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"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
aucun accent |
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mercredi 23 février 28 (10 Adar)
- Décision d'aller à Magdala 251 - Un meurtre a été commis 252 - C'est dans la maison de Marie-Magdeleine
253 - Jésus guérit la victime à cause de la
parenté 254 - N'insulte pas. Prie pour les pécheurs 254 |
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251> Le collège apostolique au complet est autour de Jésus. Assis
sur l'herbe, à l'ombre d'un bouquet d'arbres, près d'un ruisseau, tous mangent
pain et fromage et boivent de l'eau du ruisseau qui est fraîche et limpide.
Les sandales poussiéreuses disent qu'on a déjà fait beaucoup de chemin et que
peut-être les disciples ne demanderaient qu'à se reposer dans l'herbe haute
et fraîche. Mais l'Infatigable
Marcheur n'est pas de cet avis. À peine juge-t-il passée 1'heure la plus
chaude qu'il se lève se dirige vers la route. Il regarde... puis il se
retourne et dit : "Allons." Simplement. Arrivés à une
bifurcation ou plutôt à un carrefour parce que quatre routes poussiéreuses
aboutissent à ce point, Jésus prend résolument celle qui va en direction
nord-est. "Nous revenons à
Capharnaüm ?" demande Pierre. Jésus répond:
"Non." Uniquement: non. "Alors à
Tibériade" insiste Pierre qui veut savoir. "Non plus." "Mais cette
route va à la mer de Galilée... et là se trouvent Tibériade et
Capharnaüm..." "Il y a aussi
Magdala" dit Jésus d'un air à moitié sérieux pour calmer la curiosité de
Pierre. "Magdala ?
Oh !..." Pierre est un peu scandalisé. Ce qui me fait penser que
cette ville a mauvaise réputation. "A Magdala, oui.
A Magdala. Penses-tu être trop honnête pour y entrer ? Pierre,
Pierre !... Pour mon amour, tu devras entrer non pas dans une ville de
plaisir, mais dans de vrais lupanars... Le Christ n'est pas venu pour sauver
ceux qui sont sauvés, mais pour sauver ceux qui sont perdus... et
toi... tu seras "Pierre" et non pas Simon; ou Céphas,
pour cela. Tu as peur de te souiller ? Non ! Même pas lui,
vois-tu (et il indique le très jeune Jean) même lui n'en recevra pas de
dommage. Lui non, parce qu'il ne veut pas. Comme toi, tu ne veux
pas, comme ne le veut pas ton frère et le frère de Jean... comme
aucun d'entre vous, pour l'instant, ne le veut. Tant qu'on ne veut
pas, il n'arrive pas de mal. Mais il faut ne pas vouloir avec force et
constance. Force et constance s'acquièrent auprès du Père en priant avec
sincérité d'intention. Vous ne saurez pas tous, par la suite, prier
ainsi... Que dis-tu, Judas ? Ne te fie pas trop à toi-même. 252> Moi, qui suis le
Christ, je prie constamment pour avoir la force contre
Satan. Es-tu plus que Moi? L'orgueil est la fissure par où Satan pénètre. Judas,
sois vigilant et humble. Mathieu, toi qui connais bien l'endroit, dis-moi:
vaut-il mieux prendre cette route, ou y en a-t-il une autre ?" "Cela dépend,
Maître. Si tu veux entrer dans la Magdala des pêcheurs et des pauvres, c'est
la route. Par ici on entre dans le faubourg populaire. Mais - je ne le crois
pas, mais je te le dis pour donner une réponse complète - mais si tu veux
aller dans le quartier des riches; alors il faut laisser à quelques centaines
de mètres cette route et en prendre une autre car les maisons riches sont à
peu près à cette hauteur, et il faut revenir en arrière..." "Nous allons
revenir en arrière car c'est à la Magdala des riches que je veux aller.
Qu'as-tu dit, Judas ?" "Rien, Maître.
C'est la seconde fois que tu me le demandes en peu de temps. Mais moi, je
n'ai jamais parlé." "Avec tes
lèvres, non. Mais tu as parlé, à voix basse, avec ton cœur. Tu as parlé à
voix basse avec ton hôte : le cœur. Il n'est pas nécessaire d'avoir
une autre personne comme interlocuteur pour parler. Beaucoup de paroles,
nous les disons de nous à nous... Mais il ne faut pas jaser ou calomnier même
avec notre propre moi." Le groupe chemine, à
présent en silence. La route principale devient une rue pavée avec des
pierres d'un palme carré. Les maisons sont toujours plus riches et plus
belles parmi les potagers et les jardins luxuriants et fleuris. J'ai
l'impression que la Magdala élégante était pour les Palestiniens une sorte de
lieu de plaisir comme certaines villes de nos lacs de Lombardie : Stresa, Gardone, Pallanza, Bellagio,
etc. etc. Aux riches palestiniens sont mêlés des romains, certainement venus
d'autres lieux comme Tibériade ou Césarée, où autour du Gouverneur, il y
avait certainement des fonctionnaires et des négociants pour exporter à Rome
les plus beaux produits de la colonie palestinienne. Jésus y pénètre, sûr
de Lui, comme s'il savait où aller. Il côtoie le lac jusqu'à la limite duquel
les maisons s'avancent avec leurs jardins. Des cris déchirants
sortent d'une riche demeure. Ce sont des voix de femmes et d'enfants et une
voix de femme, très aiguë, qui crie : "Fils !
