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"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
aucun accent |
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lundi
12 août an -5 (8 Eloul)
- Tout le monde descend du char 147 - Marie est étonnée de ne pas voir Joseph 148 - Zacharie est reçu avec les honneurs 148 - La foule assiste avec curiosité à la purification de la mère
et à la présentation de l'enfant 148 - Marie ne trouve pas Joseph à l'hôtellerie 149 - Elle attend Joseph chez les parents de Zébédée 150 - Arrivée de Joseph qui s'excuse 150 - Il s'inquiète pour Marie 150 - Départ de Zacharie et d'Élisabeth 150 - Marie retrouvera un jardin magnifique 151 - Départ de nuit de Joseph et de Marie 152 |
1.40. |
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147> Dans la nuit du mercredi au jeudi de la semaine sainte voici
ce que je vois : 148> D'un char
confortable auquel est attachée aussi la monture de Marie, je vois descendre Zacharie, Élisabeth et Marie qui tient Zacharie, Élisabeth et Marie qui tient le petit Jean,
et Samuel avec un agneau et, dans une cage, une colombe. Ils
descendent devant l'écurie habituelle où doivent s'arrêter tous les pèlerins
qui se rendent au Temple, pour remiser leurs montures. Marie appelle le
petit homme qui en est propriétaire et lui demande si aucun Nazaréen n'est venu
le jour précédent ou aux premières heures de la matinée. "Personne,
femme" répond le petit vieux. Marie demeure étonnée, mais n'ajoute rien
d'autre. Elle fait détacher son âne par Samuel et puis rejoint
Zacharie et Élisabeth. Elle explique le retard de Joseph :
"Il aura été retenu par quelque chose, mais il viendra certainement
aujourd'hui." Elle reprend le bébé qu'elle avait donné à Élisabeth et
ils se dirigent vers le Temple. Zacharie reçoit les
honneurs des gardes, les saluts et les compliments des autres prêtres. Il est
splendide aujourd'hui Zacharie avec ses vêtements sacerdotaux et sa joie de
père heureux. On dirait un Patriarche. Je pense qu'Abraham devait lui ressembler
quand il se réjouissait d'offrir Isaac au Seigneur. Je vois la cérémonie
de la présentation du nouvel Israélite et la purification de la mère. Elle
est encore plus pompeuse que pour la présentation de Marie, parce que Jean
est le fils d'un prêtre et les prêtres font grande fête. Ils accourent en
nombre et s'affairent autour du petit groupe des femmes et du nouveau-né. Des gens aussi se
sont approchés par curiosité et j'entends les commentaires. Comme Marie a l'enfant
sur les bras pendant qu'on se dirige vers l'endroit coutumier les gens
croient que c'est la mère. Mais une femme dit : "Ce n'est pas
possible. Ne voyez-vous pas qu'elle est enceinte ? Le bambin n'a que
quelques jours et elle, elle est déjà grosse." "Pourtant"
dit un autre "il n'y a qu'elle qui puisse être la mère. L'autre est
vieille. Ce doit être une parente, mais elle ne peut être mère à l'âge
qu'elle a." "Suivons-les, et
nous verrons qui a raison." Et la stupeur augmente quand on voit que
celle qui accomplit le rite de la purification, c'est Élisabeth. Elle offre
son agneau bêlant pour l'holocauste et la colombe pour le péché. "C'est elle la
mère, tu as vu ?" "Non !" 149> "Oui." Les gens chuchotent, incrédules encore. Ils
font tant de bruit qu'un "Pschit !" impérieux part du groupe
des prêtres qui assistent à la cérémonie. Les gens se taisent un moment, mais
les chuchotements se font plus forts quand Élisabeth rayonnante d'une sainte
fierté prend le bambin et pénètre dans le Temple pour en faire la
présentation au Seigneur. "C'est bien
elle." "C'est toujours
la mère qui fait l'offrande." "Quel miracle
est-ce donc jamais ?" "Que sera cet
enfant accordé à un âge si avancé à cette femme ?" "Qu'est-ce que
cela présage ?" "Vous ne savez
pas ? dit quelqu'un qui arrive tout essoufflé. C'est le fils du prêtre
Zacharie, de la descendance d'Aaron, celui-là qui devint muet pendant qu'il
offrait l'encens au Sanctuaire." "Mystère !
