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RETOURS
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Jésus
Jean l'apôtre
Judas Iscariote
La Vierge Marie
Patience,
persévérance
Satan
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À 8 h.
9> Pour
le moment, encore de la contemplation.
Il m’a été accordé de voir Jésus et Jean, l’un à côté de l’autre.
Jésus avait le bras droit posé sur les épaules de Jean, qui est beaucoup plus
petit et trapu que lui. Mais il est beau.
Il ne porte ni barbe ni moustache, bien qu’il ait, au-dessus de la lèvre
supérieure, un léger duvet blond qui se perd dans le teint rose de son
visage. Il est blond, mais d’un blond plus clair que celui de Jésus : un
blond châtain, pas un blond cuivré comme Jésus.
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10> Il a lui aussi les yeux
bleus, d’un bleu limpide plus intense que celui de Marie, mais moins foncé et moins
étincelant que celui de Jésus. Ses yeux sont ceux d’un enfant pur et doux,
amoureux. Des yeux qu’il est reposant de regarder.
Sa bouche a le sourire serein d’un jeune homme
heureux, certainement parce qu’il est aux côtés de son Maître. Ce n’est pas
le sourire ravi de Marie ni celui du Christ, qui est empreint de dignité et
d’un sérieux qui ressemble à de la mélancolie.
Après avoir observé attentivement, j’ai remarqué une ressemblance entre les
traits de Jésus et ceux de son disciple, comme si Jésus était un frère aîné
et avait donc des traits plus virils et rendus plus distingués par une... —
comment dire ? — une culture, une profession, une plénitude d’élévation
spirituelle.
La question : "Peut-être étaient-ils vaguement parents ?" m’est venue à l’esprit, et j’ai pris l’Évangile. J’ai cherché
jusqu'à m’en donner le tournis, mais je n’ai rien trouvé. Il est bien parlé
de Zébédée et de Salomé, mais après ? Il est vrai que je ne vaux rien à
reconstituer les parentés, mais après avoir parcouru les quatre évangiles, je
n’ai rien trouvé qui puisse vraiment m’apporter une explication, pas même les
notes en bas de page.
Bon. Peu importe. J’ai vu Jésus et son bien-aimé, qui est aussi le mien, et
cela me suffit.
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Le même jour, à 23 h.
Jésus dit :
"Maintenant que tu peux enfin être toute à moi, je vais te parler.
La charité demande de supporter même ceux qui nous dérangent, et tu ne dois
pas t’y dérober, ni t’en agacer. Regarde ton Maître. Je te donne une grande
leçon de patience.
Comme je ne veux pas te soumettre à un double effort en te parlant pendant
que d’autres s’adressent à toi ou font du bruit autour de toi, et comme je ne
veux pas non plus faire connaître à d’autres mes enseignements, j'attends,
avec une inlassable patience, que tu puisses être toute à moi. Tu vois avec quelle
tranquillité j’attends et avec quelle bienveillance je me remets à te parler
le moment venu. Apprends donc à agir de même, sans craindre de rien perdre,
sans t’irriter, sans te troubler d’aucune manière. Reste tranquille. Acquiers
seulement le mérite d’un acte de vertu.
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11> Ce soir, je te parlerai de
ceux que, pour avoir cru au Précurseur et m’avoir suivi, j’ai choisis comme
apôtres. Je te parlerai aussi de la brebis égarée de ce petit troupeau, d’où
provient l’immense troupeau qui s’est aujourd’hui répandu sur la terre
entière et qui est baptisé de mon Nom.
Les ressemblances physiques n’ont aucune
importance, Maria. Ce sont des coïncidences fortuites. Il y a des parents qui
se ressemblent moins que deux personnes qui ne le sont pas, et inversement.
Il y a des attraits physiques qui poussent deux personnes à s’aimer plus que
deux qui diffèrent, comme si l’on contemplait en l’autre un second soi-même
en l’ornant de ces embellissements que l’amour fait voir et qui rendent
parfait l’être aimé aux yeux de celui qui aime. Mais cela n’a aucune
importance.
Il faut garder à l’esprit que la Galilée n’était pas tout un monde, que les
Galiléens étaient relativement peu nombreux et qu'ils se mariaient presque
toujours entre eux; il s’ensuit que les caractères somatiques étaient répétés
en deux ou trois exemplaires que l’on retrouvait depuis des siècles sur ces visages . Il
ne serait pas faux de dire que, dans tous les petits villages, si l’on
remontait aux origines, l’on trouverait deux ou trois souches familiales
originelles qui se seraient mariées ou remariées entre elles, donnant ainsi
un caractère physique prononcé à toute la race galiléenne.
Il n’est donc pas étonnant que Jean puisse avoir quelque ressemblance
physique avec moi. C’était un Galiléen blond, particularité plus rare que les
Galiléens bruns, mais qui existait aussi. Toutefois, sa ressemblance était
encore plus marquée en ce qui concerne l’esprit.
Venu à moi encore vierge, jeune et innocent, il avait pu m’assimiler
comme aucun autre. C’était une véritable copie du Maître. L’amour l’avait
porté à prendre, non seulement ma pensée, mais jusqu’à ma manière de parler,
de faire des gestes, de bouger. Cela a été au point de l’avoir fait davantage
me ressembler de traits; ce phénomène n’est pas unique entre personnes qui
s’aiment parfaitement. Or Jean m’a aimé d’un amour parfait. Vois-tu comme il
resplendit de joie de me l’entendre dire ? Personne ne m’a aimé comme lui,
exception faite de la Femme bénie, d’un amour qui n’a pas connu le moindre
instant d’hésitation ou d’erreur. Et personne, hormis ma Mère et les enfants
qui venaient chercher une caresse de ma part, n’eut pour moi un cœur aussi
pur que le sien.
