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"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
aucun accent |
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Vendredi 23 février 29 (20 Adar)
- Les gens cherchent Jésus 283 - Discours d'Étienne (Le disciple doit souffrir) 284 - Étienne et Hermas parlent de Gamaliel et de Jésus 285 - Jésus fait l'éloge d'Étienne 286 - Discours (Curiosité et sensualité 287 - Ne pas se contenter de nourriture matérielle 287 - Se nourrir de la Loi et des Prophètes) 289 - Discours (Ce que la manne enseigne) 290 - Discours Je suis le Pain de Vie) 291 - Discours (Origine divine de Jésus) 292 - Discours (Ma chair est une nourriture et mon sang un breuvage) 293 - Défection de nombreux disciples 295 - Discours (Beaucoup ne croient pas vraiment) 295 - Plusieurs autres se retirent 296 - Déclaration de fidélité de la part de Pierre 296 - L'un de vous est un démon 296 - Les douze vénèrent Jésus 296 |
Accueil >> Plan du Site >> Sommaire du Tome 5 5.44. |
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283> La plage de Capharnaüm fourmille de gens qui sortent d'une
vraie flottille de barques de toutes tailles : Et les premiers qui
débarquent s'en vont parmi les gens cherchant s'ils voient le Maître, un
apôtre ou au moins un disciple. Et ils s'en vont à la recherche… Un
homme finalement répond : "Le Maître ? Les apôtres ? Non.
Ils sont partis tout de suite après le sabbat, et ils ne sont pas revenus. 284> Mais
ils vont revenir car il y a des disciples. J'ai parlé tout à l'heure avec
l'un d'entre eux. Ce doit être un grand disciple. Il parle comme Jaïre ! Il est allé vers cette maison au milieu des
champs, en suivant la mer." L'homme qui a posé la
question répand le bruit, et tous se précipitent vers l'endroit indiqué. Mais
après avoir fait environ deux cents mètres sur la rive, ils rencontrent tout
un groupe de disciples qui viennent vers Capharnaüm en faisant force gestes.
Ils les saluent et demandent : "Le Maître, où est-il ?" Les
disciples répondent : "Pendant la nuit, après le miracle [1], il
s'en est allé avec les siens, avec des barques au-delà de la mer. Nous avons
vu les voiles, au clair de lune, qui allaient vers Dalmanutha." "Ah
Voilà ! Nous le cherchions à Magdala dans la maison de Marie, et il n'y
était pas ! Pourtant... ils pouvaient nous le dire les pêcheurs de
Magdala !" "Ils
ne l'auront pas su. Peut-être est-il allé sur les monts d'Arbela
pour prier. Il y a été déjà une autre fois, l'an dernier avant la Pâque. Je l'ai
rencontré alors, par une très grande grâce du Seigneur à son pauvre
serviteur" dit Etienne. "Mais il ne
revient pas ici ?" "Certainement il
va revenir. Il doit faire ses adieux et donner les ordres. Mais que
voulez-vous ?" "L'entendre
encore, le suivre, devenir siens."
285> "Non, non !
Tout de suite ! Tout de suite ! Personne ne fait ce que Lui fait.
Nous voulons le suivre" dit la foule en tumulte. Etienne a un sourire très
expressif. Il ouvre les bras et dit : "C'est parce qu'il vous a
donné en abondance du bon pain que vous voulez venir ? Croyez-vous que
dans l'avenir il ne vous donne que cela ? Lui promet à ceux qui le
suivent ce qui est son lot : la douleur, la persécution, le martyre. Ce
ne sont pas des roses, mais des épines; pas des caresses, mais des soufflets,
pas du pain, mais des pierres sont prêtes pour les "christ". Et je
parle ainsi sans blasphémer, parce que ses vrais fidèles seront oints de
l'huile sainte faite de sa Grâce et de sa souffrance, et nous serons
"oints" pour être les victimes sur l'autel et les rois dans le
Ciel." "Eh bien ?
