temps, oh ! depuis quelques jours, mais plus pénibles pour moi que les longues années où il était possédé... Et alors je croyais que je n'aurais jamais eu de douleur plus grande que celle-là... Il est venu... et il a démoli la foi que Gerasa cultivait pour Toi, grâce à Toi et à lui [1], en disant des infamies sur ton compte. Et il te précède vers le gué de Jéricho, en te faisant tort, en te faisant tort !"

326> La femme, qui n'avait pas enlevé son Voile derrière lequel elle sanglotait, l'âme déchirée, se jette aux pieds de Jésus en le suppliant : "Va-t-en ! va-t-en ! Ne te fais pas insulter ! Je suis partie d'accord avec mon mari malade, en priant Dieu de te trouver. Il m'a exaucée ! Oh ! qu'Il en soit béni ! Je ne veux pas, moi je ne veux pas permettre que Toi, le Sauveur, tu sois maltraité à cause de mon fils ! Oh ! pourquoi l'ai-je mis au monde ? Il t'a trahi, Seigneur ! Il défigure tes paroles. Le démon l'a repris. Et... oh ! Très-Haut et Très Saint ! Aie pitié d'une mère ! Il sera damné, Mon fils, mon fils ! Auparavant ce n'était pas sa faute s'il était plein de démons. C'était un malheur qui lui était arrivé. Mais maintenant ! Maintenant que tu lui avais accordé ta grâce, maintenant qu'il avait connu Dieu, maintenant que tu l'avais instruit ! Maintenant lui a voulu être un démon et aucune force ne le délivrera plus ! Oh ! Oh !" La femme s’est jetée au sol, tas de vêtements et de chair qu'agitent des sanglots: Et elle gémit : "Dis-moi, dis-moi que dois-je faire pour Toi, pour mon fils ? Pour réparer ! Pour sauver ! Non. Réparer ! Tu vois que ma douleur est réparation. Mais sauver ! Je ne puis sauver celui qui a renié Dieu. Il est damné... Et qu'est-ce pour moi, israélite ? un tourment."

Jésus se penche, Il lui met la main sur l'épaule. "Lève-toi, calme-toi ! Tu m'es chère. Écoute, pauvre mère."

"Tu ne me maudis pas pour l'avoir engendré ?!"

"Oh ! non ! Tu n'es pas responsable de son erreur et, sache-le pour ton réconfort, tu peux au contraire être cause de son salut.  I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\Balise.gif Les ruines des fils peuvent être réparées par les mères. Et toi, tu le feras. Ta douleur, parce qu'elle est bonne, n'est pas stérile mais féconde. Par ta souffrance sera sauvée l'âme que tu aimes. Tu expies pour lui, et tu expies avec une intention si droite que tu vaux l'indulgence à ton fils. Il reviendra à Dieu. Ne pleure pas."

"Mais quand? Quand donc?"

"Quand tes larmes se seront mêlées à mon Sang."

"Ton Sang ? Mais alors c'est vrai ce qu'il dit ? Que tu seras tué parce que tu mérites la mort ? ...Blasphème horrible !"

"C'est vrai pour la première partie. Je serai tué pour vous rendre dignes de la Vie. Je suis le Sauveur, femme. Et le salut se donne par la parole, par la miséricorde et par l'holocauste. Pour ton fils, il faut cela et je le donnerai. Mais aide-moi. Donne-moi ta douleur. Va avec ma bénédiction. Conserve-la en toi pour pouvoir être miséricordieuse et patiente auprès de ton fils, et ainsi lui rappeler qu'Un autre a été miséricordieux avec lui. Va, va en paix."

327> "Mais Toi, ne parle pas à Pella ! Ne parle pas en Pérée ! Il les a tournées contre Toi. Et il n'est pas le seul. Mais moi, je ne vois et je ne parle que de lui..."

"Je parlerai par une action. Et elle suffira pour anéantir le travail des autres. Va en paix chez toi."

"Seigneur, maintenant que tu m'as absoute de l'avoir engendré, regarde mon visage pour savoir ce qu'est le visage d'une mère quand elle est déchirée" et elle découvre son visage en disant : "Voici le visage de la mère de Marc de Josias qui a renié le Messie et torturé celle qui lui a donné la vie" et elle baisse ensuite son voile fin sur son visage ravagé par les larmes en gémissant : "Aucune mère d'Israël ne me sera égale pour la douleur !"

