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"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
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samedi 11 août 29 (12 Eloul)
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Jésus, au matin, seul dans le pavillon vert 514 -
Départ des femmes pour Nazareth 515 -
Jésus prend congé de Jeanne 516 -
La foule qui se rend aux Thermes 516 -
Guérison refusée à un homme ivre 517 -
Arrivée aux Thermes 518 Amorce
d'un discours 519 - Discours : Je suis l'Eau Vive 519 -
Des aumônes recueillies sont distribuées 520 -
Guérisons nombreuses et simultanées 520 -
La foule suit Jésus vers Tarichée 521 |
Accueil >> Plan du Site >> Sommaire du Tome 6 6.154. |
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>515 Le lac n'est qu'une
énorme sardoine dans le chaton des collines qu'éclairent très faiblement les
étoiles, car la lune est déjà couchée. Jésus est seul dans le pavillon vert,
la tête appuyée sur ses avant-bras, posés sur la table près de la lampe dont
la lueur agonise. Mais il ne dort pas. De temps à autre, il lève la tête,
regarde encore les feuilles dépliées sur la table, que retient la lampe
placée au sommet des feuilles et ses avant-bras qui s'appuient en bas et
puis, de nouveau, il incline la tête. Tout est silence. Le lac lui-même semble dormir dans le calme
accablant de la nuit. Puis voilà, en même temps, un bruissement du vent dans
les feuillages, le claquement solitaire d'une vague sur la rive, un changement
dans la nature, c'est comme un réveil des éléments. La pâle clarté de l'aube
qui pointe à peine est déjà une lumière, bien que l’œil ne s'en aperçoive pas
encore quand il regarde le jardin désert. C'est le miroir du lac qui donne un
reflet de ce retour de la lumière parce que sa sardoine foncée, couleur de
plomb, se fait plus clair, et lentement, par le reflet du ciel où l'aube
commence, il passe de la couleur du plomb au gris-ardoise, puis au gris-fer
pour devenir couleur d'opale et enfin le voilà qui reflète le ciel dans ses
eaux d'un bleu paradisiaque. Jésus se lève, rassemble les feuilles, prend la lampe qui s'est
éteinte au premier souffle de la brise et il se dirige vers la maison. Il
rencontre une servante qui s'incline, puis un jardinier qui se dirige vers
les parterres, avec lequel il échange le salut. Il entre dans l'atrium où les
autres serviteurs commencent leurs premiers travaux. "Paix à vous. Pouvez-vous appeler les miens ?" "Ils sont déjà levés, Seigneur, et le char pour les femmes
est déjà prêt. Jeanne aussi est levée. Elle est dans l'atrium
intérieur." Jésus traverse la maison pour se rendre à l'atrium qui est du
côté de la rue. En fait tous sont rassemblés là. "Allons. Mère, que le Seigneur soit avec toi. Marie, avec
toi aussi, et que ma paix vous accompagne. Adieu, Simon. Porte ma paix à
Salomé et aux enfants." Jonathas ouvre le lourd portail. Dans la rue
se trouve le char couvert. La rue, entre les maisons, n'est pas encore très
éclairée et elle est tout à fait déserte. Les femmes montent avec leur parent
dans le char qui s'éloigne. "Allons de suite, nous aussi. André, cours en avant là où
sont les barques et dis aux garçons de nous rejoindre à Tarichée." "Comment ?
