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353> C'est une aube qui nuance
à peine sa candeur d'un premier rosé d'aurore. Le frais silence de la
campagne disparaît de plus en plus en s'embellissant des trilles des oiseaux
réveillés.
Jésus sort le premier de la maison de Nique, pousse silencieusement la
porte et se dirige vers le verger tout vert où s'égrènent les notes limpides
des mésanges et où les merles flûtent leur chant.
Mais il n'y est pas encore arrivé, quand il en sort quatre personnes qui
s'avancent vers Lui. Quatre de ceux qui étaient hier dans le groupe inconnu
et qui n'avaient pas du tout découvert leurs visages. Ils se prosternent
jusqu'à terre, et au commandement et à la question que Jésus leur fait, après
les avoir salués de son salut de paix : "Levez-vous ! Que voulez-vous de
Moi ?", ils se lèvent et rejettent leurs manteaux et leurs couvre-chefs
de lin dans lesquels ils avaient gardé caché leurs visages comme autant de
bédouins.
Je reconnais le visage pâle et maigre du scribe Joël d'Abia, vu
dans la vision de Sabéa. Les
autres me sont inconnus jusqu'à ce qu'ils se nomment : "Moi, Judas de Béteron,
le dernier des vrais assidéens,[1] amis
de Matthatias l'Asmonéen."
"Moi, Éliel, et
mon frère Elcana de Bethléem
de Juda, frères de Jeanne, ta
disciple, et il n'y a pas pour nous de titre plus grand. Absents quand tu
étais fort, présents maintenant que tu es persécuté."
"Moi, Joël d'Abia, aux yeux si longtemps
aveugles, mais maintenant ouverts à la Lumière."
"Je vous avais déjà congédiés. Que voulez-vous de Moi ?"
"Te dire que... si nous sommes restés couverts, ce n'est pas à cause de
Toi, mais..." dit Éliel.
"Allons, parlez !"
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354> "Mais... Parle toi,
Joël, car tu es le plus au
courant..."
"Seigneur... Ce que je
sais est tellement... horrible... Je voudrais que même les mottes ne le
sachent pas, n'entendent pas ce que je vais dire..."
"Les mottes en vérité tressailliront. Pas Moi, car je sais ce que tu
veux dire. Mais parle quand même..."
"Si tu le sais... permets que mes lèvres ne frémissent pas en disant
cette horrible chose. Ce n'est pas que je pense que tu mens en disant que tu
sais et que tu veux que je le dise pour savoir, mais vraiment parce
que..."
"Oui, parce que c'est une chose qui crie vers le Seigneur. Mais je vais
la dire pour persuader tout le monde que je connais le cœur des hommes. Toi,
membre du Sanhédrin et conquis à la Vérité, tu as découvert une chose que tu
n'as pas su porter par toi-même, car elle est trop grande. Et tu es allé les
trouver eux, vrais juifs en lesquels se trouve un esprit uniquement bon, pour
leur demander conseil. Tu as bien fait, même si ce que tu as fait ne sert à
rien. Le dernier des assidéens serait prêt à répéter le geste de ses pères
pour servir le vrai Libérateur, et il n'est pas le seul. Son parent Barzelaï (Barzillaï) le ferait
aussi, et beaucoup avec lui. Et les frères de Jeanne, par amour pour Moi et
pour leur sœur, en plus que pour la Patrie, seraient avec lui. Mais ce n'est
pas avec les lances et les épées que je triompherai. Entrez complètement dans
la Vérité. Mon triomphe sera céleste.
Toi, voilà que tu deviens encore plus pâle et plus hâve qu'à l'ordinaire, tu
sais qui a présenté les charges contre Moi. Ces charges, si elles sont
fausses dans leur esprit, sont vraies dans la matérialité des mots; en vérité
j'ai violé le sabbat quand j'ai dû m'enfuir, mon heure n'étant pas encore
venue, et quand j'ai arraché des innocents aux voleurs. Je pourrais dire que
la nécessité justifie l'acte comme la nécessité justifia David de s'être
nourri des pains de proposition. En vérité je me suis réfugié en Samarie,
même si, mon heure étant venue et ayant reçu la proposition des samaritains
de rester près d'eux comme Pontife, j'ai refusé les honneurs et la sécurité
pour rester fidèle à la Loi, même quand cela voulait dire me livrer aux
ennemis. Il est vrai que j'aime les pécheurs et les pécheresses au point de
les arracher au péché. Il est vrai que j'annonce la ruine du Temple, même si
mes paroles ne sont que la confirmation du Messie aux paroles de ses
prophètes. Celui qui fournit ces accusations et d'autres, et fait, même des
miracles, un motif d'accusation, et s'est servi de toutes les choses de la
Terre pour essayer de m'entraîner dans le péché et pour pouvoir ajouter
d'autres accusations aux premières, celui-là est un de
mes amis.
