"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta
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  3.162. - Le conversioni umane del fariseo Eli e di Simone d'Alfeo.

  2.162. - Jesus in the House in Capernaum after the Miracle on Elisha.


mardi 1er février 28
18 Scébat

Capharnaüm


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Conversion réelle et superficielle.


- Marie d'Alphée envie Marie Salomé 92

- Des hôtes inattendus 92

- Jésus raconte ses conquêtes 93

- Gratitude d'Eli et invitation à sa table 94

- Pierre doute de la conversion d'Eli 96

- Le cousin Simon s'offre à suivre Jésus 96

- Dialogue de Jésus avec Mathieu : Des conversions superficielles 96

- La mission de Mathieu 97

 

3.22.
Jésus dans la maison de Capharnaüm après le miracle sur Élisée


92> Par un jardin, dont tous les carrés commencent à fleurir, Jésus entre dans une cuisine très vaste où les deux Marie les plus âgées (Marie de Cléophas et Marie Salomé) préparent le souper.

"Paix à vous !"

"Oh! Jésus! Maître !" Les deux femmes se retournent et le saluent, l'une avec en ses mains un poisson qu'elle est entrain d'éventrer, l'autre tenant encore le chaudron plein de légumes qu'elle fait bouillir et qu'elle avait retiré de son crochet pour voir où en était la cuisson. Leurs bons visages un peu fanés, rougis par la flamme et le travail, sourient de joie et semblent devenir plus jeunes et plus beaux dans leur bonheur.

"Dans un moment c'est prêt, Jésus. Tu es fatigué ? Tu dois avoir faim." dit la tante Marie qui a la familiarité d'une parente et qui aime Jésus davantage, je crois, que ses deux propres fils.

"Pas plus qu'à l'ordinaire. Mais je mangerai certainement avec plaisir les bons mets que toi et Marie m'avez préparés. Il en sera de même des autres. Les voilà qui arrivent."

"La Mère est dans la chambre du haut. Sais-tu !... Simon[1] est venu... Oh ! Je suis vraiment contente, ce soir ! Non, pas vraiment car... Tu le sais quand je serai vraiment contente."

"Oui, je le sais." Jésus s'approche de la tante, la baise au front et puis lui dit : "Je sais ton désir et que, sans péché, tu envies Salomé. Mais un jour viendra où, comme elle, tu pourras dire : "Tous mes fils appartiennent à Jésus". Je vais trouver Maman."

93> Il sort et monte le petit escalier extérieur qui mène à la terrasse qui pour une bonne moitié surmonte la maison alors que l'autre moitié est occupée par une vaste pièce d'où sortent de grosses voix d'hommes et, de temps à autre, la douce voix de Marie, la limpide voix virginale de jeune fille que les années n'ont pas fêlée, la même voix qui a dit : "Je suis la servante du Seigneur" et qui chantait la berceuse à son Bébé.

Jésus s'approche sans bruit, souriant, parce qu'il entend la Mère qui dit : "Ma demeure, c'est mon Fils. Et je n'éprouve de douleur d'être loin de Nazareth que lorsqu'il est loin. Mais s'il est proche... Oh ! rien ne me manque plus. Et puis, je n'ai pas de crainte pour ma maison. Vous y êtes, vous..."

"Oh ! mais regarde, voilà Jésus !" crie Alphée de Sara qui, ayant le visage tourné vers la porte, y voit tout de suite apparaître Jésus.

"Je suis ici, oui. La paix à vous tous. Maman !" Il baise sa Mère au front et reçoit son baiser. Puis il se tourne vers les hôtes inattendus que sont le cousin Simon, Alphée de Sara, le berger Isaac et ce Joseph qu'il avait recueilli à Emmaüs après le verdict du Sanhédrin[2].

"Nous étions allés à Nazareth et Alphée nous a dit qu'il fallait venir ici. Et nous sommes venus. Et Alphée a voulu nous accompagner et ainsi que Simon." explique Isaac.

"Cela me semblait trop beau de venir." dit Alphée.

"Et moi aussi je voulais te saluer, rester un peu avec Toi et avec Marie." termine Simon.

"Et Moi, je suis très content d'être avec vous. J'ai bienfait de ne pas rester plus longtemps comme le voulaient les habitants de Chedech[3], où j'étais arrivé en allant de Gerghesa à Méron et en revenant ensuite de l'autre côté."

