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"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
aucun accent |
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vendredi
- [Commentaire de MV : Les tentations de Satan 597 - Son état de victime] 598 - Arrivée à Doco 599 - La maison de Marianne, belle-mère de Jérusa
599 - Marianne reçoit Jésus 600 - Guérison de la mère de sept enfants 601 - Judas ira faire des emplettes abondantes 602 - [Commentaire de MV : Dans le fiel et dans le miel]602 |
2.101. |
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597> Je vous ai dit la visite peu agréable et la prophétie que j'ai
eue hier soir Vous avez vu que j'avais le visage "épouvanté" et
vous me l'avez dit en entrant. Je ne savais pas quel visage j'avais, mais certes
je suis impressionnée et cela ne passe pas avec les heures.
- La première fois, ce fut quand il me tenta
dans les journées redoutables pour moi, en avril 1944, quand il me promit de
m'aider si je l'adorais. - La seconde, quand il m'assaillit par cette
pénétrante, violente et longue tentation du 4 juillet 1944, en me tentant à
singer le langage du Maître pour anéantir ceux qui m'avaient offensée. - La troisième quand il me suggéra de faire
avec les paroles dictées une œuvre personnelle et de la publier en m'en
attribuant le mérite et en en tirant des bénéfices. - La quatrième quand, en février de cette
année (il me semble qu'on était déjà en février) il m'apparut (c'était
la première fois que je le voyais, car les autres fois, je sentais seulement
sa présence) me terrorisant par son aspect et sa haine. - La cinquième, ce fut hier soir. Ce sont là les grandes manifestations
de Satan. Mais depuis, j'ai mis à son compte, à lui, toutes les autres
choses plus petites qui me viennent des autres qui veulent me porter à
l'orgueil, à la complaisance en moi-même, ou bien à la simulation, ou encore
à la persuasion que je ne suis qu'une malade et que tout est le fruit
de troubles psychiques. Même les obstacles qui viennent de parents, des
autorités et des camionneurs,[1] je les attribue tous à Satan. 598> Il fait ce qu'il peut,
de son mieux, pour me causer des ennuis et m'amener à l'inquiétude, à la
révolte, à la persuasion que la prière est inutile et que tout est mensonge.
La douce Maman est
venue ensuite, douce et affectueuse avec son habit blanc pour me sourire et
me caresser. Mon Jésus m'a souri de son plus joyeux sourire. Mais, ils m'ont
à peine quittée, que je suis retombée dans le marasme... Et cela dure. Quand cette pensée m'arrive avec cette force,
je me sens tentée de dire : "Je n'écris plus une seule parole, en
dépit de toute pression." après, je réfléchis et je me dis :
"C'est justement cela que veut Satan" et je laisse tomber cette
suggestion, C'est le temps de la passion, n'est-ce pas ? Il y en a qui
par l'effet de l'idolâtrie si profondément ancrée au cœur de l'homme, même
quand il est bon, adorent le porte-parole, oubliant qu'il n'est qu'un
instrument et que Dieu seul est adorable. Il en est d'autres qui me
méprisent.
Je vous assure que je préfère encore le
mépris pour Maria
Valtorta, à l'idolâtrie pour ma
personne. Cette dernière me donne un ennui indescriptible. Il me semble qu'on
me dépouille sur une place publique, que l'on m'extorque mon précieux
secret... que sais-je ? J'en souffre, voilà. Le mépris me fait moins mal
s'il s'adresse à Maria Valtorta, pourvu qu'il ne lèse pas les
"dictées" et ne les fasse pas prendre pour une plaisanterie et une
folie... Mais, par dessus les
désirs plus ou moins saints et honnêtes de tant de gens, il y a la volonté de
Dieu, sa bonté, plutôt, qui écoute sa pauvre Maria. Sa prière de toujours,
sa prière de maintenant c'est celle-ci : "Voilà ta
"victime". Tout ce que Tu veux, mais pas de signes
extérieurs." Je n'aurais pas voulu non plus cette manifestation de
Dieu en moi, en ce qui me concerne... Mais Lui a voulu que je sois son
phonographe... patience ! Mais, autre chose non,
non, et non. 599> Si cependant en ce
temps de Passion je déçois ceux qui m'idolâtrent ou me méprisent; parce que matériellement
je n'éprouve pas la Passion, je vous assure que je vis ma passion.
