|
|
"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta © Centro Editoriale Valtortiano |
aucun accent | |
| Consulter la Bible en ligne | Aller sur le forum | ||
|
vendredi
5 avril 30 RÉSUMÉ - Marie ne veut ni manger ni boire 326 - Discours de Jean (Tu ne dois pas mourir) 327 - Marthe a préparé un vêtement pour le ressuscité 328 - Comme Marie en avait préparé un pour la Pâque 328 - Marie fait sortir tout le monde 329 - Devant les objets de la passion elle prie le Père 329 - Un tas de nouvelles catastrophiques 330 - Les femmes craignent pour les leurs 330 - Elles surveillent Marie du dehors 331 |
9.32. |
|
326> Marie, secourue par les femmes en pleurs, revient à elle. Elle pleure sans avoir plus d'autre force que celle de pleurer sans arrêt. Il semble vraiment que sa vie doive s'écouler et se consumer toute entière dans ces larmes. 327> Elles veulent qu'elle se restaure. Marthe lui offre un peu de vin, la maîtresse de maison voudrait qu'elle prenne au moins un peu de miel. Marie d'Alphée, à genoux devant elle, lui offre une tasse de lait tiède en disant : "Je l'ai trait moi-même à la chevrette de la petite Rachel" (peut-être une fille des gens qui sont dans cette maison de Lazare comme locataires ou comme gardiens, je ne sais). Mais Marie ne veut rien. Pleurer, seulement pleurer. Et demander et s'entendre promettre que l'on cherchera les apôtres et les disciples, que l'on cherchera la lance et les vêtements et que, quand il fera jour, puisque maintenant ils ne veulent pas la laisser aller, elles la laisseront entrer dans la pièce du Cénacle. "Oui. Si tu es un peu tranquille, si tu reposes un peu, je t'y conduirai" dit sa belle-soeur. "Nous entrerons toutes les deux et, à genoux, je chercherai pour toi toute trace de Jésus..." et Marie d'Alphée sanglote. "Mais tu vois ? Ici tu as la coupe et le pain entamé par Lui, employé par Lui pour l'Eucharistie. Y a-t-il plus saint souvenir ? Tu vois ? Jean te les a apportés dès ce matin pour que tu les voies ce soir... Pauvre Jean qui est là qui pleure et qui a peur..." "Peur ? Pourquoi ? Viens, Jean." Jean sort de l'ombre car dans la pièce il n'y a qu'une petite lampe posée sur la table près des objets de la Passion, et il s'agenouille aux pieds de Marie qui le caresse et lui demande : "Pourquoi as-tu peur ?" Et Jean, en baisant ses mains et en pleurant : "Parce que tu es malade. Tu es fiévreuse et angoissée... Et tu n'es pas tranquille. Et si tu continues ainsi, tu vas mourir comme Lui est mort..." "Oh ! si c'était vrai !" "Non! Mère ! Maman ! Oh ! il est plus doux de dire : "Maman", comme à la mienne ! Laisse-moi te le dire... Mais, comme moi je ne trouve pas de différence entre ma mère et toi, et même comme je t'aime plus qu'elle parce que tu es la Mère que Lui m'a donnée et que tu es sa Mère, ne fais pas une trop grande différence entre le Fils né de toi et le fils qui t'a été donné... Et aime-moi un peu comme tu l'aimes Lui... Si c'était Lui qui te dise : "J'ai peur que tu meures", Lui répondrais-tu : "Oh ! si c'était vrai" ? Non. Tu ne le dirais pas. Mais tu regretterais de t'en aller et le laisser dans un monde de loups, Lui, ton Agneau... Et pour moi tu n'es pas en peine ?... Je suis tellement plus agneau que Lui, non par bonté et pureté, mais par stupidité et par peur. Si tu me manques, le pauvre Jean 328> sera dévoré par les loups sans avoir su donner un bêlement qui parle de son Maître... Veux-tu que je meure ainsi, sans le servir ? Stupide dans la mort comme dans la vie ? Non, n'est ce pas ? Et alors, Maman, cherche à être tranquille... Pour Lui... Oh ! ne dis-tu pas qu'il ressuscite ? Oui, tu le dis, et c'est vrai. Et alors veux-tu que quand il ressuscitera, il trouve la maison vide de toi ? Car certainement Lui viendra ici... Oh ! pauvre, pauvre Jésus, si au lieu de ton cri d'amour il entendait nos cris de deuil, si au lieu de trouver ton sein pour poser sa tête martyrisée et glorieuse il trouvait la fermeture de ton tombeau.,. Tu dois vivre. Pour le saluer quand il reviendra... Je ne dis pas "à notre amour". Nous méritons tous les reproches pour la façon dont nous nous sommes conduits. Mais à ton amour. Oh ! que sera la rencontre ? Et Lui, comment sera-t-il ? Mère de la Sagesse, Maman du très ignorant Jean, toi qui sais tout, dis-nous comment il sera, quand il apparaîtra ressuscité."
