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"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" |
aucun accent |
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mercredi
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Entouré et protégé, Jésus va prier 203 -
Puis il devise avec les siens 204 -
Il annonce le thème de son discours : L'eau vive 204 -
Discours (La résurrection finale de la chair 205 -
La résurrection actuelle des esprits 206 -
Un Temple et un Autel d'où jaillira l'Eau 207 -
Un déluge sanctificateur) 208 -
L'admiration de la foule 208 -
Le thaumaturge est sommé de quitter le Temple 209 -
Les gardes avaient eu ordre de l'arrêter 209 -
Joseph d'Alphée a mieux compris 210 -
Il protégera Jésus 210 -
Comme parent, non comme Fils de Dieu 211 |
7.186. |
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203> Le Temple regorge vraiment
de gens. Il y manque pourtant l'élément féminin et les enfants. La
persistance d'une saison venteuse et d'averses précoces, violentes, même si
elles sont brèves, doit avoir persuadé les femmes de partir avec les enfants.
Mais les hommes de toute la Palestine et les prosélytes de la Diaspora
remplissent littéralement le Temple pour faire les dernières prières, les
dernières offrandes, et écouter les dernières instructions des scribes. Les galiléens qui suivent Jésus sont au complet, avec les chefs les plus
importants au premier rang, et au milieu, très pénétré de sa qualité de
parent, se trouve Joseph
d'Alphée avec son frère Simon. Un autre groupe
serré et qui attend, c'est celui des soixante-douze disciples. Je les
nomme ainsi pour indiquer les disciples choisis par Jésus pour évangéliser,
dont le nombre a changé, et aussi les visages car certains des anciens n'y
sont plus, après la défection qui a suivi le discours sur le Pain du Ciel, et
d'autres nouveaux y sont venus comme Nicolaï
d'Antioche. Un troisième groupe, très uni aussi et très nombreux, c'est
celui des juifs, parmi lesquels je vois les chefs des synagogues d'Emmaüs, d'Hébron, de Kériot, de Jutta, d'autre part, est présent le mari de Sara, et de Béthsur, les parents d'Élise [1]. 204> Ils sont près de la Belle Porte, et est
claire leur intention d'entourer le Maître dès qu'il va paraître. En effet
Jésus ne peut faire un pas à l'intérieur de l'enceinte sans que ces trois
groupes l'entourent, comme pour l'isoler des malveillants ou aussi de ceux
qui sont seulement des curieux. Jésus se dirige vers
l'Atrium des Israélites pour les prières, et les autres le suivent en groupe
compact autant que le permet la foule, sourds au mécontentement de ceux qui
doivent s'écarter pour faire place au grand nombre de personnes qui entourent
Jésus. Lui est parmi ses frères. Et il n'est pas doux comme celui de Jésus le
regard, ni humble comme celle de Jésus l'attitude de Joseph d'Alphée qui dévisage
expressivement certains pharisiens... Ils prient et puis reviennent dans la Cour des Païens. Jésus
s'assoit humblement par terre, le dos au mur du portique. Il se forme un
demi-cercle qui devient de plus en plus serré à cause des rangs de personnes
qui se placent derrière ceux qui sont plus près de Lui, qui s'assoient ou
s'adossent en restant debout : c'est une convergence de visages et de regards
sur un unique Visage. Les curieux, ceux qui ignorent étant venus de loin, les
malveillants, sont au-delà de cette barrière de fidèles et s'efforcent de
voir en allongeant le cou et en se dressant sur la pointe des pieds. Jésus écoute en attendant tel ou tel qui Lui demande des
conseils ou rapporte des nouvelles. Ainsi parlent les parents d'Élise, en
donnant de ses nouvelles et en demandant si elle peut venir servir le Maître.
Et Lui répond : "Je ne reste pas ici. Elle viendra plus tard." Le parent de Marie de Simon, la mère de Judas de Kériot, lui dit qu'elle est restée pour garder
l'exploitation, mais que Marie est presque toujours avec la mère de Joanne. Judas, étonné,
écarquille les yeux mais ne parle pas. Puis c'est le mari de Sara qui Lui annonce la
naissance d'un autre enfant et Lui demande comment l'appeler. Jésus répond :
"Jean si c'est un garçon, Anne si c'est une fille." Et le vieux
chef de la synagogue d'Emmaüs Lui murmure doucement quelque cas de
conscience, auquel Jésus répond doucement. Et ainsi de suite. Pendant ce temps les gens deviennent de plus en plus nombreux.
