14 mai 28 - Modin, la première rencontre : Dismas fait partie de la bande qui veut détrousser des
voyageurs dans une vallée près de Modin. Il est
touché par le discours de Jésus : Il n'est jamais trop tard pour se repentir.
Changez par un vrai repentir le verdict qu'on est en train d'écrire aux Cieux
pour vous. Que le schéol soit pour vous non pas l'enfer, mais une attente
pénitente, cela au moins, grâce à votre volonté. Dismas
sera touché, mais ne passera pas tout de suite au repentir. (3.85)
02 avril 29 - Le Carit, la sympathie naissante : la troupe
apostolique y effectue une retraite après la 3ème Pâque. Ils sont ravitaillé
par des voleurs.
"Ne craignez
pas. Vous voyez que le mal sert parfois au bien. Ici Élie fut nourri par des
corbeaux. Nous pouvons dire que les vautours féroces nous nourrirent." -
"Penses-tu que ce soit un mouvement de conversion ?" -
"Non. Mais la charité, même si elle leur vient de la pensée qu'en usant
de générosité ils nous auraient mis dans l'obligation de ne pas les
trahir..." - "Mais nous ne les aurions pas trahis" s'exclame
André. "Non. Mais eux, les malheureux voleurs, ne le savent pas. Rien de
spirituel ne travaille en eux, chargés de crimes comme ils le sont." -
"Seigneur, tu disais que la charité... Que voulais-tu dire ?"
demande Jean. "Je voulais dire que la charité qu'ils ont eue à notre
égard ne sera pas sans récompense, au moins chez les meilleurs. La
conversion, qui n'est pas arrivée maintenant, peut s'opérer lentement, mais
elle peut venir. C'est pour cela que je vous ai dit : "Ne repoussez
pas leurs offrandes". Et je les ai acceptées, bien que pour Moi elles
avaient la puanteur du péché." - "Mais Toi non plus, tu n'en as pas
mangé..." - "Mais je n'ai pas mortifié les pécheurs en les repoussant.
Ils avaient un mouvement initial de bonté. Pourquoi le détruire ? (5.70)
septembre 29 -
L'arrestation près de Jéricho, la conversion en marche : Un jeune voleur a
décidé d'entreprendre un chemin de conversion dans le foyer de charité ouvert
par Zachée. Jésus s'entretient seul à seul avec lui. "Oh ! Seigneur, et
pouvais-je le faire sachant que tu ne nous méprises pas, même nous les
voleurs ? J'étais moi aussi parmi ceux qui t'ont apporté l'agneau au Carit. L'un de nous a été pris par les romains — c'est du
moins ce que l'on dit; ce qui est certain, c'est que bien avant des
Tabernacles on ne l'a plus vu dans les refuges de voleurs — cet homme-là m'a
dit tes paroles dans une vallée près de Modin...
Car moi alors je n'étais pas encore avec les voleurs. J'y suis allé à la fin
du dernier Adar et je les ai quittés au commencement d'Etanim."
- "à l'heure très amère, l'amour de celui qui
n'a pas voulu haïr l'Innocent sera mon réconfort, ma lumière dans les
ténèbres de cette heure de Ténèbres, ma douceur dans le calice de vin mélangé
de fiel et de myrrhe" (7.221)
05 avril 30 - Le Golgotha,
l'effet immédiat de la Rédemption : L'autre larron, celui de droite, a Marie
presque à ses pieds et il la regarde presque plus qu'il ne regarde le Christ.
Depuis un moment il pleure en murmurant : "La mère", il dit à
l'autre larron : "Tais-toi. Tu ne crains pas Dieu, même maintenant que
tu souffres cette peine ? Pourquoi insultes-tu celui qui est bon ? Et son
supplice est encore plus grand que le nôtre. Et il n'a rien fait de
mal."
Comme celui-ci reprend ses jurons et ses blasphèmes, il dit :
"Tais-toi ! Rappelle-toi que tu es né d'une femme. Et réfléchis que les
nôtres ont pleuré à cause de leurs fils, et ce furent des larmes de honte...
parce que nous sommes des criminels. Nos mères sont mortes... Je voudrais
pouvoir lui demander pardon... Mais le pourrai-je ? C'était une sainte... Je
l'ai tuée par la douleur que je lui ai donnée... Je suis un pécheur... Qui me
pardonne ? Mère, au nom de ton Fils mourant, prie pour moi."
Arrive le moment où Jésus parle pour la première fois :
"Père, pardonne-leur parce qu'ils ne savent pas ce qu'ils font !".
Cette prière vainc toute crainte chez Dismas. Il
ose regarder le Christ et dit : "Seigneur, souviens-toi de moi quand tu
seras dans ton royaume. Pour moi, il est juste que je souffre ici. Mais
donne-moi miséricorde et paix au-delà de la vie. Une fois je t'ai entendu
parler et, dans ma folie, j'ai repoussé ta parole. Maintenant je m'en repens.
De mes péchés, je me repens devant Toi, Fils du Très-Haut. Je crois que tu
viens de Dieu. Je crois en ton pouvoir. Je crois en ta miséricorde. Christ,
pardonne-moi au nom de ta Mère et de ton Père très Saint."
Jésus se tourne et le regarde avec une profonde pitié et il a
un sourire encore très beau sur sa pauvre bouche torturée. Il dit :
"Moi, je te le dis : aujourd'hui tu seras avec Moi au Paradis." Le
larron repenti se calme et, ne sachant plus les prières apprises pendant son
enfance, il répète comme une oraison jaculatoire : "Jésus Nazaréen, roi
des juifs, aie pitié de Moi. Jésus Nazaréen, roi des juifs, j'espère en Toi.
Jésus Nazaréen, roi des juifs, je crois à ta Divinité."
Après la
mort de Jésus, un soldat arrive au galop avec l'ordre de remettre Jésus et de
briser les jambes des autres. Longin, le centurion, appelle les quatre
bourreaux et ordonne que les deux larrons soient achevés à coups de massue.
La chose arrive sans protestations pour Dismas,
auquel le coup de massue déferrée au coeur après
avoir frappé les genoux, brise à moitié sur ses lèvres le nom de Jésus, dans
un râle. (9.29)