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"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" |
aucun accent |
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Avril -5
- Marie coud pour l'enfant d'Élisabeth 128 - Élisabeth se sent beaucoup mieux 129 - Marie pense à l'Homme des douleurs d'Isaïe 129 - Il y en aura tant qui l'aimeront 130 - Si Dieu pardonnait à mon époux! 130 - Marie au milieu des colombes 131 - Elle caresse un chevreau 131 - Elle joue avec les chevreaux et les agneaux 131 |
1.33. |
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128> Je vois, il me semble que c'est le matin, Marie qui coud dans le vestibule. Élisabeth va et
vient, s'occupant de la maison. Quand elle entre, elle ne manque jamais
d'aller faire une caresse sur la tête blonde de Marie, encore plus blonde sur
les murs plutôt sombres et sous un beau rayon de soleil qui entre par la
porte ouverte sur le jardin. Élisabeth se penche
pour regarder le travail de Marie - c'est la broderie qu'elle avait à
Nazareth - et elle en loue la beauté. "J'ai encore du
lin à filer" dit Marie. "Pour ton
Enfant ?" "Non, je l'avais
déjà quand je ne pensais pas..." Marie n'achève pas, mais je
comprends : "quand je ne pensais pas devoir être la Mère de
Dieu." 129> "Mais maintenant tu devras t'en servir pour Lui. Est-il
beau ? Fin ? Les enfants, tu sais, ont besoin de linge très
délicat." "Je le
sais."
"Moi, non. Je ne
me suis jamais sentie si bien." "Eh !
oui ! Toi... en Toi il n'y a pas de tache si Dieu t'a choisie pour être
sa Mère. Alors tu n'es pas sujette aux souffrances d'Ève.[2][2]
Celui que tu portes est saint." "Il me semble avoir des ailes au cœur,
et non un poids. Il me semble avoir en moi toutes les fleurs, et tous les
oiseaux qui chantent au printemps, la douceur du miel et tout le soleil...
Oh ! je suis heureuse !" "Bénie !
Moi aussi, dès l'instant où je t'ai vue, je n'ai plus senti de poids, de
fatigue et de douleur. Il me semble être neuve, jeune, délivrée des misères
de ma chair de femme. Mon enfant, après avoir bondi de joie au son de ta
voix, s'est installé tranquille dans sa joie. Il me semble l'avoir en moi
comme en un berceau vivant et le voir dormir rassasié et heureux, respirer
comme un oiseau qui repose tranquille sous l'aile de sa maman… Maintenant, je
vais me mettre au travail, il ne me pèsera plus. Je ne vois pas bien clair,
mais…" "Laisse,
Élisabeth ! J'y penserai, moi à filer et à tisser pour toi et pour ton
enfant. Je suis svelte et j'y vois clair." "Mais tu devras
penser au tien..." "Oh !
J'aurai bien le temps !... Je pense d'abord à toi et à ton petit, et
puis, je penserai à mon Jésus." Dire comme elle est douce l'expression et la
voix de Marie et comme elle s'épanouit, en le disant, ce Nom, comme ses yeux
s'emperlent de douces larmes de joie, pendant qu'elle regarde le ciel
lumineux et azuré, cela dépasse les possibilités humaines. Il semble que l'extase
s'empare d'elle rien qu'à dire : "Jésus." Élisabeth dit :
"Quel beau nom ! Le Nom du Fils de Dieu, notre Sauveur !" 130> "Oh ! Élisabeth !" Marie devient triste,
triste et elle saisit les mains que sa parente tient croisées sur son sein
gonflé. "Dis-moi, toi, qui à mon arrivée as été remplie de l'Esprit du
Seigneur et qui as prophétisé ce que le monde ignore. Dis-moi : que
devra faire pour sauver le monde, ma Créature ? Élisabeth la console.
"Marie ne pleure pas. C'est ton Fils, mais c'est aussi le Fils de Dieu.
Dieu pensera à son Fils et à toi qui es sa Mère. Et s'il y en a tant qui se
montreront cruels envers Lui, il yen aura tant qui l'aimeront. Tant !...