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355> Cela aussi a été dit
par le roi prophète, dont je descends par ma Mère; "Celui qui mangeait
mon pain a levé contre Moi son talon".[2] Je le
sais. Je ne puis empêcher que lui accomplisse le crime — désormais... sa
volonté s'est donnée à la Mort, et Dieu ne violente pas la liberté de l'homme
— mais qu'au moins... oh ! qu'au moins le déchirement de l'horreur accomplie
le jette repenti aux pieds de Dieu... Pour cela je mourrais deux fois. C'est
pour cela que toi, Judas de Béteron, tu as averti
hier Manaën de se taire, car le serpent était
présent et pouvait faire du tort au disciple en même temps qu'au Maître. Non.
Seul le Maître sera frappé. Ne craignez pas. Ce ne sera pas à cause de Moi
que vous aurez peines et malheurs. Mais c'est à cause du crime de tout un
peuple, que vous aurez tous ce qui a été dit par les prophètes.
Ma malheureuse, malheureuse Patrie ! Malheureuse terre qui connaîtra le
châtiment de Dieu ! Malheureux habitants et enfants que maintenant je bénis
et que je voudrais sauver et qui, bien qu'innocents, connaîtront, une fois
adultes, la morsure du plus grand malheur. Regardez-la votre terre
florissante, belle, verte et fleurie comme un merveilleux tapis, fertile
comme un Eden... Imprimez-vous-en la beauté dans le cœur, et puis... quand je
serai retourné là d'où je suis venu... fuyez. Fuyez tant qu'il vous sera
possible de le faire, avant que comme un rapace d'enfer la désolation de la
ruine se répande ici et abatte et détruise et rende stérile et brûle, plus
qu'à Gomorrhe, plus qu'à Sodome... Oui, plus que là où il n'y eut qu'une mort
rapide. Ici... Joël, te rappelles-tu Sabéa ? Elle a
prophétisé une dernière fois l'avenir du Peuple de Dieu qui n'a pas voulu du
Fils de Dieu."
Les quatre sont tout abasourdis. La peur de l'avenir les rend muets. Enfin Éliel parle : "Tu nous conseilles ?..."
"Oui. Partez. Il n'y aura plus rien ici qui vaille la peine de retenir
les fils du peuple d'Abraham. Et d'ailleurs, vous spécialement, les notables,
on ne vous laissera pas... Les puissants, faits prisonniers, embellissent le
triomphe du vainqueur. Le Temple nouveau et immortel emplira de lui-même la
Terre et tout homme qui me cherche me possédera car je serai partout où un
cœur m'aime. Allez. Éloignez vos femmes, vos enfants, les vieux... Vous
m'offrez salut et aide. Je vous conseille de vous sauver, et je vous aide par
ce conseil... Ne le méprisez pas."
"Mais désormais... en quoi Rome peut-elle nous nuire davantage ? Ils
sont nos maîtres. Et si sa loi est dure, il est vrai aussi que Rome a
reconstruit les maisons et les villes et..."
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356> "En vérité, sachez-le, en vérité pas
une seule pierre de Jérusalem ne demeurera intacte. Le feu, les béliers, les
frondes et les javelots mettront par terre, saccageront, bouleverseront
toutes les maisons, et la Cité sacrée deviendra une caverne, et pas elle
seule... Une caverne, cette Patrie qui est la nôtre. Pâturages d'onagres et
de lamies, comme disent les prophètes, et non pas pour une ou plusieurs
années, ou pour des siècles, mais pour toujours. Désert, terres brûlées,
stérilité... Voilà le sort de ces terres ! Champ de querelles, lieu de
torture, rêve de reconstruction toujours détruit par une condamnation
inexorable, tentatives de résurrection éteintes à leur naissance. Le sort de
la Terre qui a repoussé le Sauveur et a voulu une rosée qui est feu sur les
coupables."