Jésus lève la tête et regarde. Comme le portique est surélevé de quelques
marches, Lui, tout en restant assis par terre, domine une bonne partie de la
cour, de ce côté, et il voit quantité de visages. Il se lève et il dit à haute voix, de toute sa voix juste et
forte : 205> "Que celui qui a
soif vienne à Moi et boive ! Du sein de ceux qui croient en Moi jailliront
des fleuves d'eau vive." Sa voix remplit la vaste cour, les splendides portiques, elle
franchit certainement ceux qui sont de ce côté et se propage ailleurs,
dominant toute autre voix, comme un tonnerre harmonieux plein de promesses.
Il parle et puis se tait quelques instants comme s'il avait voulu énoncer le
thème du discours et ensuite donner le temps à ceux que l'audition
n'intéresse pas de s'en aller sans déranger par la suite. Les scribes et les
docteurs se taisent ou plutôt baissent leurs voix en un murmure certainement
malveillant. Gamaliel, je ne le vois pas. Jésus s'avance au milieu du demi-cercle qui s'ouvre à son
arrivée pour se refermer ensuite derrière Lui, de sorte que le demi-cercle se
change en anneau. Il marche lentement, majestueusement. Il semble glisser sur
les marbres polychromes du dallage, avec le manteau un peu ouvert qui Lui
fait par derrière une sorte de traîne. Il va jusqu'au coin du portique, de la
marche qui donne sur la cour, et il s'arrête là. Il domine ainsi deux côtés
de la première enceinte. Il lève le bras droit avec le geste qu'il fait
d'ordinaire quand il commence à parier, alors qu'avec la main gauche sur la
poitrine, il tient en place son manteau.
Celui qui vit la théophanie du Seigneur, le grand Ézéchiel,
prêtre et prophète, après avoir vu prophétiquement les actes impurs dans la
maison profanée du Seigneur, après avoir vu toujours prophétiquement que
seuls ceux qui sont marqués du Tau seront vivants dans la vraie Jérusalem,
alors que les autres connaîtront un et un massacre, une et une condamnation,
un et un châtiment [2] - et le temps est
proche, ô vous qui m'écoutez, il est proche, et plus proche que vous ne
pensez; aussi, je vous exhorte, comme Maître et Sauveur, à ne pas tarder
davantage à vous marquer du Signe qui sauve, à ne pas tarder davantage à
mettre en vous la Lumière et la Sagesse, à ne pas tarder davantage à vous
repentir et à pleurer, pour vous et pour les autres, pour pouvoir vous sauver
— Ézéchiel, après avoir vu tout cela et autre chose encore, parle d'une
terrible vision, celle des ossements desséchés [3].
Mais croyez-vous que, parce que le monde n'est pas encore mort
et que les trompettes angéliques ne sonnent pas le rassemblement, le champ
sans limites de la Terre ne soit pas couvert d'ossements sans vie, desséchés
outre mesure, inertes, séparés, morts, morts, morts ? En vérité je vous dis
qu'il en est ainsi. Parmi ceux qui sont vivants, parce qu'ils respirent
encore, innombrables sont ceux qui sont semblables à des cadavres: aux
ossements desséchés vus par Ézéchiel. Qui sont-ils ? Ce sont ceux qui n'ont
pas en eux la vie de l'esprit.
Ceux qui ont été élus, préférés, protégés, nourris, instruits
par Lui directement, ou par ses serviteurs et ses prophètes, pourquoi
doivent-ils être coupablement des ossements desséchés, alors que pour eux, il
a toujours coulé du Ciel un filet d'eau vitale, et qui les a abreuvé de Vie
et de Vérité ? Pourquoi se sont-ils desséchés, eux, plantés dans la Terre du
Seigneur ? Pourquoi leur esprit est-il mort, quand l'Esprit éternel a mis à
leur disposition tout un trésor de sagesse pour qu'ils l'atteignent et en
vivent ? Qui
d'entre eux, et par quel prodige, pourront revenir à la Vie, s'ils ont
abandonné les sources, les pâturages, les lumières données par Dieu, s'ils
avancent à tâtons dans la brume, boivent à des sources qui ne sont pas pures,
et se repaissent d'aliments qui ne sont pas saints ? 207> Ils ne reviendront donc jamais à la vie? Si.