En es-tu jaloux peut-être ? Tu y es, toi ? Nous voulons y être nous
aussi. Il est le Maître pour tous." "C'est bien. Je
vous le disais parce que je vous aime et que je veux que vous sachiez ce que
c'est que d'être ses "disciples" pour ne pas être ensuite des
déserteurs. Allons alors l'attendre tous ensemble à sa maison. Le crépuscule
commence et c'est le début du sabbat. Il viendra le passer ici avant son départ." Ils
vont vers la ville en parlant. Et plusieurs interrogent Etienne et Hermas,
qui les a rejoints, et eux, aux yeux des israélites, ont une lumière spéciale
comme élèves préférés de Gamaliel. Plusieurs demandent : "Mais que
dit Gamaliel de Lui ?", d'autres : "Est- ce lui qui vous
a envoyés ?", et d'autres encore : "N'a-t-il pas souffert
de vous perdre ?", ou bien : "Et le Maître, que dit-il du
grand rabbi ?" Les deux répondent
avec patience : "Gamaliel parle de Jésus de Nazareth comme du plus
grand homme d'Israël" "Oh ! plus
grand que Moïse ?" disent certains presque scandalisés. "Lui dit que
Moïse est l'un des si nombreux précurseurs du Christ, mais qu’il n'était que
le serviteur du Christ." "Alors, pour
Gamaliel, celui-ci est le Christ ? C'est ce qu'il dit ? Si c'est ce
que dit le rabbi Gamaliel, la question est tranchée. C'est Lui le
Christ !" "Il ne dit pas
cela. Il n'arrive pas encore à le croire, pour son malheur. Mais il dit que
le Christ est sur la terre car il Lui a parlé, il y a plusieurs années. Lui et
le sage Hillel. Et il attend le signe que le Christ lui a promis pour le
reconnaître [3]" dit Hermas. 286> "Mais
comment a-t-il fait pour croire que celui-là était le Christ ? Que
faisait-il ? Moi, je suis aussi âgé que Gamaliel, mais je n'ai jamais entendu
dire que chez nous aient été faites les choses que le Maître fait. S'il n'est
pas persuadé par ces miracles, que vit-il donc de si miraculeux dans ce
Christ pour pouvoir croire en Lui ?" "Il le vit oint
par la Sagesse de Dieu. C'est ce qu'il dit" répond encore Hermas. "Et alors
qu'est-il pour Gamaliel celui-ci ?" "Le plus grand
homme, maître et précurseur d'Israël. Quand il pourrait dire :
"C'est le Christ" elle serait sauvée l'âme sage et juste de mon
premier maître" dit Etienne et il termine : "Et je prie pour
que cela soit, à tout prix." "Et s'il ne
croit pas que c'est le Christ, pourquoi vous y a-t-il envoyés ?" "Nous voulions y
venir. Lui nous a laissés venir en disant que c'était bien." "Peut-être pour
savoir et rapporter au Sanhédrin..." insinue quelqu'un. "Homme, comment
parles-tu ? Gamaliel est honnête. Il ne sert d’espion à personne et
surtout pas aux ennemis d'un innocent !" Etienne se fâche et il
paraît un archange tant il est indigné, et presque rayonnant dans son saint
dédain. "Il aura été
désolé de vous perdre, pourtant" dit un autre. "Oui et non.
