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"L'Évangile tel
qu'il m'a été révélé" |
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vendredi 4 mai (2 Siwan)
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Une glaneuse admire Nicodème 121 -
Ainsi que Jésus de Nazareth 123 -
Un geste généreux de Nicodème 124 -
Nicodème l'explique à Jésus 125 -
Jésus bénit la moisson et les paysans 125 - Discours
(Parabole des deux fils : 126 - Les paroles
versus les actes) 127 |
Accueil >> Plan du Site >> Sommaire du Tome 6 6.96. |
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121> Jésus y arrive par
une fraîche aurore. Et elles sont belles ces fertiles campagnes du bon Nicodème
aux premiers rayons du soleil. Belles, bien que beaucoup de champs soient
déjà fauchés et présentent le même aspect des champs après la mort des blés,
qui en meules d'or ou encore étendus comme des cadavres sur
le sol, attendent d'être transportés sur les aires. 122> Et avec eux meurent
les bleuets étoiles couleur de saphir, les gueules-de-loup
violettes, les corolles minuscules des scabieuses, les calices fragiles des
campanules, les corolles riantes des camomilles et des marguerites, les
coquelicots aux couleurs criardes, et cent autres fleurs en étoiles, en épis,
en grappes, en corolles, riaient auparavant là où s'étend maintenant la
couleur jaune des chaumes. Mais pour consoler le deuil de la terre dépouillée
des blés il y a les frondaisons des arbres fruitiers de plus en plus pimpants
avec leurs fruits qui grossissent et prennent des teintes variées et qui, en
ce moment, brillent d'une poussière de diamants formée par la rosée que le
soleil n'a pas encore évaporée. Les paysans sont déjà au travail, heureux d'arriver à la fin du
pénible travail de la moisson. Ils chantent tout en fauchant et rient
gaiement rivalisant à qui sera le plus agile et le plus adroit à manier la
faux et lier les gerbes... De nombreux bataillons de paysans bien nourris qui
sont heureux de travailler pour un bon maître. Et, aux bords des champs ou
derrière ceux qui lient les gerbes, des enfants, des veuves, des vieillards
qui attendent pour glaner et qui attendent sans inquiétude, parce qu'ils
savent qu'il y en aura pour tout le monde, comme toujours, "par ordre de
Nicodème" comme l'explique une veuve à Jésus qui l'interroge. "Lui surveille" dit-elle "pour qu'on laisse
exprès de nombreux épis hors des gerbes, pour nous. Et non content encore
d'une telle charité, après avoir pris une quantité convenable proportionnée à
la semence, il nous distribue le reste. Oh ! il n'attend pas pour le
faire l'année sabbatique ! Mais toujours il fait bénéficier le pauvre de
son blé et il fait de même pour les oliviers et les vignes. Jésus sourit et demande : "Pourquoi,
femme ?" "Parce que... Oh ! Dis-moi, es-tu un véritable ami de
Nicodème et de Joseph, ou es-tu quelqu'un du Sanhédrin, un des faux amis qui
nuiraient aux deux bons s'ils avaient la certitude qu'ils sont des amis du
Galiléen ?" "Rassure-toi. Je suis un véritable ami des deux bons. Mais
tu sais beaucoup de choses, ô femme ! Comment les sais-tu ?" "Oh ! nous les connaissons tous ! Ceux de la
haute avec haine, les petits gens avec amour. Parce que, même si nous ne le
connaissons pas, nous aimons le Christ, nous les abandonnés que Lui seul aime
et qu'il apprend à aimer. Et nous tremblons pour Lui... Si perfides sont les
juifs, les pharisiens, les scribes et les prêtres !... Mais je te
scandalise... Pardonne-moi. C'est une langue de femme et qui ne sait pas se
taire... Mais c'est parce que toute la douleur nous vient d'eux, les
puissants qui nous oppriment sans pitié et qui nous obligent à des jeûnes que
ne prescrit pas la Loi, mais qui sont imposés par la nécessité de trouver de
l'argent pour payer toutes les dîmes qu'eux, les riches, ont mises sur les
pauvres... Et c'est pour cela que tout l'espoir est dans le Royaume de ce
Rabbi qui, s'il est si bon maintenant qu'il est persécuté, que sera-t-il donc
quand il pourra être roi ?" "Son Royaume n'est pas de ce monde, ô femme. Lui n'aura ni
palais ni armées. Il n'imposera pas de lois humaines. Il ne distribuera pas
de l'argent, mais il apprendra aux meilleurs à le faire. Et les pauvres
trouveront non pas deux ou dix ou cent amis parmi les riches, mais tous ceux
qui croient dans le Maître uniront leurs biens pour aider leurs frères sans
biens. Car, désormais, on n'appellera plus "prochain" son
semblable, mais "frère", au nom du Seigneur." "Oh !..." La femme est stupéfaite en songeant à
cette ère d'amour. Elle caresse ses enfants, sourit, puis elle lève la tête,
et elle dit : "Alors tu m'assures que je n'ai pas nui à Nicodème...