"Tu viens de là-bas ?!"

"Oui, je me suis montré dans les endroits où j'étais déjà allé, et encore plus loin. Je suis allé jusqu'à Giscala."

"Quelle longue route!»

"Mais, quelle récolte! Sais-tu, Isaac, nous avons été les hôtes du rabbi Gamaliel. Il a été très bon. Et puis j'ai rencontré le chef de la synagogue de "La Belle Eau". Il vient, lui aussi. Je te le confie. Et puis... et puis... j'ai acquis trois disciples...» Jésus sourit ouvertement, heureux.

"Qui sont-ils?»

"Un petit vieux à Corozain[4]. Je lui ai rendu service, autrefois, et le pauvre, qui est un véritable israélite sans préventions, pour me montrer son amour a travaillé pour Moi la région, comme un parfait laboureur le fait pour le sol. Le second est un enfant : cinq ans[5], un peu plus. Intelligent, hardi. 94> Je lui avais aussi parlé la première fois que j'étais allé à Bethsaïda et il s'en est souvenu mieux que les grandes personnes. Le troisième est un ancien lépreux[6]. Je l'ai guéri près de Corozaïn un soir déjà lointain et puis je l'ai quitté. Maintenant, je le retrouve. C'est lui qui m'a annoncé sur les monts de Nephtali. Et, pour confirmer ses paroles, il lève ce qu'il lui reste de ses mains, guéries, mais partiellement diminuées et il montre ses pieds guéris, mais difformes avec lesquels pourtant il fait tant de chemin. Les gens comprennent à quel point il était malade par ce qui lui reste et croient à ses paroles qu'assaisonnent des larmes de reconnaissance. Il m'a été facile de parler là car il y avait eu quelqu'un qui déjà m'avait fait connaître et avait amené les autres à croire en Moi. Et j'ai pu faire de nombreux miracles. Il peut tant celui qui croit réellement..."

Alphée, sans parler, acquiesce de la tête. Simon, lui, baisse la tête sous le reproche sous-entendu. Et Isaac jubile ouvertement de la joie du Maître qui va raconter le miracle opéré peu de temps auparavant sur le petit d'Eli[7].

Mais le souper est prêt et les femmes, avec Marie, dressent la table dans la pièce et apportent les plats. Ensuite, elles se retirent en bas. Il ne reste que les hommes et Jésus offre, bénit et distribue les parts.

Mais on a mangé seulement quelques bouchées lorsque Suzanne monte et dit : "Eli est venu, avec des serviteurs et beaucoup de cadeaux. Mais il voudrait te parler ."

"Je viens tout de suite, ou plutôt fais-le monter." Suzanne va et revient peu après avec le vieil Eli et deux serviteurs qui portent un grand panier. Par-derrière les femmes, sauf la très Sainte Marie, observent avec curiosité.

"Dieu soit avec Toi, mon bienfaiteur." dit le pharisien en le saluant.

"Et avec toi Eli. Entre. Que veux-tu ? Le petit-fils est encore malade ?"

"Oh ! Il va très bien. Il saute dans le jardin comme un chevreau. Mais avant j'étais tellement bouleversé, tellement confus que j'ai manqué à mes devoirs. Je veux te montrer ma reconnaissance et je te prie de ne pas refuser les petits cadeaux que je t'offre. Un peu de nourriture pour Toi et les tiens. Ce sont des produits de ma propriété. Et puis... je voudrais... je voudrais t'avoir demain à ma table pour te dire encore merci et te faire honneur en compagnie d'amis. Ne refuse pas, Maître. Je pourrais croire que tu ne m'aimes pas et que, si tu as guéri Élisée, c'est seulement par amour pour lui et non pour moi."

95> "Je te remercie, mais les cadeaux n'étaient pas nécessaires."

"Tous les grands et les savants les acceptent. C'est l'usage."

"Moi aussi. Mais il y a surtout un cadeau que j'accepte très volontiers, que je cherche même."

"Et dis-le. Si je peux, je te le donnerai."

"Votre cœur. Votre pensée. Donnez-le-moi, pour votre bien."

