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222> Jésus dit :
"Et aussi cette série de visions ainsi. En toute paix avec
les docteurs exigeants, nous avons avancé en te montrant les scènes qui ont
précédé, accompagné et suivi mon arrivée en ce monde, non pas pour
elles-mêmes car elles sont suffisamment connues. Mais surtout pour avoir été
déformées par des éléments surajoutés au cours des siècles, toujours à cause
de cette façon humaine de voir les choses qui, pour donner à Dieu une plus
grande louange - et pour cela ça a été pardonné - rend irréel ce qu'il aurait
été si beau de laisser réel. Parce que mon Humanité et celle de Marie ne
sortent pas amoindries, et de même ma Divinité et la Majesté du Père et l'Amour
de la Trinité Très Sainte de cette façon de voir les choses en leur réalité,
mais, au contraire, les mérites de ma Mère et mon humilité parfaite en
resplendissent et tout aussi bien la toute puissante bonté de l'Éternel
Seigneur.
223> Mais nous t'avons
montré ces scènes pour pouvoir appliquer à toi-même et aux autres le sens
surnaturel qui en découle et vous le donner comme règle de vie.
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Le
Décalogue, c'est la Loi. Mon Évangile, c'est la Doctrine qui vous rend plus
claire cette Loi et plus aimable à la suivre. Il suffirait de cette Loi et de
cette Doctrine pour faire des hommes des saints.
Mais vous êtes tellement empêtrés par votre humanité, qui domine exagérément
en vous l'esprit, que vous ne pouvez suivre ces chemins qu'ils vous indiquent
et vous tombez, ou bien vous vous arrêtez, découragés. Vous vous dites à
vous-mêmes et à ceux qui voudraient vous faire progresser en citant les
exemples de l'Évangile : "Mais Jésus, mais
Marie, mais
Joseph (et ainsi
de suite pour les saints) n'étaient pas comme nous : ils étaient forts. Ils
ont été tout de suite consolés dans leurs douleurs et même en ce peu de
douleurs qu'ils ont supporté. Ils ne sentaient pas les passions. C'était déjà
des êtres étrangers à la terre". Ce peu de douleur ! Hors
d'atteinte des passions ! La douleur a été pour nous l'amie fidèle. Elle
eut tous les aspects et noms les plus différents. Les passions.., N'employez
pas des mots mal appropriés en appelant "passions " les vices qui
vous égarent, Appelez-les carrément "vices", et capitaux par-dessus
le marché.
Ceux-là ce n'est pas dit que nous les ignorions. Nous avions des yeux et des
oreilles pour voir et entendre, et Satan
faisait miroiter ces vices devant nous et autour de nous, en les montrant en
action avec leur ordure, ou en nous tentant par ses insinuations. Mais, la
volonté étant tendue dans l'intention d'être agréables à Dieu, cette ordure
et ces insinuations, au lieu d'atteindre le but que Satan se proposait,
amenaient l'effet contraire. Et plus il s'acharnait, et plus nous nous
réfugiions dans la lumière de Dieu par dégoût des ténèbres fangeuses qu'il
présentait à nos yeux du corps et de l'esprit.
Mais, les passions - au
sens philosophique - nous ne les ignorions pas en nous. Nous avons
aimé notre patrie, notre petite ville de Nazareth, plus que les autres cités
de la Palestine. Nous avons senti des sentiments d'affection pour notre
maison, pour les parents, pour les amis. Pourquoi n'aurions-nous pas dû les
éprouver ? Mais nous ne nous en sommes pas rendus esclaves parce que
rien ne pouvait nous être un maître en dehors de Dieu. Mais nous nous en sommes faits de bons compagnons.
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224> Ma Mère a poussé un cri
de joie quand, après environ quatre ans, elle est retournée à Nazareth, quand
elle est rentrée dans sa maison, quand elle a embrassé les murs où son
"Oui" a ouvert son sein pour recevoir le Germe de Dieu. Joseph a
salué avec joie ses parents et ses neveux , augmentés
en nombre et grandis. Il a joui de constater que ses concitoyens se
souvenaient de lui et tout de suite ils le demandaient pour sa compétence.
