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"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" |
aucun accent |
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vendredi
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Accueil empressé et chaleureux du vieillard 230 -
Margziam remplacera le petit d'Ananias 232 -
Ils ont cherché Jésus et Jean d'Endor 232 -
Pourquoi l'homme est-il si méchant ? 233 -
Parler de mort, de haine et de trahison énerve Judas 233 -
Discours (Mon sang se changera en lumière) 233 -
Réaction vive de Judas 234 - La parole du Seigneur fait ici son chemin 234 |
7. 192. |
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230> Pour n'être pas vus
par les gens, ils entrent dans le village où se trouve la maisonnette de Salomon en remontant la
berge du fleuve. Précaution, dirais-je inutile, parce que tombe la précoce
soirée de novembre ou de fin d'octobre et les gens sont déjà dans les
maisons. Le chemin est vide, absolument vide, et s'il n'y avait pas quelques
bêlements, on dirait un lieu désert. Ils secouent le portillon. Il est fermé, bien fermé sur le
petit jardin que dans la pénombre on voit en bon ordre. "Appelez ! Il est dans la cuisine. Un filet de lumière
passe à travers les volets" dit Jésus. 231> Thomas, de sa voix puissante, se charge d'appeler
le vieillard, qui tout de suite ouvre la porte en regardant du côté de la route. Il
distingue mal, à cause du peu de lumière qu'il y a à l'extérieur, lui qui
vient de la cuisine où le feu éclaire et où une lampe est allumée. Mais quand Jésus dit : "C'est nous", le vieil homme
reconnaît tout de suite la voix et il crie: "Le Maître !" et il
descend le rustique perron pour courir ouvrir. "Mon Seigneur ! Entre, entre dans ta maison et que béni
soit le jour qui se termine par ta venue !" dit-il en travaillant autour
de la fermeture du portail et il explique : "Je suis seul et je ferme
soigneusement... Les voleurs sont capables de tout. Il y en a qui font des
dégâts ici ou là, en descendant dans la vallée des monts de Galaad. Ce n'est
pas que je craigne pour ma vie, mais j'avais fait des préparatifs pour Toi
et... Voilà, Maître, viens. La soirée est humide et tes cheveux sont trempés
de rosée..." "Et tu es plus empressé que l'épouse du Cantique, père.
Cela ne te pèse pas de te déranger pour accueillir le Pèlerin" dit Jésus
en souriant. "Me déranger ? Comme il était long le temps ! Un jour
après l'autre, un après l'autre. J'avais semé vos graines et je voyais les
légumes pousser. Je disais : "S'il venait, certainement cela Lui
plairait". Mais ils sont arrivés à maturation et tu n'es pas venu... Et
je voyais les fruits qui se coloraient sur les arbres et j'en mangeais à
regret puisque tu n'en mangeais pas. Cette brebis m'a donné un agneau, tout
blanc. Je l'ai gardé longtemps pour le manger avec Toi. J'espérais te voir
avant les Tabernacles. Puis... Un agneau tout entier pour moi... C'était trop
! Je l'ai échangé contre une petite brebis, et ils ont été bons avec moi, ne
voulant pas la différence. Mais des fruits et des fromages, j'en ai gardés le
plus que j'ai pu pour Toi, et du poisson sec et des légumes et j'ai encore
quelques melons. Et un peu de vin... moi, je n'en bois pas, mais je l'ai
préparé pour Toi, pour l'hiver." Il parle tout en essuyant la table, il y pose la vaisselle, et
attise le feu, ajoute de l'eau dans le chaudron et il s'affaire, tout
heureux. On ne dirait plus le pauvre vieux d'il y a quelques mois [1]. Il sort, revient avec du lait, s'excuse : "Il y en a peu
car il n'y a qu'une brebis qui donne du lait, mais bientôt il y en aura deux.
