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"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
aucun accent |
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mi-novembre
de l'an -4 (mois de Kisleu)
- [Commentaires de
MV : Les Évangiles de la foi] 203 - Le plan de la cité de Bethléem 203 - Une étoile y crée une féerie 204 - Les Mages s'y arrêtent de nuit 205 - [Commentaires de MV : Reprise de la vision] 206 - En plein jour ils apportent leurs cadeaux 206 - S'agenouillent devant l'enfant 207 - L'aîné fait le récit de leur voyage 208 - Le sens de l'or, de l'encens et de la myrrhe 209 - Ils quittent à regret la maison 209 - Départ de la caravane 210 |
1.56. |
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203>
Celui qui m'avertit intérieurement me dit : "Appelle ces
contemplations que tu vas avoir et que je te présenterai : "Les Évangiles
de la Foi" car, pour toi et pour les autres, ils viendront mettre en
lumière la puissance de la Foi et de ses fruits, et vous assurer dans votre
foi en Dieu. "
À l'endroit où il me
semble que je dois particulièrement m'arrêter, il y a précisément une de ces
petites places irrégulières. 204> Elle devrait être carrée
ou au moins rectangulaire. Elle s'amène comme un trapèze si bizarre qu'on
dirait un triangle acutangle dévié au sommet. Le côté le plus long, la base
du triangle, est un bâtiment large et bas, le plus large du pays. Du dehors,
c'est une haute muraille lisse et nue sur laquelle s'ouvrent à peine deux
portes cochères maintenant bien closes. À l'intérieur, au contraire, sur
toute une cour carrée il y a de nombreuses fenêtres au premier étage, pendant
qu'au rez-de-chaussée on voit des portiques qui entourent des cours jonchées
de paille et de détritus avec des vasques pour abreuver chevaux et autres
animaux. Aux rustiques colonnes des portiques il y a des anneaux pour
attacher les animaux et, sur un côté, un vaste hangar pour abriter les
troupeaux et les montures. Je comprends qu'il s'agit de l'auberge de
Bethléem. Sur deux autres côtés
de même longueur il y a des maisons et des maisonnettes les unes précédées
d'un jardinet; d'autres non, parce que parmi elles il yen a qui ont la façade
sur la place et d'autres à l'arrière. Sur l'autre côté plus étroit, en face
le caravansérail, il y a une unique maisonnette avec un petit escalier
extérieur qui donne accès au milieu de la façade aux chambres du premier
étage. Elles sont toutes fermées car il fait nuit. Il n'y a personne dans les
rues à cause de l'heure.
205> Ce n'est plus la pauvre cité, qui pour nous ne serait qu'une agglomération
rurale. C'est une fantastique cité de contes de fées où tout est d'argent.
L'eau des fontaines et des vasques est comme du diamant liquide. Avec la splendeur
d'un plus vif éclat, l'étoile s'arrête au-dessus de la petite maison qui se
trouve sur le côté étroit de la petite place. Ni ses habitants, ni ceux de
Bethléem ne la voient parce qu'ils dorment dans les maisons fermées.
