"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

© Centro Editoriale Valtortiano

 

Se repérer

Consulter la Bible en ligne

Aller sur le forum

Qui sommes-nous

 9.563 - Falsi discepoli a Sichem. Risanato ad Efraim lo schiavo muto di Claudia Procula.

 5.561 - False Disciples Arrive in Shechem. At Ephraim Jesus Restores the Tongue to the Dumb Slave of Claudia Procula.


lundi 25 février 30 (4 -Adar)
Sichem et Éphraïm


Vers l'index des thématiques

 De faux émissaires sèment le trouble

 Pour contrer les calomnies, Jésus opère la guérison d'un muet


- Arrivée à Sichem de faux disciples de Jésus 196

- Leur discours (Garder Jésus sur le Garizim) 197

- Les Sichémites les accueillent avec confiance 197

- Claudia arrive à Éphraïm 198

- Elle va trouver Jésus sur son île 198

- Si Jésus ne cherche pas les honneurs... 199

- N'a-t-il pas perdu son pouvoir ? 199

- Guérison de l'esclave muet de Claudia 199

- L'esclave, reçu en cadeau, est affranchi 201

- Une Claudia pensive et des légionnaires ahuris 202

Accueil >> Plan du Site >> Sommaire du Tome 8

 

8.24
Ce qui arrive en Samarie et parmi les romaines


196> La place principale de Sichem. En elle met une note printanière la frondaison nouvelle des arbres qui, en double rangée le long du carré que forment les murs des maisons, la contournent en formant une sorte de galerie. Le soleil joue avec les feuilles tendres des platanes en formant sur le terrain des broderies de lumières et d'ombres. Le bassin, au milieu de la place, est une plaque d'argent sous le soleil.

197> Des gens parlent ça et là en groupes et discutent de leurs affaires. Quelques-uns, apparemment des étrangers, car tout le monde se demande qui ils sont, entrent dans la place, observent, et accostent le premier groupe qu'ils trouvent. Ils saluent, on les salue, avec étonnement. Mais quand ils disent : "Nous sommes des disciples du Maître de Nazareth", toute défiance tombe et il y a qui va prévenir les autres groupes, alors que ceux qui sont restés disent : "Est-ce Lui qui vous envoie ?"

"C'est Lui. Une mission très secrète. Le Rabbi est en grand danger. Personne ne l'aime plus en Israël et Lui, qui est si bon, dit que vous au moins Lui restiez fidèles."

"Mais c'est ce que nous voulons ! Que devons-nous faire ? Que veut-il de nous ?"

 "Oh ! Lui ne veut que l'amour, car il se fie, trop, à la protection de Dieu. Et avec ce que l'on dit de Lui en Israël ! Mais vous ne savez pas qu'on l'accuse de satanisme et d'insurrection. Savez-vous ce que cela veut dire ? Représailles des romains, sur tous. Nous, déjà si malheureux, encore plus frappés ! Et condamnation de la part des saints de notre Temple. Certainement que les romains... même pour votre bien, vous devriez vous agiter, le persuader de se défendre, le défendre et le mettre quasi, sans quasi, dans l'impossibilité qu'on le prenne et de nuire ainsi, sans en avoir la volonté. Persuadez-le de se retirer sur le Garizim. Là où il est, il est encore trop exposé, et il n'apaise pas la colère du Sanhédrin et les soupçons des romains. Le Garizim a bien le droit d'asile ! Inutile de le dire à Lui. Si nous le disions, il nous dirait que nous sommes anathèmes, car nous Lui conseillerions la lâcheté. Mais il n'en est pas ainsi. C'est de l'amour. C'est de la prudence. Nous ne pouvons pas Lui parler. Mais vous ! Il vous aime. Il a déjà préféré votre région aux autres. Organisez-vous donc pour l'accueillir, car au moins vous saurez avec précision s'il vous aime ou non. S'il devait refuser votre secours, ce serait signe qu'il ne vous aime pas et par conséquent il serait bien qu'il s'en aille ailleurs. C'est que, croyez-le, c'est avec douleur que nous le disons car nous l'aimons : sa présence est un danger pour qui Lui donne l'hospitalité. Mais, voilà, vous êtes meilleurs que tous et vous ne vous souciez pas des dangers. Pourtant il est juste que si vous risquez les représailles des romains, vous le fassiez par échange d'amour. Nous vous conseillons pour le bien de tous."

