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"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" |
aucun accent |
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mercredi
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Les lieux, la foule et le temps 214 -
Demain Jésus ira au Temple 215 -
Discours 1 (Les Mages cherchaient Dieu) 215 -
Discours 2 (Deux autres événements 216 -
La liberté choisit le bien ou le mal 217 -
La conscience joue le rôle de gardien 217 -
La vie de l'âme immortelle 218 -
En quoi consiste la vraie religion 218 - Du gouffre vers les cimes) 219 |
7.188. |
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214> Jésus revient de Béthanie par la route d'en bas
(cela dit pour indiquer la route la plus longue, qui ne passe pas par le Mont
des Oliviers, et qui entre dans la ville en passant par le faubourg de Tophet) [1]. Il s'arrête d'abord pour donner des secours aux lépreux, qui n'ont
su Lui demander que du pain, et puis il va tout droit vers un grand bassin
rectangulaire, couvert et fermé de tous les côtés, sauf un. Un puits, un
grand puits couvert, le plus grand que j'aie jamais vu. Il est plus grand que
celui de la Samaritaine et doit donner plus d'eau car le sol, à l'entour, se
ressent de sa nourriture et montre une grande fertilité qui contraste avec
l'aride et sépulcrale vallée de Hinnon qu'on
entrevoit en partie au nord-ouest. Seule une construction en pierres de
taille, telles que celles du puits et de sa couverture, aurait pu résister à
l'humidité du sol. Et les pierres, que sans être expert on peut juger
anciennes, résistent, noires et massives, pour protéger l'eau précieuse. Bien que la journée soit sombre, et malgré la proximité des
tombeaux des lépreux, qui répandent toujours une grande tristesse dans le
voisinage, l'endroit est agréable, tant pour sa fertilité, que parce qu'il a
en arrière, au nord, de vastes jardins plantés d'arbres de toutes espèces qui
dressent leurs cimes feuillues contre le ciel gris qui s'abaisse sur la
ville, et par devant, au sud, la vallée du Cédron dont le lit s'élargit et
charrie des eaux plus abondantes, de même que la vallée se
fait plus gaie et plus lumineuse en suivant la route qui va à Béthanie et à
Jéricho, sur un assez long parcours. 215> Beaucoup de gens : des femmes avec des
amphores, des âniers avec des seaux, des caravanes qui partent ou qui
arrivent, se trouvent près du puits et puisent de l'eau. Le sol est humide
sur une grande partie à cause des seaux qui débordent quand on les verse dans
les récipients. Voix de femmes, paisibles et douces, petites voix perçantes des
enfants, voix graves, rauques, puissantes des hommes, des ânes qui braient et
des chameaux qui grimacent, couchés sous leurs charges, en attendant que le
chamelier revienne avec l'eau. C'est une scène très particulière sous un
sombre crépuscule où le ciel a des taches étranges d'un jaune qui n'est pas
naturel, inattendu, qui répand sur tout une lumière étrange, alors que plus
haut des nuages lourds couleur de plomb s'amoncellent en courant vers
l'occident. Les parties les plus élevées de la ville ont un aspect spectral
dans la lumière étrange contre l'horizon de plomb strié de traits couleur de
soufre. "Tout cela c'est de l'eau et du vent... dit Pierre sentencieusement, et il demande : Où
allons-nous ce soir ?" "Chez l'homme des jardins. Demain, je monte au Temple
et..." "Encore ? Fais attention à ce que tu fais ! Accepte plutôt
l'invitation des affranchis dans leur synagogue" [2] conseille Simon le Zélote. "Alors, synagogue pour synagogue, il y en a d'autres, et
qui ont montré qu'elles le voulaient ! Pourquoi justement eux ?" dit Judas de Kériot. "Parce que ce sont les plus sûrs. Et cela va sans
dire" réplique le Zélote. "Sûrs !! Qu'est-ce qui t'en donne l'assurance ?" "Le fait qu'ils ont su rester fidèles malgré ce qu'ils ont
subi." "Ne vous disputez pas entre vous. Demain, je monte au
Temple. Je l'ai dit. Pour le moment, restons un peu ici. C'est toujours un