Ils descendent de l'endroit hospitalier et reprennent la route. Ils entrent à Pella et se réunissent, la femme avec ses serviteurs, et Jésus avec ses apôtres. Mais la femme le suit comme fascinée alors que Jésus suit le garçon qui se dirige vers sa cabane, située dans un sous-sol d'une construction adossée au flanc de la montagne, caractéristique de cette ville qui s'élève par terrasses, de sorte que le premier étage du côté ouest est le second étage du côté est, mais en réalité c'est un terrain là aussi parce qu'on peut y accéder par la rue située au-dessus, qui est au niveau du second étage. Je ne sais pas si je réussis à bien m'expliquer.

Le garçon appelle fort : "Mère ! Mère !" De l'antre misérable et sombre arrive une femme encore jeune, aveugle, aux manières aisées parce qu'elle connaît son entourage. "Déjà de retour, mon fils ? Les oboles ont été assez nombreuses pour te faire revenir alors qu'il fait encore grand jour ?"

"Maman, j'ai trouvé quelqu'un qui connaît Jésus de Nazareth et qui dit qu'il va me conduire à Lui pour être guéri. Il est très bon. Me laisses-tu aller, maman ?"

"Mais oui, Jaia ! Même si je dois rester seule, va, va, béni, et regarde-le aussi pour moi, le Sauveur !"

L'adhésion, la foi de la femme est absolue. Jésus sourit. Il dit : "Tu ne doutes pas de Moi, femme, ni du Sauveur ?"

"Non. Si tu le connais et si tu es son ami, tu ne peux être que bon. Lui enfin ! Va, va, fils ! Ne tarde pas un moment. Donnons-nous un baiser et va avec Dieu."

Ils s'embrassent se trouvant à tâtons. Jésus met sur la table grossière un pain et des pièces de monnaie.

328> "Adieu, femme. Il y a ici de quoi te procurer de la nourriture. La paix soit avec toi."

Ils sortent. La troupe reprend sa marche. La pluie commence à tomber.

"Mais nous ne nous arrêtons pas ? Il pleut..." disent les apôtres.

"Nous nous arrêterons à Jabès Galaad. Marchez."

Ils mettent leurs manteaux sur la tête et Jésus étend le sien sur la tête du garçon. La mère de Marc de Josias les suit sur sa monture, avec ses serviteurs. Il semble qu'elle ne puisse se séparer de Lui.

Ils sortent de Pella. Ils pénètrent dans une campagne verte et triste en cette journée pluvieuse.

 I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\Balise.gif Ils font au moins un kilomètre, puis Jésus s'arrête. Il prend la tête du petit aveugle dans ses mains et il dépose un baiser sur ses yeux éteints en disant : "Et maintenant, retourne sur tes pas. Va dire à ta mère que le Seigneur récompense celui qui a foi, et va dire à ceux de Pella que celui-ci est le Seigneur." Il le laisse aller et s'éloigne rapidement.

Mais il ne se passe pas trois minutes que le garçon crie : "Mais moi, j'y vois ! Oh ! ne t'enfuis pas ! Tu es Jésus ! Fais que je voie Toi en premier !" et il tombe à genoux sur la route trempée par la pluie.

La femme de Gerasa et ses serviteurs d'un côté, les apôtres de l'autre, accourent pour voir le miracle. Jésus aussi revient lentement en souriant. Il se penche pour caresser le garçon. "Va, va, trouver ta maman, et sache croire en Moi, toujours."

"Oui, mon Seigneur... Mais pour maman rien ?! Elle restera dans le noir, elle qui croit comme moi ?"

Jésus sourit d'un sourire encore plus lumineux. Il regarde autour de Lui. Il voit sur le bord de la route une touffe de marguerites trempées par la pluie. Il se penche, les cueille et les donne à l'enfant. "Passe-les sur les yeux de ta mère et elle verra. Moi, je n'y retourne pas, je vais de l'avant. Que celui qui est bon me suive avec son esprit et qu'il parle de Moi à ceux qui doutent. Toi, parle de Moi à Pella dont la foi vacille. Va ! Dieu est avec toi."

Et puis il se tourne vers la femme de Gerasa : "Et toi, suis-le. Ceci est la réponse de Dieu à tous ceux qui tentent de diminuer la foi des hommes dans le Christ. Et que cela raffermisse ta foi et celle de Josias. Va en paix."

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Ils se séparent. Jésus reprend sa marche vers le sud. L'enfant, la gérasénienne et ses serviteurs, vers le nord. Un voile de pluie les sépare comme un voile de fumée...

 



[1] Cf. 4.152