|
"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé" |
aucun accent |
||
|
Dimanche 28
janvier 29 (24 Scébat)
- Jésus divise le groupe en deux 163 - Thomas aimait bien Jean d'Endor 164 - Jésus défend Thomas et semonce Judas 164 - Thomas fait l'éloge de Marie 165 - Suave conversation entre Jésus et Marie 166 |
Accueil >> Plan du Site >> Sommaire du Tome 5 5.24. |
||
|
163> Jésus se trouve de nouveau avec les siens sur la route qui va
de la plaine d'Esdrelon à Nazareth. Ils doivent
avoir passé la nuit dans quelque endroit car, de nouveau, c'est le matin. Ils
marchent quelque temps en silence, Jésus seul en avant, puis Jésus avec
Pierre et Simon qu'il a appelés à Lui et puis, tous ensemble, jusqu'à un
carrefour où la route de Nazareth coupe une route qui va vers le nord-est.
Maintenant les montagnes sont proches des deux côtés. 164> Jésus fait signe de rester silencieux à ceux qui parlent
et il dit : "Maintenant, nous allons nous séparer. Moi, je vais à Nazareth
avec mes frères, avec Pierre et Thomas. Vous, sous la conduite de Simon le
Zélote allez, par le chemin du Thabor et des caravanes, à Déberet,
à Tibériade, Magdala, Capharnaüm, et de là vous irez vers le lac de Méron, en restant chez Jacob pour voir s'il s'est
converti et en apportant ma bénédiction à Jude et Anne. Vous habiterez là où
l'on vous donnera l'hospitalité avec plus d'insistance, et une nuit seulement
à chaque endroit car le soir du sabbat nous nous retrouverons sur la route de
Séphet, Je ferai le sabbat à Corozaïn,
dans la maison de la veuve. Passez l'avertir. De cette façon nous
achèverons de donner la paix à l'âme de Judas qui se persuadera que Jean
n'est pas non plus dans ces demeures hospitalières..." "Maître !
Mais je crois !..." "Mais il est
bien que tu t'en assures, pour pouvoir ne pas rougir devant Caïphe et Anna,
comme Moi je ne rougis pas devant toi ni devant aucun homme en affirmant que
Jean n'est plus avec nous. Thomas, je l'emmène avec Moi à Nazareth. Ainsi il
pourra se tranquilliser même pour cet endroit en voyant de ses propres
yeux..." "Mais moi,
Maître ! Que veux-tu que cela m'importe ? Au contraire je regrette
de n'avoir plus cet homme. Il aura été ce qu'il a été, mais depuis le moment
où nous l'avons connu il a été toujours meilleur que tant d'illustres
pharisiens. Il me suffirait de savoir qu'il ne t'a pas renié ni causé de
douleur et puis... qu'il soit sur la terre ou qu'il soit dans le sein
d'Abraham, à moi cela ne m'importe pas. Crois-le. Même s'il était dans ma
maison... je n'aurais vraiment pas pour lui de répulsion. J'espère que tu ne
penseras pas que ton Thomas ait dans le cœur plus qu'une curiosité naturelle,
et qu'il n'a aucune animosité, aucun désir d'enquêter plus ou moins droit,
aucun penchant pour l'espionnage volontaire, ou involontaire, ou autorisé,
aucun désir de nuire..." "Tu
m'offenses ! Tu fais des insinuations ! Tu mens ! Tu as vu que
je n'ai jamais eu qu'une conduite sainte pendant ce temps. Et pourquoi alors
dis-tu cela ? Que peux-tu dire de moi ? Parle !" Judas
est furieux, féroce. "Silence !
C'est à Moi que Thomas répond. A Moi seul qui lui ai parlé. Je crois aux
paroles de Thomas, mais c'est ma volonté et qu'il en soit ainsi, et
personne n'a le droit parmi vous de me reprocher ma manière d'agir." 165> "Je ne te fais
pas de reproches... C'est que m’a blessé l'insinuation et..." "Vous êtes
douze. Pourquoi il n 'y a eu que toi de blessé par ce que j’ai dit à
tous ?" demande Thomas. "Parce que c'est
moi qui ai recherché Jean." Jésus dit :
"D'autres de tes compagnons l'ont fait aussi et d'autres disciples le
feront, et pour cela personne ne se jugera offensé par les paroles de Thomas.
