"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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  3.164. - Il ritiro sul monte per l'elezione apostolica.

  2.164. - Towards the Retreat on the Mountain before the Election of the Apostles.



Montagne d'Arbèle


dimanche 6 février 28
23 Scébat
Montagne d'Arbèle


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Formation des apôtres. La Retraite préparatoire 

Je recours au grand remède, à la grande arme : la prière 


- [Commentaire de MV : J'ai vu le démon] 102

- Cortège sur le lac 102

- Première séparation sur la rive 102

- Deuxième séparation dans le pays   103

- Les douze gravissent un sentier de chèvre 103

- Discours (Une semaine de prière 104

- L'arme de la prière 104

- Chacun face à Dieu et à son âme) 105

 

3.24.
Vers la retraite sur la montagne avant le choix des apôtres


102> Cette nuit, l'apparition horrible du visage que vous savez, tel que je le vois et j'en suis terrorisée.


Les barques de Pierre et de Jean voguent sur le lac tranquille, suivies de toutes les embarcations qui sont sur les rives de Tibériade, je crois, tellement nombreuses sont les barques et les petits bateaux qui vont et viennent, cherchant à rejoindre, à dépasser la barque de Jésus, pour après se mettre de nouveau à la suite. Et prières, supplications, cris, demandes se croisent sur les flots azurés.

Jésus a dans sa barque Marie et la mère de Jacques et de Jude alors que dans l'autre barque, avec son fils Jean, se trouve Marie de Salomé avec Suzanne. Jésus promet, répond, bénit inlassablement. «Je reviendrai, oui. Je vous le promets. Soyez bons. Rappelez-vous mes paroles pour les unir à celles que je vous dirai plus tard. La séparation sera brève. Ne soyez pas égoïstes. Je suis venu aussi pour les autres. Du calme ! Du calme ! Autrement vous vous ferez mal. Oui,. je prierai pour vous. Je vous serai toujours proche. Le Seigneur soit avec vous. Bien sûr que je me souviendrai de tes pleurs et tu seras consolé. Espère. Aie foi !"

Et avançant ainsi, avec les bénédictions et les promesses, la barque aborde à la rive. Ce n'est pas Tibériade, mais un tout petit pays, exactement un petit groupe de maisons, pauvres, presque délaissées.[1]

Jésus et les siens descendent et les barques rebroussent chemin, conduites par les garçons et par Zébédée. Les autres barques les imitent, pourtant plusieurs qui s'y trouvent descendent et veulent à tout prix suivre Jésus. Parmi eux, je vois Isaac avec ses deux protégés : Joseph et Timon. Je n'en reconnais pas d'autres parmi les gens nombreux de tous âges, des adolescents aux vieillards.

103> Jésus quitte le pays dont les habitants restent indifférents. Ils sont peu nombreux et mal vêtus. Jésus leur fait distribuer des aumônes et rejoint la route principale. Il s'arrête. "Et maintenant séparons-nous" dit-il. "Mère, avec Marie et Salomé, va à Nazareth. Suzanne peut retourner à Cana. Je reviendrai bientôt. Vous savez ce qu'il y a à faire. Dieu soit avec vous !"

Mais, pour sa Mère, il a un salut spécial tout souriant, et lorsque Marie s'agenouille, en donnant l'exemple aux autres pour recevoir la bénédiction, Jésus sourit avec une douceur extrême. Les femmes, avec lesquelles se trouvent Alphée de Sara et Simon, regagnent leur ville.

Jésus se tourne vers ceux qui restent : "Je vous quitte mais je ne vous renvoie pas. Je vous laisse pour quelques temps. Je me retire avec eux dans ces gorges que vous voyez là-bas. Que ceux qui veulent m'attendre restent dans cette plaine, que les autres retournent chez eux. Je fais une retraite de prières parce que je suis à la veille de grandes choses. Que ceux qui aiment la cause du Père prient, en s'unissant en esprit à Moi. La paix soit avec vous, fils. Isaac, tu sais ce que tu dois faire. Je te bénis, petit pasteur." Jésus sourit au pauvre Isaac, désormais pasteur d'hommes qui se groupent autour de lui.

Jésus marche en tournant maintenant le dos au lac, se dirigeant avec assurance vers une gorge qui se trouve entre les collines qui vont du lac vers l'ouest en lignes je dirais presque parallèles[2]. Entre deux collines rocheuses, raboteuses, qui tombent à pic comme un fiord, un petit torrent qui écume descend avec fracas, et au-dessus c'est l'escarpement de la montagne sauvage avec des plantes qui ont poussé en tous sens, comme elles ont pu, entre les pierres. Un sentier de chèvre monte à l'assaut de la colline la plus raboteuse, et c'est celui que prend Jésus.