J'ai été sensible aux amitiés et j'ai souffert comme d'une crucifixion
morale, de la trahison de Judas. Et,
pour autant, ni ma Mère ni Joseph n'ont fait passer leur amour pour la maison
et les parents avant la volonté de Dieu.
Et moi, je n'ai pas retenu les paroles, quand il fallait les dire,
susceptibles de m'attirer soit la haine des Hébreux, soit l'animosité de
Judas. Je savais — et j'aurais pu le faire — que l'argent aurait suffi pour
l'attacher à moi : non pas à moi Rédempteur, mais à moi riche. Moi qui
ai multiplié les pains, je pouvais faire foisonner l'argent si je l'avais
voulu. Mais je n'étais pas venu pour procurer des satisfactions humaines à
personne. Moins encore à ceux que j'avais appelés. J'avais prêché le
sacrifice, le détachement, une vie chaste, l'humilité de condition. Quel
Maître aurai-je été et quel Juste, si j'avais donné à quelqu'un, parce que
c'était le moyen de le retenir, de l'argent pour flatter sa cupidité et sa
sensualité ?
Dans mon Royaume on devient
"grand" en se faisant "petit". Qui veut être "grand"
aux yeux du monde n'est pas capable de régner dans mon Royaume
.
C'est de la paille pour le lit des démons. Car la grandeur mondaine est en
opposition avec la Loi de Dieu.
Le monde appelle "grands" ceux qui, presque toujours par des moyens
illicites, savent s'emparer des meilleures places. Pour y arriver ils
utilisent le prochain comme un escabeau sur lequel ils s'élèvent en le
foulant aux pieds. Il appelle "grands" ceux qui, pour régner, savent
tuer, tuer moralement ou physiquement, qui extorquent les places ou
conquièrent les pays et s'enrichissent eux-mêmes en dépouillant autrui des
richesses particulières ou collectives. Souvent le monde donne le titre de
"grands" à des criminels. Non. La "grandeur" n'est pas
compatible avec le crime.
Elle réside dans la bonté, l'honnêteté, l'amour, la justice. Voyez vos
"grands" quels fruits empoisonnés ils vous offrent, ils les cueillent dans la perversion démoniaque de leur jardin
intérieur !
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225> La dernière vision — puisque je veux en
parler et ne pas m'arrêter à parler d'autre chose qu'il serait inutile de
proposer à un monde qui ne veut pas entendre la vérité qui le concerne —
cette dernière vision éclaire un point particulier cité deux fois dans
l'Évangile de Matthieu, une phrase répétée deux fois : "Lève-toi,
prends l'Enfant et sa Mère et parts en Égypte" (Cf. Matthieu 2,13);
"Lève-toi, prends l'Enfant et la Mère de Celui-ci et regagne le pays d'Israël"
(Cf. Matthieu 2,20). Et tu as vu que Marie était
seule, dans sa pièce, avec le Bébé.
Elle est très combattue par ceux qui étant fange et pourriture n'admettent
pas qu'une créature humaine comme eux, puisse être aile et lumière, la virginité de
Marie après l'enfantement et la chasteté de Joseph. Ils sont déchus
en leur âme tellement corrompue, en leur esprit prostitué à la chair, au
point d'être incapables de penser qu'un homme puisse respecter la femme en voyant
en elle l'âme et non la chair et s'élever au point de vivre dans une
atmosphère surnaturelle, désirant non ce qui est charnel, mais ce qui est
divin.
Eh bien, à ces négateurs de la beauté suprême, à ces vers incapables de
devenir papillons, à ces reptiles souillés de la bave de leurs passions,
incapables de comprendre la beauté d'un lys, Moi, je dis que Marie fut et
demeura vierge, et que l'âme seulement fut mariée à Joseph, comme son esprit
fut uniquement uni à l'Esprit de Dieu et par son opération conçut l'Unique
qu'Elle porta : Moi, Jésus Christ, Fils Unique de Dieu et de Marie.