Je le jure au nom du Très-Haut. Beaucoup ressusciteront. Dieu a déjà
préparé le miracle, et même il est déjà à l'œuvre, il a déjà opéré en
certains, et des ossements desséchés se sont revêtus de vie parce que le
Très-Haut, à qui rien n'est interdit, a tenu sa promesse et la tient, et la
complète toujours plus. Lui, du haut des Cieux, crie à ces ossements qui
attendent la Vie : "Voici, je vais répandre en vous l'esprit et vous
vivrez". Et Il a pris son Esprit, Il s'est pris Lui-même, et Il a formé
une chair pour revêtir sa Parole, et l'a envoyée à ces morts pour qu'en leur
parlant se répande de nouveau en eux la Vie. Que de fois au cours des siècles Israël a crié : "Nos
ossements sont desséchés, notre espérance est morte, nous sommes séparés
!" Mais toute promesse est sacrée, toute prophétie est vraie. Voilà
qu'est venu le temps où l'Envoyé de Dieu ouvre les tombes pour en faire
sortir les morts et les vivifier pour les conduire avec Lui dans le vrai
Israël, dans le Royaume du Seigneur, dans le Royaume de mon Père et du vôtre.
Celui qui vient à Moi ne connaîtra pas la Mort. Que celui qui a
soif de Vie vienne et boive. Que celui qui veut posséder la Vie, c'est-à-dire
Dieu, croie en Moi, et de son sein jailliront non pas des gouttes, mais des
fleuves d'eau vive. Car ceux qui croient en Moi, formeront avec Moi le Temple
nouveau d'où jaillissent les eaux salutaires dont parle Ézéchiel. Venez à Moi, à peuples ! Venez à Moi, ô créatures ! Venez
former un unique Temple car je ne repousse personne, mais par amour je vous veux
avec Moi, dans mon travail, dans mes mérites, dans ma gloire. "Et moi, j'ai vu les eaux qui jaillissaient de dessous la
porte de la maison, à l'orient... Et les eaux descendaient du côté droit, au
midi de l'autel" [4]. Ce Temple ce sont ceux qui croient dans le Messie du Seigneur,
dans le Christ, dans la Loi Nouvelle, dans la Doctrine du temps du Salut et
de la Paix. Comme les murs de ce temple sont formés de pierres, ainsi
d'esprits vivants seront formées les murailles mystiques du Temple qui ne
mourra pas pour toujours et qui de la Terre s'élèvera vers le Ciel, comme son
Fondateur, après la lutte et l'épreuve. 208> Cet autel d'où jaillissent les eaux, cet
autel à l'orient, c'est Moi. Et mes eaux jaillissent de la droite car la
droite est la place des élus au Royaume de Dieu.
