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"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
aucun accent |
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d'après Le Caravage dimanche 7 avril 30 (16 Nisan) POINTS CLÉS
RÉSUMÉ - Le crime des gens du Temple 51 - Il devait descendre de la croix 52 - Simon et Cléophas rencontrent un voyageur
pressé 53 - Auquel ils font l'éloge de Jésus 53 - Mais il n'avait pas l'étoffe d'un roi 54 - Nous ne savons plus que penser 54 - Discours (Une royauté éternelle, universelle et spirituelle 55 - Jésus est le Messie attendu et ressuscité 56 - Il est l'Agneau Sauveur 57 - Tous les peuples viendront à lui) 58 - Après le Sang il manque encore le Feu 58 - Jésus est reconnu à la fraction du pain 59 - Les deux décident de revenir à Jérusalem 59 |
Accueil >> Plan du site >> Sommaire du Tome 10 10.11. |
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51> Sur une route montueuse deux hommes entre deux âges marchent
rapidement en tournant le dos à Jérusalem, dont les hauteurs disparaissent de
plus en plus derrière les autres qui se suivent, avec de continuelles
ondulations de sommets et de vallées. 52> Ils parlent entre eux, et le plus âgé dit à l’autre qui peut
avoir trente-cinq ans tout au plus : "Tu crois qu’il a mieux valu agir
ainsi. J’ai une famille et toi aussi. Le Temple ne plaisante pas. Il veut
vraiment en finir. A-t-il raison ? A-t-il tort ? Je ne le sais pas. Je sais
qu’il a l’intention bien claire d’en finir pour toujours avec tout
cela." "Avec ce crime,
Simon. Donne-lui son vrai nom, parce que c’est au
moins un crime."
"Rien. L’amour
éclaire. Il ne porte pas à l’erreur." "Le Sanhédrin
aussi, les Prêtres aussi et les Chefs aiment. Ils aiment Jéhovah,
Celui qu’Israël tout entier a aimé depuis que le pacte a été conclu entre
Dieu et les Patriarches. Alors, pour eux aussi l’amour est lumière et ne
porte pas l’erreur !" "Ce n’est pas
de l’amour pour le Seigneur que le leur. Oui. Israël depuis des siècles est
dans cette Foi. Mais dis-moi : peux-tu dire que c’est encore une Foi celle
que nous donnent les Chefs du Temple, les Pharisiens, les Scribes, les
Prêtres ? Tu le vois ? Avec l’or consacré au Seigneur, on le savait déjà, ou
du moins on soupçonnait que cela arrivait, avec l’or consacré au Seigneur ils
ont payé le Traître et maintenant ils paient les gardes. Le premier pour
qu’il trahisse le Christ, les seconds pour qu’ils mentent. Oh ! Je ne sais
pas comment la Puissance éternelle s’est bornée à déplacer les murs et à
déchirer le Voile ! Je te dis que j’aurais voulu que les nouveaux philistins
soient ensevelis sous les décombres. Tous !" "Cléophas ! Tu serais toute vengeance." "Je serais vengeance.
Car, admettons que Lui n’était qu’un prophète, est-il permis de tuer un
innocent ? Car il était innocent ! L’as-tu jamais vu commettre un des crimes
dont on l’a accusé pour le tuer ?" "Non. Aucun.
Pourtant il a fait une erreur." "Laquelle, Simon
?" "Celle de ne
pas manifester sa puissance du haut de la Croix. Pour confirmer notre foi et
pour punir les incrédules sacrilèges. Il devait relever le défi et descendre
de la Croix." "Il a fait
davantage. Il est ressuscité." "Est-ce que c’est
vrai ? Ressuscité comment ? Avec son seul Esprit ou avec l’Esprit et la Chair
?" "Mais l’esprit
est éternel ! Il n’a pas besoin de ressusciter !" s’exclame Cléophas. "Notre pauvre
Maître !..." ils se taisent affligés.
Les deux ne le
reconnaissent pas. "Tu es d'ailleurs, homme ? Tu ne t'es pas arrêté à Jérusalem
? Ton vêtement poussiéreux et tes sandales en cet état nous paraissent
appartenir à un pèlerin infatigable." "Je le suis. Je
viens de très loin..." "Tu dois être
fatigué, alors. Et tu vas loin ?" "Très loin.
