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"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
aucun accent |
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Dimanche 7 avril 30 (16 Nisan) RÉSUMÉ - Jeanne ne reconnaît pas Jésus du premier coup 43 - Sois courageuse dans ton mariage spirituel 44 - Les enfants ont reçu mon baiser dans leur sommeil 45 - Ils racontent à leur mère leur expérience 45 - Marie promet à Jeanne de l'aider pour Chouza
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43> Dans une riche pièce, où filtre difficilement la lumière de
l’extérieur, Jeanne pleure dans un
total abandon sur un siège près d’un lit bas, couvert de splendides couvertures.
Elle pleure, un bras appuyé sur le bord du lit et le front sur son bras,
secouée toute entière par des sanglots qui doivent lui rompre la poitrine.
Quand dans l’angoisse de ses pleurs elle lève un moment son visage, pour
respirer, on voit une large tache d’humidité sur la couverture précieuse et
son visage est littéralement inondé de larmes. Puis elle le penche de nouveau
sur son bras et on ne voit plus d’elle que son cou, fin et très blanc, la
masse de ses cheveux bruns, ses épaules et le sommet du tronc très élancés.
Le reste se perd dans la pénombre qui fait disparaître son corps enveloppé
dans l’habit violet foncé.
Jeanne doit croire
que c’est son ange qui l’interroge et elle ne voit rien car elle ne lève pas
la tête du bord du lit. Dans un sanglot encore plus désolé elle dit son
tourment : " Parce que je n’ai même plus le Tombeau du Seigneur
pour aller verser mes larmes et n’être pas seule... " " Mais il
est ressuscité. N’en es-tu pas heureuse ? " " Oh ! si
! Mais toutes l’ont vu, excepté Marthe et moi. Et Marthe
certainement le verra à Béthanie... car là, c’est une maison amie. La
mienne.., la mienne n’est plus une maison amie... J’ai tout perdu avec sa
Passion... 44> Et mon Maître, et l’amour de mon époux...
et son âme... car il ne croit pas... il ne croit pas... et se moque de moi...
et il m’impose de ne plus même vénérer la mémoire de mon Sauveur.., pour ne
pas le ruiner, lui... Pour lui, l’intérêt humain est plus important... Moi...
moi.., moi je ne sais pas si je continue à l’aimer ou éprouver pour lui du
dégoût. Je ne sais si je lui obéis comme épouse ou si je lui désobéis, comme
mon âme le voudrait, à cause du lien conjugal de mon esprit avec le Christ à
qui je reste fidèle... Moi.., moi, je voudrais savoir... Et qui me conseille
si la pauvre Jeanne ne peut plus le rejoindre ? Oh !... pour mon Seigneur la
Passion est finie !... Mais pour moi elle a commencé le Vendredi, et elle
continue... Oh ! moi je suis si faible et je n’ai pas la force de porter cette
croix !... " " Mais si
Lui t’aidait voudrais-tu la porter pour Lui ? " " Oh ! oui
! Pourvu qu’il m’aide.., Lui sait ce que c’est que de porter seul la croix...
Oh ! pitié de mon malheur !... "
Jeanne tout
doucement a levé la tête. Ses sanglots se sont dissipés. Maintenant elle
regarde et voit et elle glisse à genoux, en adorant et en murmurant :
" Le Seigneur ! " 45> " Oui. Le
Seigneur. Tu vois que j’ai été avec toi comme avec aucune autre. Mais je vois les nécessités particulières et je dose le secours à
donner aux âmes qui attendent une aide de Moi. Monte ton calvaire d’épouse
avec l’aide de ma caresse et celle de ton innocent. Il est entré avec Moi au
Ciel et m’a donné sa caresse pour toi. Je te bénis, Jeanne. Aie foi.
Je t’ai sauvée. Tu sauveras si tu auras foi." Maintenant Jeanne sourit
et elle ose demander : "Tu ne vas pas trouver les enfants
? " " Je les
baisés à l’aurore pendant qu’ils dormaient encore dans leur petit lit. Mais
ils m’ont pris pour un ange de Seigneur. Les innocents, je puis les baiser
quand je veux. Mais je ne les ai pas réveillés pour ne pas trop les troubler.