Les disciples le suivent, harassés, en file indienne, dans le silence le plus absolu. Seulement quand Jésus s'arrête pour leur permettre de souffler, dans un endroit un peu plus large du sentier qui semble une écorchure sur cette pente inaccessible, ils se regardent sans parler. Leurs regards disent : "Mais, où nous conduit-il ?" Mais ils ne parlent pas. Ils se regardent et avec toujours plus de désolation chaque fois qu'ils voient Jésus reprendre la marche à travers la gorge sauvage, remplie de grottes, d'accidents du sol, de 104> rochers qui rendent difficile la marche par eux-mêmes, par les ronces et mille autres plantes qui accrochent les vêtements de tous côtés, qui griffent, qui font trébucher et frappent le visage. Même les plus jeunes, chargés de sacs pesants, ont perdu leur bonne humeur.

Finalement Jésus s'arrête et dit : "Et ici, nous resterons pendant une semaine en prière. Pour vous préparer à une grande chose. C'est pour cela que j'ai voulu m'isoler ainsi, dans un lieu désert loin de tout chemin, de tout pays. Ici, il y a des grottes qui ont servi autrefois à des hommes. Elles nous serviront aussi à nous. Ici, il y a des eaux fraîches et abondantes alors que le terrain est sec. Nous avons suffisamment de pain et de vivres pour notre séjour. Ceux qui l'an dernier ont été avec Moi dans le désert savent comment j'y ai vécu. Ici, c'est une résidence royale en comparaison de ce lieu, et la saison désormais clémente enlève la rigueur du gel et celle du soleil à notre séjour. Veuillez donc y séjourner de bon cœur. Jamais plus, peut-être, nous ne serons ainsi tous ensemble et tout à fait seuls. Cette halte doit vous unir, en faisant de vous non plus un groupe de douze hommes, mais une seule organisation.

Vous ne parlez pas ? Vous ne me demandez rien ? Déposez sur ce rocher les fardeaux que vous portez et jetez au fond de la vallée l'autre poids que vous avez sur le cœur : votre humanité. Je vous ai amenés ici pour parler à votre esprit, pour nourrir votre esprit, pour vous rendre esprit. Et je ne dirais pas beaucoup de paroles. J'en ai tant dit depuis un an environ que je suis avec vous ! C'en est assez maintenant. Si c'était par la parole que je devais vous changer, je devrais vous garder dix et cent années et vous seriez toujours imparfaits. Maintenant c'est le moment de me servir de vous et, pour cela, je dois vous former. Je recours au grand remède, à la grande arme : la prière. J'ai toujours prié pour vous. Mais maintenant, je veux que vous priiez par vous-mêmes. Je ne vous enseigne pas encore ma prière, mais je vous fais connaître comment on prie et ce que c'est que la prière. C'est une conversation de fils avec le Père, d'esprits à Esprit, ouverte, chaude, confiante, recueillie, franche. La prière est tout : c'est aveu, c'est connaissance de nous-mêmes, c'est pleurs sur nous-mêmes, c'est engagement à notre égard et à l'égard de Dieu, c'est demande à Dieu, le tout aux pieds du Père. Elle ne peut se faire dans le vacarme, parmi les distractions, à moins d'être des colosses en fait de prière. Et même les colosses souffrent des chocs et des rumeurs du monde pendant leurs heures de prière. Vous n'êtes pas des colosses mais des 105> pygmées. Vous n'êtes que des enfants pour l'esprit. Vous n'êtes que des déficients au point de vue spirituel. Ici, vous atteindrez l'âge de raison spirituel. Le reste viendra ensuite.

Le matin, à midi et le soir nous nous réunirons pour prier ensemble avec les antiques paroles d'Israël et pour rompre le pain. Puis chacun retournera dans sa grotte en restant en face de Dieu et de son âme, de tout ce que je vous ai dit sur votre mission, et de vos moyens. Mesurez-vous, auscultez-vous, décidez. C'est la dernière fois que je vous le dis. Mais après, vous devrez être parfaits autant que vous le pouvez, sans lassitude ni humanité. Ensuite, vous ne serez plus Simon de Jonas et Judas de Simon. Vous ne serez plus André ou Jean, Mathieu ou Thomas. Mais vous serez mes ministres. Allez. Chacun tout seul. Je serai dans cette grotte, toujours présent. Mais ne venez pas sans raison sérieuse. Vous devez apprendre à agir par vous-mêmes, à vous suffire. Parce que, en vérité, je vous le dis : il y a un an, nous étions sur le point de nous connaître et dans deux années nous serons sur le point de nous quitter. Malheur à vous et malheur à Moi si vous n'avez pas appris à agir par vous-mêmes. Dieu soit avec vous. Judas, Jean, portez à l'intérieur de ma grotte, celle-ci, les vivres. Il faudra qu'ils durent et c'est Moi qui ferai la distribution."

" Il y en a peu !..." objecte quelqu'un.

" Ce qu'il faut pour ne pas mourir. Le ventre trop rassasié appesantit l'esprit. Moi, je veux vous élever et non pas vous alourdir."


[1] Peut-être est-ce Dalmanoutha ou un pays proche. Cf 5.44.

[2] Compte-tenu des descriptions, je situe cette montagne comme celle d’Arbèle, derrière Tibériade, et le torrent juste au nord de Tibériade.