Plus loin encore que de l'endroit d'où je viens." "Tu fais du
commerce ? Des marchés ?" "Je dois
acheter une quantité infinie de troupeaux pour le plus grand Seigneur. Je
dois faire le tour du monde pour choisir des brebis et des agneaux, et
descendre même parmi les troupeaux sauvages qui pourtant, quand ils seront
rendus domestiques, seront meilleurs que ceux qui maintenant ne sont pas
sauvages." "Travail
difficile. Et tu as continué ta route sans t'arrêter à Jérusalem ?" "Pourquoi le
demandez-vous ?" "Parce que toi
seul sembles ignorer ce qui y est arrivé ces jours- ci." "Qu'est-il
arrivé ?" "Tu
viens de loin et c'est pour cela que peut-être tu ne sais pas. Mais ta façon
de parler est pourtant de Galilée. Aussi, même si tu es serviteur d'un roi
étranger ou fils de galiléens expatriés, tu dois savoir, si tu es circoncis,
que depuis trois ans dans notre patrie s'est levé un grand prophète du nom de
Jésus de Nazareth, puissant en œuvres et en paroles devant Dieu et devant les
hommes, qui allait en prêchant à travers tout le Pays. Et il se disait le
Messie. Ses paroles et ses œuvres étaient réellement du Fils de Dieu, comme Lui se disait. Mais seulement du Fils de Dieu. Tout Ciel...
Maintenant tu sais pourquoi... Mais es-tu circoncis ?" "Alors tu
connais notre Religion ?" "Je n’en ignore
pas une syllabe. Je connais les préceptes et les usages. L’halachah, la midrashim et l’hagadah me sont connues comme les éléments de
l’air, de l’eau, du feu et de la lumière qui sont les premiers vers lesquels
tend l’intelligence, l’instinct, les besoins de l’homme qui vient de
naître." "Eh bien, alors
tu sais qu’Israël eut la promesse du Messie, mais comme d’un roi puissant qui
aurait rassemblé Israël. Celui-ci, au contraire, n’était pas ainsi..." "Comment donc
?"
"Et alors
?" "Et alors les
Chefs des Prêtres et les Anciens d’Israël l’ont pris et l’ont jugé passible
de la mort... en l’accusant, pour dire vrai, de fautes qui n’étaient pas
vraies. Sa faute était d’être trop bon et trop sévère..." "Comment
pouvait-il, s’il était l’un, être l’autre ?" "Il le pouvait
car il était trop sévère en disant la vérité aux Chefs d’Israël et trop bon
pour ne pas faire contre eux des miracles de mort, en foudroyant ses injustes
ennemis." "Il était
sévère comme le Baptiste ?" "Voila... je ne
saurais dire. Il faisait de durs reproches, surtout dans les derniers temps, aux
scribes et aux pharisiens et menaçait ceux du Temple comme marqués par la
colère de Dieu. Mais ensuite, si quelqu’un était pécheur et se repentait, et
si Lui voyait dans son cœur un vrai repentir, car le Nazaréen lisait dans les
cœurs mieux qu’un scribe dans le texte, alors il était plus doux qu’une
mère." "Et Rome a
permis qu’on tue un innocent ?" "Et maintenant
vous ne l'êtes plus ?" "Nous espérions
que ce serait Lui qui libérerait Israël et aussi que, par un prodige, il
confirmerait ses paroles. Au contraire !..." "Quelles
paroles avait-il dites ?" "Nous te
l'avons dit : " Je suis venu au Royaume de David. Je suis le Roi
pacifique" et ainsi de suite. Et il disait : "Venez au
Royaume" mais ensuite il ne nous a pas donné le royaume. Et il disait :
"Le troisième jour je ressusciterai". Maintenant c'est le troisième
jour qu'il est mort, et même il est déjà accompli car l'heure de none est
déjà passée et Lui n'est pas ressuscité. Des femmes et des gardiens disent
que oui, il est ressuscité. Mais nous nous ne l'avons pas vu. Les gardiens
disent, maintenant, qu'ils ont ainsi parlé pour justifier le vol du cadavre
fait par les disciples du Nazaréen. Mais les disciples !... Nous l'avons tous
quitté par peur quand il était vivant... et certainement nous ne l'avons pas
dérobé maintenant qu'il est mort. Et les femmes... qui se fie à elles ? Nous
raisonnions à ce propos. Et nous voulions savoir s'il a voulu dire s'il
ressusciterait avec l'Esprit redevenu divin ou si ce serait aussi avec la
Chair. Les femmes disent que les anges - car elles disent avoir vu aussi les
anges après le tremblement de terre, et c'est possible car le vendredi déjà
des justes sont apparus hors des tombeaux - elles disent que les anges ont
dit que Lui est comme quelqu'un qui n'est jamais mort. Et c'est tel en effet
que les femmes ont semblé le voir. Mais deux de nous, deux chefs, sont allés
au Tombeau. Et, s'ils l'ont vu vide, comme les femmes l'ont dit, ils ne l'ont
pas vu Lui, ni là, ni ailleurs. Et c'est une grande désolation car nous ne
savons plus que penser !"