"Mais, je te le consacre. Jésus bénit ! Mais, peux-tu en douter ? J'ai eu... oui... j'ai eu des torts envers Toi. Mais maintenant j'ai compris. J'ai été renseigné aussi sur la mort de Doras qui t'a offensé... Pourquoi souris-tu, Maître ?"

"Je suivais un souvenir."

"Je pensais que tu ne croyais pas à ce que je disais."

"Oh ! non. Je sais que la mort de Doras t'a ému plus encore que le miracle de ce soir. Mais ne crains pas Dieu, si réellement tu as compris et si réellement tu veux désormais être pour Moi un ami."

"Je vois que tu es réellement prophète. Moi, c'est vrai, je craignais davantage... je venais davantage vers Toi par peur d'un châtiment comme celui de Doras. Et, ce soir, j'ai dit : "Voilà. Le châtiment est arrivé et encore plus atroce, parce qu'il n'a pas frappé le vieux chêne dans sa propre vie, mais dans ses affections, dans sa joie de vivre, foudroyant le petit chêne en qui je me complaisais". Ce qui m'amenait c'était cela plus encore que mon malheur. J'avais compris que cela aurait été juste, comme pour Doras..."

"Tu avais compris que cela aurait été juste, mais tu ne croyais pas encore en celui qui est bon."

"Tu as raison. Mais maintenant ce n'est plus la même chose. J'ai compris. Alors, tu viens chez moi demain ?"

"Eli, j'avais décidé de partir à l'aurore, mais pour que tu ne puisses pas penser que je te méprise, je renvoie d'un jour mon départ. Demain je serai chez toi."

"Oh ! Tu es vraiment bon. Je m'en souviendrai toujours."

"Adieu, Eli. Merci pour tout. Ces fruits sont très beaux et ces fromages doivent être très crémeux, le vin est certainement très bon. Mais tu pouvais tout donner aux pauvres, en mon nom."

"Il y en a pour eux aussi, si tu veux, au fond. C'était une offrande pour Toi."

"Alors, nous ferons la distribution ensemble, demain, avant ou après le repas. Passe une nuit tranquille, Eli."

"Et Toi aussi. Adieu." Et il s'en va avec ses serviteurs.

96> Pierre a retiré, avec toute une mimique, ce que contenait le panier pour le rendre aux serviteurs. Il met la bourse sur la table, devant Jésus et, comme s'il terminait une conversation intérieure, il dit : "Et ce sera la première fois que ce vieux hibou fait l'aumône."

"C'est vrai" confirme Mathieu. "J'étais avare, mais lui me surpassait. Il a doublé son avoir avec son usure."

"Eh bien... s'il se repent... C'est une belle chose, n'est-ce pas ?" dit Isaac.

"Certes c'est une belle chose. Et il semble bien qu'il en soit ainsi"

Philippe et Barthélemy approuvent.

"Le vieil Eli converti ! Ah ! Ah !"Pierre rit de bon cœur.

Le cousin Simon, qui est resté pensif, dit: "Jésus, je voudrais... je voudrais te suivre. Non comme eux, mais au moins comme les femmes. Permets-moi de m'unir à ma mère et à la tienne. Tous viennent... moi, moi, parent... Je ne prétends pas avoir une place parmi eux. Mais au moins ainsi, comme un bon ami..."

"Dieu te bénisse, mon fils ! Comme j'attendais de toi cette parole !" crie Marie d'Alphée.

"Viens. Je ne repousse personne et je ne force personne. Je n'exige pas non plus tout de tous. Je prends ce que vous pouvez me donner. Pour les femmes, il est bien qu'elles ne soient pas toujours seules quand nous irons dans des régions qui leur sont inconnues. Merci, frère."

"Je vais le dire à Marie" dit la mère de Simon et elle ajoute : "Elle est en bas, dans sa petite chambre, et elle prie. Elle en sera très heureuse."...

...La nuit tombe rapidement. On allume une lanterne pour descendre par l'escalier déjà obscur au crépuscule. Les uns vont à droite, les autres à gauche pour prendre leur repos.

Jésus sort. Il va sur la rive du lac. Le pays est parfaitement tranquille, les rues désertes et ainsi que la rive, dépeuplé le lac en cette nuit sans lune. Il n'y a que les étoiles dans le ciel, et le bruit du ressac sur la grève. Jésus entre dans la barque tirée au sec et s'y assoit. Il pose un bras sur le bord, y appuie sa tête et reste dans cette position. Pense-t-il ou prie-t-il, je ne sais.