"Vous parlez bien. Nous ferons ce que vous dites. Nous irons le trouver..."

Haut de page

198> "Oh ! faites attention ! Qu'il ne s'aperçoive pas que nous vous l'avons suggéré !"

"Ne craignez pas ! Ne craignez pas ! Nous saurons faire. Bien sûr ! Nous ferons voir que les samaritains, que l'on méprise, valent cent, mille juifs et galiléens pour défendre le Christ. Venez. Entrez dans nos maisons, vous, les envoyés du Seigneur. Ce sera comme si Lui entrait ! Il y a si longtemps que la Samarie attend d'être aimée par les serviteurs de Dieu !"

Ils s'éloignent, en encadrant comme en triomphe, ces gens pour lesquels je ne crois pas me tromper en les appelant émissaires du Sanhédrin et ils disent : "Nous voyons qu'il nous aime, car c'est en quelques jours le second groupe de disciples qu'il nous envoie, et nous avons bien fait de traiter les premiers avec amour. C'est bien d'être aussi bons avec Lui à cause des petits enfants de cette femme morte qui était des nôtres ! Lui nous connaît désormais..."

Et ils s'éloignent, heureux.


Éphraïm toute entière s'est déversée dans les rues pour voir le fait insolite d'un défilé de chars romains qui la traversent. Il y a des chars nombreux et des litières couvertes, escortées par des esclaves, précédées et suivies par des légionnaires. Les gens se font des signes entendus et chuchotent. Le défilé, arrivé à la route qui bifurque pour Béthel et Rama, se sépare en deux parties, Restent arrêtés un char et une litière avec une escorte de soldats, et le reste poursuit sa route. Le rideau de la litière s'écarte un instant et une main de femme blanche et ornée de pierres précieuses fait signe de s'approcher au chef des esclaves. L'homme obéit sans parler. Il écoute. Il aborde un groupe de femmes curieuses et demande : "Où est le Rabbi de Nazareth ?"

"Dans cette maison. Mais à cette heure, habituellement, il est près du torrent. Il y a une petite île, là-bas, du côté des saules, là où se trouve le peuplier. Il reste là pour prier des journées entières." L'homme revient et fait son rapport. La litière se remet en route. Le char reste où il est. Les soldats suivent la litière jusqu'au bord du torrent et ils barrent le chemin. La litière s'en va seule le long du cours d'eau jusqu'à la hauteur de la petite île qui, au cours de la saison, est devenue très boisée : c'est un fourré impénétrable de verdure, surmonté par le fût et la chevelure argentée du peuplier. Un ordre, et la litière passe le petit cours d'eau, où entrent les porteurs avec leurs vêtements courts. Claudia Procula en descend avec une affranchie, et Claudia fait signe à un esclave noir qui escorte la litière de la suivre. Les autres reviennent sur la rive.

Haut de page

199> Claudia, suivie des deux, pénètre dans la toute petite île en se dirigeant vers le peuplier qui domine au centre. Les hautes herbes étouffent le bruit des pas. Elle arrive ainsi là où se trouve Jésus tout absorbé, assis au pied de l'arbre. Elle l'appelle en s'avançant seule alors que d'un geste impérieux elle cloue sur place là où elles sont restées ses deux personnes de confiance.

Jésus lève la tête, et se lève tout de suite en voyant la femme. Il la salue tout en restant pourtant debout contre le tronc du peuplier. Il ne manifeste ni étonnement, ni ennui ou indignation de l'intrusion.

Claudia, après avoir salué, expose tout de suite le sujet : "Maître, il est venu chez moi, ou plutôt chez Ponce, certaines gens... [1] Je ne fais pas de longs discours. Mais puisque je t'admire, je te dis, comme je l'aurais dit à Socrate s'il avait vécu de nos jours, ou à quelque homme vertueux injustement persécuté : "Moi, je n'ai pas beaucoup de pouvoir, mais je ferai ce que je puis". Et pour l'instant je vais écrire où il m'est possible pour qu'on te protège et pour qu'aussi on te rende... puissant. Il y a sur des trônes ou dans de hautes situations tant de gens qui ne les méritent pas..."