Dans l’espace : il était dit :
Royaume d’Israël, parce que d’Israël est venue la souche de la race humaine,
parce qu’en Israël, dirais-je, se trouve la semence de Dieu et ainsi, en
disant Israël, on voulait dire : le royaume de ceux qui ont été créés par
Dieu. Mais la royauté du Roi Messie n’est pas limitée à la petite étendue de
la Palestine, mais elle s’étend du septentrion au midi, de l’orient à
l’occident, partout où il y a un être qui possède un esprit dans sa chair,
c’est-à-dire partout où il y a un homme. Comment un seul aurait-il pu réunir
en lui-même tous les peuples ennemis entre eux, et en faire un unique royaume
sans répandre des fleuves de sang et les assujettir tous par la cruelle
oppression des hommes d’armes ? Et comment alors aurait-il pu être le roi
pacifique dont parlent les prophètes ? Dans les moyens : le moyen humain,
ai-je dit, c’est l’oppression. Le moyen surhumain c’est l’amour. Le premier
est toujours limité car les peuples finissent par se révolter contre
l’oppresseur. Le second est illimité parce que l’amour est aimé, ou s’il ne
l’est pas, est tourné en dérision. Mais comme c’est une chose spirituelle il
ne peut jamais être directement attaqué. Et Dieu, l’Infini, veut des moyens
qui soient comme Lui. Il veut ce qui n’est pas fini parce qu’Il est éternel :
l’esprit; ce qui appartient à l’esprit; ce qui mène à l’Esprit. Voici quelle
a été l’erreur : d’avoir conçu dans l’esprit une idée messianique erronée
dans les moyens et dans la forme.
Comment est-il ressuscité ? vous demandez-vous. Je réponds : il est
ressuscité avec sa vraie Chair et avec son Esprit Divin qui l’habite, comme
en toute chair mortelle il y a, qui l’habite, l’âme qui est reine dans le
cœur. C’est ainsi qu’il est ressuscité après avoir tout souffert pour tout
expier, et pour réparer l’Offense primitive, et les offenses infinies que
chaque jour l’Humanité accomplit. Il est ressuscité comme il était dit sous
le voile des prophéties. Venu à son temps, je vous rappelle Daniel, il a été
immolé à son temps. Et, écoutez et rappelez-vous, au temps prédit après sa
mort la ville déicide sera détruite [10]. Je vous en donne le
conseil : lisez, avec l’âme et non avec l’esprit orgueilleux, les prophètes,
du début du Livre aux paroles du Verbe Immolé, rappelez-vous le Précurseur qui
l’indiquait comme Agneau, rappelez-vous
quel était le destin de l’agneau symbolique de Moïse [11]. C’est par ce sang
que furent sauvés les premiers-nés d’Israël. C’est par ce Sang que seront
sauvés les premiers-nés de Dieu, c’est-à-dire ceux qui par leur bonne volonté
se seront consacrés au Seigneur. Rappelez-vous et comprenez le psaume
messianique de David et le prophète messianique Isaïe [12]. Rappelez-vous
Daniel, ramenez à votre mémoire, mais en l’élevant de la fange à l’azur
céleste, toutes les paroles sur la royauté du Saint de Dieu, et comprenez
qu’il ne pouvait vous être donné d’autre signe plus juste, plus fort de cette
victoire sur la Mort, de cette Résurrection accomplie par Lui-même.