Nous allons à pied ? Nous arriverons tard..." "N'importe. Allez
en avant pendant que je prends congé de Jeanne." >516 Les apôtres
s'éloignent... "Je te suis, Seigneur, ou plutôt, je te précède car je
vais avec la barque." "Tu devras attendre longtemps..." "Cela ne compte pas. Laisse-moi venir." "Qu'il en soit comme tu veux. Chouza
est absent ?" "I1 n'est pas rentré, Seigneur." "Tu lui diras que je le salue et que je l'exhorte à être
juste. Caresse pour moi les enfants. Et... toi qui as compris le Maître, fais
comprendre à Chouza qu'il est dans l'erreur et avec
lui tous ceux qui veulent faire du Christ un roi temporel." Jésus aussi sort sur le chemin et rejoint rapidement les
apôtres. "Allons par le chemin d'Emmaüs. Beaucoup de malheureux vont aux
sources, les uns pour obtenir la guérison, d'autres pour trouver des
secours." "Mais nous n'avons pas la moindre piécette" observe
Jacques de Zébédée. Jésus ne répond pas. Les routes se peuplent de minute en minute et de deux
catégories de personnes bien différentes. Il y a des maraîchers, des
marchands, des serviteurs, des esclaves, des gens du peuple qui se hâtent
vers les marchés, et des riches jouisseurs qui, en litières ou à cheval, vont
eux aussi vers les sources, thermales je suppose, si elles doivent donner la
guérison. Tibériade doit être un peu cosmopolite car parmi ceux qui y
habitent, on voit des gens de nations différentes : des romains alourdis
par leur vie oisive et vicieuse, des grecs bichonnés et certainement pas
moins licencieux que les romains, mais dont le mas-que
que leur laisse le vice n'a pas la même expression que celui des latins, des
gens de la côte phénicienne, des hébreux, la plupart âgés; accents, langues,
vêtements différents, et quelque pâle visage de malade, homme ou femme, ou
des visages las de patriciennes... et aussi des visages de bons vivants des
deux sexes qui avancent en groupes, les uns à cheval, près des litières, les
autres en litières, se livrant à des railleries, à des discussions sur des
sujets futiles, faisant des paris... La route est belle. Un chemin ombragé par de grands arbres qui
laissent voir dans les intervalles de leurs troncs d'un côté le lac, de
l'autre la campagne. Le soleil, levé maintenant, ravive les teintes des eaux
et des plantes. >517 Plusieurs se retournent pour regarder Jésus
et un murmure sur son passage : paroles admiratives des femmes,
plaisanteries des hommes, parfois méprisantes, des grognements, quelque
plainte que Jésus accueille, les seules auxquelles il prête attention et
qu'il exauce.
"Oh !" s'écrie un vieux romain au visage
boursouflé de noceur. "Oh ! c'est beau de guérir ainsi. Je
l'appelle." "Il ne le fera pas pour toi, vieux Silène [1]. Que voudrais-tu
faire, une fois guéri ?" "Revenir à la jouissance !" "Alors inutile d'aller trouver le triste Nazaréen." "J'y vais, et je parie ce que j'ai que..." "Ne parie pas. Tu vas perdre." "Laisse-le parier : il est encore ivre. Nous
profiterons de son argent." Le vieux descend en titubant de la litière. Il rejoint Jésus
qui écoute une mère Israélite qui lui parle de sa fille, une fillette
exsangue qu'elle conduit par la main. "Ne crains pas, femme. Ta fille ne va pas mourir. Retourne
à ta maison. Ne la conduis pas aux sources. Elle n'y trouverait pas la santé
du corps, et perdrait la pureté de son âme. Ce sont des lieux de licence
dégradante" et il le dit à haute voix de façon que tous l'entendent. "J'ai foi, Rabbi. Je retourne chez moi. Bénis tes
servantes, Maître." Jésus les bénit et il va s'éloigner. Le romain le tire par son vêtement :
"Guéris-moi" commande-t-il. Jésus le regarde et demande : "Où ?" Les romains, et avec eux des grecs et des phéniciens, se sont
rassemblés et ils ricanent et parient. Des Israélites, qui se sont écartés en
murmurant : "Profanation ! Anathème !" et d'autres paroles
du même genre, s'arrêtent, pourtant par curiosité... "Où ?" demande Jésus. "De partout, je suis malade... Hi ! hi !
