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Catéchèse du vendredi
4 février 1944
19> Paroles de Jésus :
"Jean
n'avait pas besoin de signe pour lui-même. Son esprit, présanctifié dès le
sein de sa mère était en possession de cette vue de l'intelligence
surnaturelle qui aurait été le lot de tous les hommes sans la faute d'Adam.
20> Si l'homme était resté en
état de grâce, dans l'innocence et la fidélité à son Créateur, il aurait vu
Dieu à travers les apparences extérieures. On dit dans la Genèse
que le Seigneur Dieu parlait familièrement avec l'homme innocent et que
l'homme ne s'évanouissait pas en entendant cette voix et la discernait sans
se tromper. Tel était le sort de l'homme : voir et comprendre Dieu,
comme un fils à l'égard de son père. Puis la faute est venue et l'homme n'a
plus osé regarder Dieu, n'a pu savoir découvrir et comprendre Dieu. Et il
le sait de moins en moins.
Mais Jean, mon
cousin Jean, avait été purifié de la faute quand la
Pleine de Grâce s'était penchée avec amour pour embrasser
celle qui autrefois stérile était devenue féconde, Élisabeth . Le
bébé avait sauté de joie dans son sein en sentant les écailles de la faute
tomber de son âme comme une croûte qui tombe d'une plaie au moment de la
guérison. L'Esprit Saint qui avait fait de Marie la Mère du Sauveur, commença
son œuvre de salut à travers Marie, Ciboire Vivant du Salut Incarné pour cet
enfant qui allait naître, destiné à m'être uni, non pas tant par le sang que
par la mission qui fit de nous comme les lèvres qui forment la parole. Jean
c'était les lèvres et Moi la Parole. Lui le Précurseur dans l'Évangile et sa
destinée de martyr. Moi, Celui qui donne ma divine perfection à l'Évangile
inauguré par Jean et son martyre pour la défense de la Loi de Dieu.
Jean n'avait besoin d'aucun signe, mais pour l'épaisseur de l'esprit des
autres, un signe était nécessaire. Sur quoi Jean aurait-il fondé son
affirmation sinon sur une preuve irrécusable que les yeux des hommes lents à
voir et les oreilles paresseuses auraient perçue ?
Moi, également, je n'avais pas besoin de baptême. Mais la Sagesse du Seigneur
avait jugé que ce devait être l'instant et la façon de se rencontrer. En
faisant sortir Jean de sa grotte dans le désert et Moi de ma maison il nous
unit en ce moment pour ouvrir sur Moi le Ciel et en faire descendre Soi-Même,
Colombe Divine, sur Celui qui aurait à baptiser les hommes avec cette Colombe
et faire descendre du Ciel l'annonce encore plus puissante de cette angélique
pensée de mon Père: " Voici mon Fils Bien Aimé, en qui je me suis complu
". C'est pour que les hommes n'eussent pas d'excuse ou de doute pour
savoir s'ils devraient me suivre ou non.
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21> Les manifestations du Christ ont été
nombreuses. La première, après la naissance fut celle des Mages, la seconde
au Temple, la troisième sur les rives du Jourdain. Puis vinrent les autres
manifestations innombrables que je te ferai connaître, parce que mes miracles sont des manifestations de ma nature divine
jusqu'aux derniers, de ma Résurrection et de mon Ascension au Ciel. Ma patrie
fut comblée de mes manifestations. Comme des semences jetées aux quatre
points cardinaux, elles arrivèrent en toute couche et tout endroit de la
vie : aux bergers, aux puissants, aux savants, aux incrédules, aux
pécheurs, aux prêtres, aux dominateurs, aux enfants, aux soldats, aux
Hébreux, aux Gentils.
Maintenant encore, elles se répètent, mais comme alors le monde ne les
accepte pas ou plutôt il n'accueille pas les miracles actuels et il oublie
ceux du passé. Eh bien, je ne renonce pas. Je me répète pour vous sauver,
pour vous amener à la foi en Moi.
Sais-tu, Marie, ce que tu
fais ? Ce que je fais plutôt en te taisant voir l'Évangile ? C’est
une tentative plus forte pour amener les hommes vers Moi. Tu l'as désiré par
tes prières ardentes. Je ne me borne plus à la parole. Elle fatigue et les
éloigne. C'est un péché, mais c'est ainsi. J'ai recours à la vision, à la
vision de mon Évangile et je l'explique pour la rendre plus claire et plus
attrayante.
À toi, je donne le réconfort de la vision. À tous je donne le moyen de me
désirer et de me connaître. Et si encore elle ne sert pas et si comme de
cruels enfants ils rejettent le don sans en comprendre la valeur, à toi, le
don restera et à eux ira mon indignation. Je pourrai, une fois encore faire
l'antique reproche : "Nous avons joué de la flûte et vous n'avez pas
dansé. Nous avons entonné des lamentations et vous n'avez pas pleuré".
Mais, n'importe. Laissons-les, les inconvertissables accumuler sur leurs
têtes des charbons ardents et tournons-nous vers les brebis qui cherchent à
connaître le Pasteur. Le Pasteur, c'est moi et tu es la houlette qui me les
amène."
Comme vous voyez, je me suis hâtée de mettre ces détails qui a cause de leur
petitesse m'avaient échappé et que vous avez désiré avoir.
Puis, aujourd'hui, en lisant le fascicule je remarque une phrase de Jésus qui
peut vous servir de règle : Ce matin vous disiez que vous ne pourriez
faire connaître les descriptions faites en mon style personnel et moi qui ai une véritable phobie d'être connue, j'en étais bien
contente. Mais ne vous semble-t-il pas que cela soit contraire à ce que dit
le Maître dans la dernière dictée du fascicule? "Plus tu seras attentive et précise
(dans la description de ce que je vois) et plus important sera le nombre de
ceux qui viennent vers Moi." Ceci implique que les descriptions doivent
être connues. Autrement, comment pourrait-il se faire que grâce à elles,
nombre d'âmes vont vers Jésus ? Je vous soumets ce point et puis faites
ce qui vous paraît préférable. Et même, humainement, je suis de votre avis.
Mais ici, nous ne sommes pas dans le domaine de l'humain et même l'humain des
porte-voix doit disparaître. Même dans la dictée d'aujourd'hui, Jésus dit:
" ...en te taisant voir l'Évangile, je fais un essai plus fort pour
m'attirer les hommes, Je ne me borne plus à la parole... J'ai recours à la
vision et je l'explique pour la rendre plus claire et plus attrayante,"
Et alors?
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22> Cependant, puisque je suis un
pauvre rien et que de moi-même, je me replie tout de
suite sur moi, je vous dis que votre remarque m'a troublée, et l'Envieux s'en
réjouit, troublée au point de me faire penser de ne plus écrire ce que je
vois, mais uniquement les dictées. Il me souffle au cœur : " Ne le vois.
tu pas ? Elles ne servent absolument à rien tes fameuses visions !!
Uniquement à te faire passer pour une folle. Comme tu l'es, en vérité.
Qu'est-ce que tu vois ? Les larves de ton cerveau troublé. Il faut bien
autre chose pour mériter de voir le Ciel !" Et toute la journée, il
me tient sous le jet corrosif de sa tentation. Je vous assure que je n'ai pas
autant souffert de ma grande douleur physique que j'ai souffert
de cela. Il veut m'amener à désespérer: Mon Vendredi est aujourd'hui un
Vendredi de tentations spirituelles. Je pense à Jésus au désert, à Jésus à
Gethsémani...
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