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12> Jean est mort très âgé, mais
les décennies n’ont jamais altéré cette pureté angélique qui n’a jamais connu
d’autre flamme que celle de l’amour divin et d’autre caresse que celle de ma
Mère.
Il était le plus jeune du groupe des
apôtres. C’était Judas Iscariote qui
venait après lui, en âge. Et, en raison de son âge, il aurait pu lui aussi être
comme Jean. Mais il ne l’était pas. Et s’il n’était pas vierge il n’est pas
devenu chaste, pas même après m’avoir connu. C’était un impur. Or
l’impureté empêche l’action de Dieu dans les cœurs et favorise celle de Satan plus
qu’aucune autre passion.
Son visage t’est connu. C’est celui-ci. Il s’est montré à toi
comme le Séducteur. En effet, par sa beauté il ressemblait au Très-Beau qui
s’est rebellé contre Dieu et qui est le père de tous les ennemis de Dieu.
La beauté
elle-même est une arme dans la main de Satan, et il ne néglige pas d’imprimer
son caractère de séduction sur ses instruments. Il les
attire ainsi vers ses abîmes et, là, il peut les atteindre au cœur en leur
inoculant le triple péché. Et Judas avait dans son cœur les concupiscences de
l’argent, de la chair et du pouvoir. C’est pour ces trois
Némésis qui le persécutaient et qu’il n’a pas voulu vaincre, qu’il
devint le Déicide. Lorsque Satan veut saisir une proie, il présente la femme,
pour la conquête de laquelle il est nécessaire de posséder argent et
honneurs. Une fois qu’il l’a attrapée, il lui refuse l’argent, les honneurs
et la femme, pour ne laisser que désespoir et mort.
Jean était le soleil du groupe des apôtres. Judas en était les ténèbres. Il
était fils du mensonge. Ma lumière et ma vérité ne purent pénétrer en lui.
Si, malgré leurs préventions, j’ai pu faire de Nathanaël un homme convaincu
et de Lévi un converti - parce qu’il n’y avait pas de fraude chez le premier ni de
résistance à la grâce chez le second -, je
n’ai rien pu faire en Judas parce que son âme était possédée; je ne pouvais
pas même y pénétrer parce qu’il m’en interdisait l’accès. S’il m’a suivi,
c’est qu’un espoir tout humain l’y poussait. Il m’a trahi par avidité
humaine. Il a vendu le Christ à ses bourreaux et son âme à Satan, à
l’instigation duquel il agissait depuis des années; car Satan n’est pas
comme Dieu, qui donne même si, vous, vous ne donnez pas pour vous conquérir à
lui. Satan veut obtenir cent pour un. Il vous veut pour l’éternité, en
échange d’une heure de triomphe mensonger. Souvenez-vous-en.
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13> Si j’ai supporté cette vipère
dans le groupe, c’est pour enseigner aux hommes à supporter et à insister
pour sauver. Pas la moindre pensée de Judas ne m’était inconnue. Sa présence à
mes côtés m’était une passion anticipée, un tourment que vous ne contemplez
pas mais qui ne fut pas moins amer que les autres. Je vous ai appris à
supporter les choses et les personnes désagréables, car qui inspire plus de
répulsion qu’un traître ?
Maria, la vie du Christ est un enseignement jusque dans ses détails les plus
insignifiants, et je t’en instruis parce que je veux que tu me connaisses et
que tu m’imites jusque dans les moindres choses.
Je te bénis."
J’ai vu le collège apostolique tout
au long du jour et j'attendais la nuit avec impatience pour en obtenir une
explication de Jésus. Cette journée a été un... exercice de patience. Je n’ai
jamais été libre d’écouter Jésus.
Maintenant, je vous dis ce que j’ai vu.
Jean a été si bien décrit que je ne me répète pas. C’est le plus jeune de
tous et, à mes yeux, le plus beau. Celui qui le suit en âge, c’est Judas
Iscariote, en qui je retrouve le visage que j’ai vu en songe il y a bien des
années et que j’ai décrit dans mes notes personnelles . C’est quelqu’un de beau mais, si on
l’observe attentivement, il suscite répugnance et crainte, parce qu’on sent
qu’il est mauvais et faux. Un beau satanique.
Puis je vois Jude, le
parent de Jésus, à qui il ne ressemble en rien : il est en effet brun et
musclé, plus petit que Jésus. Il semble avoir environ trente ans. Il porte
une barbe noire et carrée. Judas Iscariote, tout
comme Jean, ne porte pas de barbe et a des cheveux plus bouclés et plus
courts que Jean. On dirait qu’ils ont été coupés en rond autour de la tête,
de façon plus ou moins uniforme selon la longueur de la tête.
Pierre aussi a les cheveux courts,
mais d’une couleur poivre et sel, car il a des cheveux blancs parmi les
noirs. Il paraît avoir quarante-cinq ans. Il est petit et musclé.
Vient ensuite un groupe d’hommes dans la quarantaine, au nombre desquels
doivent se trouver André, Thomas, Matthieu et les deux Jacques, suivis de
deux autres beaucoup plus âgés, aux cheveux et à la barbe plus blancs que
noirs. Je ne sais pourquoi, je pense qu’il s’agit de Philippe et de
Barthélemy. Mais le Maître ne me l’explique pas et je reste polarisée sur
Jean, Pierre, Judas Iscariote et Jude Thaddée qui a pour seule ressemblance
avec Jésus les yeux bleu foncé, mais sans leur rayonnement.
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