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"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
aucun accent |
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Fin mars -5 (vers le 20 Nisan)
- Par les montagnes de Judée 123 - La riche propriété de Zacharie à Hébron 124 - Marie parvient à se faire ouvrir la grille 124 - Des nouvelles de Zacharie et d'Élisabeth 125 - Élisabeth et Marie s'étreignent 125 - Élisabeth confie sa lumière intérieure à Marie 126 - Marie prononce son Magnificat 126 - Zacharie n'a aucune lumière surnaturelle 127 - [Commentaires de MV : Des visions selon ses besoins
spirituels] 128 |
Accueil >> Plan du site >> Sommaire du Tome 1 1.32. |
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123> Je suis dans un pays montagneux. Ce ne sont pas de hautes montagnes,
mais ce ne sont plus des collines. Elles ont déjà des cimes et des gorges de
vraies montagnes comme on en voit sur notre Apennin tosco-ombrien. La
végétation est drue et magnifique. Il y a en abondance des eaux fraîches qui
conservent vertes les prairies et productifs les vergers peuplés de pommiers,
de figuiers avec, autour des maisons, des vignes. Ce doit être le printemps
car les grappes sont déjà grosses comme des grains de vesce et les pommiers
commencent à ouvrir leurs bourgeons qui maintenant paraissent verts, sur les
branches supérieures des figuiers il y a des fruits qui sont déjà bien
formés. Ensuite les prés ne sont que tapis moelleux aux mille couleurs. Les
troupeaux sont en train d'y paître, ou bien ils se reposent, taches blanches sur
l'émeraude de l'herbe. 124> Marie
gravit, avec sa monture, un chemin en assez bon
état qui doit être la principale voie d'accès. Elle monte, parce que le pays dont
l'aspect est assez régulier est situé plus haut. Celui qui me renseigne
habituellement me dit : "Cet endroit c'est Hébron". Vous me
parliez de montagne. Mais je ne suis pas fixée, je ne sais si
"Hébron" désigne tout le pays ou l'agglomération. Je n'en
dis donc que ce que j'en sais. Voilà que Marie entre
dans la cité. C'est le soir : des femmes sur les portes observent
l'arrivée de l'étrangère et en parlent entre elles. Elles la suivent de l’œil
et ne se rassurent qu'en la voyant s'arrêter devant une des plus belles
maisons située au milieu du pays. Devant se trouve un jardin puis, en arrière
et autour, un verger bien entretenu. Vient ensuite une vaste prairie qui
monte et descend suivant le relief de la montagne pour aboutir à un bois de
haute futaie; ensuite j'ignore ce qu'il y a. La propriété est entourée d'une
haie de ronces et de rosiers sauvages. Je ne distingue pas bien ce qu'ils
portent. La fleur et le feuillage de ces buissons se ressemblent beaucoup et
tant que le fruit n'est pas formé sur les branches, il est facile de se
tromper. Sur le devant de la maison, sur le côté donc qui fait face au pays,
la propriété est entourée d'un petit mur blanc sur lequel courent des
branches de vraies roses, pour l'instant sans fleurs, mais déjà garnis de
boutons. Au centre, une grille de fer qui est fermée. On se rend compte que
c'est la maison d'un notable du pays ou d'un habitant assez fortuné, Tout, en
effet, indique sinon la richesse, au moins l'aisance certainement. Il y a
beaucoup d'ordre. Marie descend de sa
monture et s'approche de la grille. Elle regarde à travers les barreaux et ne
voit personne. Alors elle cherche à manifester sa présence. Une petite femme
qui, plus curieuse que les autres l'a suivie, lui indique un bizarre
agencement qui sert de clochette. Ce sont deux morceaux de métal fixés sur un
axe. Quand on remue l'axe avec une corde, ils battent l'un contre l'autre en
faisant un bruit qui imite celui d'une cloche ou d'un gong. 125> Marie tire la corde, mais si gentiment que l'appareil tinte
légèrement et personne ne l'entend. Alors, la femme, une petite vieille, tout
nez et menton et entre les deux une langue qui en vaut dix, s'accroche à la
corde et tire, tire, tire. Un vacarme à réveiller un mort. "C'est cela
qu'il faut faire. Autrement comment pouvez-vous faire entendre ? Sachez
qu' Élisabeth est vieille, et aussi Zacharie. Et à présent il est muet et sourd par-dessus le
marché. Les domestiques sont aussi vieux, le savez-vous ? N'êtes-vous
jamais venue ? Connaissez-vous Zacharie ? Vous êtes..." Pour délivrer Marie
de ce déluge de renseignements et de questions, survient un petit vieux qui
boîte. Ce doit être un jardinier ou un agriculteur, car il a en mains
un sarcloir et, attachée à la ceinture, une serpette. Il ouvre et Marie entre
en remerciant la petite vieille mais... hélas ! sans lui répondre.