"Il n'y aura donc plus... jamais plus un royaume d'Israël ? Nous ne
serons jamais plus ce que nous rêvions ?" demandent d'une voix angoissée
les trois notables juifs. Le scribe Joël pleure...
"Avez-vous jamais observé un vieil arbre dont la mœlle
est détruite par la maladie ? Pendant des années, il végète péniblement, si
péniblement qu'il ne donne ni fleurs ni fruits. Seulement quelques rares
feuilles sur les branches épuisées indiquent qu'il monte un peu de sève...
Puis, un mois d'avril, le voilà qui fleurit miraculeusement et se couvre de
feuilles nombreuses. Le maître s'en réjouit, lui qui pendant tant d'années
l'a soigné sans avoir de fruits. Il se réjouit en pensant que l'arbre est
guéri et redevient luxuriant après tant d'épuisement... Oh ! tromperie !
Après une explosion si exubérante de vie, voilà la mort subite. Les fleurs
tombent et les feuilles et les petits fruits qui semblaient déjà se nouer sur
les branches et promettre une récolte copieuse, et avec un bruit inattendu,
l'arbre, pourri à la base, s'effondre sur le sol. Ainsi fera Israël. Après avoir pendant des siècles végété sans donner
de fruits, dispersé, il se rassemblera sur le vieux tronc et aura une
apparence de reconstruction. Finalement réuni le Peuple dispersé. Réuni et
pardonné. Oui. Dieu attendra cette heure pour arrêter te cours des
siècles. Il n'y aura plus de siècles alors, mais l'éternité. Bienheureux ceux
qui, pardonnes, formeront la floraison fugace du dernier Israël, devenu,
après tant de siècles, le domaine du Christ, et qui mourront rachetés, en
même temps que tous les peuples de la Terre, bienheureux avec eux ceux qui,
parmi eux, auront non seulement connu mon existence, mais embrassé ma Loi,
comme une loi de salut et de vie. J'entends les voix de mes apôtres. Partez
avant qu'ils n'arrivent..."
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357> "Ce n'est pas par
lâcheté, Seigneur, que nous cherchons à rester inconnus, mais pour te servir, afin de pouvoir te servir. Si on savait que
nous, moi surtout, nous sommes venus te trouver, nous serions exclus des
délibérations..." dit Joël.
"Je comprends. Mais faites attention que le serpent est rusé. Toi,
spécialement, Joël, sois prudent..."
"Oh ! Ils me tueraient ! Je préférerais ma mort à la tienne ! Et ne pas
voir les jours dont tu parles ! Bénis-moi, Seigneur, pour me fortifier... "
"Je vous bénis tous au nom du Dieu Un et Trin et au nom du Verbe qui
s'est Incarné afin d'être le salut pour les hommes de bonne volonté." Il
les bénit collectivement d'un large geste et puis, pour chacun d'eux, il pose
sa main sur la tête inclinée de ceux qui sont à ses pieds.
Ensuite eux se lèvent, se couvrent de nouveau le visage, et se cachent parmi
les arbres du verger et les haies de mûres qui séparent les poiriers des
pommiers et ceux-ci des autres arbres. Juste à temps, car les douze apôtres
sortent en groupe de la maison afin de chercher le Maître pour se mettre en
route.
Et Pierre dit : "Par devant
la maison, du côté de la ville, il y a une foule de gens que nous avons eu du
mal à retenir pour te laisser prier. Ils veulent te suivre. Personne n'est
parti de ceux que tu avais congédiés. Au contraire, beaucoup sont revenus sur
leurs pas, et beaucoup d'autres sont survenus. Nous les avons
grondés..."
"Pourquoi ? Laissez-les me suivre ! Qu'il en fût ainsi de tous ! Partons
!" Et Jésus, après s'être ajusté le manteau que Jean Lui présente, se
met à la tête des siens, rejoint la maison, la côtoie, met le pied sur la
route qui va à Béthanie et entonne à haute voix un psaume.
Les gens, une vraie foule, avec en tête les hommes, puis les femmes et les
enfants, le suivent, chantant avec Lui...
