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Catéchèse du samedi
14 octobre 1944
46> À propos de cette vision, Jésus me dit ce
matin : "Je veux que toi et que tous vous remarquiez l'attitude de Jean;
en un de ses côtés qui échappe toujours. Vous l'admirez parce que pur,
aimant, fidèle, mais vous ne remarquez pas qu'il fut grand en humilité.
Lui, à qui l'on doit la venue de Pierre vers Moi, il tait modestement ce point particulier.
L'apôtre de Pierre, et par conséquent le premier de mes apôtres, ce fut Jean. Le premier
à me reconnaître. Le premier à m'adresser la parole, le premier à me suivre,
le premier à m'annoncer. Et pourtant, voyez ce qu'il dit : "André, frère de
Simon, était un des deux qui avaient entendu les paroles de Jean et avaient
suivi Jésus. Le premier sur qui il tomba fut son frère Simon à qui il dit:
'Nous avons trouvé le Messie' et il le mena à Jésus".
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47> Avec sa justice, en plus de sa bonté, il sait que André est
embarrassé de n'avoir qu'un caractère renfermé et timide, qui voudrait tant
agir; mais qu'il ne réussit pas à faire, et il veut que soit transmis à la
postérité le souvenir de son bon vouloir. Il veut qu’André semble le premier
apôtre du Christ auprès de Simon bien que sa timidité et son effacement
auprès de son frère lui aient apporté un échec dans son apostolat.
Qui, parmi ceux qui font quelque chose pour moi sait imiter Jean et ne se
proclame pas lui-même apôtre incomparable ? Ils ne réfléchissent pas que
leur réussite vient d'un ensemble de choses, qu'il ne s'agit pas seulement de
sainteté, mais aussi d'audace humaine, de chance, du fait de se trouver près
d'autres moins hardis ou moins chanceux, mais peut-être plus saints
qu'eux-mêmes.
Dans une belle réussite, ne vous glorifiez pas comme si
le mérite n'en revenait qu'à vous. Louez Dieu, patron des ouvriers
apostoliques. Ayez le regard limpide et le cœur sincère pour remarquer et
donner à qui de droit les applaudissements qui lui reviennent. Un regard
limpide pour remarquer les apôtres qui réalisent l'holocauste et qui sont les
premiers vrais leviers dans le travail des autres. Dieu seul les voit, ces
timides qui semblent ne rien faire et sont au contraire ceux qui dérobent au
Ciel le feu qui anime les audacieux. Un cœur sincère doit dire : Moi je
travaille, mais celui-ci a plus d'amour que moi, prie mieux que moi, s'immole
comme moi je ne sais le faire et comme Jésus a dit : 'Entre dans ta
chambre et enferme-toi dans le secret pour prier en secret'. Moi qui vois son
humble et sainte vertu, je veux la faire connaître et dire : 'Moi, je suis
l'instrument actif; lui, la force qui me meut parce que, greffé comme il
l'est sur Dieu, c'est par son canal que je reçois la force d'en Haut".
Et la bénédiction du Père qui descend pour récompenser l'humble qui
s'immole en silence pour procurer la force aux apôtres, descendra aussi sur
l'apôtre qui reconnaît sincèrement l'aide surnaturelle et silencieuse qui lui
vient de l'humble, et le mérite de cet humble que les hommes superficiels ne
remarquent pas.
Recueillez-en tous l'enseignement. Jean est
mon préféré ? Oui, mais n'a-t-il pas encore cette ressemblance avec
Moi ? Pur, aimant, obéissant, mais humble aussi. Je me mirais en lui et
en lui je voyais mes vertus. Je l'aimais, pour cette raison comme un second
Moi-Même. Je voyais sur lui le regard du Père qui le reconnaissait pour un
petit Christ. Et ma Mère me
disait : "En lui, j'ai le sentiment d'avoir un second fils. Il me semble
Te voir, Toi, reproduit en lui qui n'est qu'un homme."
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