Pour Toi, pourtant, cela suffit." Il est paternel, à la fois dévoué et
paternel. Il a pris les manteaux humides, les sandales boueuses et il les a
portés ailleurs. Il est revenu avec des pommes et des grenades et du raisin,
et quelques figues à moitié sèches, et il explique: "Je les ai séchées
ainsi pour te les faire goûter. 232> Je pensais... je
pensais que mon Ananias les aimait tant, préparées de cette façon
!..." La voix, d'abord sereine, s'abaisse en un ton de tristesse pendant
qu'il dit ces paroles, et il dit pour finir : "et... et je pensais
qu'elles te feraient plaisir et il me semblait, en les préparant... les
préparer encore pour le fils de mon fils." Il secoue la tête, s'efforce
de sourire avec dans ses yeux des larmes qui brillent. Jésus, qui s'était assis à table, se lève et il passe un bras
au cou du petit vieux en l'attirant à Lui : "Elles me plaisent beaucoup.
C'est une chose qui me rappelle mon enfance... et mon père. Mais il ne
fallait pas te priver de tant de choses pour Moi. Elles font du bien aux
vieillards. Tu dois être sain et fort pour m'accueillir ainsi toujours. C'est
si doux de trouver une maison ainsi, avec un père qui nous attend. N'est-ce
pas mes amis ?" "Bien sûr que c'est vrai ! Et c'est si beau qu'on paresse
sans aider Ananias" dit Pierre qui se lève en disant : "Eh bien,
allons préparer nos lits pendant que Jésus parle avec l'homme." "Oh ! c'est inutile, ils sont toujours prêts et tout est
propre... Seulement... il n'y en a pas assez. Vous êtes plus de douze. Mais
moi, j'irai sur le foin et..." "Cela non, père. Je vais y aller moi, alors" dit Jean. "Non, moi" disent André et les autres. "Non, ce n'est pas nécessaire. Moi je dors ici, sur cette
table. Elle n'est certainement pas plus dure que le fond de ma barque, et Margziam..." dit Pierre.
"Il dort avec Moi..." interrompt Jésus. "Ou avec moi, si tu veux... comme le faisait le petit
Ananias" dit le vieillard, et son œil est une imploration. "Oui, Maître. Toi, tu m'as encore. Lui... Je vais avec
lui" dit Margziam. Jésus le caresse, comprenant son geste. "Ils sont venus plusieurs fois te chercher après la
Pentecôte. Puis ils ne sont plus venus" dit ensuite le petit vieux. "Qui le cherchait ?" "Des pharisiens, hein ! Et d'autres comme eux. Ils
voulaient t'interroger. Mais moi, j'ai dit : "Allez à son village. Il
n'est pas ici, et je ne sais pas quand il viendra..." C'était vrai, et
ils se sont lassés de venir. Et ils cherchaient un autre, un certain Jean, qu'ils disaient
être avec Toi et que peut-être ils pensaient caché ici. J'ai dit : "Mais
c'est son apôtre, et il est avec Lui". Ils ont dit : "Il est
peut-être borgne son apôtre ? Vieux, malade, mourant ?" 233> J'ai compris que ce n'était pas toi, et j'ai répondu : "Je ne connais que
l'apôtre Jean, un jeune homme bon presque un enfant et qui est sain de cœur
et de chair". Ils m'ont menacé. Mais que pouvais-je dire d'autre ? C'est
la vérité..." "Oui, c'est la vérité. Et sois toujours véridique, même si
tu devais me nuire, ne mens jamais, père." "Seigneur, mes cheveux ont blanchi en cherchant toujours à
obéir au Seigneur. Et parmi les obéissances, il y a aussi celle de ne pas
dire des choses fausses. Mais... pourquoi te cherchent-ils ainsi, Seigneur ?
Moi, j'étais aveugle. À Jérusalem, je n'y allais donc pas. J'y suis retourné
maintenant... Rien que pour le rite, car je voulais être ici à t'attendre...