"Domina, je ne t'ai pas demandé d'honneurs ni de protections. Que le vrai Dieu te récompense pour ta pensée. Mais donne tes honneurs et ta protection à ceux qui la désirent vivement. Moi je n'y aspire pas."

"Ah ! voilà ! C'est ce que je voulais ! Alors, tu es vraiment le Juste que je pressentais ! Et les autres, tes indignes calomniateurs ! Ils sont venus nous trouver et..."

"Inutile que tu parles, ô domina. Je sais."

"Sais-tu aussi ce que l'on dit : qu'à cause de tes péchés tu as perdu tout pouvoir et que c'est pour cela que tu vis ici, rejeté ?"

"Cela aussi, je le sais. Et je sais que cette dernière chose, tu l'as crue plus facilement que la première, car ta mentalité païenne est capable de discerner la puissance humaine ou la bassesse humaine d'un homme, mais tu ne peux encore comprendre ce que c'est que le pouvoir de l'esprit. Tu es... désillusionnée de tes dieux qui dans vos religions se manifestent en de continuelles oppositions et avec un pouvoir si fragile, sujet à de faciles interdictions à cause des désaccords entre eux. Et tu crois qu'il en est ainsi même du Dieu vrai. Mais il n'en est pas ainsi. Tel j'étais quand tu m'as vu la première fois guérir un lépreux et tel je suis maintenant. Et tel je serai quand je semblerai tout à fait détruit. Celui-ci, c'est ton esclave muet, n'est-ce pas ?"

Haut de page

200> "Oui, Maître."

"Fais-le avancer."

 Claudia pousse un cri, et l'homme s'avance et se prosterne contre le sol entre Jésus et sa maîtresse. Son pauvre cœur de sauvage ne sait qui honorer davantage. Il a peur de se faire punir en vénérant le Christ plus que sa maîtresse, mais malgré cela, en jetant d'abord un regard suppliant vers Claudia, il répète le geste qu'il a fait à Césarée [2]: il prend le pied nu de Jésus dans ses deux grosses mains noires et, se jetant le visage contre le sol, il met le pied sur sa tête.

"Domina, écoute. Selon toi, est-il plus facile de conquérir seul un royaume ou de faire renaître une partie du corps qui n'existe plus ?"

"Un royaume, Maître. La fortune aide les audacieux, mais personne, sauf Toi, ne peut faire renaître un mort et rendre des yeux à un aveugle."

"Et pourquoi ?" . .

"Parce que... Parce que Dieu peut tout faire."

"Alors, pour toi, je suis Dieu ?"

"Oui... ou, du moins, Dieu est avec Toi."

"Est-ce que Dieu peut être avec quelqu'un qui est mauvais ? Je parle du vrai Dieu, non de vos idoles qui sont des délires de celui qui cherche ce dont il sent l'existence sans savoir ce que c'est, et se crée des fantômes pour assouvir son âme."

"Non... dirais-je. Non. Je ne dirais pas. Nos prêtres eux-mêmes perdent leur pouvoir quand ils tombent dans une faute."

"Quel pouvoir ?"

"Mais... celui de lire dans les signes du ciel et dans les réponses des victimes, dans le vol, dans le chant des oiseaux. Tu sais... Les augures, les haruspices..."

"Je sais. Je sais. Eh bien ? Regarde. Et toi lève la tête et ouvre la bouche, ô homme, qu'un cruel pouvoir humain a privé d'un don de Dieu. Et par la volonté du Dieu vrai, unique, Créateur des corps parfaits, aie ce que l'homme t'a enlevé."

Il a mis son doigt blanc dans la bouche ouverte du muet.

L'affranchie curieuse ne sait pas rester là où elle est, et elle s'avance pour regarder. Claudia est toute penchée pour observer.

Jésus enlève son doigt en criant : "Parle, et sers-toi de la partie qui est née de nouveau pour louer le Dieu vrai."

Haut de page

201> Et à l'improviste, comme une sonnerie de trompette, d'un instrument jusqu'alors muet, répond un cri, guttural, mais net : "Jésus !" et le noir tombe par terre en pleurant de joie et il lèche, il lèche vraiment les pieds nus de Jésus, comme pourrait le faire un chien reconnaissant.