Fils !" Jésus se retourne et
regarde ses apôtres. Judas s'avance. "Non pas toi" commande Jésus.
"Toi, Mathieu. Va et informe-toi." 253> "C'est une
rixe, Maître. Il y a un homme mourant. Un juif. Le meurtrier s'est échappé:
c'était un romain. La femme, la mère et les petits enfants sont accourus...
Mais il meurt." "Allons." "Maître...
Maître... Le fait s'est produit dans la maison d'une femme... qui n'est pas
l'épouse." "Allons-y." Ils entrent par la
porte ouverte dans un large et long vestibule qui donne ensuite sur un beau
jardin. La maison semble divisée par cet espèce de péristyle très riche en
plantes vertes dans des vases, en statues et en objets de marqueterie.
Quelque chose d'intermédiaire entre la salle et la serre. Dans une pièce,
dont la porte est ouverte sur le vestibule, se trouvent des femmes en pleurs.
Jésus entre sans hésiter. Il ne donne pourtant pas son salut habituel. Parmi les hommes
présents, il y a un marchand qui doit connaître Jésus car, à peine il le
voit, il dit : "Le Rabbi de Nazareth !" et il le salue
respectueusement. "Joseph, qu'y
a-t-il ?" "Maître, un coup
de poignard au cœur... Il meurt." "Pourquoi ?" Une femme aux cheveux
gris et défaits se lève - elle était à genoux près du mourant dont elle
tenait une main déjà inerte - et avec des yeux de folle elle crie :
"A cause d'elle, à cause d'elle !... Elle me l'a rendu
satanique... Plus de mère, plus d'épouse, plus d'enfants, il n'y avait plus
rien pour lui ! L'enfer doit te posséder, satan !" Jésus lève les yeux
en suivant la main tremblante qui accuse et il voit dans un coin, contre le
mur rouge foncé, Marie de Magdala, plus provocante que jamais, je dirais
vêtue... de rien jusqu'à mi-corps, car elle est à moitié nue au-dessus de la
taille, enveloppée d'une sorte de filet à mailles hexagonales avec des
petites boules qui me paraissent des perles. Mais elle est dans la pénombre
et je ne vois pas bien. [1] Jésus baisse de
nouveau les yeux. Marie, excitée par son indifférence, se redresse alors
qu'auparavant elle était comme accablée, et elle se donne une contenance. "Femme" dit
Jésus à la mère. "Pas d'imprécations. Réponds. Pourquoi ton fils
était-il dans cette maison ?" "Je te l'ai dit.
Parce qu'elle l'avait rendu fou. Elle." "Silence. Lui aussi
était donc en état de péché puisque adultère et père indigne de ces
innocents. Il mérite donc son châtiment. 254> En cette vie et dans l'autre, il n 'y a pas de miséricorde
pour qui ne se repent pas. Mais j'ai pitié de ta douleur, femme, et de
ces innocents. Ta maison est loin ?" "Une centaine de
mètres." "Soulevez
l'homme et portez-le là." "Ce n'est pas
possible, Maître" dit le marchand Joseph. "Il est sur le point de
mourir." "Fais ce que je
dis." Ils passent une
planche sous le corps du moribond et le cortège sort lentement. Il traverse
la rue et pénètre dans un jardin ombragé. Les femmes continuent de pleurer
bruyamment. Lorsqu'ils sont à l'intérieur du jardin, Jésus se tourne vers la
mère : "Peux-tu pardonner ? Si tu pardonnes, Dieu pardonne.
Il faut se faire un cœur bon pour obtenir grâce. Celui-ci a péché et
péchera encore. Pour lui mieux vaudrait mourir car en vivant il retombera
dans le péché et il devra en plus répondre de son ingratitude envers Dieu qui
le sauve. Mais toi et ces innocents (il indique l'épouse et les enfants)
tomberiez dans le désespoir. Je suis venu pour sauver et non pour perdre.
Homme, je te le dis : lève-toi et sois guéri." L'homme reprend vie
et ouvre les yeux. Il voit sa mère, ses enfants, sa femme. Il baisse la tête,
honteux. "Fils,
fils !" dit la mère. "Tu étais mort s'il ne t'avait pas sauvé.
Reviens à toi. Ne délire pas pour une..." Jésus interrompt la
vieille : "Femme, tais-toi. Montre la même miséricorde dont tu as
profité. Puis il sort en
passant devant Marie de Magdala qui a suivi le cortège jusqu'au bout de la
rue et est restée adossée contre un arbre. Jésus ralentit comme pour attendre
les disciples, mais je crois qu'il le fait pour donner à Marie la possibilité
de faire un geste. Mais elle ne le fait pas. Les disciples rejoignent. Jésus et Pierre ne
peut se retenir de dire à Marie, entre les dents, une épithète appropriée. Et
elle pour se donner une contenance éclate de rire ce qui est pour elle un
bien pauvre triomphe. Mais Jésus a entendu la parole de Pierre. Il se
retourne et lui dit sévèrement: "Pierre, Moi, je n'insulte pas. N'insulte pas. Prie pour les pécheurs. Rien d'autre." |
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255> Marie cesse de rire, baisse la tête et s'enfuit comme une
gazelle vers sa maison. |
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