Comme homme qui nous aimait bien, oui. Comme esprit très droit, non. Parce
qu'il a dit : "Lui est plus que moi et plus jeune que moi. Je puis
donc fermer les yeux, rassuré sur votre avenir, en sachant que vous
appartenez au 'Maître des maîtres' "." "Et Jésus de
Nazareth, que dit-il du grand rabbi ?" "Oh ! Il
n'a que des paroles élevées pour lui !" "Il n'en est pas
jaloux ?" "Dieu ne jalouse
pas" dit sévèrement Hermas. "Ne fais pas de suppositions
sacrilèges." "Mais pour vous,
alors, il est Dieu ? En êtes-vous certains?" Et les deux, d'une
seule voix : "Comme d'être vivants en ce moment." Et Etienne
termine : "Et veuillez le croire, vous aussi, pour posséder la
vraie Vie." Ils sont de nouveau
sur la plage devenue un lieu de réunion, et ils la traversent pour aller à la
maison. Sur le seuil se
trouve Jésus qui caresse des enfants. Des disciples se
groupent avec des curieux et ils demandent : "Maître, quand es-tu
venu ?" 287> "Il y a quelques instants." Le visage de Jésus a
encore la majesté solennelle, un peu extatique, qu'il a après une prière
prolongée. "Tu
as été en oraison, Maître ?" demande Étienne à voix
basse, par respect, comme il s'est incliné pour le même motif. "Oui. D'où le
vois-tu, mon fils ?" demande Jésus en lui posant la main sur ses
cheveux foncés en une douce caresse. "De ton visage
d'ange. Je suis un pauvre homme, mais ton aspect est si limpide que j'y lis
les palpitations et les actions de ton esprit." "Le tien aussi
est limpide. Tu es un de ceux qui restent tout petits..." "Et qu'y a-t-il
sur mon visage, Seigneur ?" "Viens à part et je te le dirai" et il le prend par
le poignet et l'amène dans un couloir obscur. "Charité, foi, pureté,
générosité, sagesse; et tout cela c'est Dieu qui te l'a donné et tu l'as
cultivé et tu le feras davantage. Enfin, d'après ton nom, tu as la couronne
d'or pur et avec une grande gemme qui resplendit sur ton front [4]. Sur
l'or et les pierres sont gravés deux mots: "Prédestination" et
"Prémices". Sois digne de ton sort, Étienne. Va en paix avec ma
bénédiction." Et il pose de nouveau la main sur ses cheveux alors
qu'Étienne s'agenouille pour ensuite se prosterner et Lui baiser les pieds.
Ils reviennent vers les autres. "Ces
gens sont venus pour t'entendre..." dit Philippe. "Ici on ne peut
parler. Allons à la synagogue. Jaïre en sera
content." Jésus
en tête, par derrière le cortège des autres, ils vont à la belle synagogue de
Capharnaüm et Jésus, salué par Jaïre, y entre et il
ordonne que toutes les portes restent ouvertes pour que ceux qui n'arrivent
pas à entrer puissent l'entendre de la rue et de la place qui sont à côté de
la synagogue. Jésus va à sa place,
dans cette synagogue amie, de laquelle aujourd'hui sont absents heureusement
les pharisiens, peut-être déjà partis en grande pompe pour Jérusalem. Et il
commence à parler.
Les dons de Dieu ne
sont pas l'ordinaire, ils sont l'extraordinaire. On ne peut y prétendre, ni
se livrer à la paresse en disant : "Dieu me les donnera". Il
est dit : "Tu mangeras ton pain mouillé par la sueur de ton
front" c'est-à-dire le pain gagné par le travail. Si Celui qui est Miséricorde
a dit : "J'ai pitié de ces foules qui me suivent depuis trois jours
et n'ont plus rien à manger et qui pourraient tomber en route avant d'avoir
atteint Ippo sur le lac, ou Gamala,
ou d'autres villes", et a pourvu à leurs besoins, il n'est pourtant pas
dit qu'on doive le suivre pour ce motif. C'est pour bien davantage qu'un peu
de pain, destiné à devenir ordure après la digestion, que l'on doit me
suivre. Ce n'est pas pour la nourriture qui emplit le ventre, mais pour celle
qui nourrit l'âme, car vous n'êtes pas seulement des animaux qui doivent
brouter et ruminer, ou fouiller avec le groin et s'engraisser. Mais vous êtes
des âmes ! C'est cela que vous êtes ! La chair c'est le vêtement,
l'être c'est l'âme. C'est elle qui est immortelle, La chair, comme tout
vêtement, s'use et finit, et ne mérite pas qu'on s'en occupe comme si c'était
une perfection à laquelle il faut donner tous ses soins.
289> "Que
devons-nous faire pour faire les œuvres de Dieu ? Nous observons la Loi
et les Prophètes. Nous sommes donc déjà nourris de Dieu et nous faisons les
œuvres de Dieu." "C'est vrai.
Vous observez la Loi, ou plutôt vous "connaissez" la Loi.