Quelle déception pour la curieuse ! A peine à
l'intérieur, Marie dit : "Je suis Marie de Joachim et d'Anne, de
Nazareth. Cousine de vos maîtres." Le petit vieux
s'incline et salue et se met à crier : "Sara ! Sara !" Il rouvre la grille pour faire
rentrer l'âne resté dehors parce que Marie, pour se défaire de la petite
vieille importune, s'est glissée vite, vite, à l'intérieur et que le
jardinier, aussi rapide qu'elle, a fermé la grille, au nez de la commère et,
tout en faisant entrer la monture, il dit : "Ah ! grand
bonheur et grande peine en cette maison ! Le Ciel a donné un fils à la
stérile, que le Très-Haut en soit béni ! Mais Zacharie est revenu, il y
a sept mois, muet de Jérusalem. Il se fait comprendre par signes ou en
écrivant. Vous l'avez peut-être appris ? La patronne vous a tant désirée
au milieu de cette joie et de cette peine ! Souvent elle parlait de vous
avec Sara et disait : "Si j'avais encore ma petite Marie avec
moi ! Si elle avait encore été au Temple ! J'aurais demandé à
Zacharie de l'amener. Mais maintenant le Seigneur l'a voulue comme épouse à
Joseph de Nazareth. Elle seule pouvait me donner du réconfort dans cette
peine et m'aider à prier Dieu, car elle est si bonne, et au Temple tout le
monde la pleure, A la dernière fête, quand je suis allée avec Zacharie la
dernière fois à Jérusalem pour remercier Dieu de m'avoir donné un fils, j'ai
entendu ses maîtresses me dire : 'Le Temple semble avoir perdu les
chérubins de la Gloire depuis que la voix de Marie ne résonne plus en ces
murs' ". Sara ! Sara ! Ma femme est un peu sourde, mais viens,
viens que je te conduise." 126> Au lieu de Sara, voilà, en haut d'un escalier au flanc d'un
côté de la maison, une
femme d'âge plutôt avancé, déjà toute ridée avec des cheveux très
grisonnants. Ses cheveux devaient être très noirs parce que très noirs sont encore
ses cils et ses sourcils et qu'elle était très brune, le teint de son visage
l'indique clairement. Contrastant étrangement avec sa vieillesse évidente, sa
grossesse est déjà très apparente, malgré l'ampleur de ses vêtements. Elle
regarde en faisant signe de la main. Elle a reconnu Marie. Elle lève les bras
au ciel avec un : "Oh !" étonné et joyeux et se hâte,
autant qu'il lui est possible, à la rencontre de Marie. Marie aussi toujours
réservée dans sa démarche se met à courir agile comme un faon et elle arrive
au pied de l'escalier en même temps qu'Élisabeth. Marie reçoit sur son cœur
avec une vive allégresse sa cousine qui pleure de joie en la voyant. Elles restent
embrassées un instant et puis Élisabeth se détache de l'étreinte avec
un : "Ah !" où se mêlent la douleur et la joie et elle
porte la main sur son ventre grossi. Elle penche son visage, pâlissant et
rougissant alternativement. Marie et le serviteur tendent les mains pour la
soutenir parce qu'elle vacille comme si elle se sentait mal. Mais Élisabeth,
après être restée une minute comme recueillie en elle-même, lève un visage
tellement radieux qu'il semble rajeuni. Elle regarde Marie avec vénération en
souriant comme si elle voyait un ange et puis elle s'incline en un profond
salut en disant : 127> Marie, avec deux larmes, qui comme des perles descendent de ses
yeux qui rient vers sa bouche qui sourit, le visage levé vers le ciel et les
bras levés aussi, dans la pose que plus tard, tant de fois aura son Jésus,
s'écrie : Le serviteur s'était
respectueusement éclipsé quand il avait vu qu'Élisabeth ne se sentait plus
mal et qu'elle confiait ses pensées à Marie. Il revient du verger avec un
vieillard imposant aux cheveux blancs et à la barbe blanche, qui de loin,
