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Présentation générale
Dans l'œuvre de Maria Valtorta les trois mages sont anonymes et
ne sont pas "rois". Cependant, si on voulait nommer chacun selon
les noms traditionnels (Melchior, Balthazar et Gaspard), on peut dire que :
Melchior est celui qui vient
"des sources du Nil" (Nubie-Soudan). C'est le plus âgé. Il parle au
nom de tous. Il offre "l'or qu'il convient à un roi de posséder".
Son périple a couvert entre 2.000 et 3.000 kms. La même distance pour le
retour.
Gaspard vient de "l’Inde
lointaine". C'est le plus jeune. Il offre "l'encens comme il
convient à un Dieu". Son périple à couvert de 3.000 à 3.500 Kms.
Balthazar vient des
"chaînes mongoliques". Il apporte "la myrrhe parce que ton
Enfant Né, qui est Dieu, est aussi un Homme et dans sa chair et sa vie
d'homme il connaîtra l'amertume et la loi inévitable de la mort". Son
périple a couvert entre 3.000 et 4.000 Kms en dix mois environ. Il a du couvrir un peu plus de 10 Kms par jour.
Astrologues ils remarquent, chacun de leur côté, la naissance d’une étoile
inconnue. Elle n'avait pas de nom. "Née du sein de Dieu, elle avait
fleuri pour dire aux hommes une vérité bénie, un secret de Dieu. Mais les
hommes n'en avaient pas fait cas, car leurs âmes étaient plongées dans la
boue. Ils ne levaient pas leurs regards vers Dieu et ne savaient pas lire les
paroles qu'Il trace - qu'Il en soit éternellement béni - avec les astres de
feu sur la voûte des cieux".
Chacun part à l’insu des autres et ils se retrouvent près de la mer Morte.
L’étoile disparaît au-dessus de Jérusalem, alors qu'ils campent près de la
fontaine d'En Rogel (7.188). Cela les incite à
aller voir Hérode. Leur déclaration
trouble Hérode, le roi paranoïaque, qui appelle en consultation les scribes.
"Seigneur, peut-être tu ne le sais pas. Eux deux et moi-même, nous fûmes
appelés un jour parce que trois Sages étaient venus pour demander où était
Celui qui était né roi des hébreux" (7.156). L’étoile réapparue
les guide jusqu’à Bethléem où ils apportent l’or,
l’encens et la myrrhe au jeune Jésus âgé de neuf à douze mois.
"Lui, ton Fils est le Sauveur, le Christ de Dieu et pour ce motif il
devra, pour sauver la terre, prendre sur Lui le mal de la terre dont un des
châtiments est la mort. Cette résine (la myrrhe) est pour cette heure,
pour que ses chairs saintes ne connaissent pas la pourriture de la corruption
et conservent leur intégrité jusqu'à la résurrection. Qu'à cause de ces dons,
Lui se souvienne de nous et sauve ses serviteurs en leur donnant son
Royaume." L’or, ainsi amené par la Providence, servira à la sainte
famille lors de sa fuite
en Égypte et sa réinstallation à Nazareth.
Fuyant Hérode le Grand qui veut les contraindre à dénoncer le Messie, les
mages s’enfuient en passant par Engaddi où ils croisent Abraham le chef de la
synagogue. (6.80). Apprenant cela, Hérode, fou furieux,
ordonne le massacre de tous les enfants de Bethléem âgé de moins de deux ans
(2.37)
Caractères et aspects
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Hommes de science et de foi, ces sages étaient puissants et
riches (1.56).
Melchior : de peau très foncée,
à peine descendu d'un chameau s'enveloppe tout entier dans un magnifique
vêtement de soie blanche. Son front est ceint d’un cercle de métal précieux
et il a à la taille une riche ceinture d'où pendent un poignard ou une épée
dont la garde est ornée de gemmes.
Balthasar : Les deux autres,
descendus de deux magnifiques chevaux, sont vêtus l'un d'une étoffe rayée
très belle où domine la couleur jaune. Cet habit est fait comme un long
domino garni d'un capuchon et d'un cordon qui semblent
faits tout d'une pièce en filigrane d'or tant ils sont ornés de broderie
d'or.