en parlant avec Toi ? Cela m'est venu si spontanément... Tes yeux sont
si doux !... Si serein est ton aspect !... Je ne sais pas... Je me
sens en sécurité comme si j'étais près d'un ange de Dieu... C'est pour cela
que j'ai parlé..." "Tu ne lui as pas nui, sois-en certaine. Au contraire tu
as donné à mon ami une grande louange pour laquelle je le féliciterai, et il
me sera plus cher que jamais. Tu es de cette
région ?" 124> "Oh ! non, Seigneur. Je suis
d'entre Lida et Bettegon. Mais quand il s'agit
d'être soulagé, Seigneur, on court, même si la route est longue ! Plus
longs sont les mois d'hiver et de faim..." "Et plus longue que la vie est l'éternité. Il faudrait
avoir pour l'âme la sollicitude que l'on a pour la chair, et courir là où
sont les paroles de vie..." "C'est ce que je fais avec les disciples du Rabbi Jésus,
cet homme bon, sais-tu ? Le seul qui soit bon des trop nombreux rabbins
que nous avons." "Tu fais bien, femme" dit Jésus en souriant. Mais il
fait signe à André et à Jacques de Zébédée qui sont avec Lui, pendant que les
autres sont allés à la maison de Nicodème, de ne pas faire tout un manège
pour faire comprendre à la femme que le Rabbi Jésus est celui qui lui parle. "Certes que je fais bien. Moi, je veux être exempte du
péché de ne pas l'avoir aimé et cru... Ils disent que c'est le Christ... Moi,
je ne le connais pas, mais je veux croire car je pense qu'il arrivera malheur
à ceux qui ne veulent pas le reconnaître comme tel." "Et si ses disciples se trompaient ?" dit Jésus
pour la tenter. "Cela ne peut-être, Seigneur. Ils sont trop bons, humbles
et pauvres pour penser qu'ils suivent quelqu'un qui n'est pas saint. Et
puis... J'ai parlé avec des gens guéris par Lui. Ne fais pas le péché de ne
pas croire, Seigneur ! Tu damnerais ton âme... Enfin... moi je pense
que, même si nous nous trompions tous et si Lui n'était pas le Roi promis, il
est certainement saint et ami de Dieu, s'il dit ces paroles et guérit les
âmes et les corps... Et avoir de l'estime pour les bons, cela fait toujours
du bien." "Tu as bien parlé, persiste dans ta foi... Voilà
Nicodème..." "Oui. Avec des disciples du Rabbi. En effet ils sont dans
les campagnes en train d'évangéliser les moissonneurs. Pas plus tard qu'hier,
nous avons mangé de leur pain." Nicodème, en vêtements courts, avance pendant ce temps sans
apercevoir le Maître et il ordonne aux paysans de ne pas enlever un seul des
épis qu'ils ont coupés. "Pour nous, nous en avons, du pain... Donnons le
don de Dieu à ceux qui en sont privés. Et donnons-le sans
crainte. Nous aurions pu avoir les moissons détruites par une gelée tardive.