bon endroit pour évangéliser." "Pas plus qu'un autre. Je ne sais pourquoi tu le
préfères." "Pourquoi, Judas ? Pour plusieurs raisons que je dirai à
ceux qui y sont rassemblés, et pour une que je vous dis à vous en
particulier. C'est à ce puits de la fontaine de Rogel que séjournèrent, incertains et déçus, les trois Sages d'Orient, car avait disparu
ici l'Étoile qui les avait amenés de si loin. Tout autre homme
aurait perdu confiance en Dieu et en lui-même. 216> Eux prièrent jusqu'à
l'aube près de leurs chameaux fatigués, seuls éveillés parmi leurs serviteurs
endormis et puis, à l'aube, ils se levèrent pour se diriger vers les portes,
défiant le danger d'être pris pour des fous et des fauteurs de troubles,
défiant même le danger qui menaçait leur vie. C'était le règne du sanguinaire
Hérode, souvenez-vous-en. Et il fallait beaucoup moins que la phrase qu'eux,
les Sages, voulaient lui dire, pour qu'il décrétât leur mort. Mais eux me
cherchaient. Ils ne cherchaient pas la gloire, la richesse, les honneurs. Ils
me cherchaient, Moi seulement. Un petit Enfant: leur Messie, leur Dieu. Les apôtres et Margziam avec Isaac sont tout à
l'écoute, le visage bienheureux qu'ils ont toujours quand Jésus évoque sa
naissance, et Isaac absent, soupire, sourit, au souvenir... visage extatique,
loin du lieu et du temps, revenu en arrière de plus de trente années, à cette
nuit, à cette étoile qu'il vit certainement au milieu de son troupeau... D'autres gens s'approchent parce que c'est une route de grande
circulation et écoutent; et quelqu'un rappelle la fantastique caravane, et la
nouvelle qu'elle apportait... et ce qui s'ensuivit. "C'est toujours un lieu de réflexion. L'histoire se répète
toujours. C'est toujours un lieu d'épreuve: pour les bons, pour les mauvais.
Mais toute la vie est une épreuve pour la foi et la justice de l'homme.
217> Je vous rappelle la fidélité de Cousaï, de Sadoc et Abiathar, de Jonathas et Achimaas,
qui partirent de cet endroit pour sauver leur roi et qui furent protégés par
Dieu parce qu'ils agissaient avec justice [3]. Je vous rappelle un événement relatif à ce lieu et qui tourna
mal car c'était une injustice, et pour cette raison Dieu ne le bénissait pas.
Près de la pierre de Zoélet, proche de la fontaine
de Rogel, Adonias
conspira contre la volonté de son père et se fit proclamer roi par ceux de
son parti [4]. Mais cet abus ne
lui servit pas, car avant la fin du banquet, les hosannas qui résonnaient
dans Gihon lui apprirent avant même que parlât Jonathas d'Abiathar, que
Salomon était roi et que lui, qui avait voulu usurper le trône, devait s'en
remettre seulement à la miséricorde de Salomon. Il y en a trop qui répètent le geste d'Adonias
et combattent le vrai Roi, ou conjurent contre Lui en suivant le parti qui
leur semble le plus fort. Et trop peu de ceux qui agissent ainsi savent
s'attacher ensuite à l'autel pour demander pardon et se fier à la miséricorde
de Dieu.
À ce puits on a mis un gardien pour que personne ne corrompe
l'eau. Et en plus du gardien, on lui a donné des murs et un toit pour que le
vent ne pousse pas à l'intérieur des feuilles ou des ordures qui
souilleraient l'eau précieuse. Pour l'homme aussi, Dieu à établi un gardien :
la volonté intelligente et consciente de l'homme; et des abris: les
commandements et les conseils des anges pour que l'esprit de l'homme ne soit
pas corrompu sciemment ou inconsciemment. 218> Mais quand l'homme
corrompt sa conscience, son intelligence, il n'écoute pas les inspirations du
Ciel, il foule aux pieds la Loi, II est comme un gardien qui
laisse le puits sans surveillance, ou comme un fou qui démantèle les
défenses. Il laisse le champ libre aux ennemis sataniques, aux concupiscences
du monde et de la chair, et aux tentations que, même si on ne les favorise
pas, il est toujours prudent de surveiller et de repousser. Fils de Jérusalem, hébreux, prosélytes, voyageurs que le hasard
a réunis ici pour écouter la voix de Dieu, soyez sages de la vraie sagesse
qui est de savoir défendre son propre moi des actions qui déshonorent
l'homme.