Mathieu le rejoint très prudemment : "Maître, tu dors ?" demande-t-il doucement.

"Non, je réfléchis. Viens ici avec Moi, puisque tu ne dors pas."

97> "Tu m'as paru troublé, et je t'ai suivi. N'es-tu pas content de ta journée ? Tu as touché le cœur d'Eli. Tu as reçu comme disciple Simon d'Alphée..."

"Mathieu, tu n'es pas un homme simple comme Pierre et Jean. Tu es astucieux et tu es instruit. Sois franc, également. Serais-tu heureux de ces conquêtes ?"

"Mais... Maître... Ils sont toujours meilleurs que moi et tu m'as dit, ce jour-là, que tu étais très heureux parce que je m'étais converti..."

n "Oui. Mais tu étais réellement converti et tu étais franc dans ton évolution vers le Bien. Tu venais à Moi sans tout un travail de réflexion, tu venais par la volonté de ton esprit. Il n'en est pas ainsi d'Eli... ni de Simon. Le premier n'a été touché que superficiellement: l'homme-Eli a été secoué. Non l'esprit-Eli. Il est toujours le même. Une fois tombée l'effervescence que le miracle de Doras et de son petit-fils a produit en lui, il sera l'Eli d'hier et de toujours. Simon !... Simon, lui aussi n'est encore qu'un homme. S'il m'avait vu insulté au lieu qu'exalté, il m'aurait plaint, et comme toujours, il m'aurait quitté. Ce soir, il s'est rendu compte qu'un petit vieux, qu'un enfant, qu'un lépreux savent faire ce que lui, parent, ne sait pas faire. Il a vu que l'orgueil d'un pharisien s'est abaissé devant Moi, et il a décidé: "Moi aussi". Mais ce ne sont pas ces conversions sous l'aiguillon de considérations humaines qui me rendent heureux. Elles me dépriment au contraire. Reste avec Moi, Mathieu. Dans le ciel il n'y a pas de lune, mais au moins les étoiles brillent. Dans mon cœur, ce soir il n 'y a que des larmes. Que ta compagnie soit l'étoile de ton Maître affligé..."

"Mais, Maître, si je peux... bien sûr ! C'est que je suis toujours un grand malheureux, un pauvre incapable. J'ai trop péché pour pouvoir te plaire. Je ne sais pas parler. Je ne sais pas encore dire les paroles nouvelles, pures, saintes, maintenant que j'ai abandonné mon vieux langage de fraude et de luxure. Et je crains de n'être jamais capable de parler avec Toi et de Toi."

"Non, Mathieu, tu es l'homme avec toute sa pénible expérience d'homme. Tu es par conséquent celui qui, après s'être nourri de la fange et qui maintenant mange le miel céleste, peut parler des deux saveurs et en donner une véritable analyse et comprendre, comprendre et faire comprendre à ses semblables de maintenant et de plus tard. Et ils te croiront parce que, justement, tu es 1'homme, le pauvre homme qui, par sa volonté, devient l'homme juste que Dieu a rêvé. Laisse-moi, Moi l'Homme-Dieu, m'appuyer à toi, humanité que j'aime jusqu'à quitter le Ciel pour toi et à mourir pour toi."

98> "Non, mourir, non. Ne me dis pas que pour moi tu vas mourir !"

"Pas pour toi, Mathieu, mais pour tous les Mathieu de la terre et des siècles. Embrasse-moi, Mathieu, baise ton Christ, pour toi, pour tous. Soulage mon épuisement de Rédempteur incompris. Je t'ai soulagé de ta souffrance de pécheur. Essuie mes larmes... car d'être si peu compris, c'est mon amertume, Mathieu."

"Oh ! Seigneur ! Seigneur ! Oui ! Oui !..." et Mathieu, assis près du Maître qu'il entoure de ses bras, le console par son amour....


[1] Son fils.

[2] Joseph d’Emmaüs condamné à la suite d’un accusation d’inceste.

[3] Cédès

[4] Isaac de Jonas. Cf. 2.24.

[5] Le jeune Joël. Cf. 2.12.

[6] Abel le lépreux. Cf. 2.26.

[7] Élisée, voir chapitre précédent.