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"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" |
aucun accent |
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jeudi
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Les accusations contre la femme 219 -
Jésus écrit les péchés des accusateurs 220 -
Il les fixe un par un et ils partent tous 221 - Il reste seul avec la pécheresse 221 |
7.189. |
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219> Je vois l'intérieur de l'enceinte du Temple,
c'est-à-dire une des si nombreuses cours entourées de portiques. Et je vois aussi
Jésus bien enveloppé dans le manteau qui couvre
son vêtement, qui n'est pas blanc mais rouge foncé (il semble que ce soit une
lourde étoffe de laine). Il parle à la foule qui l'entoure. Je dirais que c'est une journée d'hiver, car tous les gens sont
emmitouflés, et il fait plutôt froid car, au lieu de rester immobiles, les
gens marchent vivement comme pour se réchauffer. Il y a du vent qui remue les
manteaux et soulève la poussière des cours. Le groupe qui se serre autour de Jésus, le
seul qui reste en place alors que tous les autres, autour de tel ou tel
maître, vont et viennent, s'ouvre pour laisser passer un détachement de
scribes et de pharisiens gesticulants et plus que jamais venimeux. Ils
giclent le venin par leurs regards, leurs visages empourprés, leurs bouches.
Quelles vipères ! Plutôt qu'ils ne la conduisent, ils traînent une femme
d'environ trente ans, échevelée, les vêtements en désordre, comme une
personne que l'on a maltraitée, et en larmes. Ils la jettent aux pieds de
Jésus comme un tas de chiffons ou une dépouille morte. Et elle reste là,
recroquevillée sur elle-même, le visage appuyé sur ses deux bras, qui la
cachent et lui font un coussin entre son visage et le sol. 220> "Maître,
cette femme a été prise en flagrant délit d'adultère. Son mari l'aimait,
ne lui faisait manquer de rien. C'était la reine de sa maison. Et elle l'a
trahi car c'est une pécheresse, une vicieuse, une ingrate, une profanatrice.
C'est une adultère, et comme telle doit être lapidée. Moïse l'a dit [1]. Dans sa loi, il
commande que de telles femmes soient lapidées comme des bêtes immondes. Et
elles sont immondes car elles trahissent la foi conjugale et l'homme qui les
aime et les soigne, car elles sont comme une terre jamais rassasiée, toujours
affamée de luxure. Elles sont pires que des courtisanes, car sans la morsure
du besoin, elles se donnent pour donner une nourriture à leur impudicité.
Elles sont corrompues. Elles sont contaminatrices. Elles doivent être
condamnées à mort. Moïse l'a dit. Et Toi, Maître, qu'en dis-tu ?" Jésus, qui avait interrompu son discours à l'arrivée
tumultueuse des pharisiens et avait regardé la meute haineuse d'un regard
pénétrant et puis avait penché son regard sur la femme avilie, jetée à ses
pieds, se tait. Il s'est penché, tout en restant assis, et avec un doigt il
écrit sur les pierres du portique que la poussière soulevée par le vent
couvre d'une couche de terre. Eux parlent, et Lui écrit. "Maître, nous parlons à Toi. Écoute-nous. Réponds-nous. Tu
n'as pas compris ? Cette femme a été prise en flagrant délit d'adultère. Dans
sa maison, dans le lit de son mari. Elle l'a souillé par sa passion." Jésus écrit. "Mais c'est un idiot cet homme ! Vous ne voyez pas qu'il
ne comprend rien et qu'il trace des signes sur la poussière comme un pauvre
fou ?" "Maître, pour ton bon renom, parle. Que ta sagesse réponde
à nos questions. Nous te le répétons : cette femme ne manquait de rien. Elle
avait vêtements, nourriture, amour. Et elle a trahi." Jésus écrit. "Elle a menti à l'homme qui avait confiance en elle. De sa
bouche menteuse elle l'a salué et en souriant l'a accompagné jusqu'à la
porte, et puis elle a ouvert la porte secrète et elle a fait entrer son
amant. Et pendant que son homme était absent et travaillait pour elle, elle,
comme une bête immonde, s'est vautrée dans sa luxure."