Gaspard : Le troisième porte
une chemise de soie bouffante qui sort d'un large et long pantalon serré aux
pieds. Il est enveloppé dans un châle très fin, véritable jardin fleuri tant
sont vives les couleurs dont il est orné tout entier. Sur la tête un turban
retenu par une chaînette ornée de chatons de diamants.
Parcours apostoliques
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Leur témoignage, bref, forme ce que Jésus appelle
"l’Évangile de la Foi". Voir ses commentaires en (1.57).
Leurs noms
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Dans l'œuvre de Maria Valtorta les mages sont anonymes. Nous
donnons ici l'origine des noms traditionnels.
Melchior : Malkiyyah
"l’Éternel est roi" - Dans la tradition : Melichior,
Melkon (6ème siècle)
Gaspard : de Gondopharès (?), nom d'un roi en langue indo-parthe -
Dans la tradition : Goudnaphar ou Goudnapharos en grec (3ème siècle) - Gathaspa,
Gathaspar, Gaspar (6ème siècle) - Caspar (8ème siècle)
Balthasar : Beltchatsar,
Beltschatsar, Belteshatsar,
Beltsatar, Beltassar, Baltassar, Beltshassar. :
Balatsu-usur en langue babylonienne (Mésopotamie,
Assyrie) signifie "qu’il protège sa vie". Dans la tradition : Bithisarea, Balthasar (6ème siècle) - Bautezar
(Provençal)
Où en parle-t-on dans l'œuvre ?
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1.56 - 1.57 - 1.58 - 1.68

6.80 - 6.117 - 6.128

7.156 – 7.188

10.31
En savoir plus sur ces personnages
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"Les Actes de Thomas", un écrit
apocryphe du 3ème siècle, rédigé en syriaque, probablement à Édesse, donne le
roi Gondopharès converti par l'apôtre Thomas lors
de son évangélisation de l'Inde (Paul-Hubert Poirier et Yves Tissot - Écrits
apocryphes chrétiens, collection de la Pléiade, Gallimard, Paris, 1997).
Thomas, appelé dans cet écrit Judas Thomas, (Actes de Thomas, § 1.1) est
charpentier et architecte de profession (Ib - §
17.1) . Le roi Goudnaphar
(Gondopharès - Gundafor)
lui demande de construire un palais. Il s'y engage, mais c'est un palais dans
les cieux. Gondopharès finit par se faire baptiser
avec son frère (Ib - § 26.2).
Goundapharès 1er fut roi indo-parthe des Saces
(Sakas ou scythes orientaux) de 20 à 48. Il régnait à Taxila au Cachemire (Takshashîlâ
en sanscrit) et dominait la Parthie et le Pakistan. Gondopharès
se dit Gathaspar en arménien, ce qui serait à
l'origine du nom Gaspar, car en effet ce nom apparaît pour la première fois
au 6ème siècle notamment dans un autre apocryphe "l'Évangile arménien de
l'Enfance" (voir ci-dessous). Cependant, sauf à l'avoir mal lu, le Gondopharès des "Actes de Thomas" n'est pas un
roi mage.
Les
seigneurs des Baux-de-Provence, dans les Alpilles se sont réclamés d'une
filiation avec le roi mage Balthazar et ont adopté pour devise "Au
hasard, Balthazar", en provençal "à l'asard
Bautezar". Les Baux-de-Provence, situé non
loin de Saint-Rémy-de-Provence (célèbre pour le séjour qu'y fit Van Gogh en 1889
et 1890), a donné son nom à la bauxite,
minerai dont on extrait l'aluminium.
Comment
s'appelaient les mages ?
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Dans l'Évangile de Matthieu,
il n'est mentionné ni leur nombre, ni leur nom. (Matthieu
2,1-16).
Cet anonymat perdure dans les premiers récits apocryphes puisque selon le
plus ancien d'entre eux et le plus influent, le Protévangile
de Jacques, (cité par Clément d'Alexandrie et Origène au 2ème siècle) les
mages sont anonymes et viennent d'orient, sans plus de détails (Protévangile de Jacques - § 21.1).