"Il nous fallut le laver à plusieurs reprises..." ajoute Marie. "Et il était faible, et nous avons dû le restaurer sur son ordre" termine Marthe. "Le fils de la veuve de Naïm était comme étourdi et semblait un bébé incapable de marcher et de parler couramment, si bien qu'il le rendit à sa mère pour qu'elle lui apprît de nouveau à user des biens de la vie. Et la fillette de Jaïre, Lui-même guida ses premiers pas" dit Jean, "Je pense que le Seigneur nous enverra un ange pour nous dire :"Venez avec un vêtement propre". Et mon amour l'a déjà préparé. Il est dans le palais. Je n'ai pas pu le filer, mais je l'ai fait filer par ma nourrice, qui maintenant est tranquille sur mon avenir, et ne pleure plus. J'ai pris le lin le plus précieux, et j'ai eu la pourpre par Plautina, et Noémi en a tissé le volant, et moi j'ai fait la ceinture, la bourse et le taleth[1], les brodant de nuit pour n'être pas vue. Mère, c'est toi qui m'as appris. Ce n'est pas parfait. Mais plus que les perles qui dessinent son Nom sur la ceinture et sur la bourse, ce sont les diamants de mes larmes d'amour et mes baisers qui le rendent beau. Tout point est une palpitation de dévouement pour Lui. Et je la Lui porterai. Tu permets, n'est-ce pas ?" "Oh !.., je ne pensais pas qu'on le priverait de son vêtement... je ne suis pas habitué aux usages du monde et à sa férocité... Je croyais déjà la connaître...(et des larmes roulent de nouveau 329> le long de ses joues cireuses) mais je vois que je ne savais encore rien... Et je pensais : "Après aussi il aura le vêtement de la Maman". Il Lui plaisait tant ! Il l'avait voulu ainsi et il me l'avait dit depuis longtemps : "Tu feras un vêtement de telle et telle façon, et tu me le porteras pour la Pâque... Car Jérusalem doit me voir dans le vêtement pourpre de roi..." Oh ! cette laine, plus blanche que la neige, pendant que je la filais elle devenait rouge aux yeux de Dieu et aux miens, parce que mon cœur avait reçu une nouvelle blessure de cette parole... Les autres, après des années et des mois, elles s'étaient sinon fermées du moins desséchées de leur suintement de sang. Mais celle-là ! Chaque jour, chaque heure retournait l'épée dans le cœur : "Un jour de moins ! Une heure de moins ! Et ensuite, il sera mort !" Oh ! Oh !... Et le fil sur le fuseau et sur le métier devenait rouge pour moi... On l'a teint ensuite pour le monde... Mais il était déjà rouge..." Marie pleure de nouveau. Elles cherchent à la soulager en lui parlant de la Résurrection. Suzanne demande : "Que dis-tu ? Comment sera-t-il, ressuscité ? Et comment ressuscitera-t-il ?" Et elle, égarée, aveuglée à cette heure de martyre rédempteur, répond : "Je ne sais pas... Je ne sais plus rien... sauf qu'il est mort..." Elle éclate de nouveau en des sanglots violents et elle baise le linge qui était aux flancs de son Fils, elle le serre sur son coeur et le berce comme si c'était un enfant... Elle touche les clous, les épines, l'éponge, et crie : "C'est cela qu'a su te donner ta Patrie ! Du fer, des épines, du vinaigre et du fiel ! Et des insultes, des insultes, des insultes ! Et parmi tous les fils d'Israël, on a dû choisir quelqu'un de Cyrène pour porter la croix. Cet homme est sacré pour moi comme un époux. Et si j'en connaissais un autre qui ait secouru mon Enfant, je lui baiserais les pieds. Mais personne n'a donc eu pitié ? Sortez ! Partez ! Même de vous voir, c'est pour moi une douleur ! Parce que parmi vous tous, parmi vous tous, vous n'avez même pas su obtenir une torture moins cruelle. Serviteurs inutiles et inertes de votre Roi, sortez !" Elle est terrible dans son emportement. Debout, raide, elle paraît même plus grande, avec ses yeux impérieux, son bras tendu qui indique la porte. Elle commande comme une reine sur le trône. Tout le monde sort sans réagir pour ne pas l'exciter davantage et s'assoit en dehors de la porte close, pour écouter ses gémissements et tout bruit qu'elle peut faire. Mais après le bruit du siège qu'elle a repoussé et de ses genoux qui frappent le sol, car elle s'est agenouillée la tête contre la table sur laquelle se trouvent les objets de 330> la Passion, on n'entend que ses pleurs sans arrêt et sans réconfort. Elle murmure, mais si doucement que ceux qui sont dehors ne peuvent l'entendre : "Père, Père, pardon ! Je deviens orgueilleuse et méchante. Mais Tu le vois : c'est vrai ce que je dis. Il y avait des foules autour de Lui et à cette fête toute la Palestine est dans les murs saints... Saints ? Non. Plus saints... Ils seraient restés tels si Lui avait expiré en leur intérieur. Mais Jérusalem l'a expulsé comme le vomissement qui donne la nausée. Dans Jérusalem il n'y a donc que le Crime... Eh bien, de tout ce peuple qui le suivait, il n'a pu se rassembler une poignée qui s'impose, je ne dis pas pour le sauver - il devait mourir pour racheter - mais pour le faire mourir sans tant de tortures. Ils sont restés dans l'ombre ou bien ils ont fui... Mon cœur se révolte devant tant de lâcheté. Je suis la Mère. A cause de cela, pardonne mon péché d'orgueilleuse dureté..." et elle pleure... ...Dehors les autres sont sur les épines et pour plusieurs motifs.