Ce n 'est pas un péché que de demander honnêtement d'un condisciple. Ce n'est
pas une souffrance d'entendre des paroles telles que celles qui ont été
dites, quand en nous il n'y a qu'amour et honnêteté, quand il n'y a pas de
remords dans le cœur et le rende ultra-sensible parce qu'il est déjà blessé
par la dent du remords. Pourquoi veux-tu, en présence de tes compagnons,
faire ce reproche ? Veux-tu que l'on te soupçonne de péché ? Il les bénit, et
alors qu'eux s'en vont à droite, Jésus continue son chemin avec ses cousins,
Pierre et Thomas. Il le fait en grand silence. Puis Pierre explose
en un tonnant et solitaire : "Mais !" qui sert de
conclusion à je ne sais quelle longue méditation. Les autres le regardent... Jésus, tout de suite,
coupe court à d'autres questions en disant : "Êtes-vous, vous deux,
heureux de venir à Nazareth avec Moi?"et il
met ses bras autour des épaules de Pierre et de Thomas. "Et-tu le
demandes ?" dit Pierre, exubérant comme toujours. Thomas, plus
calme, mais avec son visage grassouillet qui resplendit de joie ajoute :
"Ne sais-tu pas que pour moi, être près de ta Mère, c'est une telle
douceur que je ne trouve pas de mots pour te l'exprimer ? Jésus regarde
l'énamouré de sa Mère, qui semble pour ainsi dire se spiritualiser, tant ses
sentiments envers Marie changent l'ex- pression débonnaire de son visage.
"Eh bien, nous resterons quelques heures avec Elle. Nous y resterons jusqu'à
après-demain. Ensuite nous irons à Tibériade voir les deux enfants et prendre
une barque pour Capharnaüm." "Et à Bethsaïda ?" demande Pierre. "Au retour,
Simon. Au retour nous irons prendre Margziam pour le pèlerinage de
Pâque." Et c'est le soir du même
jour, à Nazareth, dans la petite maison tranquille où Pierre et Thomas
dorment déjà. Et c'est la suave conversation entre la Mère et le Fils. "Tout a bien
marché, ma Mère. Ils sont maintenant en paix. Tes prières ont aidé les
pèlerins et maintenant, comme la rosée sur des fleurs brûlées, ils sont en
train de guérir leur douleur." "Je voudrais
guérir la tienne, mon Fils ! Comme tu dois avoir souffert !
Regarde, ici aux tempes ta chair se creuse, et ici aux joues; et une ride te
barre le front comme une cicatrice d'épée. Qui t'a ainsi blessé, mon
cœur?" "La souffrance
de devoir faire souffrir, Maman." "Cela seulement,
mon Jésus ? Les disciples ne t'ont pas causé de peine ?" "Non, Maman. Ils
ont été d'une bonté de saints." "Ceux qui étaient
avec Toi... Mais je parle de tous..." "Tu vois que
j'ai amené Thomas pour le récompenser, et j'aurais voulu amener ceux qui
n'étaient pas ici l'autre fois. Mais je devais les envoyer
ailleurs..." 167> "Et Judas de Kériot ?" "Judas est avec
eux." Marie embrasse son Fils et pose sa tête sur son épaule, en
pleurant. "Pourquoi
pleures-tu, Maman ?" demande Jésus en caressant ses cheveux. Marie se tait et
pleure. Ce n'est qu'à la troisième question qu'elle murmure : "A
cause de ma terreur... Je voudrais toujours qu'il t'abandonne... Je pèche,
n'est-ce pas, d'avoir ce désir ? Mais elle est si forte, si forte la
peur que j'ai de lui à cause de Toi " "Seule sa
disparition dans la mort changerait les choses. Mais pourquoi devrait-il
mourir?" "Je ne suis pas
mauvaise au point de le désirer... Il a une mère lui aussi ! Et il a une
âme... Une âme qui peut encore se sauver. Mais... oh ! mon Fils !
Ne serait-ce pas pour lui un bien que la mort ?" Jésus soupire et
murmure : "Il y en a tant pour qui la mort seraient un
bien..." Et puis à haute voix : "N'as-tu rien su de la vieille
Jeanne ? Ses champs ? ..." "J'y suis allée
avec Marie d'Alphée et Salomé de Simon après les chutes de grêle. Mais son
grain, ayant été semé en retard, n'était pas encore sorti et n'a pas subi de
dommage. Il y a trois jours, Marie est retournée voir. Elle dit que cela
semble un tapis. Les plus beaux champs de la région. Rachel va bien et la
petite vieille est heureuse. Marie d'Alphée est contente à présent que Simon
est tout à fait pour Toi. Demain certainement tu le verras. Il vient chaque
jour. Aujourd'hui il était à peine parti quand tu es arrivé. Tu sais ?
Personne ne n'est aperçu de rien. Quelqu'un aurait parlé s'il s'était aperçu
qu'ils étaient ici. Mais, si tu n'es pas vraiment fatigué, dis-moi leur
voyage..." |
|||
|
Et Jésus raconte
tout, sauf sa souffrance dans la grotte de Jiphtaël,
à sa Mère attentive. |
|||