Mystère ! Et maintenant il parle de nouveau ! La naissance de son
fils lui a délié la langue." "Quel esprit lui
aura parlé et rendue morte sa langue pour l'habituer à garder le silence sur
les secrets de Dieu ?" "Mystère !
Quelle vérité sera révélée à Zacharie ?" "Son fils
serait-il le Messie qu'attend Israël ?" "Il est né en
Judée, mais pas à Bethléem et pas d'une vierge. Il ne peut être le
Messie." "Qui donc
est-il ?" [1] Mais la réponse reste
dans le secret de Dieu et les gens restent avec leur curiosité. La cérémonie est achevée.
Les prêtres font fête, maintenant à la mère aussi et au bébé. La seule à qui
on ne fait pas attention, qu'on évite même dédaigneusement, quand on
s'aperçoit de son état, c'est Marie. Une fois les
félicitations finies, la plupart se remettent en route et Marie veut
retourner à l'hôtellerie pour voir si Joseph est arrivé. Il n'est pas arrivé.
Marie reste déçue et pensive. Élisabeth se
préoccupe de sa situation. "Nous pouvons rester jusqu'à la sixième heure
[2], mais ensuite, nous
devons partir pour être à la maison avant la première veille. Il est encore
trop petit pour rester la nuit tombée." Et Marie calme et
triste : "Je resterai dans une cour du Temple. J'irai trouver mes
maîtresses... Je ne sais. Mais je ferai quelque chose." 150> Zacharie intervient avec un projet immédiatement accepté,
comme une bonne solution.
"Allons chez les parents de Zébédée [3], c'est sûrement là
que Joseph va te chercher et s'il ne venait pas, il te sera facile de trouver
quelqu'un pour t'accompagner vers la Galilée. Dans cette maison il y a un
va-et-vient continuel de pêcheurs de Génésareth." Ils prennent la
monture de Marie et vont chez les parents de Zébédée, qui au fond ne sont que
ceux qui ont donné l'hospitalité à Marie et Joseph quatre mois
auparavant. Les heures passent
vite et Joseph ne paraît point. Marie maîtrise sa peine en berçant le petit,
mais on voit qu'elle est pensive. Comme pour cacher son état, elle n'a pas
enlevé son manteau bien qu'il fasse une chaleur qui fait transpirer tout le
monde. Finalement, un grand
coup à la porte annonce Joseph. Le visage de Marie resplendit rasséréné. Joseph la salue,
après qu'elle s'est présentée tout d'abord le saluant avec respect :
"La bénédiction de Dieu sur toi, Marie !" "Et sur toi,
Joseph et louange au Seigneur que tu sois venu ! C'est que Zacharie et
Élisabeth allaient partir pour être à la maison avant la nuit." "Ton messager
est arrivé à Nazareth pendant que j'étais à Cana pour des travaux. J'ai été
informé hier soir et je suis parti tout de suite. Mais ayant marché sans
arrêt, je suis en retard parce que l'âne avait perdu un fer.
Pardonne-moi." "C'est à toi de
me pardonner d'être restée si longtemps loin de Nazareth ! Mais regarde:
ils étaient si heureux de m'avoir avec eux, c'est pourquoi j'ai voulu leur
faire plaisir jusqu'à maintenant." "Tu as bien fait, Femme. Et le bambin où
est-il ?" Ils entrent dans la pièce où se trouve Élisabeth qui
donne son lait à Jean avant de partir. Joseph complimente les parents pour la
robustesse de l'enfant. Élisabeth l'enlève de son sein pour le montrer à
Joseph, mais il crie et se débat comme si on l'écorchait. Tout le monde rit
de ses protestations, même les parents de Zébédée qui sont accourus apportant des fruits frais pour tout
le monde, du lait, du pain et un grand plat de poissons, ils rient et
s'unissent à la conversation des autres. Marie parle très peu.