Cependant l'étoile accélère les palpitations de sa lumière, et sa queue vibre
et se balance davantage en décrivant des demi-cercles dans le ciel qui
s'éclaire tout entier par l'effet de ce filet d'astres qu'elle entraîne, de
ce filet de pierres précieuses qui resplendissent de mille couleurs sur les
autres étoiles comme pour leur communiquer une parole joyeuse. La petite maison est
toute baignée de ce feu liquide de perles. Le toit de la petite terrasse, le
petit escalier de pierre sombre, la petite porte, tout est un bloc de pur
argent saupoudré d'une poussière de diamants et de perles. Nul palais de roi
n'a eu, ni n'aura un perron semblable à celui-ci fait pour recevoir les pas
des anges, pour servir à la Mère qui est la Mère de Dieu. Ses petits pieds de
Vierge Immaculée peuvent se poser sur cette éclatante blancheur, ses petits
pieds destinés à se poser sur les degrés du trône de Dieu. Mais la Vierge ne
sait rien de cette féerie. Elle veille près du berceau du Fils et prie. En
son âme elle possède des splendeurs qui surpassent celles dont l'étoile
embellit les choses. De la rue principale
s'avance un défilé : chevaux harnachés et d'autres conduits à la main,
dromadaires et chameaux, les uns montés, les autres chargés. Le son des
sabots fait un bruit d'eau qui ruisselle, en les heurtant, sur les pierres
d'un torrent. Arrivés sur la place, tous s'arrêtent. Le défilé, sous le
rayonnement de l’étoile, est d'une splendeur fantastique. Les ornements des
très riches montures, les habits des cavaliers, les visages, les bagages,
tout resplendit ravivant et unissant le propre éclat des métaux, des cuirs,
des soies, des gemmes, des pelages, à la clarté de l'étoile. Les yeux
rayonnent et les bouches sourient parce que une autre splendeur s'est allumée
en leur cœur : celle d'une joie surnaturelle. 206> Pendant que les serviteurs se dirigent vers le caravansérail
avec les animaux, trois
personnages de la caravane descendent
de leurs montures respectives qu'un serviteur conduit ailleurs et se dirigent
à pied vers la maison. Là, ils se prosternent, front contre terre, baisant la
poussière. Ce sont trois personnages puissants comme l'indiquent leurs très
riches habits. L'un, de peau très foncée, [1] à peine descendu d'un chameau s'enveloppe tout entier
dans un magnifique vêtement de soie blanche. Son front est ceint d’un cercle
de métal précieux et il a à la taille une riche ceinture d'où pendent un
poignard ou une épée dont la garde est ornée de gemmes. Les deux autres,
descendus de deux magnifiques chevaux, sont vêtus l'un [2] d'une étoffe rayée très belle où domine la couleur
jaune. Cet habit est fait comme un long domino garni d'un capuchon et d'un
cordon qui semblent faits tout d'une pièce en filigrane d'or tant ils sont
ornés de broderie d'or. Le troisième [3] porte une chemise de soie bouffante qui sort d'un large
et long pantalon serré aux pieds. Il est enveloppé dans un châle très fin,
véritable jardin fleuri tant sont vives les couleurs dont il est orné tout
entier. Sur la tête un turban retenu par une chaînette ornée de chatons de
diamants. Après avoir vénéré la
maison où réside le Sauveur, ils se relèvent et se rendent au caravansérail
où les serviteurs ont frappé et fait ouvrir. Ici s'arrête la
vision. Elle reprend trois
heures plus tard avec la scène de l'adoration des Mages à Jésus. Voilà le jour. Un
beau soleil resplendit dans un ciel d'après-midi. Un serviteur des trois
mages traverse la place et monte le petit escalier de la maisonnette. Il
rentre. Il sort. Il retourne à l'auberge. Les trois Mages
sortent, suivis chacun de son propre serviteur. Ils traversent la place. Les
rares passants se retournent pour regarder les majestueux personnages qui
passent très lentement avec solennité. Entre la venue du serviteur et celle
des trois, il s'est passé un bon quart d'heure ce qui a donné aux habitants
de la maisonnette le temps de se préparer à recevoir les hôtes. Ceux-ci sont encore
plus richement vêtus que le soir précédent. Les soies resplendissent, les
