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"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta © Centro Editoriale Valtortiano |
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mardi 15 février 28
- Discours (Passer de la peur à la confiance 161 - Le saint possède la vraie richesse 162 - La nécessité de la Loi 163 - La justice des scribes et des pharisiens 163 - Supériorité des actes sur les paroles 163 - On juge un arbre à ses fruits 164 - Pardonnez 164 - Donnez aux pauvres 165 - Abstenez-vous de vous venger 165 - Aimez vos frères comme créatures de Dieu 166 - Aucune rancœur à leur égard) 166 - Jésus guérit un aveugle qui le hait 167 |
3.31. |
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161> Le lieu et l'heure sont toujours les mêmes. Il y a encore plus d'affluence. Dans un coin, près d'un sentier, comme s'il voulait entendre sans provoquer l'hostilité de la foule, il y a un romain[1]. Je le reconnais parce qu'il a un vêtement court et un manteau différent. Étienne et Hermas sont encore là. Jésus
regagne lentement sa place et se remet à parler.
Je ne change pas un iota de la Loi. Et qui l'a donnée au milieu des foudres du Sinaï ? Le Très-Haut. Qui est le Très-Haut ? Le Dieu Un et Trin. D'où l'a-t-Il tirée ? De sa Pensée. Comment l'a-t-Il donnée ? Par sa Parole. Pourquoi l'a-t-Il donnée ? A cause de son Amour. Vous voyez donc que la Trinité était présente. Et le Verbe, obéissant comme toujours à la Pensée et à l'Amour, a parlé au nom de la Pensée et au nom de l' Amour. Pourrais-je me démentir Moi-même ? Non, je ne le pourrais pas. 162> Mais je puis, parce que je puis tout, compléter la Loi, la faire divinement complète, non pas telle que l'on faite les hommes qui au cours des siècles l'ont faite, non pas complète mais seulement indéchiffrable, inexécutable, en y superposant lois et règlements, règlements et lois, tirés de leur pensée en accord avec leurs intérêts de manière à lapider et étouffer, à enterrer et rendre stérile la Loi très sainte donnée par Dieu. Est-ce qu'une plante peut survivre si on la submerge continuellement sous des avalanches, des décombres, des inondations ? Non. La plante meurt. La Loi est morte dans beaucoup de cœurs, étouffée sous l'avalanche de trop de superstructures. Je suis venu les enlever toutes et, la Loi une fois sortie du tombeau, une fois ressuscitée, voici que j'en fais non plus une loi mais une reine. Ce sont les reines qui promulguent les lois. Les lois sont l’œuvre des reines, mais elles ne sont pas plus que des reines. Moi, au contraire, je fais de la Loi la reine : je la complète, je la couronne en mettant à son sommet le diadème des conseils évangéliques. D'abord, il y avait l'ordre. Maintenant, il y a plus que l'ordre. D'abord il y avait l'indispensable. Maintenant, il y a plus que l'indispensable. Maintenant, c'est la perfection. Celui qui dispose de la Loi comme je vous la donne, à l'instant est roi, car il a rejoint le "parfait", parce qu'il n'a pas été seulement obéissant, mais héroïque, c'est-à-dire saint. Car la sainteté est l'ensemble des vertus portées au sommet le plus haut que puisse atteindre la créature, des vertus aimées héroïquement et servies avec le détachement complet de tout ce qui est appétit ou réflexion humaine pour quelque chose que ce soit. Je pourrais dire que le saint est celui auquel l'amour et le désir s'opposent à toute vue qui n'est pas Dieu. N'étant pas distrait par des vues inférieures, il a les yeux du cœur fixés sur la Splendeur tout sainte qui est Dieu et dans laquelle il voit,. car tout est en Dieu, les frères qui s'agitent et tendent leurs mains suppliantes, et sans détacher ses yeux de Dieu, le saint s'épanche sur ses frères suppliants. Contre la chair, contre les richesses, contre le confort, il dresse son idéal : servir. Le saint, un être pauvre ? Un être amoindri ? Non. Il est arrivé à posséder la vraie sagesse et la vraie richesse. Il possède donc tout. Et il ne sent pas la fatigue, car s'il est vrai qu'il ne cesse de produire, il est vrai aussi qu'il ne cesse de se nourrir. Car s'il est vrai qu'il comprend la douleur du monde, il est vrai aussi qu'il se nourrit de la joie du Ciel. De Dieu lui vient sa nourriture, en Dieu il a sa joie. C'est la créature qui a compris le sens de la vie. 163>
Comme vous voyez, je ne change ni ne mutile la Loi, comme je ne la
corromps pas en lui superposant des théories humaines toujours en
fermentation. Mais je la complète. Elle est ce qu'elle est, et telle elle
restera jusqu'au dernier jour, sans qu'on en change un seul mot ou qu'on
en supprime un commandement. Mais elle est couronnée de perfection. Pour
avoir le salut, il suffit de l'accepter comme elle a été donnée. Pour
s'unir immédiatement à Dieu, il faut la vivre comme je conseille de le
faire. Mais puisque les héros sont l'exception, je vais parler pour les
âmes ordinaires, pour la masse des âmes, pour qu'on ne dise pas que pour
vouloir la perfection je laisse inconnu ce qui est nécessaire.
En vérité je vous dis que, si votre justice ne se recrée pas en se détachant complètement de cette pauvre chose qu'on a injustement dénommée justice, celle des scribes et des pharisiens, que si vous n'êtes pas beaucoup plus, et vraiment, justes que les pharisiens et les scribes qui croient l'être en accumulant les formules mais sans changer profondément leurs esprits, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux.