avec de grands gestes et des sons gutturaux, salue Marie. "Zacharie
arrive" dit Élisabeth en touchant à l'épaule la Vierge absorbée dans sa
prière. "Mon Zacharie est muet. Dieu l'a puni de n'avoir pas cru [3]. Je t'en
parlerai plus tard, mais maintenant, j’espère le pardon de Dieu puisque tu es
venue, toi la Pleine de Grâce." Marie se lève et va à
la rencontre de Zacharie et s'incline devant lui jusqu'à terre. Elle embrasse
le bord du vêtement blanc qui le couvre jusqu'à terre. Il est très ample ce
vêtement et attaché à la taille par un large galon brodé. Zacharie par gestes
souhaite la bienvenue, et ensemble ils rejoignent Élisabeth. Ils entrent tous
dans une vaste pièce très bien disposée. Ils y font asseoir Marie et lui font
servir une tasse de lait qu'on vient de traire - il écume encore - avec des
petites galettes. Élisabeth donne des
ordres à la servante, finalement apparue avec les mains enfarinées et des
cheveux encore plus blancs, qu'ils ne le sont en réalité à cause de la
farine dont ils sont saupoudrés. Peut-être était-elle en train de faire le
pain. Elle donne aussi à un serviteur, que j'entends appeler Samuel, l'ordre de porter le coffre de Marie dans une chambre
qu'elle lui indique. Tous les devoirs d'une maîtresse de maison à l'égard de
son hôte. Marie répond entre
temps aux questions que lui fait Zacharie en écrivant avec un stylet sur une
tablette enduite de cire. Je comprends, par les réponses, qu'il lui parle de
Joseph, et qu'il lui demande comment elle se trouve épousée. Mais je
comprends aussi que Zacharie n'a eu aucune lumière surnaturelle sur l'état de
Marie et sa condition de Mère du Messie. 128> C'est Élisabeth qui,
approchant de son mari et lui mettant affectueusement une main sur l'épaule
comme pour une chaste caresse, lui dit : "Marie est mère, elle
aussi. Réjouis-toi de son bonheur." Mais elle n'ajoute rien. Elle
regarde Marie et Marie la regarde mais ne l'invite pas à en dire plus, et
elle se tait. Douce, très douce
vision ! Elle m'enlève l'horreur que j'avais ressentie à la vue du suicide de Judas.
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Je suis ainsi restée en contemplation tant que mon intelligence
est restée lucide. Puis, réveillée de ma somnolence, j'ai prié et me suis
mise en position pour un vrai sommeil. C'est alors qu'a commencé la vision
ci-dessus. Mais la Maman m'a dit : "Ne remue pas, regarde
seulement, tu écriras demain." Pendant le sommeil, j'ai de nouveau tout
revu en songe. Réveillée à 6h30, j'ai revu tout ce que j'avais vu la veille
et en rêve. J'ai écrit, tout en voyant, Puis, vous êtes venu et j'ai pu
demander si je devais mettre tout ce qui suit. Ce sont de petits tableaux
séparés sur le séjour de Marie dans la maison de Zacharie. (2 avril 1944). |
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[1] Cf. Isaïe 61,10-11
[2] Luc 1,46-55 : "Mon âme exalte le Seigneur, et mon esprit
tressaille de joie en Dieu mon Sauveur, parce qu’il a jeté les yeux sur
l’abaissement de sa servante. Oui, désormais toutes les générations me diront
bienheureuse, car le Tout-Puissant a fait pour moi de grandes choses. Saint est
son nom, et sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. Il a
déployé la force de son bras, il a dispersé les hommes au cœur superbe. Il a
renversé les puissants de leurs trônes et élevé les humbles, Il a comblé de
biens les affamés et renvoyé les riches les mains vides. Il est venu en aide à
Israël, son serviteur, se souvenant de sa miséricorde, - selon qu’il l’avait
annoncé à nos pères-en faveur d’Abraham et de sa postérité à jamais!"
[3] Cf. Luc 1,18-20