L'idolâtrie et le gentilisme ne sont pas insurmontables. Le sage médite
et il dit : "Pourquoi dois-je suivre des idoles et vivre sans
l'espérance d'une vie meilleure, alors qu'en allant au Dieu vrai, je puis
conquérir la joie pour toujours ?" L'homme est avare de ses jours et la
mort lui fait horreur. Vous d'Israël, vous savez quelles sont les choses qui sont
commandées et celles qui sont défendues. Mais je dis à ceux qui m'écoutent et
qui porteront au loin, avec eux, mes paroles, quelles sont ces choses... (et
il dit le Décalogue).
Il est facile de descendre, difficile de remonter. Mais qui
voudrait vivre dans un abîme de pourriture, par le seul fait qu'il y est
tombé, sans chercher à en sortir en remontant sur les sommets fleuris et
pleins de soleil ? En vérité je vous dis que la vie du pécheur se trouve dans
un gouffre, et de même la vie dans l'erreur. Mais ceux qui accueillent la
Parole de vérité et viennent à la Vérité montent sur les cimes, dans la
Lumière. Allez maintenant tous à vos occupations. Et souvenez-vous que
près de la fontaine de En Rogel, la Source de la
Sagesse vous a donné à boire ses eaux pour que vous en ayez encore soif et
que vous y reveniez." Jésus se fraie un passage et se dirige vers la ville, en
laissant les gens à leurs commentaires, à leurs questions et à leurs
réponses. |
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[1] Quartier sud de la Ville
Basse de Jérusalem.
[2] C'est de la synagogue des
affranchis que partira le complot qui aboutira au martyre d'Étienne. (Actes 6,9). Jésus s'y rendra
cependant quelques temps plus tard et y sera bien accueilli (7.231)
[3] Houchaï (Cousaï), ami de David, feint d'épouser la cause d'Absalom le fils révolté du roi. Son stratagème permettra à Yehonatân (Jonathas), fils de Sadoq et à Ahimaaç (Achimaas),
fils d'Ébyatar (Abiatar) de
prévenir David des manœuvres fomentées contre lui et d'ainsi d'emporte une
victoire au cours de laquelle Absalom mourra.
Yehonatân et Ahimaaç
étaient cachés à En Roguel (la fontaine du foulon) (2Samuel 17,17)
Ébyatar (Abiatar) échappe à un massacre
des prêtres de Nobé ordonné par Saül en
représailles de l'aide apportée à David. Il rejoint David et partage la
fonction de grand-prêtre avec Sadoq. C'est à eux que
David confie Jérusalem et l'Arche lorsqu'il dût fuir devant son fils Absalom (2Samuel 15, 24 et suivants). Mais si
Sadoq resta fidèle, Ébyatar
choisit plus tard le parti d'Adoniyyahou contre le
choix de David qui s'était porté sur Salomon. (1Rois 1,7 et
suivants). Il s'exila à Anatot.
[4] Adoniyyahou (Adonias) aîné des fils survivants de
David, prétend au trône. Avec l'aide de Joab et d'Ébyatar,
il donne un banquet pour son sacre à En Rogel. David,
prévenu, fait sacrer en hâte par le prêtre Sadoq,
Salomon, le fils de son choix. (1Rois 1,5-10). Adonias échappera
temporairement à la mort, en saisissant les cornes de l'Autel en signe de
protection, mais son goût du complot la rendra inéluctable.
[5] Isaïe 1,11-17
, mais ce
n'est pas un livre sapientiel, du moins au sens de la classification canonique.