hi !" Je ne sais s'il rit ou s'il pleure, tant est étrange le cri
qui lui sort de la bouche. Il semble que la graisse flasque que lui ont
laissée des années de vice gêne jusqu'aux cordes vocales. L'homme énumère ses
infirmités et dit sa peur de mourir. >518 Jésus le regarde sévèrement et répond :
"En effet tu dois craindre la mort car tu t'es tué toi-même" et il
lui tourne le dos. L'autre cherche à le reprendre par son vêtement pendant
que ricanent ceux qui sont là, mais Jésus se libère et s'éloigne. "Pouce retourné, Appius
Fabius ! Pouce retourné ! Celui que l'on appelle le roi des
hébreux, ne t'a pas fait grâce. Donne-nous ta bourse, ton pari est
perdu." Grecs et romains font du vacarme en entourant l'homme déçu. Ce
dernier les écarte en les bousculant et se met à courir, aussi vite qu'il le
peut, obèse comme il l'est, en relevant son vêtement, titubant avec toute sa
masse graisseuse. Mais il trébuche et tombe dans la poussière au milieu des
éclats de rire de ses amis qui le traînent près d'un arbre, contre le tronc
duquel l'homme ivre se serre en pleurant du pleur stupide des ivrognes. Les sources sont certainement proches car la foule est de plus
en plus nombreuse, affluant de routes nombreuses vers un seul endroit. Il
stagne dans l'air une odeur d'eaux sulfureuses. "Descendons-nous vers la rive pour éviter ces gens
immondes ?" demande Pierre. "Ils ne sont pas tous immondes. Il y a parmi eux beaucoup
d'Israélites" dit Jésus. On est arrivé aux Thermes : une série d'édifices de
marbres blancs, en face du lac, séparés par des avenues, et séparés du lac
par une vaste place plantée d'arbres sous lesquels circulent ceux qui sont
arrivés, en attendant le bain, ou pour réagir après le bain. Des têtes de
méduses en bronze, qui font saillie dans le mur d'un édifice, jettent des
eaux fumantes dans un bassin de marbre, qui blanc à l'extérieur, est
rougeâtre à l'intérieur, comme s'il était recouvert de fer rouillé. De
nombreux Israélites vont aux sources, et boivent l'eau minérale avec des
coupes. Je ne vois que des hébreux qui le fassent, et à ce pavillon. Je crois
deviner que les Israélites fidèles ont voulu avoir un endroit particulier
pour éviter les contacts avec les gentils. De nombreux malades sont sur des brancards en attendant les
soins, et voyant Jésus, plusieurs crient : "Jésus, Fils de David,
aie pitié de moi." Jésus se dirige vers eux. Paralytiques, arthritiques,
ankylosés, atteints de fractures, dont les os ne se ressoudent pas, malades
d'anémie, d'affections glandulaires, femmes flétries avant l'âge, enfants
prématurément vieillis [2].
Et puis, sous les arbres, des mendiants qui se plaignent et demandent
l'aumône. >519 Jésus s'arrête près des malades. Le bruit se
répand que le Rabbi va parler et guérir. Les gens, même ceux d'autres races,
s'approchent pour voir. Jésus regarde tout autour de Lui. Il sourit en voyant sortir,
avec les cheveux encore humides de la douche qu'il a prise, le grec envoyé
par Sintica. Il élève tout à coup la voix pour se
faire entendre : "La miséricorde ouvre les portes à la grâce. Soyez
miséricordieux pour obtenir miséricorde. Il fait une pause comme pour donner aux gens le temps de
choisir entre l'écouter ou se rendre aux bains. Mais la plupart délaissent
les bains. Israélites et gentils se pressent pour l'entendre. Des romains
sceptiques dissimulent leur curiosité sous des plaisanteries :
"Aujourd'hui il ne manque pas le rhéteur pour que ce lieu ressemble aux
Thermes romains" disent-ils. Le grec Zénon fend la foule en criant : "Par
Zeus ! J'allais me rendre à Tarichée, et c'est
ici que je te trouve !" Jésus continue : "Hier, on m'a dit: "C'est
difficile de suivre ce que tu fais". Non, ce n'est pas difficile. Ma
doctrine se base sur l'amour, et il n'est jamais difficile de suivre l'amour.