La souffrance physique accrue. Mon corps brisé et réduit par les coups et
l'épuisement du Golgotha, ma tête prise dans le cercle qui la torture, des
tiraillements et des crampes dans les muscles, cette torture qui me coupe le
souffle et me congestionne, et puis la soif, la fièvre; la langueur et les
spasmes du supplice, Mais ce n'est pas cela "ma passion", c'est
toujours pour moi ce que j'appelle "mon Gethsémani" : la nuit
qui monte avec ses fantômes et ses peurs, la crainte et la terreur de
l'avenir et de Dieu... et le voisinage de la Haine alors que l'Amour est
absent. Voilà ce qui assoiffe, ce qui enfièvre, fait pleurer des larmes de
sang, m'épuise, me met à bout. Je vous assure que c'est quelque chose d'aussi
puissant que l'heure vécue l'an passé quand Dieu me laissa seule. Et même je
puis dire : c'est plus fort, car je souffre en dépit de la présence de
Dieu en moi. J'espère de m'être
bien expliquée. Mais certaines tortures s'expliquent très mal. Et sont
encore plus mal comprises de ce qu'elles ne soient en réalité, et soit du
père spirituel que des idolâtrés, ou encore des curieux, à ceux à qui
intéresse le... phénomène, ou qui le méprisent, Il faudrait bien que ces
trois dernières catégories éprouvent pendant une heure ce que nous
éprouvons... Et les idolâtres aussi qui, peut-être, nous envient, Mais
non ! Il vaut mieux qu'ils ne l'éprouvent pas, Les idolâtres
essaieraient de s'échapper, qui sait où, par la peur d'une telle heure; Les
curieux, les studieux, les moqueurs, ceux qui méprisent en arriveraient à
maudire Dieu... Donc... tendons les épaules au joug, buvons l'amertume... et
en avant. Seigneur, pas ma
volonté, mais la tienne. Voici ta servante et ta victime Oui, fais de
moi ce que Tu veux. Mais seulement, à cause de ta bonté, donne moi la force
de pouvoir souffrir. Et ne me laisse pas seule. "Reste avec nous, car il
se fait tard et déjà baisse la clarté du jour ..." Je vois : Jésus, aux
premières lueurs d'une tardive matinée d'hiver, entre dans la petite ville de
Doco. Il demande à un passant matinal :
"Où habite Marianne, la
vieille mère dont la bru est à la mort ?" "Marianne, la veuve de Lévi ? La
belle-mère de Jérusa, femme
de Giosia ?" "Oui,
elle." "Regarde, homme.
Au bout de cette rue il y a une place, au coin il y a une fontaine, et de là
partent trois chemins. Prends celui qui a un palmier au milieu et marche
encore cent pas. Tu trouves un fossé et tu le suis jusqu'au pont de bois. Tu
le passes et tu vois une ruelle couverte. 600> Tu la suis. Quand il
n'y a plus de route, ni de couvert, car elle débouche sur une place, tu es
arrivé. La maison de Marianne est dorée par la vétusté. Avec les dépenses
qu'ils ont, ils ne peuvent la remettre en état. Ne te trompe pas. Adieu. Tu
viens de loin ?" "Pas trop." "Mais tu es
Galiléen ?" "Oui." "Et
ceux-ci ? Tu viens pour la Fête !" "Ce sont des
amis. Adieu, homme. La paix soit avec toi." Jésus laisse en plan le
bavard qui n'est plus pressé. Il prend son chemin et les apôtres le suivent. Ils arrivent à la
petite place : une parcelle de terre boueuse avec, au centre, un grand
chêne qui a poussé là, tout seul et qui peut-être en été donne une ombre
agréable. Pour l'heure, il est plutôt triste avec sa frondaison touffue et
sombre au-dessus des pauvres maisons auxquelles il enlève la lumière et le
soleil. La maison de Marianne
est la plus misérable. Large et basse, mais tellement négligée ! La
porte est couverte de pièces posées sur les éraflures du bois vétuste. Une