Elle reste tranquille et silencieuse assise dans son coin, les mains sur son
sein, sous son manteau. Et même quand elle boit une tasse de lait et mange
une grappe de raisin doré avec un peu de pain, elle parle peu et ne bouge
guère. 151> Elle regarde Joseph avec un mélange de peine
et d'inquiétude. Lui aussi la regarde et après quelque temps, se penchant sur
son épaule, lui demande : "Es-tu
fatiguée ? Souffres-tu ? Tu es pâle et triste." "J'ai de la
peine de me séparer du petit Jean. Je l'aime bien. Je l'ai porté sur mon cœur
presque dès sa naissance..." Joseph ne pose pas
d'autre question. L'heure du départ est venue pour Zacharie. Le char s'arrête
à la porte et tout le monde s'approche. Les deux cousines s'embrassent
affectueusement. Marie embrasse plusieurs fois le bébé avant de le reporter
sur le sein de sa mère déjà assise dans son char. Puis elle salue Zacharie et
lui demande sa bénédiction. Quand elle s'agenouille devant le prêtre, le
manteau glisse de ses épaules et ses formes apparaissent dans la lumière
intense d'un après midi d'été. Je ne sais si Joseph le remarque à ce moment
occupé qu'il est à saluer Elisabeth. Le char s'éloigne. Joseph rentre avec
Marie qui reprend sa place dans un coin à moitié éclairé. "S'il ne te
déplaisait pas de voyager de nuit, je proposerais de partir au crépuscule. La
chaleur est forte dans la journée. La nuit, au contraire, est fraîche et
tranquille. C'est pour toi que je le dis pour ne pas t'exposer trop au
soleil. Pour moi, ce n'est rien d'être exposé à la canicule. Mais
toi..." "Comme tu veux
Joseph. Oui, je crois que ce serait bien de voyager de nuit. " "La maison est bien en ordre, et aussi le jardinet.
Tu verras quelles belles fleurs ! Tu arrives à temps pour voir tout
fleuri. Le pommier, le figuier et la vigne sont chargés de fruits comme
jamais et le grenadier, j'ai dû lui mettre des tuteurs tant ses branches sont
chargées de fruits déjà bien formés qu'on n'a jamais vu chose pareille en ce
temps-ci. Et puis l'olivier ... Tu auras de l'huile en abondance. Il a eu une
floraison miraculeuse et pas une fleur ne s'est perdue; toutes ont déjà donné
une petite olive. Quand elles seront mûres, l'arbre sera couvert de perles
noires. Il n'y a que toi pour avoir un si beau jardin dans toute Nazareth.
Même les parents en sont étonnés. Et Alphée dit que c'est un miracle." "Tes soins l'ont
créé." "Oh !
non ! Pauvre homme que je suis ! Qu'ai-je donc fait, moi ? Un
peu de soins aux arbres et un peu d'eau aux fleurs... Sais-tu ? Je t'ai
fait une fontaine, tu n'auras pas besoin de sortir pour avoir de l'eau. 152>
Je l'ai amenée au fond, près de la grotte, et j'y
ai mis une vasque. Je l'ai conduite de la source qui se trouve au-dessus de
l'olivier de Mathias. Elle est pure et abondante. C'est par un petit ruisseau
que je te l'ai amenée. J'ai fait un petit canal bien couvert et maintenant
l'eau arrive et chante comme une harpe. Ça me faisait de la peine de te voir
aller à la fontaine du pays et en revenir chargée d'amphores remplies d'eau." "Merci, Joseph.
Tu es bon !" Les deux époux se taisent maintenant comme fatigués,
Joseph sommeille même. Marie prie. Le soir arrive. Les
hôtes insistent pour qu'ils mangent encore avant de se mettre en route.
Joseph mange du pain et du poisson. Marie seulement des fruits et du lait. Puis c'est le départ.
Ils montent sur leurs ânes. Comme à l'aller, Joseph a installé sur le sien le
coffre de Marie et avant que Marie ne monte il regarde si la selle est bien en
place. Je remarque que Joseph regarde Marie quand elle monte en selle; mais
il ne dit rien [4]. Le voyage a
commencé au moment où les étoiles, les premières se mettent à clignoter dans
le ciel. Ils se hâtent
vers les portes pour les atteindre avant qu'elles ne soient fermées,
peut-être, Quand ils sortent de Jérusalem et ils prennent la grand'route qui
va vers la Galilée, déjà les étoiles fourmillent dans toute l'étendue du
ciel. Il y a grand silence dans la campagne. On n'entend que le chant d'un
rossignol et les pieds des deux ânes qui battent en cadence le terrain de la
route durci par la sécheresse de l'été. |
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