Que prêche ma doctrine? Le culte d'un Dieu vrai, l'amour pour notre prochain.
L'homme, éternel enfant, a peur des ombres, et il suit des chimères parce
qu'il ne connaît pas l'amour. L'amour est sagesse et lumière. Il est sagesse
parce qu'il s'abaisse pour instruire, il est lumière parce qu'il vient pour
éclairer. Là où se trouve la lumière, les ombres disparaissent, et là où est
la sagesse, les chimères périssent. Parmi ceux qui m'écoutent, il y a des
gentils. Ils disent : "Où est Dieu ?" Ils disent :
"Qui nous prouve que ton Dieu soit le vrai ?" Ils
disent : "De quelle façon nous assures-tu que tu es véridique dans
tes paroles ?" Il n'y a pas que les gentils qui le disent. D'autres
aussi me demandent : "Par quel pouvoir fais-tu ces
choses ?" Par le pouvoir qui me vient du Père, du Père qui a mis
toutes choses au service de l'homme, sa créature préférée, et qui m'envoie
pour instruire les hommes mes frères. Le Père peut-Il, Lui qui a donné le
pouvoir aux entrailles du sol de rendre médicamenteuses les eaux des sources,
peut-Il avoir limité la puissance de son Christ ? Et qui, quel Dieu,
sinon le Dieu vrai, peut accorder au Fils de l'homme de faire les prodiges
qui recréent les membres détruits ? En quel temple d'idoles voit-on que
les aveugles recouvrent la vue et les paralytiques le mouvement ? >520 En quel temple les
mourants, sur le "je le veux" d'un homme, se redressent-ils plus
sains que les gens bien portants ? Eh bien, Moi, pour louer le Dieu
vrai, et pour faire qu'il soit connu et loué par vous, je dis à tous ceux qui
sont rassemblés ici, quelles que soient leur race et leur religion, qu'ils
auront la santé qu'ils demandent aux eaux et qu'ils l'auront par Moi. Jésus lève un pan de son manteau et le tend pour recevoir les
pièces. Nombreuses sont les pièces que païens et Israélites s'empressent d'y
jeter, et ce ne sont pas seulement les pièces qui y arrivent mais aussi des
bagues et d'autres bijoux qu'y jettent avec insouciance des dames romaines
qui, lorsqu'elles s'approchent de Jésus, le regardent, et il en est qui Lui
murmurent quelque parole et Jésus acquiesce ou répond brièvement. L'offrande est terminée. Jésus appelle les apôtres pour qu'ils
Lui amènent les mendiants, et avec la même rapidité avec laquelle le trésor
s'était constitué, le voilà qu'il se disperse jusqu'à la dernière pièce. Il
reste des bijoux que Jésus rend aux donatrices car il n'y a personne
susceptible de les échanger contre de l'argent. Pour consoler les donatrices,
il leur dit : "Le désir vaut l'acte. L'offrande est aussi précieuse
que si elle avait été distribuée, car Dieu regarde à l'intention de
l'homme." Puis il se redresse et crie : "De qui me vient la
puissance ? Du vrai Dieu. Père, fais que Tu resplendisses en ton Fils.
C'est en ton nom que je commande aux malades : allez !"
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>521 Et puis Jésus s'éloigne pour échapper à la foule, mais il n'y
parvient pas. Sauf quelque gentil obstiné ou quelque hébreu encore plus coupable
dans son obstination, tout le monde le suit sur la route qui va à Tarichée |
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[1] dieu proche des satyres
[2] Réflexion pertinente de
Maria Valtorta : Les termes de Tibériade soignaient ces maladies. Voir les connaissances
topographiques remarquables