Il ne s'en est pas perdu un grain. Rendons à Dieu son pain en le donnant à
ses enfants malheureux. Et je vous assure qu'elle sera encore plus
fructueuse, à mille pour cent, la récolte de l'année prochaine parce que Lui
a dit : "Une mesure débordante sera donnée à celui
qui a donné" [1]. 125> Les paysans, respectueux et joyeux, écoutent
et approuvent le Maître. Et Nicodème, de champ en champ, de groupe en groupe,
répète son bon ordre. Jésus, à demi caché par un rideau de roseaux près d'un fossé de
séparation, approuve et sourit. Il sourit d'autant plus que Nicodème approche
davantage et est imminente la rencontre et la surprise. Le voilà qui saute le petit fossé pour aller vers d'autres
champs... Et voilà qu'il reste pétrifié en face de Jésus qui lui tend les
bras. Il retrouve enfin la parole : "Maître saint, mais
comment donc chez moi, Toi bénit ?" "Pour te connaître, s'il y en avait encore besoin, par les
paroles de tes témoins les plus vrais : ceux que tu combles de
bienfaits..." Nicodème est à genoux, courbé jusqu'au sol, et à genoux aussi
les disciples dirigés par Etienne et Joseph d'Emmaüs de la montagne. Les
paysans comprennent, les pauvres comprennent, et tous sont à terre, dans leur
stupeur pleine de vénération. "Levez-vous. Jusqu'à tout à l'heure, j'étais le voyageur
qui inspire confiance... Voyez-moi encore comme tel, et aimez-moi sans peur.
Nicodème, j'ai envoyé chez toi les dix qui manquent..." "J'ai passé la nuit dehors pour veiller à ce que fût
exécuté un ordre..." "Oui. Dieu te bénit pour cet ordre. Quelle voix t'a dit
que c'est une année de grâce, et pas l'année qui vient, par
exemple ?" "...Je ne sais pas... et je sais... Je ne suis pas
prophète. Mais je ne suis pas obtus et à mon intelligence s'est unie une
lumière du Ciel. Mon Maître... je voulais que les pauvres jouissent des dons
de Dieu, pendant que Dieu est encore parmi les pauvres... Et je n'osais pas
espérer te posséder, pour donner une suave saveur et une puissance
sanctificatrice à ces blés, à mes olives, et aux vignes et aux vergers qui
seront pour les pauvres enfants de Dieu, mes frères... Mais maintenant que tu
es ici, lève ta main bénie et donne ta bénédiction, afin que, avec la
nourriture de la chair, descende sur ceux qui s'en nourriront la sainteté qui
émane de Toi." "Oui, Nicodème, c'est un juste désir que le Ciel
approuve." Et Jésus ouvre les bras pour bénir. "Oh ! Attends ! Que j'appelle les paysans"
et avec un sifflet, il siffle par trois fois, un sifflement aigu qui se
répand dans l'air tranquille et provoque la course des moissonneurs, des
glaneurs, des curieux qui arrivent de tous côtés. Une petite foule... 126> Jésus ouvre les bras
et dit : "Qu'il en soit ainsi" répondent Nicodème, André,
Jacques et les autres disciples... "Qu'il en soit ainsi" répète la
petite foule, en se levant, car elle s'était agenouillée pour que Jésus la
bénisse. "Suspends les travaux, ami. Je veux leur parler." "Un don dans le don. Merci pour eux, ô Maître !" Ils vont à l'ombre d'un verger feuillu et attendent d'être
rejoints par les dix envoyés à la maison qui accourent essoufflés et déçus de
ne pas avoir trouvé Nicodème. Puis Jésus parle:
Écoutez : un homme avait deux fils. S'étant approché du
premier, il lui dit : "Mon fils, viens travailler aujourd'hui dans
la vigne de ton père". C'était une grande marque d'honneur de son
père ! Il jugeait le fils capable de travailler là où jusqu'alors
c'était le père qui avait travaillé. C'était signe qu'il voyait en son fils
de la bonne volonté, de la constance, des capacités, de l'expérience, et de
l'amour pour le père. Mais le fils, un peu distrait par des choses du monde,
craignant de paraître un serviteur — Satan use de ces mirages pour éloigner
du bien — craignant des moqueries et peut-être aussi des représailles des
ennemis de son père, qui n'osaient pas lever la main sur lui mais qui
auraient eu moins d'égards pour le fils, répondit : "Je n'y vais
pas. Je ne désire pas y aller". Le père alla alors trouver l'autre fils
pour lui dire ce qu'il avait dit au premier. Et le second fils répondit
aussitôt : "Oui, père, j'y vais tout de suite". Pourtant qu'arriva-t-il ? Le premier fils avait l'âme
droite. Après un moment de faiblesse dans la tentation, de révolte, il se
repentit d'avoir déplu à son père, et sans rien dire il s'en alla à la vigne.