Mais connaître n'est pas pratiquer. Nous connaissons, par exemple, les lois
de Rome et pourtant un israélite fidèle ne les pratique pas autrement que
dans les formules qui lui sont imposées par sa condition de sujet. Pour le
reste nous, je parle des israélites fidèles, nous ne pratiquons pas les
usages païens des romains tout en les connaissant. La Loi que vous tous
connaissez et les Prophètes devraient en effet vous nourrir de Dieu et vous
donner par conséquent la capacité de faire les œuvres de Dieu. Mais pour
faire cela, elles devraient être devenues une seule chose avec vous, comme
l'air que vous respirez et la nourriture que vous assimilez, qui se changent
tous les deux en vie et en sang. Alors qu'ils restent étrangers, tout en
étant dans votre maison, comme peut l'être un objet de la maison qui vous est
connu et utile, mais qui s'il venait à manquer ne vous enlèverait pas
l'existence. Alors que... Oh ! essayez un peu de ne pas respirer pendant
quelques minutes, essayez de rester sans nourriture pendant des jours et des
jours... et vous verrez que vous ne pouvez vivre. Ainsi devrait se ressentir
votre moi de la dénutrition et de son asphyxie de la Loi et des
Prophètes, puisque vous les connaissez mais ne les assimilez pas et qu'ils ne
deviennent pas une seule chose avec vous. C'est cela que je suis venu
enseigner et donner : le suc, l'air de la Loi et des Prophètes, pour
rendre le sang et la respiration à vos âmes qui meurent de faim et
d'asphyxie. Vous ressemblez à des enfants qu'une maladie rend incapables de
savoir ce qui peut les nourrir. Vous avez des provisions de nourriture, mais
vous ne savez pas qu'elles doivent être mangées pour se changer en une chose
vitale, et qu'elles deviennent vraiment nôtres, par une fidélité vraie
et pure à la Loi du Seigneur qui a parlé à Moïse et aux Prophètes pour vous
tous. Venir donc à Moi pour avoir l'air et le suc de la Vie éternelle, c'est
un devoir. Mais ce devoir présuppose en vous une foi. Car si quelqu'un n'a
pas la foi, il ne peut croire à mes paroles, et s'il ne croit pas il ne vient
pas me dire : "Donne-moi le vrai pain". Et s'il n'a pas le
vrai pain, il ne peut pas faire les œuvres de Dieu n'ayant pas la capacité de
les faire. Par conséquent pour être nourris de Dieu et pour faire l'œuvre de
Dieu, il est nécessaire que vous fassiez l'œuvre-base qui est celle-ci :
croire en Celui que Dieu a envoyé." 290> "Vous êtes dans
l'erreur. Ce n'est pas Moïse, mais c'est le Seigneur qui a pu faire cela. Et
dans l'Exode on lit : "Voici : Je ferai pleuvoir du pain du
ciel. Que le peuple sorte et qu'il recueille ce qui suffit pour chaque jour,
et qu'ainsi Je me rende compte si le peuple marche selon ma Loi. Et le
sixième jour qu'il en ramasse le double par respect pour le septième jour, le
sabbat". Et les hébreux virent le désert se recouvrir chaque matin de
cette chose minuscule qui ressemble à ce qui est pilé dans le mortier, et au
grésil, semblable à la graine de coriandre, et au bon goût de fleur de farine
mélangée à du miel [5]". Ce
n'est donc pas Moïse, mais le Seigneur qui a procuré la manne. Dieu qui peut
tout. Tout. Punir et bénir, enlever et accorder. Et Moi, je vous le dis,
que des deux choses, Il préfère bénir et accorder plutôt que punir et
enlever. Moïse, comme il est
dit dans l'Ecclésiastique, était "cher à Dieu et aux hommes, sa mémoire
était bénie, car il était rendu par Dieu semblable aux saints dans leur
gloire, grand et terrible pour les ennemis, capable de susciter les prodiges
et mettre fin à eux, glorieux en présence des rois, son ministre en présence
du peuple, il avait vu la gloire de Dieu et entendu la voix du Très-Haut, il
était le gardien des préceptes et de la Loi de vie et de science [6]". Aussi