Pendant des siècles et des siècles. Le monde regardera vers ton Enfant et te
bénira avec Lui. Toi: Source d'où jaillit la rédemption. Le sort de ton
Fils ! Élevé à la royauté sur toute la création, Penses-y Marie. Roi:
parce qu'il aura racheté tout ce qui a été créé, et comme tel, il en sera le
Roi universel. Et aussi sur la terre, au cours des temps, il sera aimé. Mon
fils précédera le tien et l'aimera. "Et Dieu, j'en
suis bien convaincue, te fera cette grâce. Je prierai,.. avec toi." "J'ai tant de
peine de le voir muet !..." Élisabeth pleure. "Quand il écrit,
puisqu'il ne peut plus parler, il me semble qu'il y ait des monts et mers
entre moi et mon Zacharie. Après tant d'années de douces paroles, maintenant
sa bouche reste silencieuse. Et maintenant spécialement, où il serait si beau
de parler de ce qui va arriver. Je me retiens même de parler pour 131> ne pas le voir se fatiguer. à faire des gestes pour me
répondre. J'ai tant pleuré ! Je t'ai tant attendue ! Le pays
regarde, bavarde et critique. Le monde est fait ainsi. Et quand on a une
peine ou une joie, on a besoin de compréhension et pas de critique.
Maintenant, il me semble que la vie soit toute à fait meilleure. Je sens la
joie en moi depuis que tu es avec moi. Je sens que mon épreuve va passer et
que je serai bientôt tout à fait heureuse. Il en sera ainsi, n'est-ce
pas ? Je me résigne à tout. Mais, si Dieu pardonnait à mon époux !
Pouvoir l'entendre prier comme avant !" Marie la caresse, la
réconforte et pour la distraire, l'invite à faire un tour dans le jardin
ensoleillé. Elles se rendent sous
une tonnelle bien entretenue jusqu'à une petite tour rustique dans les trous
de laquelle les colombes font leurs nids. Marie répand des
graines, en riant. Les colombes se précipitent sur elle avec des
roucoulements en des vols qui décrivent tout autour des cercles iridescents.
Sur la tête, sur les épaules, sur les bras et sur les mains, elles se posent,
allongeant leurs becs roses pour saisir les graines dans le creux des mains,
becquetant gracieusement les lèvres roses de la Vierge et ses dents qui
brillent au soleil. Marie tire d'un sac les graines blondes et rit au milieu
de cette joute d'avidité envahissante. "Comme elles t'aiment !" dit
Élisabeth. "Il n'y a que quelques jours que tu es avec nous et elles
t'aiment plus que moi qui les ai toujours soignées." La promenade se
poursuit jusqu'à un enclos fermé, au fond du verger, où se trouvent une
vingtaine de chèvres avec leurs chevreaux. "Tu es revenu du
pâturage ?" dit Marie à un jeune berger qu'elle caresse. "Oui, car mon
père m'a dit: "Va à la maison parce que bientôt il va pleuvoir et il y a
des bêtes qui vont avoir les petits. Aie soin qu'elles aient de l'herbe sèche
et une litière toute prête". Le voilà qui vient." Et il fait signe
au-delà du bois d'où vient un. bêlement tremblotant. Marie caresse un
chevreau blond comme un enfant, qui la frôle et avec Élisabeth boit du lait
tout frais tiré que le petit berger lui offre. Le troupeau arrive
avec un berger hirsute comme un ours. 132> Mais ce doit être un
brave homme car il porte sur ses épaules une brebis toute plaintive. Il la
pose doucement par terre et il explique : "Elle va avoir un agneau
et elle ne pouvait plus marcher que difficilement. Je l'ai chargée sur mes
épaules et j'ai fait très vite pour arriver à temps" La brebis, qui
boite douloureusement, est conduite au bercail par l'enfant. Marie s'est assise
sur un rocher et joue avec les chevreaux et les agneaux, présentant des
fleurs de trèfle à leurs museaux roses. Un chevreau blanc et noir lui met les
pattes sur les épaules et flaire ses cheveux. "Ce n'est pas du
pain" dit Marie en riant-. "Demain je t'en apporterai une croûte.
Sois tranquille, maintenant." Élisabeth aussi, rassérénée, se met à rire. |
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[2][2] Genèse 3,16 :
"A la femme, Dieu dit (comme conséquence - et non comme
punition - de la Faute) : ‘Je multiplierai les peines de tes
grossesses, dans la peine tu enfanteras des fils. Ta convoitise te poussera
vers ton mari et lui dominera sur toi ‘" |
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[5][5] Luc 1,5-22 |