Il travailla tout le jour jusque tard dans la soirée. Il revint satisfait à
la maison avec dans le cœur la paix du devoir accompli. 127> Le second, au
contraire, menteur et faible, sortit de la maison, c'est vrai, mais ensuite
il perdit son temps à flâner dans le village, à faire des visites inutiles à des amis influents dont il espérait tirer du profit. Et il
disait dans son cœur : "Le père est vieux et il ne sort pas de la
maison. Je lui dirai que j'ai obéi, et il le croira..." Mais le soir venu pour lui aussi, il revint à la maison, son
aspect las d'homme oisif, ses vêtements sans faux plis, le manque d'assurance
du salut donné au père qui l'observait et le comparaît avec l'aîné, qui était
revenu fatigué, sale, mal peigné, mais joyeux et sincère avec son regard franc,
humble et bon, qui, sans vouloir se vanter du devoir accompli, voulait
pourtant dire au père : "Je t'aime et avec vérité, tellement que
pour te faire plaisir, j'ai vaincu la tentation", parlaient clairement à
l'intelligence du père, qui embrassa son fils fatigué en lui disant :
"Tu es béni parce que tu as compris l'amour !" En effet qu'en pensez-vous ? Lequel des deux avait
aimé ? Certainement Vous dites : "Celui qui avait fait la
volonté de son père". Et qui l'avait faite ? Le premier ou le
second fils? ?" "Le premier" répond la foule unanime. "Le premier. Oui. En Israël aussi, et vous vous en
lamentez, ce ne sont pas ceux qui disent : "Seigneur !
Seigneur !" en se frappant la poitrine sans avoir au cœur un vrai
repentir de leurs péchés - et c'est si vrai que leur cœur devient de plus en
plus dur - ce ne sont pas ceux qui observent les rites avec ostentation pour
qu'on les appelle saints, mais dans la vie privée sont sans charité et sans
justice; ce ne sont pas eux, qui se révoltent, en vérité, contre la Volonté
de Dieu qui m'envoie et qui l'attaquent comme si c'était la volonté de Satan,
et cela ne sera pas pardonné; ce ne sont pas eux qui sont les saints aux yeux
de Dieu. Mais ce sont ceux qui, en reconnaissant que Dieu fait bien tout ce
qu'il fait, accueillent l'Envoyé de Dieu et écoutent ses paroles pour savoir
mieux faire, toujours mieux ce que veut le Père, qui sont saints et chers au
Très-Haut. En vérité je vous le dis : les ignorants, les pauvres, les
publicains, les courtisanes passeront avant beaucoup de ceux que l'on appelle
"maîtres", "puissants", "saints", et entreront
dans le Royaume de Dieu. Et ce sera justice. En effet Jean est venu vers
Israël pour le conduire sur les chemins de la Justice, et une trop grande
partie en Israël ne l'a pas cru, l'Israël qui se donne à lui-même les titres
de "docte et saint", mais les publicains et les courtisanes ont cru
en lui. Et Moi je suis venu, et les doctes et les saints ne me croient pas,
mais croient en Moi les pauvres, les ignorants, les pécheurs. Et j'ai fait
des miracles, et à ces miracles ils n'ont même pas cru, et il ne leur est pas
venu le repentir de ne pas croire en Moi. Au contraire leur haine est venue sur Moi et sur ceux qui m'aiment. 128> Eh bien je dis : "Bienheureux ceux
qui savent croire en Moi, et faire cette volonté du Seigneur en laquelle se
trouve le salut éternel". Augmentez votre foi et soyez constants. Vous
posséderez le Ciel parce que vous aurez su aimer la Vérité. Allez. Dieu soit avec vous, toujours." |
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Il les bénit et les congédie, et puis, à côté de Nicodème, il
va vers la maison du disciple pour y rester pendant la grosse chaleur... |
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