Dieu, comme dit la Sagesse, par amour pour Moïse, nourrit son peuple avec le
pain des anges, et lui envoya du ciel un pain déjà fait, sans fatigue, un
pain délicieux et d'une douce saveur. Et - souvenez bien de ce que dit la
Sagesse - et puisqu'il venait du ciel, de Dieu, et qu'il montrait la douceur
divine envers ses fils, il avait pour chacun le goût que chacun voulait, et
procurait à chacun les effets qu'il désirait, étant utile aussi bien au tout
petit, à l'estomac encore imparfait, qu'à l'adulte à l'appétit et à la
digestion vigoureux, qu'à la fillette délicate et qu'au vieillard décrépit. 291> Et même, pour montrer que ce n'était pas œuvre d'homme, il renversa
les lois des éléments car il résistait au feu, ce pain mystérieux qui, au
lever du soleil, fondait comme du givre. Ou plutôt : le feu - c'est
toujours la Sagesse qui parle - oublia sa propre nature par respect pour
l’œuvre de Dieu son Créateur et pour les besoins des justes de Dieu, de sorte
qu'alors qu'il a l'habitude de s'enflammer pour tourmenter, ici il se fit
doux pour faire du bien à ceux qui faisaient confiance au Seigneur. Alors c'est
pour cela, qu'en se transformant de toutes manières, il servit à la grâce du
Seigneur, leur nourrice à tous, selon les besoins de celui qui priait le Père
éternel, pour que ses fils bien-aimés apprennent que ce n'est pas la
reproduction des fruits qui nourrit les hommes, mais que c'est la parole du
Seigneur qui conserve ceux qui croient en Dieu. En effet le feu ne consumait
pas, comme il le pouvait, la douce manne, même pas si la flamme était haute
et puissante, alors que suffisait à la fondre le doux soleil du matin, afin
que les hommes se rappellent et qu'ils apprennent que les dons de Dieu
doivent être recherchés dès le commencement du jour et de la vie, et que pour
les avoir, il faut devancer la Lumière et se lever pour louer l'Éternel dès
la première heure du matin C'est cela que la
manne enseignait aux hébreux, et Moi, je vous le rappelle parce que c'est un
devoir qui dure et durera jusqu'à la fin des siècles. Cherchez le Seigneur et
ses dons célestes, sans paresser jusqu'aux heures tardives du jour ou de la
vie. Levez-vous pour le louer avant même que le loue le soleil levant, et
nourrissez-vous de sa parole qui consacre et préserve et conduit à la Vie
vraie. Ce n'est pas Moïse qui vous a donné le pain du Ciel mais, en vérité,
Celui qui l'a donné, c'est le Père Dieu, et maintenant, en vérité, c'est mon
Père qui vous donne le vrai Pain, le Pain nouveau, le Pain éternel qui
descend du Ciel, le Pain de miséricorde, le Pain de Vie, le Pain qui donne au
monde la Vie, le Pain qui rassasie toute faim et enlève toute langueur, le
Pain qui donne à celui qui le prend la Vie éternelle et l'éternelle
joie." "Donne-nous, ô
Seigneur, ce pain et nous ne mourrons plus." "Vous mourrez
comme tout homme meurt, mais vous ressusciterez pour la Vie éternelle si vous
vous nourrissez saintement de ce Pain, parce qu'il rend incorruptible
celui qui le mange. Pour ce qui est de vous, il sera donné à ceux qui le
demandent à mon Père avec un cœur pur, une intention droite, et une sainte
charité. C'est pour cela que j'ai enseigné à dire : "Donne-nous le
Pain quotidien". 292> Mais pour ceux qui s'en
nourriront indignement, il deviendra un grouillement de vers d'enfer, comme
les paniers de manne conservés contre l'ordre reçu. Et ce Pain de santé et de
vie deviendra, pour eux, mort et condamnation. Car le plus grand sacrilège
sera commis par ceux qui mettront ce Pain sur une table spirituelle corrompue
et fétide, et le profaneront en le mêlant à la sentine de leurs
inguérissables passions. Mieux vaudrait pour eux ne l'avoir jamais pris !" "Mais où est ce
Pain ? Comment le trouve-t-on ? Quel nom a-t-il ?"
