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"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta © Centro Editoriale Valtortiano |
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jeudi
15 avril 27
- Comment Thomas est revenu trouver Jésus 80 - " Aimez vos ennemis " est mal accueilli par Pierre 81 - La mission de Thomas auprès du lépreux guéri 82 - La jalousie de Pierre est mal fondée 83 - Comment reconnaître Simon le Zélote 84 - [Commentaire de MV : Une intervention du moniteur intérieur] 85 |
2.18. |
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80> Ce matin, revenant d'un très lourd sommeil de plusieurs heures, pendant que je prie en attendant le jour, j'ai la reprise de la vision. Je dis la reprise car nous sommes encore dans le même endroit : la cuisine, large et basse aux murs tout enfumés, à peine éclairée par une petite lampe à huile posée sur la table rustique, longue et étroite à laquelle sont assises huit personnes : Jésus et ses disciples, et en plus le maître de maison, quatre de chaque côté. Jésus est encore tourné sur son tabouret. Il n'y a en effet que des tabourets à trois pieds et sans dossier, vrai mobilier rustique. Jésus parle encore avec Thomas. La main de Jésus est descendue sur l'épaule du nouveau venu. Jésus lui dit : "Lève-toi, ami. As-tu soupé ?" "Non, Maître. J'ai fait quelques mètres avec l'autre qui m'accompagnait et puis je l'ai laissé, revenant sur mes pas, lui disant que je voulais parler au lépreux guéri... Je lui ai dit cela car je pensais qu'il aurait dédaigné de s'approcher d'un homme impur. J'avais deviné juste. Mais moi, c'était Toi que je cherchais, pas le lépreux... Je voulais te dire : " Prends-moi ! "... J'ai tourné autour de l'oliveraie jusqu'à ce qu'un jeune homme m'a demandé ce que je faisais. Il a dû me prendre pour un individu mal intentionné... il était près d'une borne, là où commence la propriété." Le maître de maison sourit. "C'est mon fils" explique-t-il ensuite, et il ajoute : "Il monte la garde au pressoir. Nous avons dans des caves, sous le pressoir presque toute la récolte de l'année. Elle a été excellente. Elle a produit beaucoup d'huile. Quand il y a foule, il s'y mêle des malandrins qui cambriolent les endroits qui ne sont pas gardés. Il y a huit ans exactement à la parascève, ils nous ont tout volé. Depuis lors, chacun à notre tour nous prenons la garde de nuit. La mère est allée lui porter le souper." "Eh bien, il m'a dit : "Que veux-tu ?", et il me l'a dit sur un tel ton que, pour me garantir les épaules des coups de bâton, je me suis vite expliqué : "Je cherche le Maître qui habite ici". Il m'a alors répondu : "Si c'est vrai, ce que tu dis, viens à la maison". Et il m'a accompagné jusqu'ici. C'est lui qui a frappé à la porte et il s'en est allé quand il a entendu mes premières paroles." "Tu habites loin ?" "Je loge de l'autre côté de la ville tout près de la Porte Orientale." 81> "Tu es seul?" "J'étais avec les parents. Mais ils sont allés chez d'autres parents sur la route de Bethléem. Je suis resté pour te chercher nuit et jour, jusqu'à ce que je te trouve." Jésus sourit et dit : " Alors, personne ne t'attend ?" "Non, Maître." "La route est longue, la nuit est noire. Les patrouilles romaine sillonnent la ville. Je te dis : si tu veux, reste avec nous." "Oh ! Maître !" Thomas est heureux. "Faites-lui place, vous. Et donnez tous quelque chose au frère. Sur sa part, Jésus prélève la portion de fromage qui était devant lui. Il explique à Thomas : "Nous sommes pauvres, et le repas est presque fini, mais c'est de tout cœur que tout le monde t'offre. A Jean, assis à côté de Lui, il dit : " Cède ta place à l'ami." Jean se lève tout de suite et va s'asseoir au coin de la table, côté du patron. "Assieds-toi,
Thomas, mange." Puis à tous : " C'est ainsi que toujours vous
ferez, amis, pour pratiquer la loi de charité. Le pèlerin est déjà
protégé par la Loi de Dieu. Mais maintenant en mon nom, vous devrez
l'aimer encore davantage. Quand quelqu'un vient vous demander un pain, un
abri, une gorgée d'eau, au nom de Dieu, donnez-le, au nom de Dieu aussi.
Et Dieu vous en récompensera.
"Mais si ensuite on s'aperçoit que quelqu'un n'est pas sincère ? Dire : "Je veux faire ceci et cela" c'est facile. Mais la parole ne correspond pas toujours à la vérité" dit Pierre plutôt fâché. Je ne sais pas, il n'a pas son humeur, à l'ordinaire jovial.