Et j'ai senti haine et amour autour de Toi... Et j'ai jugé qu'il y a plus de
haine que d'amour chez les chefs du peuple. J'étais au Temple, ce matin où
ils voulaient t'offenser... et je m'en suis enfui, désolé, pour t'attendre et
pleurer ici. Pourquoi l'homme est-il si méchant ?" "Parce qu'il a tué son esprit. Et avec son esprit, la
capacité de sentir le remords d'être injuste." "C'est vrai !... Et ils te cherchent pour te faire du mal
?" "Oui." "Oui !! Israël veut nuire à son Roi ? Horreur ! Israël se
condamne aux châtiments prophétiques !... Oh ! je suis content, maintenant,
que mon fils soit mort... et je voudrais mourir moi aussi pour ne pas voir le
péché d'Israël..." Il se fait un grand silence. On entend seulement le crépitement
du bois dans le foyer. "Mais parlons d'autre chose ! On ne parle que de mort ! de
haine ! de trahison ! Assez ! Assez ! Je ne puis en entendre parler !"
dit l'Iscariote et il est
bouleversé, les yeux torves, agité, et il s'agite dans la cuisine, avec les
jambes, les bras, tout lui-même. "Judas a raison" disent plusieurs. "Mais ne pas vouloir entendre ne sert à rien. Ce qu'il
faut, c'est ne pas consentir" dit Jésus avec son geste résigné d'ouvrir
les mains, les paumes tournées vers le haut, au-dessus de la table rustique. "Que veux-tu dire ? Consentir ? Qui consent à cela ?"
Judas agite ses mains, presque sur le visage de Jésus, en se penchant, comme
s'il se jetait sur la table pour atteindre le Maître.
Jésus, qui s'était levé, quand il disait "en vérité"
et avait fait peur, tant il était imposant dans la basse cuisine, aux murs
sombres, auréolé par les flammes du foyer, s'assoit et se tait. Tous se regardent entre eux. Tous, sauf Judas que la vue du bois
qui flambe semble hypnotiser... Il est hypnotisé et épouvanté. Une épouvante
qui lui donne un masque atroce, d'une pâleur verdâtre et livide sur lequel le
feu de bois met des traces rougeâtres. Il me rappelle son visage épouvantable
du Vendredi Saint. Puis il se tourne brusquement et il crie : "Mais
tais-toi ! Tais-toi ! Pourquoi nous tourmentes-tu ?!" et il sort en
claquant la porte... "A sa façon, c'est vrai, mais il t'aime beaucoup... et il
souffre d'entendre certaines paroles, dit Thomas, et il termine : Elles nous font si mal à
nous aussi ! Mais nous, nous sommes moins... étranges, oui, disons :
étranges..." Personne d'autre ne parle. Jésus Lui-même se tait... "Les légumes sont cuits, le lait est chaud..." dit
doucement le petit vieux resté intimidé, et il n'ose dire ces paroles banales
après un tel incident... "Appelez Judas et soupons" commande Jésus. 235> Jean sort pour appeler son compagnon. Ils
rentrent... Judas a le visage tourmenté, mais c'est un tourment sans
paix... Il s'assoit cependant à table et se lève avec les autres quand Jésus
offre et bénit, et il le regarde par en dessous quand Jésus fait les parts en
gardant pour Lui la dernière. Tout le monde voudrait dissiper la tristesse qui règne dans la
pièce. Personne n'y parvient jusqu'à ce que Jésus Lui-même s'adresse au
vieillard pour lui demander si le petit village et les alentours ont
accueilli la parole du Seigneur. "Oui, oui, Maître. Et très, très bien. Je dirais mieux que
sur l'autre rive. Tu sais... il est très vif ici le souvenir du Baptiste, et
ses disciples qui maintenant sont les tiens, le gardent éveillé et te mettent
en lumière au moyen de ses paroles. Et puis... ici... En Pérée et en
Décapole, il y a peu de pharisiens, et alors..." |
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