Elles jaillissent de Moi, pour se déverser en mes élus et les enrichir des
eaux vitales, chargés de les conduire, de les répandre au nord et au midi, au
levant et au couchant, pour donner la Vie à la Terre chez ses peuples qui
attendent l'heure de la Lumière, l'heure qui viendra, qui devra absolument
venir pour tout lieu, avant que la Terre cesse d'exister. Mes eaux jaillissent et se répandent, mêlées à celles que
Moi-même j'ai données et donnerai à ceux qui me suivent, et tout en étant
répandues pour bonifier la Terre, elles seront unies dans un seul fleuve de
Grâce, de plus en plus profond, de plus en plus vaste, qui s'accroîtra
jour après jour, pas après pas, des eaux des nouveaux fidèles, jusqu'à
devenir comme une mer qui baignera tous les lieux pour sanctifier toute la
Terre. Dieu le veut, Dieu le fait. Un déluge a lavé le monde en
donnant la mort aux pécheurs. Un nouveau déluge, d'un liquide qui ne sera pas
de la pluie, lavera le monde pour lui donner la Vie. Et, par une mystérieuse action de grâce, les hommes pourront
faire partie de ce déluge sanctificateur en unissant leurs volontés à la
mienne, leurs fatigues à la mienne, leurs souffrances à la mienne. Et le
monde connaîtra la Vérité et la Vie, et qui voudra y participer le pourra. Et
il n'y aura que ceux qui ne voudront pas être nourris des eaux de la Vie qui
deviendront un lieu marécageux et pestilentiel, ou qui resteront tels et ne
connaîtront pas les récoltes abondantes des fruits de grâce, de sagesse, de
salut que connaîtront ceux qui vivront en Moi. En vérité je vous dis, une fois de plus, que celui qui a soif
et vient à Moi, boira et n'aura plus soif, car ma Grâce ouvrira en lui des
sources et des fleuves d'eau vive. Et celui qui ne croit pas en Moi périra
comme un marais salant où la vie ne peut subsister. En vérité je vous dis qu'après Moi la Source ne tarira pas, car
je ne mourrai pas, mais je vivrai, et après que je m'en serai allé, allé
et non pas mort, pour ouvrir les Portes des Cieux, un Autre viendra qui
est pareil à Moi, et qui complétera mon œuvre, en vous faisant comprendre ce
que je vous ai dit et en vous incendiant pour faire de vous des
"lumières" puisque vous avez accueilli la Lumière." Jésus se tait. La foule, qui a été silencieuse sous l'empire du discours,
chuchote maintenant, et commente de différentes façons. Quelqu'un dit : "Quelles paroles ! C'est un vrai prophète
!" 209> Un autre : "C'est le Christ. Je vous le
dis. Jean lui-même ne parlait pas ainsi, et aucun prophète
n'est aussi fort." "Et puis Lui nous fait comprendre les prophètes, même
Ezéchiel, dont les symboles sont si obscurs." "Tu as entendu, hein ?! Les eaux ! L'autel ! C'est clair
!" "Et les ossements desséchés ?! Tu as vu comme se sont
troublés les scribes et les pharisiens et les prêtres ? Ils ont compris le
psaume !" "Oui ! Et ils ont envoyé les gardes. Mais eux !... Ils ont
oublié de le prendre et ils sont restés comme des enfants qui voient des
anges. Regarde-les là-bas ! Ils semblent ébahis." "Regarde ! Regarde ! Un magistrat les rappelle et les
semonce. Allons écouter !" Pendant ce temps, Jésus guérit des malades qu'on Lui a amenés
et ne se soucie pas d'autre chose jusqu'au moment où, se frayant un passage à
travers les gens, un groupe de prêtres et de pharisiens, qui ont à leur tête
un homme d'environ trente, trente-cinq ans, et que tout le monde fuit avec
une crainte qui ressemble à de la terreur, arrive à Jésus. "Tu es encore ici ? Va-t-en ! Au nom du Souverain Prêtre
!" Jésus se redresse — il était penché sur un paralytique — et il
le regarde avec calme et douceur. Puis il se penche de nouveau pour imposer
les mains au malade. "Va-t-en ! As-tu compris ? Séducteur des foules, ou nous
te ferons arrêter." "Va, et loue le Seigneur par une vie sainte" dit
Jésus au malade qui se lève guéri. C'est son unique réponse alors que ceux
qui le menacent crachent leur venin, mais la foule, par ses hosannas, les
avertit de ne pas faire de mal à Jésus. Mais si Jésus est doux, Joseph d'Alphée ne l'est pas. Il se
redresse en bombant la poitrine, rejetant sa tête en arrière pour paraître