La ville s'éloigne avec son enceinte de verdure. La route est parcourue par
de nombreux pèlerins. Sur le bord de la route des mendiants nombreux élèvent
leurs plaintes pour émouvoir la foule et faire ainsi une quête fructueuse.
Estropiés, manchots, aveugles... La misère habituelle qui, en tout temps et
en tout pays, a coutume de se réunir là où une festivité appelle les foules.
Et si les aveugles ne voient pas Celui qui passe, les autres voient, et
connaissant la bonté du Maître pour les pauvres, jettent leur cri plus fort
qu'à l'ordinaire pour attirer l'attention de Jésus. Pourtant, ils ne
demandent pas de miracle, seulement une obole, et c'est Judas qui la donne.
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358> Une femme, de
condition aisée, arrête l'âne, sur lequel elle était en selle, près d'un
arbre robuste qui ombrage une bifurcation et elle attend Jésus. Quand il est
proche, elle glisse de sa monture et elle se prosterne, non sans mal, car
elle a dans ses bras un petit enfant absolument inerte. Elle le soulève sans
dire un mot. Ses yeux prient dans son visage affligé. Mais Jésus est entouré
de gens qui forment une haie et il ne voit pas la pauvre mère agenouillée au
bord de la route. Un homme et une femme, qui semblent accompagner la mère affligée,
lui parlent :"Il n'y a rien pour nous" dit l'homme en secouant la
tête. Et la femme : "Maîtresse, il ne t'a pas vu. Appelle-le avec foi et
il t'exaucera."
La mère l'écoute et elle crie à haute voix pour vaincre le bruit des chants
et des pas : "Seigneur, pitié pour moi !"
Jésus, qui est déjà en avant de quelques mètres, s'arrête et se tourne pour
chercher qui a crié, et la servante dit : "Maîtresse, il te cherche.
Lève-toi donc et va le trouver et Fabia va
être guérie" et elle l'aide à se lever pour la conduire vers le Seigneur
qui dit : "Que celui qui m'a appelé vienne à Moi. C'est un temps de
miséricorde pour qui sait espérer en elle."
Les deux femmes se fraient un passage, avec la servante devant pour ouvrir le
chemin à la mère, puis la mère elle-même, et elles vont rejoindre Jésus quand
une voix crie : "Mon bras perdu ! Regardez ! Béni le
Fils de David, notre vrai Messie, toujours puissant et saint !"
Il se produit un remue-ménage car plusieurs se tournent et la foule subit un
brassage, un mouvement de îlots contraires autour de Jésus, Tout le monde
veut savoir et voir... On interroge un vieillard qui agite son bras droit
comme si c'était un drapeau et qui répond : "Il s'était arrêté. J'ai
réussi à saisir un pan de son manteau et à m'en couvrir, et il m'est couru
comme un feu et une vie à travers le bras mort, et voilà : le droit est comme
le gauche rien que pour avoir touché son vêtement."
Jésus, pendant ce temps, demande à la femme
: "Que veux-tu ?"
La femme tend son enfant et elle dit : "Elle aussi a droit à la vie.
Elle est innocente. Elle n'a pas demandé d'être d'un lieu ou d'un autre, d'un
sang ou d'un autre. C'est moi la coupable. Pour moi la punition, pas pour
elle."
"Espères-tu que la miséricorde de Dieu soit plus grande que celle des
hommes ?"
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359> "Je l'espère,
Seigneur. Je crois. Pour mon enfant et pour moi, à laquelle j'espère
que tu rendes la pensée et le mouvement. On dit que tu es la Vie..." et elle pleure.
"Je suis la Vie, et celui qui croit en Moi aura la vie de l'esprit et
des membres. Je veux !" Jésus a crié ces mots d'une voix forte et
maintenant il abaisse sa main sur l'enfant inerte qui a un frémissement, un
sourire, un mot : "Maman !"
"Elle bouge ! Elle sourit ! Elle a parlé ! Fabius ! Maîtresse !"
Les deux femmes ont suivi les phases du miracle et les ont annoncées à haute
voix, et elles ont appelé le père qui s'est fait un passage à travers les
gens et arrive aux femmes quand déjà elles sont aux pieds de Jésus en larmes,
et pendant que la servante dit : "Je te l'avais dit que Lui a pitié de
tous !". La mère dit : "Et maintenant, pardonne-moi aussi mon
péché."