Leur âme conserve le souvenir de mon baiser... et le transmettra, au moment
voulu, à leur esprit. Rien ne se perd de ce qui est mien. Sois toujours une
mère pour eux, et sois toujours fille de ma Mère. Ne te sépare jamais
totalement d’Elle. Elle perpétuera pour toi, avec une suavité maternelle, ce
qu’a été notre amitié. Et amène-lui les enfants. Elle a besoin d’enfants pour
se sentir moins isolée de son Enfant..." " Chouza ne voudra pas..." " Chouza te laissera faire." " Il me
répudiera, Seigneur ? " C’est un cri d’un nouveau déchirement. "C’est un astre
assombri. Ramène-le à la lumière par ton héroïsme d’épouse et de chrétienne.
Adieu. Sauf à ma Mère, ne parle pas aux autres de ma venue. Les révélations
aussi, il ne faut en parler qu’à ceux et quand il est juste de le
faire. " Jésus lui sourit en
resplendissant, et dans cet éclat il disparaît. Jeanne se lève,
perdue dans un rêve, combattue entre la joie et la peine, entre la crainte
d’avoir rêvé et la certitude d’avoir vu, mais ce qu’elle ressent en elle-même
la rassure. Elle va trouver les enfants qui jouent tranquillement sur la
terrasse supérieure et les embrasse. " Tu ne
pleure plus, maman ? " demande timidement Marie. Ce n’est plus la
pauvre enfant miséreuse mais une fillette délicate et gracieuse habillée avec
soin et bien peignée; et Matthias, brun et agile, dit avec son exubérance de
garçon : "Dis-moi qui te fait pleurer et je le punirai." Jeanne les prend
tous les deux sur son cœur et dit, en parlant sur la chevelure châtaine de
Marie et les cheveux bruns de Matthias : " Je ne pleure plus.
Jésus est ressuscité et nous bénit." " Oh !
alors, il ne saigne plus ? Il n’a plus mal ?" demande Marie. 46> "Sotte ! Dis plutôt : il n’est plus mort ! Maintenant
il est heureux, alors !... Car être mort, ce doit être laid...” dit Matthias. " Alors,
il n’y a plus à pleurer, maman ? " demande de nouveau Marie. " Non.
Pour vous innocents, non. Vous jubilez avec les anges. " " Les
anges !... " dit Marie. " Cette nuit, je ne sais pas à
quelle veille c’était, j’ai senti une caresse et je me suis éveillée en
disant : " Maman ! " mais ce n’était pas toi que
j’appelais. J’appelais la maman morte, car cette caresse était plus légère et
plus douce que la tienne, et j’ai ouvert un moment les yeux. Mais j’ai vu
seulement une grande lumière et j’ai dit : " Mon ange m’a baisé
pour me consoler de la grande douleur que j’ai pour la mort du
Seigneur ". " Moi
aussi. Mais j’avais grande envie de dormir et j’ai dit : “Est-ce toi ?”
Je pensais à mon Gardien et je voulais lui dire : “Va baiser Jésus et Jeanne
pour qu’ils n’aient plus peur” mais je n’y suis pas arrivé. J’ai recommencé à
dormir et à rêver et il me semblait être au Ciel avec toi et Marie. Puis est
venu ce tremblement de terre et je me suis éveillé effrayé. Mais Esther m’a
dit : “N’aie pas peur. C’est déjà passé” et j’ai dormi encore. " Jeanne les embrasse
de nouveau et puis les laisse à leurs jeux tranquilles et elle va à la maison
du Cénacle. Elle demande Marie. Entre chez elle.
Elle ferme la porte et dit sa grande parole : "Je l’ai vu. Je le dis à
toi. Je suis réconfortée et heureuse. Aime-moi, car
il a dit que je dois te rester unie. " La Mère répond :
"Je t’ai déjà dit que je t’aime, dans la journée du sabbat. Hier. Car
c’est hier... Et elle paraît si loin cette journée de pleurs et de ténèbres
de cette journée de lumière et de sourire ! " "Oui... Tu as
déjà dit, maintenant je m’en souviens, ce que Lui maintenant m’a répété. Tu
as dit : “Nous, les femmes, devrons agir car nous sommes restées et les
hommes se sont enfuis... C’est toujours la femme qui donne la vie...”
Oh ! Mère, aide-moi à donner la vie a Chouza ! Lui a laissé la Foi !... "
Jeanne recommence à pleurer. |
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Marie la prend dans
ses bras : "Plus fort que la foi est l’amour. C’est la vertu la plus
active. C’est par elle que tu créeras l’âme nouvelle de Chouza.
Ne crains pas. Mais moi, je t’aiderai." |
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