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"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta © Centro Editoriale Valtortiano |
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mercredi
2 février 28 Capaharnaüm
- Jésus se présente seul avec Judas 98 - Il s'arrête à parler au petit Élisée 98 - Conversation avec les pharisiens : Une menace des Romains 99 - Les riches et les pauvres en Israël 100 - Mon Royaume est universel, donc spirituel 100 - Eli refuse de distribuer lui-même son argent 101 - Parce qu'il a le dégoût du pauvre, pense Judas 101 |
3.23. |
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98> Il y a beaucoup de remue-ménage dans la maison d'Éli, aujourd'hui. Serviteurs et servantes vont et viennent et, parmi eux, tout joyeux, le petit Élisée. Puis voici deux et deux autres personnages solennels. Je reconnais les deux premiers : ce sont ceux qui étaient allés avec Éli dans la maison de Mathieu. Les deux autres, je ne les connais pas, mais j'entends dire qu'ils s'appellent Samuel et Joachim. En dernier lieu arrive Jésus avec l'Iscariote. Grandes salutations réciproques, et puis la question : "Seul avec lui ? Et les autres ?" "Les autres sont dans les campagnes. Ils reviendront au soir." "Oh ! c'est ennuyeux. Mais je croyais que... Moi, hier soir, je n'ai invité que Toi, mais en comprenant les tiens dans cette invitation. Maintenant, je crains qu'ils ne se soient sentis offensés, ou bien... ou bien qu'ils dédaignent de venir chez moi pour de vieux mécontentements... hé ! hé !" Le vieil homme rit... "Oh ! non ! Mes disciples ne connaissent pas la susceptibilité orgueilleuse, ni les rancœurs inguérissables." "Oui, oui, très bien ! Entrons donc." Le cérémonial habituel de purification et puis ils s'avancent dans la salle du banquet, ouverte sur une vaste cour où les premières roses mettent une note de gaieté. Jésus caresse le petit Élisée qui joue dans la cour et qui, du danger passé, n'a plus que quatre petites traces rouges sur sa petite main. Il n'a même plus le souvenir de sa peur passée, mais pourtant il se souvient de Jésus et il veut le baiser et recevoir son baiser avec la spontanéité des enfants. 99> Entrelaçant les bras autour du cou de Jésus, il Lui parle parmi ses cheveux et Lui confie que, quand il sera grand, il ira avec Lui : "Me veux-tu ?" "Je veux tout le monde. Sois bon et tu viendras avec Moi." L'enfant s'en va en sautant. On prend place à table et Éli veut être si correct qu'il place à côté de lui Jésus, et de l'autre côté Judas qui se trouve ainsi entre Éli et Simon, comme Jésus se trouve entre Éli et Urie. Le repas commence. Au début de vagues lieux communs. Puis la conversation devient plus intéressante. Et, comme les blessures font souffrir et que les chaînes pèsent, voici que se présente l'éternel discours sur l'esclavage où Rome tient la Palestine. Je ne sais si on a choisi intentionnellement le sujet de conversation ou s'il s'est présenté sans intention méchante. Je sais que les cinq pharisiens se lamentent des nouvelles vexations romaines comme d'un sacrilège et qu'ils veulent intéresser Jésus à leur discussion. "Comprends-tu ! Ils veulent se rendre compte exactement de nos recettes. Et, ayant compris que nous nous réunissons dans les synagogues pour en parler et pour parler d'eux, voilà qu'ils nous menacent d'y entrer, sans respect. Je crains qu'ils n'entrent aussi un beau jour dans les maisons des prêtres !" crie Joachim. "Et Toi, qu'en dis-tu ? N'en es-tu pas dégoûté ?" demande Éli. Jésus, directement interpellé, répond : "Comme israélite, oui, comme homme, non." "Pourquoi cette distinction ? Je ne comprends pas. Es-tu deux en un seul ?" "Non. Mais, en Moi, il y a la chair et le sang : l'animal, en somme. Et il y a l'esprit. L'esprit d'un israélite qui obéit à la Loi souffre de ces profanations. La chair et le sang non, car il me manque l'aiguillon qui vous blesse, vous." "Lequel ?" n "L'intérêt. Vous dites que vous vous réunissez dans les synagogues pour parler aussi des affaires sans craindre des oreilles indiscrètes et vous craignez de ne plus pouvoir le faire et par conséquent vous craignez de ne pouvoir dissimuler au fisc pas même la plus petite somme et de subir des taxations exactement proportionnées à votre avoir. Moi, je n'ai rien. Je vis de la bonté du prochain et en aimant le prochain. Je n'ai pas d'or, je n'ai pas de champs, pas de vignes, pas de maisons, si on excepte la maisonnette maternelle à Nazareth, si petite et si pauvre que le fisc la néglige. 