petite fenêtre, sans rideau, présente sa noire ouverture comme une orbite
privée de son œil. Jésus frappe à la
porte. Une fillette, sur les dix ans se présente, pâle, maigre, les yeux
rougis. "Tu es la petite fille de Marianne ? Dis à la grand'mère
que Jésus est ici." L'enfant pousse un
cri et s'enfuit en criant à haute voix. La vieille femme accourt, suivie de
six bambins sans compter la fillette de tout à l'heure. Le plus grand paraît
être son jumeau; les derniers, deux petits garçons sans chaussures et
amaigris s'attachent au vêtement de la vieille et savent à peine marcher. "Oh ! Tu es
venu ! Enfants, vénérez le Messie ! Tu arrives en temps dans ma
pauvre maison. Ma fille est mourante... Ne pleurez pas, petits, qu'elle ne
vous entende pas. Pauvres créatures ! Les bambines sont épuisées par les
veilles, car j'ai tout à faire et je ne peux plus veiller, je tombe par terre
par le sommeil. Il y a des mois que je ne vais plus au lit. A présent je dors
sur un siège près d'elle et des enfants. Mais elles, elles sont petites et
elles en souffrent. Ces garçons vont faire du bois pour alimenter le feu. Ils
en vendent aussi, pour avoir du pain. Ils n'en peuvent plus, les pauvres
petits ! Mais, ce qui nous tue, ce n'est pas la fatigue : c'est de
la voir mourir... Ne pleurez pas. Nous avons Jésus." 601> "Oui, ne pleurez pas. La maman va guérir, le père
reviendra. Vous n'aurez plus tant de dépenses, ni si grande faim. Ceux-ci, ce
sont les deux derniers ?" "Oui, Seigneur,
cette faible créature a accouché trois fois de deux jumeaux... et son sein
est devenu malade." "Trop pour les uns, et rien pour
d'autres." marmonne Pierre dans sa barbe. Puis il prend un petit et lui donne une
pomme pour le faire taire. L'autre aussi lui en demande une et Pierre le
satisfait. Jésus, accompagné par la vieille, traverse l'atrium, puis une cour
et monte l'escalier pour entrer dans une pièce où gémit une femme, jeune
encore mais squelettique. "Le Messie, Jérusa.
Maintenant tu ne vas plus souffrir. Tu vois ! Il est venu pour de bon. Isaac ne ment jamais. Il l'a dit. Crois donc car, s'il est
venu, il peut aussi te guérir." "Oui, bonne
mère. Oui, mon Seigneur. Mais si tu ne peux me guérir, du moins fais-moi
mourir. J’ai des chiens dans ma poitrine. La bouche de mes
enfants, auxquels j'ai donné le doux lait, m'a apporté le feu et l'amertume.
Je souffre tant, Seigneur ! Je coûte tant ! Mon mari travaille au
loin pour gagner le pain. La vieille maman s'épuise. Et moi qui meurt... A
qui iront mes enfants quand ce mal m'aura fait mourir et qu'elle trépassera
par ses efforts épuisants ?" "Pour les
oiseaux, il y a Dieu et de même pour les petits de l'homme. Mais, tu ne vas
pas mourir. C'est ici que tu as si mal ?" Jésus va poser la main
sur le sein enveloppé de bandes.
Mais Jésus pose
délicatement sa longue main sur la mamelle malade. "Tu as réellement le
feu là dedans, pauvre Jérusa. L'amour maternel t'a
enflammé le sein. Mais tu n'as pas de haine pour ton époux, pour tes enfants,
n'est-ce pas ?" "Oh !
pourquoi devrais-je ? Lui est bon et m'a toujours aimée Nous nous aimons
d'un sage amour et l'amour fleurit en créatures... Et eux !... Je suis
dans l'angoisse de les quitter, mais... Seigneur ! Mais le feu
disparaît ! Mère ! Mère ! C'est comme si un ange du Ciel
soufflait sur mon tourment ! Oh ! quelle paix ! N'enlève pas,
n'enlève pas ta main, mon Seigneur. Appuie au contraire Oh ! quelle
force ! Quelle joie ! Mes enfants ! Ici, mes enfants! Je les
veux ! Dina ! Osia ! Anne ! Seba ! Melchi !
