|
"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" |
aucun accent |
||
|
- [Commentaire
de Jésus : Leur mort tôt après 62 - La Sagesse les a inspirés 63 - Leurs épreuves acceptées dans la paix 64 - Une joie surhumaine accompagne leur mort 64 - Enfantement et mort sans douleur] 65 |
1.15. |
||
|
62> Jésus dit : "Comme un rapide crépuscule d'hiver où un
vent de neige accumule les nuages dans le ciel, la vie de mes grands-parents
connut rapidement la nuit, depuis que leur Soleil s'était fixé, pour y
resplendir devant le Rideau Sacré du Temple. 63> Mais n'est-il pas dit : "La Sagesse
inspire la vie en ses fils, prend sous sa protection ceux qui la cherchent...
Qui l'aime, aime la vie et qui veillera pour elle se réjouira de sa paix. Qui
la possède aura la vie en héritage... Qui la sert obéira au Saint et qui
l'aime est bien aimé de Dieu... S'il croira en elle, il l'aura en héritage,
héritage qui sera confirmé aux descendants pour qu'elle l'accompagne dans
l'épreuve. Il sera d'abord l'objet d'un choix de Dieu, puis Dieu lui enverra
craintes, peurs et épreuves, la flagellation de sa discipline pour le former
jusqu'à ce qu'Il l'ait éprouvé dans ses pensées et puisse se fier de lui.
Mais après cela Il l'affermira, reviendra à lui par des chemins droits et le
rendra content. Il lui découvrira ses secrets, mettra en lui des trésors de
science et d'intelligence au sein de la justice" [1] ? Oui, tout cela a été dit. Les Livres
sapientiels [2] conviennent à tous
les hommes qui y trouvent le miroir de leur conduite et un guide, mais
heureux ceux que l'on peut reconnaître parmi les amants spirituels de la
Sagesse.
De la jeunesse à la tombe, la Sagesse avait
inspiré une manière de vivre agréable à Dieu à mes grands-parents. Comme une
tente qui protège de la fureur des éléments déchaînés, elle les avait
protégés contre le danger du péché. La sainte crainte de Dieu est à la base
de l'arbre de la sagesse d'où s'élance avec toutes ses branches pour
rejoindre à son sommet l'amour tranquille dans sa paix, l'amour paisible dans
sa sécurité, l'amour sûr de lui dans sa fidélité, l'amour fidèle dans sa
force, l'amour total, généreux, actif des saints. "Qui aime la Sagesse, aime la vie et
possède en héritage la Vie [3]" dit
l'Ecclésiastique. Mais cela se rattache à ma parole: "Qui perdra sa vie
par amour de Moi, la sauvera". C'est qu'il n'est pas question de la
pauvre vie de cette terre, mais de la vie éternel- le, non des joies d'une
heure, mais des joies immortelles. En ce sens Joachim et
Anne l'ont aimée et elle fut avec eux dans leurs épreuves. Combien, parmi
vous, sans être complètement mauvais voudraient n'avoir jamais à pleurer ni à
souffrir ! Combien d'épreuves ne rencontrèrent pas ces justes qui
méritèrent d'avoir pour fille Marie ! 64> La persécution
politique qui les chassa de la terre de David en les appauvrissant sans
mesure. La tristesse de voir s'écouler les années sans qu'une fleur leur
dise : "Je vous continue". Et après, la crainte que l'ayant
eue à un âge avancé, il était certain qu'ils ne verraient pas s'épanouir en
elle la femme. Et puis devoir l'arracher de leur cœur pour la porter à
l'autel de Dieu. Et encore vivre, dans un silence plus pesant, alors qu'ils
s'étaient habitués au chant de leur petite tourterelle, au bruit de ses
petits pas, aux sourires et aux baisers de leur créature... et attendre avec
ces souvenirs l'heure de Dieu. Et encore, et encore. Maladies, calamités des
intempéries, insolences des puissants... tant de coups de bélier dans le
faible castel de leur modeste prospérité. Et ce n'est pas tout : le
souvenir pénible de leur enfant si lointaine qui reste seule et pauvre et
qui, malgré leur sollicitude et leurs sacrifices, n'aura qu'un reste du bien
paternel. Et en quel état le trouvera-t-elle si, pendant des années encore il
reste inculte, fermé, attendant qu'elle revienne ? Craintes, peurs,
épreuves et tentations. Et fidélité, fidélité, fidélité toujours à Dieu. La tentation
la plus forte : ne pas se refuser le réconfort de la présence de leur
fille auprès de leur vie à son déclin. Mais les enfants appartiennent à
Dieu, d'abord, avant d'appartenir à leurs parents. Et tout fils peut dire
ce que j'ai dit à ma Mère : "Ne sais-tu pas que je dois veiller aux
intérêts du Père du Ciel ?" Et chaque mère, chaque père doit, pour
savoir quelle attitude observer, regarder Marie et Joseph au Temple, Anne et
Joachim dans leur maison de Nazareth qui se fait chaque jour plus vide et
plus triste, mais dans laquelle une seule chose ne s'affaiblit pas, mais ne
Cesse de grandir : la sainteté de deux cœurs, la sainteté de leur union. Que reste-t-il à Joachim infirme et à Anne sa
dolente épouse pour éclairer leurs longues et silencieuses soirées de
vieillards qui attendent la mort ? Les petits vêtements, les premières
sandalettes, les pauvres joujoux de leur petite qui est si loin et puis les
souvenirs, les souvenirs, les souvenirs. Et avec eux une paix qui vient leur
dire : "Je souffre, mais j'ai accompli mon devoir d'amour envers
Dieu". 65> Et alors voilà une
joie surhumaine qui brille d'une lumière céleste, inconnue aux gens du monde.