"Le Ciel ne te montre-t-il pas, par la grâce qu'il t'a accordée, que ton
erreur est pardonnée ? Lève-toi et marche dans la vie nouvelle avec ta fille
et avec l'homme que tu as choisi. Va ! Paix à toi, et à toi, fillette, et à
toi, fidèle Israélite. Une grande paix pour toi, à cause de ta fidélité à
Dieu et à la fille de la famille que tu as servi et qu'avec ton cœur tu as
tenue proche de la Loi. Et paix aussi à toi, homme, qui as été plus
respectueux pour le Fils de l'homme que beaucoup d'autres d'Israël."
Il prend congé pendant que la foule, après avoir quitté le vieillard,
s'intéresse au nouveau miracle sur la fillette paralysée et idiote, peut-être
par suite d'une méningite, et qui maintenant saute joyeusement en disant les
seuls mots qu'elle sait, ceux que peut-être elle savait quand elle est tombée
malade et qu'elle retrouve intacts dans son esprit qui s'est réveillé :
"Père, mère, Élise. Le beau soleil ! Les fleurs !..."
Jésus fait le geste de partir, mais du
carrefour désormais dépassé, près des ânes laissés là par les miraculés, deux
autres cris s'élèvent lamentables avec la cadence caractéristique des hébreux
: "Jésus, Seigneur ! Fils de David, aie pitié de moi !" Et de
nouveau, plus fort, pour dépasser les cris de la foule qui dit :
"Taisez-vous, laissez aller le Maître La route est longue et le soleil
tape de plus en plus fort. Qu'il puisse être sur les collines avant la
chaleur", mais ils crient de nouveau : "Jésus, Seigneur, Fils de
David, aie pitié de moi."
Jésus s'arrête de nouveau pour dire : "Allez prendre ceux qui crient et amenez-les
ici."
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360> Des volontaires s'en
vont. Ils rejoignent les deux aveugles et leur disent : "Venez. Il a
pitié de vous. Levez-vous car il veut vous exaucer. Il nous a envoyés
pour vous appeler en son nom" et ils cherchent à conduire les deux
aveugles à travers la foule.
Mais si l'un se laisse conduire, l'autre, plus jeune et peut-être plus
croyant, prévient le désir des volontaires et il s'avance seul, avec son
bâton qu'il pointe en avant, le sourire et l'attitude caractéristiques des
aveugles sur leur visage levé pour chercher la lumière, et il semble que son
ange le conduise tant sa marche est rapide et sûre. S'il n'avait pas les yeux
blancs, il ne semblerait pas aveugle. Il arrive le premier devant Jésus qui
l'arrête en disant : "Que veux-tu que je te fasse ?"
"Que je voie, Maître, Fais, Ô Seigneur, que s'ouvrent mes yeux et ceux
de mon compagnon." Et l'autre aveugle étant arrivé, on le fait
agenouiller près de son compagnon.
Jésus met les mains sur leurs visages levés et il dit : "Qu'il soit fait
comme vous le demandez. Allez ! Votre foi vous a sauvés !"
Il enlève ses mains et deux cris sortent des lèvres des aveugles : "Je
vois, Uriel !"; "Je vois, Bartimée
!" et puis, ensemble : "Béni Celui qui vient au nom du Seigneur !
Béni Celui qui l'a envoyé ! Gloire à Dieu ! Hosanna au Fils de David" et
ils se jettent tous deux, le visage au sol, pour baiser les pieds de Jésus.
Ensuite les deux aveugles se lèvent et celui qui s'appelle Uriel dit : "Je
vais me montrer à mes parents et puis je reviens te suivre, ô Seigneur."
Mais Bartimée dit de son côté : "Je ne te
quitte pas. Je vais envoyer quelqu'un pour les prévenir. Ce sera toujours de
la joie. Mais me séparer de Toi, non. Tu m'as donné la vue, je te consacre ma
vie. Aie pitié du désir du dernier de tes serviteurs."
"Viens et suis-moi. La bonne volonté rend égales toutes les conditions
et seul est grand celui qui sait le mieux servir le Seigneur."
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