"Aucun mal ? Eh ! Il arrive des fois qu'un indigne ne s'arrête pas à l'ingratitude, mais il va plus loin et arrive aussi à nuire à la réputation, au patrimoine, à la vie elle-même." "C'est vrai. Mais cela diminuerait-il ton mérite ? Non. Même si tout le monde ajoutait foi aux calomnies, même si tu étais réduit à devenir plus pauvre que Job, même si le cruel t'enlevait la vie, qu'est-ce qui serait changé aux yeux de Dieu ? Rien. Il y aurait pour toi un changement, mais en mieux, au mérite de la bonté s'ajouteraient les mérites d'un martyre de l'esprit, de la perte de ton bien, de la perte de la vie." "Bien, bien ! Ce sera comme çà." Pierre ne parle plus. Boudeur, il reste la tête appuyée sur sa main. Jésus se tourne vers Thomas : " Ami, je t'ai dit d'abord dans l'oliveraie : Quand je reviendrai de ma tournée, si tu le veux encore, tu seras mien. Maintenant, je te dis : Es-tu disposé à faire plaisir à Jésus ?" "Sans aucun doute." "Mais si ce plaisir peut te demander un sacrifice ?" "Rien ne me coûtera pour te servir. Que veux-tu ?" "Je voulais te dire... mais si tu as des relations, des affections... " "Rien, rien ! J'ai Toi ! Parle " "Écoute. Demain, dès l'aube, le lépreux quittera les tombeaux pour trouver quelqu'un qui avertisse le prêtre. Tu commenceras par aller aux tombeaux. C'est charité, et puis tu diras à haute voix : " Toi, qui hier as été purifié, viens dehors. Celui qui m'envoie vers toi, c'est Jésus de Nazareth, le Messie d'Israël. Celui qui t'a guéri". Fais en sorte que le monde des "morts-vivants" connaisse mon Nom et frémisse d'espérance. Que celui qui a l'espérance, jointe à la foi, vienne à Moi, pour que je le guérisse. C'est la première manifestation de la pureté, que j'apporte, de la résurrection dont j'ai la maîtrise. Un jour, je donnerai une pureté plus profonde... Un jour les tombeaux scellés vomiront les vrais morts qui apparaîtront pour rire, de leurs yeux vides, de leurs mâchoires décharnées pour la joie lointaine, et pourtant ressentie par les squelettes, des esprits libérés de l'attente des Limbes. Ils apparaîtront pour rire à cette libération et pour frémir en sachant à quoi ils la doivent... Toi, va. Il viendra vers toi. Tu feras ce que lui te demandera de faire, tu l'aideras en tout comme si c'était ton frère. 83> Et tu lui diras aussi : "Quand tu seras totalement purifié, nous irons ensemble sur la route du fleuve au delà de Doco et Éphraïm. Là, le Maître Jésus t'attend et m'attend pour nous dire en quoi nous devons le servir " "Je ferai cela. Et l'autre ?" "Qui ? L'Iscariote ?" "Oui, Maître." "Pour lui, dure mon conseil. Laisse-le se décider de lui-même et réfléchir longtemps. Évite même de le rencontrer." "Je resterai près du lépreux. Dans la vallée des tombeaux, il n'y a que les impurs qui se déplacent ou ceux qui s'en approchent par pitié." Pierre bougonne quelque chose. Jésus l'entend. "Pierre, qu'est-ce que tu as ? Tu te tais ou tu murmures. Tu sembles mécontent. Pourquoi ?" "Je le suis. Nous sommes les premiers et Toi, tu ne nous fais pas cadeau d'un miracle. Nous sommes les premiers et Toi, tu fais asseoir près de Toi, un étranger. Nous sommes les premiers et Toi, à lui tu confies des charges, mais pas à nous. Nous sommes les premiers et... oui voilà exactement, il semble que l'on soit les derniers. Pourquoi les attends-tu sur le chemin du fleuve ? Sûrement pour leur donner quelque mission. Pourquoi à eux et pas à nous ?" Jésus le regarde. Il n'est pas fâché. Il lui sourit même ! comme on sourit à un enfant. Il se lève, va lentement vers Pierre, lui met la main sur l'épaule et lui dit en souriant : "Pierre, Pierre ! Tu es un grand vieux bambin ! " et à André, assis près de son frère, il lui dit : "Va à ma place " et il s'assied à côté de Pierre, lui met un bras sur les épaules et lui parle en le tenant ainsi contre son épaule : "Pierre, il te semble que je commette une injustice, mais ce n'est pas une injustice que je fais. C'est au contraire la preuve que je sais ce que vous valez. Regarde. Qui a besoin d'être mis à l'épreuve ? Celui qui encore n'est pas sûr. Eh bien ! Je vous savais si sûrs de Moi que je n'ai pas éprouvé le besoin de vous donner des preuves de ma puissance. Ici, à Jérusalem, il faut des preuves là où le vice, l'irréligion, la politique, tant de choses du monde obscurcissent les esprits au point qu'il ne peuvent voir la Lumière qui passe. Mais là-bas, sur notre beau lac, si pur, sous un ciel si pur aussi, là parmi des gens honnêtes et désireux de bien, les preuves ne sont pas nécessaires. Vous les aurez, les miracles. 84> A pleins fleuves, je verserai sur vous les grâces. Mais, regarde comme je vous ai estimés. Je vous ai pris sans exiger de preuves et sans éprouver le besoin de vous en donner, parce que je sais qui vous êtes : chers, tellement chers, pour Moi et tellement fidèles. " Pierre retrouve sa sérénité : "Pardonne-moi, Jésus." "Oui,
je te pardonne, car ta bouderie, c'est de l'amour. Mais, n'ais plus
d'envie, Simon fils de Jonas. Sais-tu ce qu'est le cœur de ton Jésus ? Tu
n'as jamais vu la mer, la vraie mer ? Si ? Eh bien !