plus grand, et il crie: "Eléazar, Ô toi qui avec tes
pareils voudrais abattre le sceptre du Fils élu de Dieu et de David, sache
que tu es en train de couper tout arbre, et le tien pour commencer, dont tu
es si fier, car ton iniquité agite au-dessus de ta tête l'épée du Seigneur
!" et il dirait autre chose, mais Jésus lui met la main sur l'épaule en
disant : "Paix, paix, mon frère !" et Joseph, rouge d'indignation,
se tait. Ils se dirigent vers la sortie. Et une fois hors de l'enceinte,
on vient rapporter à Jésus que les chefs des prêtres et des pharisiens ont
reproché aux gardes de ne pas avoir arrêté Jésus, et qu'eux s'étaient excusés
en disant que personne n'avait jamais parlé comme Jésus. 210> Réponse qui avait
rendus fous de rage les princes des prêtres et les pharisiens, parmi lesquels
il y avait plusieurs membres du Sanhédrin, au point que pour prouver aux
gardes qu'il n'y avait que les sots qui pouvaient être séduits par un fou,
ils voulaient aller l'arrêter comme blasphémateur, pour apprendre aussi à la
foule à comprendre la vérité. Mais Nicodème, qui était présent,
s'y était opposé en disant : "Vous ne pouvez procéder contre Lui. Notre
Loi défend de condamner un homme avant de l'avoir entendu et d'avoir vu ce
qu'il fait. Et nous n'avons entendu et vu de Lui que des choses qui ne sont
pas condamnables." Sur quoi la colère des ennemis de Jésus s'était
retournée contre Nicodème qu'ils avaient menacé, insulté et bafoué, comme si
c'était un sot et un pécheur. Et Eléazar ben Anna était parti personnellement
avec les plus furieux, pour chasser Jésus, n'osant faire rien de plus à cause
de la foule. Joseph d'Alphée est furieux. Jésus le regarde et lui dit:
"Tu le vois, ô frère ?" II n'en dit pas davantage... Mais il y a
tant de choses dans ces mots ! Il y a l'avertissement qu'il a raison, qu'il
parle ou se taise, il y a le rappel de ses paroles, il y a l'indication de ce
que sont en Judée les castes dominantes, de ce qu'est le Temple, et ainsi de
suite. Joseph baisse la tête et il dit : "Tu as raison..."
Il se tait, pensif, puis à l'improviste il jette ses bras au cou de Jésus et
il pleure sur sa poitrine en disant: "Mon pauvre Frère ! Pauvre Marie !
Pauvre Mère !" Je crois que Joseph, à ce moment, a l'intuition claire du
sort de Jésus... "Ne pleure pas ! Fais toi aussi, comme Moi, la volonté de
notre Père !" dit Jésus pour le réconforter, et il l'embrasse pour le
consoler. Quand Joseph est un peu calmé, ils se dirigent vers la maison
où il loge et là ils se saluent en s'embrassant. Et Joseph, excessivement
ému, dit comme dernières paroles : "Va en paix, Jésus ! Par dessus tout.
Ce que je t'ai dit près de Nazareth, je te le répète, et plus fortement
encore. Va en paix. Aie seulement le souci de ton travail. Pour le reste,
moi, je m'en occupe. Va et que Dieu te réconforte." Et il l'embrasse
encore, l'air paternel, et il le caresse comme pour laisser sur sa tête sa
bénédiction de chef de famille. Puis Joseph salue ses frères. Aussi Simon les
salue. Mais je remarque que Jacques, je ne sais pour quel motif, est plutôt
réservé avec Joseph, et réciproquement. En revanche avec Simon il y a
davantage d'affection. 211> Joseph dit à Jacques
cette parole: "Je dois donc dire que tu es perdu pour moi ?" "Non, frère. Tu dois dire que tu sais où je suis et qu'il
te revient de me trouver. Sans rancune. Je prie beaucoup pour toi, au
contraire. Mais dans les choses de l'esprit, il ne faut pas prendre deux
sentiers en même temps. Tu sais ce que je veux dire..." "Tu vois que je le défends..." "Tu défends l'homme et le parent. Ce n'est pas assez pour
te donner ces fleuves de Grâce dont Lui parlait. Défends le Fils de Dieu,
sans avoir peur du monde, sans calculs intéressés, et tu seras parfait.
Adieu. Je te confie notre mère et Marie de Joseph..." Je ne sais si Jésus a entendu, car il est occupé à saluer les
autres nazaréens et galiléens. Une fois finies les salutations, il ordonne:
"Allons sur le Mont des Oliviers. De là, nous nous dirigerons en quelque
lieu..." |
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