"Ai-je perdu mon pouvoir, domina ? À ceux qui l'insinuent, donne cette réponse. Et toi, lève-toi et sois bon en pensant combien je t'ai aimé. Je t'ai eu dans mon cœur depuis les jours de Césarée. Et avec toi tous tes pareils, regardés comme une marchandise, regardés comme inférieurs à des brutes alors qu'à cause de votre conception vous êtes des hommes et égaux à César, peut-être meilleurs par la volonté de votre cœur... Tu peux te retirer, domina, il n'y a rien d'autre à dire."

"Si. Il y a autre chose. Il y a que j'avais douté... Il y a que moi, avec douleur, je croyais presque à ce que l'on disait de Toi. Et pas seulement moi. Pardonne-nous toutes, moins Valeria, qui a toujours gardé sa conviction et même s'y ancre de plus en plus. Et accepte mon cadeau : l'homme. il ne pourrait plus me servir maintenant qu'il a la parole, et aussi mon argent."

"Non. Ni l'un, ni l'autre."

"Tu ne me pardonnes pas, alors !"

"Je pardonne même à ceux de mon peuple, doublement coupables de ne pas me reconnaître pour ce que je suis. Et ne devrais-je pas vous pardonner à vous, vides comme vous l'êtes de toute connaissance divine ? Voilà : j'ai dit que je n'acceptais pas l'argent et l'homme. Maintenant je prends l'un et l'autre et avec l'un j'affranchis l'autre. Je te rends ton argent parce que j'achète l'homme et je l'achète pour le rendre à la liberté, pour qu'il aille dans son pays pour dire qu'il est sur la Terre Celui qui aime tous les hommes, qu'il les aime d'autant plus qu'il les voit plus malheureux. Prends ta bourse."

"Non, Maître, elle t'appartient. L'homme est libre aussi. Il est à moi, je te l'ai donné. Tu le libères. Pas besoin d'argent pour cela."

"Et alors... Tu as un nom ?" demande-t-il à l'homme.

"Nous l'appelions Calliste, par dérision. Mais quand il fut pris..."

"Peu importe. Garde ce nom et rends-le vrai en devenant très beau dans ton esprit. Va ! Sois heureux puisque Dieu t'a sauvé."

Aller ! Le noir ne se lasse pas de le baiser et de dire : "Jésus ! Jésus !" et il se met encore le pied de Jésus sur la tête en disant : "Toi, mon seul Maître."

"Moi, ton vrai Père. Domina, tu te chargeras de lui pour qu'il retourne dans son pays. Sers-toi de l'argent pour cela et que le surplus lui soit donné. Adieu, domina, et n'accueille plus jamais les voix des ténèbres. Sois juste et sache me connaître. Adieu, Calliste. Adieu, femme."

Haut de page

202> Et Jésus met fin à l'entretien et passe en sautant au-delà du torrent, du côté opposé à celui où est arrêtée la litière, et il s'enfonce dans les buissons, les saules et les roseaux.

Claudia rappelle les porteurs et pensive remonte dans la litière. Mais si elle garde le silence, l'affranchie et l'esclave affranchi parlent pour dix, et les légionnaires eux-mêmes perdent leur allure de statues devant le prodige d'une langue qui est née de nouveau. Claudia est trop pensive pour commander le silence. À moitié allongée dans la litière, le coude appuyé sur les oreillers, la tête appuyée sur sa main, elle n'entend rien. Elle est absorbée. Elle ne s'aperçoit même pas que l'affranchie n'est pas avec elle, mais parle comme une pie avec les porteurs alors que Calliste parle avec les légionnaires qui, s'ils gardent leurs rangs, ne gardent plus le silence. L'émotion est trop grande pour qu'ils le fassent !

En refaisant le chemin, ils se trouvent à la bifurcation pour Béthel et Rama. La litière quitte Éphraïm pour se joindre au reste du défilé.

Haut de page

 



[1] Éléazar Ben Anna et une délégation du Sanhédrin après la résurrection de Lazare (8.10)

[2] Cf. 6.117, p.261