mon cœur est bien plus vaste que son étendue. Il y a de la place pour
tous. Pour toute l'humanité. Et le plus petit y a place comme le
plus grand. Et le pécheur y trouve l'amour comme l'innocent. "C'est vrai, c'est vrai. Je suis une bête ! Pardon..." "Oui. Je pardonne tout et chaque chose. Oh ! Pierre... Mais, je vous en prie tous : ne discutez jamais sur les mérites et sur les places. J'aurais pu naître roi. Je suis né pauvre, dans une étable. J'aurais pu être riche. J'ai vécu de mon travail et maintenant de charité. Et pourtant, croyez-le, amis, personne n'est plus grand aux yeux de Dieu que Moi. De Moi-même, qui suis ici, serviteur de l'homme." "Toi, serviteur ? Non jamais !" "Pourquoi, Pierre ?" "Parce que c'est moi qui te servirai." "Même si tu me servais comme une mère soigne son enfant, je suis venu pour servir l'homme. Pour lui je serai Sauveur. Quel service comparable à celui-là ?" "Oh ! Maître ! Tu expliques tout. Et ce qui était obscur se fait tout à coup lumineux." "Content, maintenant, Pierre ? Alors laisse-moi finir de parler à Thomas. Es-tu certain de reconnaître le lépreux ? Il n'y a que lui de guéri. Mais il pourrait bien être déjà parti à la lueur des étoiles pour trouver un voyageur complaisant, Et un autre, désirant entrer dans la ville pour voir des parents, peut-être qu'il pourrait se substituer à lui. 85> Voici son portrait. J'étais tout à côté de lui et au crépuscule, je l'ai bien observé. Il est grand et maigre. Il a le teint foncé d'un sang-mêlé, des yeux profonds et très noirs sous des sourcils blancs comme la neige, des cheveux couleur du lin et plutôt frisés, un nez long épaté à l'extrémité, comme les Libyens, des lèvres épaisses, surtout l'inférieure, et proéminentes. Il est tellement olivâtre que la lèvre tire sur le violet. Au front, une vieille cicatrice est restée et ce sera l'unique tache, maintenant qu'il est purifié des croûtes et des crasses." "C'est un vieux, s'il est tout blanc." "Non, Philippe, il semble mais il ne l'est pas. C'est la lèpre qui l'a blanchi" "Qu'est-ce qu'un sang mêlé ?" "Peut-être, Pierre. Il ressemble aux populations d'Afrique." "Sera-t-il Israélite, alors ?" "Nous le saurons, mais s'il ne l'était pas ?" "Eh ! s'il ne l'était pas, il pourrait s'en aller. C'est déjà beaucoup d'avoir eu la chance d'être guéri." "Non, Pierre. Même s'il était idolâtre, Moi, je ne le chasserais pas, Jésus est venu pour tout le monde. Et en vérité je te dis que les peuples des ténèbres surpasseront les fils du peuple de la Lumière..." Jésus soupire. Puis il se lève. Il rend grâce au Père en récitant une hymne et il bénit. La vision cesse ainsi. |
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Je fais remarquer en passant que celui qui m'avertit intérieurement m'a dit dès hier soir, quand je regardais le lépreux : "C'est Simon, l'apôtre. Tu verras son arrivée et celle de Thaddée auprès du Maître." Ce matin, après la Communion (c'est vendredi) j'ouvre le missel et je vois que c'est exactement aujourd'hui la vigile de la fête des saints Simon et Jude, et l'Évangile de demain parle justement de la charité en répétant presque les paroles que j'ai entendue à la première vision. Jude Thaddée, cependant, pour l'instant je ne l'ai pas vu. |