Elle ne pâlit pas du fait qu'elle tombe sur paupières flétries, sur deux yeux
qui se meurent, mais à la dernière heure resplendit davantage et illumine des
vérités restées au dedans de leur âme tout le temps de la vie, enfermées
comme des papillons dans leurs cocons, ne manifestant leur existence que par
des suaves mouvements faits de légers éclairs; mais maintenant elles ouvrent
leurs ailes de soleil et montrent les paroles qui les décorent. Et la vie
s'éteint dans la connaissance d'un avenir bienheureux pour eux et pour leur
descendance pendant que sur leurs lèvres s'épanouit une dernière bénédiction
pour leur Dieu. Telle fut la mort de mes grands-parents,
comme la méritait leur sainte vie. À cause de leur sainteté, ils ont mérité
d'être les premiers gardiens de l'Aimée de Dieu. Ce n'est que quand un Soleil
vint les éclairer au déclin de leur vie qu'ils eurent la pleine vision de la
grâce que Dieu leur avait faite. A cause de leur sainteté Anne n'éprouva pas
les souffrances de l'enfantement mais donna extatiquement le jour, après
l'avoir portée, à la Sans Faute. Pour tous deux, ce ne fut pas l'agonie, mais
la langueur d'une vie qui s'éteint comme s'éteint une étoile quand le soleil
se lève à l'aurore. Et s'ils n'eurent pas la consolation de me posséder, Moi,
la Sagesse Incarnée, comme l'eut Joseph, j'étais près d'eux, Invisible
Présence, leur disant de sublimes paroles, penché sur leur oreiller pour les
endormir dans la paix, en attendant le triomphe. Quelqu'un dira : "Pourquoi
n'ont-ils pas dû souffrir pour engendrer et mourir puisqu'ils étaient fils
d'Adam ?" Je leur réponds : "Si pour s'être approchés de
Moi présent dans le sein de ma Mère, le Baptiste, fils d'Adam et conçu avec
le péché d'origine, fut sanctifié avant de naître, n'aurait-elle eu aucune
grâce la mère sainte de la Toute Sainte que la Tache n'avait pas touchée, de
Celle qui était la Préservée de Dieu et qui portait Dieu avec elle en son
esprit presque divin et en son cœur encore embryonnaire, jamais séparée de
Dieu depuis le moment où le Père la pensa, qui fut conçue dans un sein qui
revint à posséder Dieu en plénitude au Ciel pour une éternité glorieuse ?". À celui-ci je réponds : "La
droiture de la conscience procure une mort sereine et les prières des saints
vous obtiennent pareille mort". 66> Joachim et Anne avaient derrière eux toute une vie de droiture. Au moment de la mort, elle se découvrait à eux comme un panorama paisible, comme un chemin qui les amenait au Ciel. Et puis, ils avaient la Sainte en oraison devant le Tabernacle de Dieu. Elle priait pour ses parents éloignés d'elle, venaient pour elle après Dieu, le Bien Suprême, mais aimés, comme le veut la Loi et aussi le cœur humain, mais d'un amour surnaturellement parfait." |
|||
|
|
|||
[2] Il y a cinq Livres sapientiaux (source de sagesse) dans la Bible : Proverbes
– Ecclésiaste (Qôhèlet) – Cantique des cantiques –
Job - Sagesse (de Salomon) – Ecclésiastique (Siriacide)