Les femmes gémissent non pas tant de peur pour elles-mêmes que pour leurs fils et leurs maris. Suzanne pense à son époux, connu parmi les fidèles de Jésus en Galilée. Marie de Zébédée pense à son mari, logé chez un ami, et à son fils Jacques dont elle n'a pas de nouvelles depuis le soir d'avant. Et Marthe dit en sanglotant : "Ils seront déjà allés à Béthanie ! Qui ne savait pas ce qu'était Lazare pour le Maître ?" "Mais il est protégé par Rome, lui" lui réplique Marie Salomé. "Oh ! protégé ! Qui sait, avec la haine qu'ont pour nous les chefs d'Israël, quelles accusations ils portent contre lui à Pilate... Oh ! Dieu !" Marthe se met les mains dans les cheveux et elle crie : "Les armes ! Les armes ! La maison en est pleine... et aussi le palais ! Je le sais ! Ce matin, à l'aurore, est venu Lévi, le gardien et il m'a dit... 331> Mais déjà tu le sais, toi aussi ! Et tu l'as dit aux juifs sur le Calvaire... Sotte ! Tu as mis dans la main des cruels l'arme pour tuer Lazare !..." "Je l'ai dit, oui, j'ai dit la vérité sans le savoir. Mais tais-toi, poule mouillée ! Ce que j'ai dit est la plus sûre garantie pour Lazare. Ils se garderont bien de s'aventurer dans des recherches là où ils savent qu'il y a des gens armés ! Ce sont des lâches !" "Les juifs, oui. Mais les romains, non." "Je ne crains pas Rome. Elle est juste et paisible dans ses dispositions.* "Marie a raison" dit Jean. "Longin m'a dit : "J'espère qu'ils vous laisseront tranquilles. Mais s'ils ne le faisaient pas, viens ou envoie quelqu'un au Prétoire. Pilate est bienveillant pour les fidèles du Nazaréen. Il l'était aussi pour Lui. Nous vous défendrons"." "Mais si les juifs font tout par eux-mêmes ? Hier soir, c'était eux qui ont pris Jésus ! Et, s'ils disent que nous sommes des profanateurs, ils ont le droit de nous prendre. Oh ! mes fils ! J'en ai quatre ! Où sont Joseph et Simon ? Ils étaient sur le Calvaire, et puis ils sont descendus quand Jeanne n'a pas résisté[2]. Pour aider et défendre les femmes... Eux, les bergers, Alphée... tous ! oh ! ils les auront certainement déjà tués. Tu as entendu que Jeanne est mourante ? Elle l'est certainement parce qu'elle est blessée. Et eux, avant que la plèbe puisse frapper une femme, l'auront défendue et seront morts !... Et Jude et Jacques ? Mon petit Jude ! Mon trésor ! Et Jacques, doux comme une fillette ! Oh ! je n'ai plus de fils ! Je suis comme la mère des fils Macchabées !..." Toutes pleurent désespérément. Toutes, sauf la maîtresse de maison qui est allée chercher une cachette pour son mari, et Marie-Magdeleine qui ne pleure pas. Mais ses yeux jettent du feu: elle redevient la femme autoritaire d'autrefois. Elle ne parle pas, mais elle darde son regard sur ses compagnes abattues, et elle bout de leur adresser une épithète très claire : "Pusillanimes!" Un certain temps passe ainsi... De temps à autre une se lève, ouvre doucement la porte, jette un coup d'œil, la referme. "Que fait-elle ?" demandent les autres. Celle qui a regardé répond : "Elle est toujours à genoux. Elle prie" ou bien : "Elle semble parler avec quelqu'un." Et encore : "Elle s'est levée et fait des gestes en allant ça et là dans la pièce." |
|