L'homme a la langue pour parler, les yeux pour voir et les mains pour faire des gestes. Mais il y a une autre chose qui témoigne avec plus de vérité de ce qu'il est réellement: ses actes. Et que voulez-vous que soient deux mains jointes pour la prière si ensuite l'homme est voleur et adultère ? Et que sont deux yeux qui voulant faire les inspirés chavirent de tous côtés, si ensuite, finie l'heure de 164> la comédie, ils se plaisent à regarder avidement la femme ou l'ennemi dans un désir de luxure ou d'homicide ? Et que voulez- vous que soit la langue qui sait siffler la chanson mensongère de la louange et séduire par ses paroles mielleuses alors qu'ensuite par derrière elle vous calomnie et est capable de se parjurer pour vous faire passer pour des gens méprisables ? Qu'est la langue qui fait de longues oraisons hypocrites et s'en va tuer aussitôt la réputation du prochain ou séduire sa bonne foi ? Elle est répugnante ! Répugnants sont les yeux et les mains qui mentent. Mais les actes de l'homme, les vrais actes, c'est-à-dire sa façon de se comporter en famille, dans le commerce, envers le prochain et les serviteurs, voilà ce qui témoigne : "Celui-ci est un serviteur du Seigneur". Car les actions saintes sont le fruit d'une religion vraie.
Autrefois on disait : "Tu aimeras ton ami et tu détesteras ton ennemi". Non. Non pas ainsi. C'était bon pour les temps où l'homme n'avait pas le réconfort du sourire de Dieu. Mais maintenant viennent des temps nouveaux, des temps où Dieu aime tant l'homme qu'Il lui envoie son Verbe pour le racheter. Maintenant le Verbe parle. Et c'est déjà la Grâce qui se répand. Puis le Verbe consommera le sacrifice de paix et de rédemption et la Grâce non seulement sera répandue mais sera donnée à tout esprit qui croit au Christ. 165> C'est pour cela qu'il faut élever l'amour du prochain à la perfection qui ne distingue pas l'ami de l'ennemi.
Soyez généreux envers ceux qui, plus honnêtes, vous demandent, au lieu de vous voler, ce dont ils ont besoin. Si les riches étaient réellement pauvres en esprit comme je vous l'ai enseigné hier, il n'y aurait plus ces pénibles inégalités sociales causes de tant de malheurs humains et surhumains. Pensez toujours : "Mais, si moi j'avais été dans le besoin, quel effet m'aurait produit le refus d'une aide ?" et d'après la réponse, agissez. Faites aux autres ce que vous voudriez qu'on vous fasse et ne faites pas aux autres ce que vous ne voudriez pas qu'il vous soit fait.
Aimez, aimez ! Aimez amis et ennemis pour être semblables à votre Père qui fait pleuvoir sur les bons et les méchants et fait luire son soleil sur les justes et les injustes, se réservant de donner un soleil et des rosées éternels, et le feu et la grêle infernaux quand on aura trié les bons comme des épis choisis, dans les gerbes de la récolte. Il ne suffit pas d'aimer ceux qui vous aiment et de qui vous espérez un retour. Il n'y a pas de mérite à cela : c'est une joie et même les hommes naturellement honnêtes savent le faire. Même les publicains le font et aussi les gentils. Mais vous, aimez à la ressemblance de Dieu et aimez par respect pour Dieu qui est le Créateur même de ceux qui sont pour vous des ennemis ou des gens peu aimables. Je veux en vous la perfection de l'amour, et pour cela je vous dis : "Soyez parfaits comme est parfait votre Père qui est dans les Cieux". Si
grand est le commandement d'amour pour le prochain, le perfectionnement du
commandement d'amour pour le prochain, que je ne vous dis plus comme il
était dit : "Ne tuez pas"[3]
car celui qui tue sera condamné par les hommes. Mais je vous dit :
En toutes choses, élevez votre regard vers Dieu. Demandez-vous : "Ai-je le droit de faire aux autres ce que Dieu ne me fait pas ?" Car Dieu n'est pas inexorable et obstiné comme vous. Malheur à vous s'Il l'était ! 167> Personne ne se sauverait. Que cette réflexion vous amène à des sentiments doux, humbles, pleins de pitié. Et alors, ici-bas et ensuite, vous aurez de la part de Dieu la récompense. Ici, devant Moi, il y a un homme qui me hait et qui n'ose me dire : "Guéris-moi" parce qu'il sait que je connais ses pensées. Mais Moi, je dis : "Qu'il te soit fait comme tu le désires. Et comme les écailles tombent de tes yeux, qu'ainsi te tombent du cœur la rancœur et les ténèbres". Partez tous avec ma paix. Demain je vous parlerai encore." Les gens s'éloignent lentement attendant peut-être l'annonce d'un miracle qui ne se produit pas. Même les apôtres et les disciples les plus anciens, restés sur la montagne, demandent: "Mais qui était-ce ? Il n'est peut-être pas guéri ?" et ils insistent auprès du Maître resté debout, les bras croisés, et qui regarde les gens descendre. Mais Jésus, tout d'abord ne répond pas, puis il dit : "Les yeux sont guéris. L'âme non. Elle ne peut pas car elle est chargée de haine." "Mais, qui est-ce ? Ce romain, peut-être ?" "Non. Un pauvre homme." .. "Mais pourquoi l'as-tu guéri, alors ?" demande Pierre. "Devrais-je foudroyer tous ceux qui lui ressemblent ?" "Seigneur... je sais que tu ne veux pas que je dise : "oui", par conséquent je ne le dis pas... mais je le pense... et cela revient au même..." "C'est la même chose, Simon de Jonas, mais tu sais qu'alors... Oh ! que de cœurs couverts des écailles de la haine autour de Moi ! Viens. Allons justement sur la cime regarder de là-haut notre belle mer de Galilée. Moi et toi, seuls." |
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