Il se fait un bourdonnement
qui n'est pas discret dans la synagogue et au-dehors à cause des paroles
nouvelles et hardies du Maître. Et Lui, après avoir un moment repris haleine,
tourne ses yeux étincelants de ravissement là où on murmure davantage et ce
sont précisément les groupes où il y a des juifs. Il recommence à parler. "Pourquoi
murmurez-vous entre vous ? Oui, je suis le Fils de Marie de Nazareth,
fille de Joachim de la race de David, vierge consacrée au Temple, et puis
épousée par Joseph de Jacob, de la race de David. Vous avez connu, beaucoup
d'entre vous, les justes qui donnèrent la vie à Joseph, menuisier de race
royale, et à Marie, vierge héritière de souche royale. Cela vous fait
dire : "Comment celui-ci peut-il se dire descendu du Ciel ?"
et le doute naît en vous. 293> Je vous rappelle les
Prophètes sur l'Incarnation du Verbe. Et je vous rappelle comment, plus pour
nous israélites que pour tout autre peuple, il est de foi que Celui que nous
n'osons pas appeler ne peut pas se donner une Chair selon les lois humaines
et de plus selon les lois d'une humanité déchue. Le Très Pur, l'Incréé, s'Il
s'est mortifié jusqu'à se faire Homme pour l'amour de l'homme, ne pouvait
choisir qu'un sein de Vierge plus pur que les lys pour revêtir de Chair sa
Divinité. Le Pain descendu du Ciel au temps de Moïse a été placé dans l'arche
d'or, recouverte du Propitiatoire, veillée par les chérubins, derrière les
voiles du Tabernacle. Et avec le Pain était la Parole de Dieu. Et il était
juste qu'il en fût ainsi, parce que le plus grand respect doit être donné aux
dons de Dieu et aux tables de sa très Sainte Parole. Mais alors, qu'est-ce
qui aura été préparé par Dieu pour sa propre Parole et pour le vrai Pain qui
est venu du Ciel ? Une arche plus inviolée et plus précieuse que l'arche
d'or, couverte du précieux Propitiatoire de sa pure volonté d'immolation,
veillée par les chérubins de Dieu, voilée d'une candeur virginale, d'une
humilité parfaite, d'une charité sublime, et de toutes les vertus les plus
saintes. Et alors ? Vous
ne comprenez pas encore que ma Paternité est au Ciel et que par conséquent
c'est de là que je viens ? Oui, je suis descendu du Ciel pour accomplir
le décret de mon Père, le décret de salut des hommes selon ce qui a été
promis au moment même de la condamnation et répété aux Patriarches et aux
Prophètes. Mais cela, c'est la foi. Et la foi est donnée par Dieu à ceux qui
ont une âme de bonne volonté. Aussi personne ne peut venir à Moi, s'il n'est
pas conduit à Moi par mon Père, qui le voit dans les ténèbres, mais avec un
vrai désir de la lumière. Il est écrit dans les Prophètes : "Ils
seront tous instruits par Dieu [7]". Voilà,
c'est dit. C'est Dieu qui leur apprend où ils doivent aller pour être
instruits par Dieu. Tout homme donc qui, au fond de son esprit droit, a
entendu parler Dieu, a appris de mon Père à venir vers Moi." "Et qui veux-tu
qui ait entendu Dieu, ou vu son Visage ?" demandent plusieurs qui
commencent à montrer des signes d'irritation et de scandale. Et ils finissent
par dire : "Tu délires ou tu es illusionné." "Personne n'a vu
Dieu excepté celui qui est de Dieu. Celui-là a vu le Père et c'est Moi qui
suis Celui-là. Et maintenant écoutez le Credo de la Vie future sans lequel on
ne peut se sauver. 294> Vos pères, dans le
désert, ont mangé la manne et ils sont morts, car la manne était une
nourriture sainte mais temporelle et elle donnait la vie pour autant qu'il
était nécessaire d'arriver à la Terre Promise par Dieu à son peuple. Mais la
Manne que je suis n'aura pas de limites de temps ni de puissance. Non
seulement elle est céleste, mais elle est divine, et elle produit ce qui est
divin : l'incorruptibilité, l'immortalité de ce que Dieu a créé à son
image et à sa ressemblance. Elle ne durera pas quarante jours, quarante mois,
quarante années, quarante siècles. Mais elle durera tant que durera le Temps,
et elle sera donnée à tous ceux qui ont pour elle une faim sainte et agréable
au Seigneur, qui se réjouira de se donner sans mesure aux hommes pour
lesquels Il s'est incarné pour qu'ils aient la Vie qui ne meurt pas.