100> Je ne suis donc pas aiguillonné par la crainte d'être découvert pour de fausses déclarations, d'être taxé et puni. Tout ce que j'ai, c'est la Parole que Dieu m'a donnée et que Moi aussi je donne. Mais c'est une chose tellement élevée que l'homme ne peut en rien la taxer." "Mais, si tu étais dans notre cas, comment te comporterais-tu ?" "Voilà, ne vous offensez pas si je vous dis clairement ma pensée qui contraste tant avec la vôtre. En vérité, je vous dis que Moi, j'agirais autrement." "Et comment ?" "Sans blesser la sainte vérité. C'est toujours une vertu sublime même quand elle s'applique à des choses si humaines comme sont les taxes." "Mais alors ! Mais alors ! Comme nous serions écorchés ! Mais tu ne réfléchis pas que nous possédons beaucoup et que nous devrions donner beaucoup !" "Vous l'avez dit : Dieu vous a donné beaucoup. Vous devez en proportion donner beaucoup. Pourquoi agir malhonnêtement comme il arrive malheureusement, de façon que ce soit le pauvre qui ait à supporter des taxes sans rapport avec ses ressources ? Entre nous, nous le savons. Que de taxes il existe en Israël, des taxes qui viennent de nous et qui sont injustes ! Elles servent aux grands qui déjà possèdent tant. Alors qu'elles font le désespoir des pauvres qui doivent les verser en se privant jusqu'à souffrir de la faim. Ce n'est pas cela que nous conseille la charité à l'égard du prochain. Nous devrions avoir le souci, nous israélites, de prendre sur nos épaules les charges qui accablent le pauvre." "Tu parles ainsi, parce que tu es pauvre, Toi aussi !" "Non, Urie. Je parle ainsi parce que c'est juste. Pourquoi Rome a-t-elle pu et peut-elle nous pressurer ainsi ? Parce que nous avons péché et parce que nous sommes divisés par des rancœurs. Le riche hait le pauvre, le pauvre hait le riche. Car il n'y a pas de justice, et l'ennemi en profite pour nous assujettir." "Tu as fait allusion à plusieurs motifs... Quels sont les autres ?" "Je ne voudrais pas manquer à la vérité en altérant le caractère du local consacré au culte en en faisant un refuge assuré pour des intérêts humains." "Tu nous en fais reproche ?" "Non. Je réponds. Vous, écoutez votre conscience. Vous êtes des maîtres, par conséquent..." "Je dirais que ce serait le moment de se soulever, de se révolter, de punir l'envahisseur et de rétablir notre pouvoir." 101> "C'est vrai, c'est vrai ! Tu as raison, Simon. Mais ici, il y a le Messie. C'est Lui qui doit en assumer la charge." répond Éli. "Mais, pardonne-moi Jésus, le Messie pour l'instant n'est que Bonté. Il donne des conseils pour tout, mais ne pousse pas à la révolte. Nous agirons et..." "Simon, écoute. Rappelle-toi du livre des Rois[1]. Saül était à Gilgala[2], les Philistins étaient à Macmas[3], le peuple avait peur et se débandait, le prophète Samuel n'arrivait pas. Saül voulut prendre les devants et offrir lui-même le sacrifice. Rappelle-toi la réponse que donna Samuel, qui était survenu, à l'imprudent roi Saül : "Tu as agi sottement et tu n'as pas observé les ordres que le Seigneur t'avait donnés. Si tu n'avais pas fait cela, le Seigneur aurait déjà établi pour toujours ta royauté sur Israël. Mais, au lieu de cela, ta royauté ne subsistera jamais plus". Une intervention intempestive et orgueilleuse n'a servi ni au roi, ni au peuple. Dieu connaît l'heure, pas l'homme. Dieu connaît les moyens, pas l'homme. Laissez faire Dieu en méritant son aide par une conduite sainte. Mon Royaume ne viendra pas par la rébellion et la férocité, mais il s'établira. Il ne sera pas réservé à un petit nombre, mais il sera universel. Bienheureux ceux qui viendront à lui, sans être trompés par mes apparences mesquines, selon l'esprit de la terre, et qui verront en Moi le Sauveur. N'ayez pas peur. Je serai Roi. Le Roi venu d'Israël. Le Roi qui étendra son règne sur toute l'humanité. Mais vous, maîtres d'Israël, ne déformez pas mes paroles ni celles des Prophètes qui m'annoncent. Nul royaume humain, pour puissant qu'il soit, n'est universel et éternel. Les Prophètes disent que tel sera le mien. Que cela vous éclaire sur la réalité et le caractère spirituel de ma Royauté. Je vous quitte. J'ai une prière, pourtant, à adresser à Éli. Voici ta bourse. Dans un abri de Simon de Jonas se trouvent des pauvres venus de partout. Viens avec Moi pour leur donner l'obole de l'amour. La paix à vous tous." "Mais reste encore !" demandent avec insistance les pharisiens. "Je ne puis. Il y a des gens qui souffrent dans leur chair et dans leurs cœurs et qui attendent d'être consolés. Demain, j'irai au loin. Je veux que tous me voient partir sans regret." "Maître, moi... je suis vieux et fatigué. Vas-y, Toi, en mon nom. Tu as avec Toi Judas de Simon, et nous le connaissons bien... Fais-le, fais-le, par toi-même. Dieu soit avec Toi." Jésus sort avec Judas qui, à peine sur la place, dit : "Vieille vipère ! Qu'aura-t-il voulu dire ?" "Mais n 'y pense pas ! Ou plutôt pense qu'il a voulu te complimenter." 102> "Impossible, Maître ! Ces bouches ne louent jamais celui qui fait le bien. Jamais sincèrement, je veux dire. Et pour ce qui est de venir !... C'est parce qu'il a le dégoût du pauvre et la peur de sa malédiction. Il les a tant de fois torturés les pauvres d'ici. Je peux le jurer sans crainte. C'est pour cela..." "Sois bon, Judas ! Laisse le jugement à Dieu." |
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