Ce n'est pas une tradition qui a fleuri par la suite à cause d'un amoureux
respect pour la Bienheureuse qui fut ma Mère. C'est une vérité et dès les
premiers temps elle fut connue.
Matthieu n'est pas né dans les siècles
suivants. Il était contemporain de Marie. Matthieu n'était pas un pauvre
ignorant, un sauvage crédule et susceptible de croire à une quelconque
histoire. C'était un receveur, diriez-vous maintenant, un gabelou,
disions-nous alors. Il savait voir, entendre, comprendre, distinguer la
vérité de l'erreur. Matthieu n'a pas appris les choses par ouï-dire, par des
personnes interposées. Il a recueilli ses renseignements des lèvres de Marie
à laquelle son amour pour le Maître et la vérité, l'avait engagé à demander
des renseignements.
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226> Je ne pense pas que ces
négateurs de l'inviolabilité de Marie pensent qu'elle ait pu mentir. Mes
parents eux-mêmes auraient pu la démentir si elle avait eu d'autres enfants. Jacques, Jude,
Simon et Joseph étaient
des contemporains de Matthieu. Il était donc facile à ce dernier de
confronter les versions s'il avait existé plusieurs versions. Or Matthieu ne
dit jamais : "Lève-toi et prends ta femme". Il dit :
"Prends la Mère de Celui-ci". Il dit d'abord : "Vierge
épousée à Joseph"; "Joseph son époux".
Qu'ils ne viennent pas me dire ces négateurs que c'était une manière de
parler des Hébreux, comme si le terme de "femme" eût été infamant.
Non, négateurs de la Pureté. Dès les premières paroles de la Bible, on lit :
"...et il s'unira à sa femme" .
Avant la consommation du mariage, on l'appelle "compagne" et après
"femme" à diverses reprises et en plusieurs chapitres. Il en est
ainsi pour les épouses des fils d'Adam . De
même de Sara appelée "femme" d'Abraham : "Sara ta
femme" .
Et : "Prends ta femme et tes deux filles", est-il dit à Lot . Dans
le livre de Ruth est-il écrit : "La Moabite femme de Mahlôn" . Dans
le premier Livre des Rois, on dit "Elqana eut deux femmes" ; et
de plus : "Puis Elqana connut sa femme Anne" ; et
encore "Elle bénit Elqana et la femme de celui-ci" . Et,
toujours au Livre des Rois, il est dit : "Bethsabée, femme d'Urie
le Hittite, devint femme de David et lui donna un fils" . Et
que lit-on dans le Livre de Tobie, livre d'azur que l'Église vous chante à
vos noces pour vous conseiller d'être saints dans le mariage ? On
lit : "Or quand Tobie accompagné de sa femme et de son fils
arriva... "
et encore : "Tobie réussit à s'enfuir avec son fils et sa femme ".
Et dans les Évangiles, c'est-à-dire à l'époque du Christ où par conséquent on
écrivait en langage moderne - moderne pour ce temps-là - et où il n'y avait
pas lieu par conséquent de supposer possibles des erreurs de transcription,
il est dit précisément dans Matthieu au chapitre 22 : "...et le
premier, ayant pris femme, mourut et laissa sa femme à son frère" . Et
Marc au chapitre 10 : "qui répudie sa femme" . Et
Luc appelle Élisabeth femme de Zacharie, quatre fois de suite. Et au chapitre
8 : "Jeanne, femme de Chouza".
Comme vous le voyez, ce nom n'était pas un vocable proscrit par ceux qui
suivaient les chemins du Seigneur, un vocable impur qu'il ne fallait pas
proférer et encore moins écrire, là où il était question de Dieu et de ses
œuvres admirables. Et l'ange en disant : "l'Enfant et la Mère de
Celui-ci" vous montre que Marie fut la vraie Mère de Jésus sans être la
femme de Joseph. Elle restera toujours la Vierge épouse de Joseph.
227> Voilà le dernier enseignement
de ces visions. C'est une auréole qui resplendit sur la tête de
Marie et de Joseph. La Vierge Inviolée. L'homme chaste et juste. Les deux lys
au milieu desquels j'ai grandi, n'entendant parler que de parfum de pureté.
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