"Mais comment
peux-tu nous donner ta Chair à manger ? Pour qui nous as-tu pris ?
Pour des fauves sanguinaires ? Pour des sauvages ? Pour des
homicides ? Nous avons de la répugnance pour le sang et le crime." "En vérité, en
vérité je vous dis que bien des fois l'homme est plus qu'un fauve et que le
péché rend plus que sauvage, que l'orgueil donne une soif homicide, et que ce
n'est pas à tous ceux qui sont présents que répugneront le sang et le crime.
Et même dans l'avenir l'homme sera tel parce que Satan, la sensualité et
l'orgueil, en font une bête féroce. Et c'est pour satisfaire un besoin plus
grand que jamais que vous devez et que l'homme devra se guérir lui-même des
germes terribles par l'infusion du Saint. En vérité, en vérité
je vous dis que si vous ne mangez pas la Chair du Fils de l'homme et si vous
ne buvez pas son Sang, vous n'aurez pas en vous la Vie. Celui qui mange
dignement ma Chair et qui boit mon Sang a la Vie éternelle et je le
ressusciterai au Dernier Jour. 295> Car ma Chair est
vraiment une Nourriture et mon Sang un Breuvage. Celui qui mange ma Chair et
qui boit mon Sang reste en Moi, et je reste en lui. Comme le Père vivant m'a
envoyé, et que je vis par le Père, de même ce lui qui me mange vivra lui
aussi par Moi et ira où je l'envoie, et il fera ce que je veux et il vivra
avec austérité comme homme, et sera ardent comme un séraphin, et il sera
saint, car pour pouvoir se nourrir de ma Chair et de mon Sang, il s'interdira
les fautes et il vivra en s'élevant pour finir son ascension aux pieds de
l'Éternel." "Mais
celui-là est fou ! Qui peut vivre de cette façon ? Dans notre
religion il n'y a que le prêtre qui doive se purifier pour offrir la victime.
Ici Lui veut faire de nous autant de victimes de sa folie. Cette doctrine est
trop pénible et ce langage est trop difficile ! Qui peut l'écouter et le
pratiquer ?" murmurent ceux qui sont présents et plusieurs sont des
disciples réputés tels. Les gens se
dispersent en commentant, et très réduits apparaissent les rangs des
disciples quand restent seuls dans la synagogue le Maître et les plus
fidèles. Je ne les compte pas, mais je dis qu'on arrive à peu près à une
centaine. Il doit donc y avoir eu une forte défection même dans les rangs des
anciens disciples depuis longtemps au service de Dieu. Parmi ceux qui sont
restés, il y a les apôtres, le prêtre Jean et le
scribe
Jean, Étienne, Hermas, Timon, Hermastée, Agape,
Joseph, Salomon, Abel de Bethléem de Galilée, et Abel le lépreux de Corozaïn avec son ami Samuel, Élie (celui qui renonça à
ensevelir son père pour suivre Jésus), Philippe d'Arbela,
Aser et Ismaël de Nazareth, et en plus d'autres dont je ne connais pas les
noms. Tous ceux-ci parlent doucement en commentant la défection des autres et
les paroles de Jésus qui reste pensif, les bras croisés, appuyé à un haut
pupitre. "Et vous vous
scandalisez de ce que je vous ai dit ? Et si je vous disais que vous verrez
un jour le Fils de l'homme monter au Ciel où il était auparavant et s'asseoir
à côté du Père ? Et qu'avez-vous compris, absorbé, cru, jusqu'à
présent ? Et avec quoi avez-vous écouté et assimilé ? Seulement
avec ce qui est humain ? C'est l'esprit qui vivifie et a de la
valeur. La chair ne sert à rien. Mes paroles sont esprit et vie, et c'est
avec l'esprit qu'il faut les écouter et les comprendre pour en avoir la vie. Mais
il y en a beaucoup parmi vous dont l'esprit est mort parce qu'il est sans
foi. Beaucoup d'entre vous ne croient pas vraiment, et c'est inutilement
qu'ils restent près de Moi. Ils n'en auront pas la Vie, mais la Mort. 296> Car
ils y restent, comme je l'ai déjà dit, ou par curiosité ou par affection
humaine, ou pire, pour des fins encore plus indignes. Ils n'ont pas été
amenés ici par le Père en récompense de leur bonne volonté, mais par Satan.