221> Jésus écrit. Il écrit et, avec le pied
chaussé de sa sandale, il efface et il écrit plus loin, en tournant lentement
sur Lui-même pour trouver de la place. On dirait un enfant qui s'amuse. Mais
ce qu'il écrit, ce ne sont pas des mots pour rire. Il a écrit successivement
: "Usurier", "Faux", "Fils irrespectueux",
"Fornicateur", "Assassin", "Profanateur de la
Loi", "Voleur", "Luxurieux", "Usurpateur",
"Mari et père indigne", "Blasphémateur", "Rebelle à
Dieu", "Adultère". Il écrit et écrit de nouveau pendant que
parlent de nouveaux accusateurs. "Mais, en somme, Maître ! Ton jugement. La femme doit être
jugée. Elle ne peut de son poids contaminer la Terre. Son souffle est un venin
qui trouble les cœurs." Jésus se lève. Miséricorde ! Quel visage ! Ce sont des éclairs
qui tombent sur les accusateurs. Il semble encore plus grand tant il redresse
la tête. On dirait un roi sur son trône tant il est sévère et solennel. Son
manteau est tombé d'une épaule et fait une légère traîne derrière Lui, mais
Lui ne s'en occupe pas. Le visage fermé et sans la plus lointaine trace de sourire sur
les lèvres ni dans les yeux, il plante ces yeux en face de la foule qui
recule comme devant deux lames acérées. Il les fixe un par un avec une
intensité de recherche qui fait peur. Ceux qu'il fixe cherchent à reculer
dans la foule et s'y perdre, ainsi le cercle s'élargit et s'effrite comme
miné par une force cachée. Finalement, il parle : "Que celui d'entre vous qui est
sans péché jette à la femme la première pierre." Et sa voix est un
tonnerre qu'accompagnent des regards encore plus fulgurants. Jésus s'est
croisé les bras, et il reste ainsi : droit comme un juge qui attend. Son
regard ne donne pas de paix : il fouille, pénètre, accuse. Pour commencer un, puis deux, puis cinq, puis en groupes, ceux
qui sont présents, s'éloignent, tête base. Non seulement les scribes et les
pharisiens, mais aussi ceux qui étaient auparavant autour de Jésus et
d'autres qui s'étaient approchés pour entendre le jugement et la condamnation
et qui, les uns comme les autres, s'étaient unis pour insulter la coupable et
demander la lapidation. Jésus reste seul avec Pierre et Jean. Je ne vois pas les
autres apôtres. Jésus s'est remis à écrire, pendant que se produit la fuite des
accusateurs, et maintenant il écrit : "Pharisiens",
"Vipères", "Tombeaux de pourriture",
"Menteurs", "Traîtres", "Ennemis de Dieu",
"Insulteurs de son Verbe"... Quand la cour toute entière s'est vidée et
qu'un grand silence s'est fait, qu'il ne reste plus que le bruissement du
vent et le bruit d'une fontaine dans un coin, Jésus lève la tête et regarde. 222> Maintenant son
visage s'est apaisé. Il est attristé, mais n'est plus irrité. Il jette un
coup d'œil à Pierre qui s'est légèrement éloigné pour s'appuyer à une colonne
et à Jean qui, presque derrière Jésus, le regarde de son regard énamouré.
Jésus a une ombre de sourire en regardant Pierre et un sourire plus vif en
regardant Jean : deux sourires différents. Puis il regarde la femme encore prostrée et en larmes à ses
pieds. Il l'observe. Il se lève, réajuste son manteau comme s'il allait se
mettre en route. Il fait signe aux deux apôtres de se diriger vers la sortie.
Resté seul, il appelle la femme. "Femme, écoute-moi.
Regarde-moi." Il répète son ordre car elle n'ose pas lever le visage.
"Femme, nous sommes seuls. Regarde-moi." La malheureuse lève un visage sur lequel les larmes et la
poussière font un masque avilissant. "Où sont, ô femme, ceux qui t'accusaient ?" Jésus
parle doucement, avec un sérieux plein de pitié. Il se tient le visage et le
corps légèrement penché vers la terre, vers cette misère, et ses yeux sont
pleins d'une expression indulgente et rénovatrice. "Personne ne t'a
condamnée ?" La femme, entre deux sanglots, répond : "Personne,
Maître." "Moi non plus je ne vais pas te condamner. Va et ne pèche
plus. Va chez toi, et sache te faire pardonner, par Dieu et par l'offensé.
N'abuse pas de la bonté du Seigneur. Va." Il l'aide à se relever en la prenant par la main, mais il ne la bénit pas et ne lui donne pas la paix. Il la regarde s'éloigner, la tête basse et légèrement chancelante sous sa honte, et puis, quand elle est disparue, il s'éloigne à son tour avec les deux disciples. |
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