Rappelez-vous qu’il aurait été contraire à sa miséricorde et à sa mission de
punir du haut de la Croix ceux qui l’y avaient mis. 58> Il était encore le
Sauveur, même s’il était le Crucifié méprisé et cloué à un gibet !
Crucifiés étaient les membres, mais libres étaient son esprit et sa volonté.
Et avec ceux-ci, il a voulu encore attendre pour donner aux pécheurs le temps
de croire et d’appeler son Sang sur eux, non par
des cris blasphématoires, mais par des gémissements de contrition. Voici Emmaüs, amis.
Je vais plus loin. Il n’est pas accordé de repos au Voyageur qui a tant de
chemin à faire."
"Vous l’avez eu
si longtemps et vous n’avez pas su acquérir une instruction complète ?
N’est-ce pas une synagogue ?" "Oui. Je suis Cléophas, fils de Cléophas, le chef de
la synagogue, mort dans la joie qu’il a eue d’avoir connu le Messie."
"Et tu n’es pas
encore arrivé à croire sans nuage ? Mais ce n’est pas votre faute. Après le
Sang, il manque encore le Feu. Et ensuite vous croirez car vous
comprendrez. Adieu." Jésus entre et on le
sert, avec l’habituelle hospitalité hébraïque, en Lui donnant la boisson et
de l’eau pour ses pieds lassés. Puis ils se mettent
à table et les deux le prient d’offrir pour eux la nourriture.
Ce n’est pas le
Ressuscité resplendissant apparu aux autres qui Lui sont plus chers. Mais
c’est un Jésus plein de majesté, aux plaies bien nettes dans ses longues
mains : roses rouges sur l’ivoire de la peau. Un Jésus bien vivant dans sa
Chair recomposée, mais bien Dieu aussi dans la majesté de ses regards et de
tout son aspect. Les deux le
reconnaissent et tombent à genoux... Mais quand ils osent relever leur
visage, il ne reste de Lui que le pain rompu. Ils le prennent et
le baisent. Chacun prend son morceau et l’enveloppant dans un linge le met
comme une relique sur sa poitrine. Ils pleurent en
disant : "C’était Lui ! Et nous ne le reconnaissions pas, et pourtant ne
sentais-tu pas que ton cœur brûlait dans ta poitrine pendant qu’il nous
parlait et nous expliquait les Écritures ?" "Oui. Et
maintenant il me paraît le voir de nouveau et dans une lumière qui vient du
Ciel, la lumière de Dieu. Et je vois que Lui est le Sauveur." "Allons. Moi je
ne sens plus la lassitude et la faim. Allons le dire à ceux de Jésus, à
Jérusalem." "Allons. Oh !
si mon vieux père avait pu jouir de cette heure !" "Mais ne dis
pas cela ! Lui en a joui plus que nous. Sans le voile dont il s’est servi par
pitié pour notre faiblesse charnelle, le juste Cléophas
a vu avec son esprit le Fils de Dieu rentrer au Ciel. Allons ! Allons ! Nous
arriverons en pleine nuit, mais si Lui le veut il nous donnera manière de
passer. S’il a ouvert les portes de la mort, il pourra bien ouvrir les portes
des murs ! Allons !" Et dans le couchant
entièrement pourpre, ils s’en vont avec empressement vers Jérusalem. |
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Note : L’ubiquité de Jésus entre Emmaüs et le Cénacle a ébranlé les apôtres. (Cf. 4.95) |
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[3] Psaume
110(109),1 mais aussi Isaïe
66,1
[4] Isaïe
53,1 et suivants : l'homme de douleur
[5] Psaume 22
(21) Mon Dieu ! Mon Dieu ! Pourquoi m'as-tu abandonné ?
[6] Job 19,25 – Psaume 18,15
– Siracide 51,17 – Sagesse 14,7 - Isaïe 11,10-16 -
41,14 - 43,14 – 44,24 – 48,17 – 49,7 – 49,26 – 59,20 – 60,16 – 63,16 – Jérémie
31,11 - Lamentations 3,58 – Sophonie 3,17
[9] Exode 12,3 et suivants
[10] Prophéties de Daniel 9,
22-27
[11] Exode 12,7
(déjà cité)