Personne, en vérité, ne peut venir à Moi, si cela ne lui est pas accordé par
le Père. Allez-vous-en aussi, vous qui restez difficilement parce que vous
avez honte, humainement, de m'abandonner, mais qui avez honte encore
davantage de rester au service de quelqu'un qui vous semble "fou et
dur". Allez. Il vaut mieux que vous soyez loin pour nuire." Et
plusieurs autres se retirent des disciples, parmi lesquels le scribe Jean et
Marc, le gérasénien possédé, guéri en envoyant les
démons dans les porcs. Les disciples bons se consultent et courent après ceux
qui ont abandonné, en essayant de les arrêter. Dans la synagogue il y a
maintenant Jésus, le chef de la synagogue, et les apôtres... Jésus se tourne vers
eux qui, mortifiés, restent dans un coin, et il dit : "Voulez-vous
vous en aller, vous aussi ?" Il le dit sans amertume et sans
tristesse. Mais avec beaucoup de sérieux. Pierre
dans un élan douloureux Lui dit : "Seigneur, et où veux-tu qu'on
aille ? Vers qui ? Tu es notre vie et notre amour. Toi seul as les
paroles de Vie éternelle. Nous savons que tu es le Christ, le Fils de Dieu.
Si tu veux, chasse-nous. Mais nous, pour ce qui est de nous, nous ne te
quitterons pas, pas même... pas même si tu ne nous aimais plus..." et
Pierre pleure sans bruit, avec de grosses larmes... André aussi, Jean, les
deux fils d'Alphée, pleurent ouvertement, et les autres pâles ou rouges, par
suite de l'émotion, ne pleurent pas, mais souffrent visiblement. "Pourquoi
devrais-je vous chasser ? N'est-ce pas Moi qui vous ai choisis vous
douze ?" Jaïre prudemment, s'est
retiré pour laisser Jésus libre de réconforter ou de réprimander ses apôtres.
Jésus, qui remarque sa retraite silencieuse, dit, en s'assoyant accablé,
comme si la révélation qu'il fait Lui coûtait un effort supérieur à ce qu'il
peut faire, épuisé comme il l'est, dégoûté, endolori : "Et
pourtant, l'un de vous est un démon." La parole tombe
lente, effrayante, dans la synagogue, où il n'y a que la lumière des
nombreuses lampes qui soit joyeuse... et personne n'ose rien dire. Mais ils
se regardent l'un l'autre, avec un frisson de peur et en se posant une
question angoissée, et par une question encore plus angoissée et intime,
chacun s'examine lui-même... 297> Personne
ne bouge pendant un moment. Et Jésus reste seul sur son siège, les mains
croisées sur les genoux, la tête baissée. Il la lève enfin et il dit :
"Venez. Je ne suis pourtant pas un lépreux ! Ou bien vous me croyez
tel ?.." Alors Jean s'avance
rapidement et s'enlace à son cou en disant : "Avec Toi, alors, dans
la lèpre, mon seul amour. Avec Toi, dans la condamnation. Avec Toi, dans la
mort, si tu crois que cela t'attende..." et Pierre rampe à ses pieds, il
les Lui prend et les pose sur ses épaules en sanglotant :
"Presse-moi, foule-moi aux pieds ! Mais ne me fais pas penser que
tu te méfies de ton Simon." Les autres voyant que
Jésus caresse les deux premiers s'avancent et le baisent sur ses vêtements,
sur ses mains, sur ses cheveux... Seul l'Iscariote ose le baiser au visage. |
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Jésus se lève tout à
coup, et semble le repousser brusquement tant son mouvement est imprévu, et
il dit : "Allons à la maison. demain soir, à la nuit, nous
partirons en barques pour Ippo." |
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[4] Étienne vient d’un mot grec
qui signifie "couronne"
[5] [5][5] Exode 16,4
[6] Siracide 45,1-5 (deutérocanonique)