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"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta © Centro Editoriale Valtortiano |
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dimanche
- Les souffrances et les joies passées d'Isaac 281 - Discours (Tout est affaire de patience) 282 - Je serai pour le traître le justicier, dit Judas 283 |
2.52. |
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281> "Et moi, je te dis, Maître, que les meilleurs ce sont les humbles. Ceux vers qui je me suis tourné n'ont manifesté que mépris et indifférence. Oh ! les petits de Jutta !" Isaac parle à Jésus. Ils sont tous groupés sur l'herbe au bord du fleuve. Isaac semble donner le compte-rendu de ses efforts. Judas intervient et, chose rare, il appelle par son nom le berger. "Isaac, je pense comme toi. A leur contact, nous perdons notre temps et la foi. Moi, j'y renonce..." "Moi, non, mais j'en souffre. Je ne renoncerai que si le Maître me le dit. Je suis habitué depuis des années à souffrir pour être fidèle à la Vérité. Je ne peux pas mentir pour être agréable aux puissants. Et sais-tu combien de fois ils sont venus pour se moquer de moi, dans mon réduit d'infirme, me promettant - oh certainement promesses fallacieuses - de me secourir si j'avais dit que j'avais menti et que Toi, Jésus, tu n'étais pas Toi, le Sauveur Nouveau-Né ?! Mais je ne pouvais pas mentir. Mentir, c'aurai été renier ma joie, c'aurait été tuer mon unique espérance, c'aurai été te repousser, ô mon Seigneur ! Te repousser, Toi ! Dans la nuit de ma misère, dans la tristesse de mon infirmité, je jouissais toujours d'un ciel parsemé d'étoiles : le visage de ma mère, unique joie de ma vie d'orphelin, le visage d'une épouse qui ne fut jamais mienne et à laquelle je gardais mon amour au delà de la mort. C’étaient les deux étoiles mineures. Et puis deux étoiles plus grandes, semblables à des lunes très pures : Joseph et Marie souriant à un Nouveau-Né et à nous, pauvres bergers, et, étincelant, au centre du ciel de mon cœur, ton visage innocent, suave, saint, saint, saint. 282> Je ne pouvais pas repousser ce ciel qui était à moi ! Je ne pouvais pas renoncer à sa lumière, la plus pure qui puisse exister. J'aurais plutôt repoussé la vie, au milieu des tourments que te repousser, mon souvenir béni, mon Jésus Nouveau-Né !" Jésus pose sa main sur l'épaule d'Isaac et sourit. Judas parle encore : "Et alors, tu insistes ?" "J'insiste aujourd'hui, demain et encore et toujours. Quelqu'un viendra." "Combien durera le travail ?" "Je ne sais. Mais crois-moi. Il suffit de ne pas regarder en avant, ni en arrière. Travailler jour après jour, et si au soir on a réussi, dire : "Merci, mon Dieu"; sinon, dire : "J'espère en ton secours pour demain". "Tu es sage." "Je ne sais même pas ce que cela veut dire. Mais je fais dans ma mission ce que j'ai fait dans ma maladie. Presque trente années d'infirmité, ce n'est pas un jour !" "Et, je le crois ! Je n'étais pas encore né et déjà tu étais infirme." "J'étais infirme. Mais, je ne les ai jamais comptées ces années. Je n'ai jamais dit : "Voilà : Nisan revient et je ne refleuris plus avec les roses. Voilà : Tisri revient et me voici encore à languir". J'allais de l'avant, me parlant à moi-même et aux bons de Lui. Je me rendais compte que les années passaient parce que ceux qui un jour avaient été les petits, venaient m'apporter les friandises des noces et celles de la naissance de leurs bébés. Maintenant, si je regarde en arrière, maintenant que de vieux je suis redevenu jeune, que vois-je du passé ? Rien. C'est le passé." "Rien
ici. Mais, au Ciel il y a "tout" pour toi, Isaac et ce tout t'y
attend" dit Jésus. Et puis, parlant à tout le monde : "C'est ainsi qu'il faut faire. Je le fais, Moi aussi.
"Mais alors, quand seras-tu connu ?" "De qui, Judas ?" "Mais, du monde !" "Jamais." "Jamais ? Mais n'es-tu pas le Sauveur ?"
284> "Mais, s'ils te sont intimes, ils te connaîtront." "Oui, Judas. Ils connaîtront de Moi, Jésus, l'Israélite Jésus. Mais ils ne me connaîtront pas pour Ce que je suis. En vérité je vous dis que je ne serai pas connu de tous mes intimes. Connaître veut dire aimer avec fidélité et vertu... et il y aura quelqu'un qui ne me connaîtra pas." Jésus a le geste de résignation découragée qu'il a toujours quand il annonce la future trahison : il ouvre les mains, et les tient ainsi, tournées vers l'extérieur, avec le visage affligé qui ne regarde ni les hommes, ni le ciel, mais seulement Sa future destinée de Trahi. "Ne dis pas cela, Maître" dit Jean d'une voix suppliante. "Nous te suivons pour toujours mieux te connaître" dit Simon et les bergers le disent avec lui. "Comme une épouse nous te suivons et tu nous es plus cher qu'elle. Nous sommes plus jaloux de Toi que d'une femme. Oh ! non. Nous te connaissons déjà tellement que nous ne pouvons plus te méconnaître. Lui (et Judas montre Isaac) dit que renier ton souvenir de Nouveau-Né aurait été pour lui plus atroce que de perdre la vie. Et tu n'étais qu'un nouveau-né. Nous, nous te possédons comme Homme et comme Maître. Nous t'entendons et nous voyons tes œuvres. Ton contact, ton haleine, ton baiser sont pour nous une consécration continue, une continuelle purification. Seul un satan pourrait te renier après avoir été ton intime !" "C'est vrai, Judas, mais il y sera." "Malheur à lui ! Je serai pour lui le justicier." |
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"Non, laisse au Père la justice. Sois son rédempteur, le rédempteur de cette âme qui s'en va vers Satan. Mais, saluons Isaac. Le soir est venu. Je te bénis, serviteur fidèle. Tu sais maintenant que Lazare de Béthanie est notre ami et qu'il veut aider mes amis. Je vais. Toi reste. Laboure le terrain aride de Juda. Puis je viendrai. Tu sais, au besoin, où me trouver. Ma paix soit avec toi" et Jésus bénit et baise son disciple. |