Il en est de même pour le Pseudo-Matthieu, recension latine du Protévangile et tout aussi célèbre (fin du 6ème siècle,
début du 7ème) A une différence près cependant, si le Protévangile
de Jacques, fait venir les mages dès la Nativité, le Pseudo-Matthieu les fait
venir "deux ans après" (Pseudo-Matthieu - §16.1). Ceci est non
seulement plus conforme à la vraisemblance mais aussi à la tradition
postérieure au Protévangile et très répandue en
Orient et en Occident, comme en témoignent, entre autres, Origène, Eusèbe,
Épiphane (Handbook of Biblical
Chronology – J. Finegan,
Princeton, New Jersey, 1964, pages 233-234)
Les noms traditionnels de Gaspard, Melchior et Balthazar apparaissent pour la première fois dans
un manuscrit du 6ème siècle, conservé à la Bibliothèque Nationale de France
et intitulé "Excerpta Latina Barbari". Ils y sont désignés sous les noms de "Bithisarea, Melichior et Gathaspa" (page 51B)
À peu près à la même époque, un apocryphe, l'Évangile arménien de l'Enfance,
(6ème siècle) leur donne les noms de "Balthasar, Melkon, et Gaspar".
Plus tard, un traité attribué à Bède le Vénérable et qui remonte au début du
8ème siècle (les "Excerptiones Patrum") nomme les mages Melchior, Balthasar et Caspar (Gaspard). Ce sont ces appellations qui ont
prévalu. Selon l'article déjà cité, ce
texte de Bède le Vénérable serait la traduction d'un original grec selon ce
que certifie Hugo Kehrer ("Les trois mages dans la littérature et les
arts" (Die Heiligen Drei
Kônige in Literatur und Kunst), Leipzig 1908, Tome
1, page 66 et suivantes).
Le bienheureux Jacques de Voragine; 1230-1298, (de Voraggio ou de Varazze) dans sa Légende dorée (Legenda aurea) écrite entre
1261 et 1266, est plus précis : "Lors de la naissance du Seigneur, trois
mages vinrent à Jérusalem. Leur nom latin c'est Appellius,
Amérius, Damascus ; en
hébreu on les nomme Galgalat, Malgalat
et Sarathin ; en grec, Caspar,
Balthasar, Melchior". (la Légende dorée, éditions Édouard Rouveyre, Paris 1992, Épiphanie du Seigneur, page 149)
Ce témoignage est intéressant. Non seulement la Légende dorée a eu une très
grande influence au moyen-âge, mais encore l'auteur, dominicain et archevêque
de Gênes, a fait la synthèse de nombreuses sources existantes à son époque.
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Qu'en disent les
voyantes qui ont reçu la vision des scènes de l'Évangile ?
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D'après

"La vie de Marie d'après les révélations des mystiques"
Mgr René Laurentin
François-Michel Debroise
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Pour Maria Valtorta (voir
ci-dessus)
Maria d'Agreda
(1602-1665) s'en tient à l'anonymat de l'Évangile mais les situe
"originaires de la Perse, de l'Arabie et de Saba, régions à l'est de
la Palestine". (La Cité mystique de Dieu – Tome 3, Partie 2, Livre 4,
Chapitre 16, § 552, page 399). C'est à Saba, en Perse, qu'au Moyen-âge on
prétendait que leurs reliques avaient été retrouvées par sainte Hélène.
(Iconographie de l'art chrétien – Tome 2 – Louis Réau
– PUF 1957, page 239)
Anne-Catherine Emmerich
(1774-1824) révèle leur nom différent des noms traditionnels ce sont Théokéno qui "habitait au-delà du pays où Abraham
avait d'abord vécu" (c'est-à-dire Ur en Chaldée), Mensor
et Saïr, le noir, habitant "aux
confins" de cette contrée. (Vie de la Vierge Marie, Presses de la
Renaissance, Paris 2006 – page 262). Elle est la seule à parler de
"rois", alors que tous les autres écrits cités ne parlent que de
"mages". On sait cependant qu'Anne-Catherine Emmerich n'a écrit
que par le truchement du poète Clemens Brentano. La retranscription qu'il
en a faite est donc sujette à caution.
Consuelo (contemporaine anonyme) s'en tient à la consigne de l'Évangile :
"des mages venus d'orient" (Marie Porte du ciel – Chapitre 11,
pages 122 et 123)
Toutes ne mettent en scène que trois mages.
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Fiche mise à jour le 08/01/2012
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