David ! Jude ! Ici ! Ici Maman ne meure plus ! Oh !
..." La jeune femme se retourne sur son oreiller, pleurant de joie
pendant qu'accourent ses enfants. 602> Et la vieille, à
genoux, ne trouvant rien d'autre, dans sa joie, entonne le cantique
d'Azarias dans la fournaise. Elle le dit tout entier, de sa voix tremblante de
vieille femme émue. "Ah !
Seigneur ! Mais que puis-je faire pour Toi ? Je n'ai rien pour te
faire honneur !" dit-elle finalement. Jésus la relève et
dit : "Permets-Moi seulement de me reposer à cause de ma fatigue. Et
tais-toi. Le monde ne m'aime pas. Je dois m'éloigner pour quelque temps.
Je te demande fidélité à Dieu et silence. A toi, à l'épouse, aux
petits." "Oh ! Ne
crains pas ! Personne ne vient chez les pauvres gens ! Tu peux
rester ici sans craindre qu'on te voie. Les pharisiens, eh ? Mais... et
pour manger ? Je n'ai qu'un peu de pain..." Jésus appelle l'Iscariote :
"Prends de l'argent et va acheter tout ce qu'il faut. Nous allons manger
et nous reposer chez ces braves gens. Jusqu'au soir, Va et tais-toi."
Puis il se tourne vers celle qu'il a guérie : "Enlève le pansement,
lève-toi, aide ta mère, et réjouis-toi. Dieu t'a fait grâce pour récompenser
tes vertus d'épouse. Nous allons rompre le pain ensemble, car aujourd'hui le
Seigneur Très-Haut est dans ta maison et il faut Le célébrer en Lui faisant
fête." Jésus sort, rejoignant Judas qui va sortir. "Fais des emplettes
abondantes, qu'ils en aient encore pour les jours qui viennent. Pour
nous, il ne nous manquera rien chez Lazare." "Oui, Maître. Et
si tu permets... J'ai de l'argent à moi. J'ai fait vœu de l'offrir pour te sauver
des ennemis. Je le change en pain, Ça vaudra mieux pour ces frères en Dieu
que pour les gueules du Temple. Tu permets ? L'or a toujours été pour
moi un serpent. Je ne veux plus éprouver sa fascination. Car je me trouve si
bien, maintenant que je suis bon. Je me sens libre et je suis heureux." "Fais comme tu
veux, Judas. Et que le Seigneur te donne la paix." Jésus rejoint ses
disciples pendant que Judas sort et tout prend fin. Me voici dans une
grande tempête. Exactement une de ces tempêtes de mars où l'éclat du soleil
et l'obscurité des nuages d'orage se succèdent. J'ai l'impression d'être une
nacelle sur des flots agités, tantôt à la cime, à la cime de la vague en
plein soleil, tantôt dans un gouffre entre deux montagnes liquides qui
semblent vouloir me submerger dans un ténébreux abîme. Il me semble passer
alternativement d'un océan en furie au port le plus tranquille, et d'être
plongée tantôt dans le fiel, tantôt dans le miel. 603> Quelle souffrance,
depuis hier soir ! Il y a des moments où je suis au Ciel avec les brèves
et douces paroles, les sourires bienheureux que me donnent Jésus et Marie,
avec la force qu'ils me donnent. Je dis alors : "Oh ! je suis
bien sûre de n'être pas une illusionnée, ni une pécheresse." (au sujet des
dictées et des visions, naturellement). Puis voilà que je replonge dans le
sombre abîme, dans le fracas effrayant des paroles et des menaces d'hier
soir. Après le Paradis, je goûte l'enfer. Puis la bonté de Jésus et de Marie
revient à mon secours et ma pauvre âme se trouve soulevée vers le soleil,
vers le ciel, dans une béatitude qui me remplit de douceur. Et puis, de
nouveau la plongée dans l'amertume, dans la nuit, dans l'épouvante, J'ai
peur... Aidez-moi à gagner cette bataille. |
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[1] camionneurs : Allusion à un épisode de sa vie ? |
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