gemmes brillent, un grand panache de plumes de grand prix parsemé d'écailles
encore plus précieuses étincelle sur la tête de celui qui porte le turban. 207> L'un des serviteurs porte un coffre tout orné de marqueteries
dont les garnitures métalliques sont en or buriné. Le second porte une coupe
d'un travail très fin, couvert par un couvercle tout en or ciselé. Le
troisième une sorte d'amphore large et basse, en or également, avec une
fermeture en forme de pyramide qui à son sommet porte un brillant. Ces objets
doivent être lourds, car les serviteurs ont peine à les porter, spécialement
celui qui est chargé du coffre. Les trois montent
l'escalier et entrent. Ils pénètrent dans une pièce qui va de la route à
l'arrière de la maison. On aperçoit le jardinet par derrière à travers une
fenêtre ouverte au soleil. Des portes s'ouvrent dans les deux autres murs,
d'où regardent les propriétaires de la maison : un homme, une femme et trois ou quatre enfants entre deux âges. Marie est assise avec l'Enfant sur son sein et Joseph debout à côté. Mais elle se lève aussi et s'incline
quand elle voit entrer les trois Mages. Elle est toute vêtue de blanc. Si
belle dans son simple habit blanc qui la couvre de la base du cou aux pieds,
des épaules aux poignets délicats, si belle avec la tête couronnée de tresses
blondes, en son visage que l'émotion couvre d'un rose plus vif, en ses yeux
qui sourient avec douceur, avec une bouche qui s'ouvre pour saluer :
"Dieu soit avec vous." Les trois Mages en restent un instant
interdits. Puis ils s'avancent, se prosternent à ses pieds et la prient de
s'asseoir. Eux non, ils ne
s'assoient pas malgré l'invitation de Marie. Ils restent à genoux appuyés sur
leurs talons. En arrière et à genoux aussi, sont les trois serviteurs. Ils
sont tout de suite derrière le seuil. Ils ont posé devant eux les trois
objets qu'ils portaient et ils attendent. Les trois Sages contemplent le
Bébé. Il me paraît avoir de neuf mois à un an [4] tant il est éveillé
et robuste. Il repose sur le sein de sa Mère. Il sourit et jase avec une voix
de petit oiseau. Il est tout vêtu de blanc, comme la Maman, avec des
sandalettes minuscules aux pieds. Un petit vêtement très simple : une
tunicelle d'où sortent les petits pieds remuants, les mains grassouillettes
qui voudraient tout saisir, et surtout le très joli petit visage où brillent
les yeux d'azur foncé, et la bouche qui fait des fossettes des deux côtés
quand il rit et découvre ses premières petites dents. Les petites boucles de
cheveux semblent une poussière d'or tant ils sont brillants et vaporeux. 208> Le plus âgé des Sages parle au nom de tous. Il explique à
Marie qu'ils ont vu, une nuit du mois de décembre précédent une nouvelle
étoile qui s'est allumée dans le ciel avec une inhabituelle splendeur. Jamais
les cartes célestes n'avaient porté cet astre ou ne l'avaient signalé. Son
nom était inconnu. Elle n'avait pas de nom. Née du sein de Dieu, elle avait
fleuri pour dire aux hommes une vérité bénie, un secret de Dieu. Mais les
hommes n'en avaient pas fait cas, car leurs âmes étaient plongées dans la
boue. Ils ne levaient pas leurs regards vers Dieu et ne savaient pas lire les
paroles qu'Il trace - qu'Il en soit éternellement béni - avec les astres de
feu sur la voûte des cieux. Eux l'avaient vue et
s'étaient efforcés de comprendre sa voix. Renonçant de bon cœur au peu de
sommeil qu'ils accordaient à leurs membres, oubliant de manger, ils s'étaient
plongés dans l'étude du Zodiaque. Et les conjonctions des astres, le temps,
la saison, les calculs des anciens temps et des combinaisons astronomiques
leur avaient dit le nom et le secret de l'étoile. Son nom :
"Messie". Son secret : "Être le Messie venu au
monde". Et ils étaient partis pour l'adorer chacun à l'insu des autres.
Traversant monts et déserts, vallées et fleuves, voyageant de nuit, ils
étaient venus vers la Palestine car l'étoile allait dans cette direction. Et
chacun, des trois points différents de la terre, s'en allait vers cette
direction, et ils s'étaient trouvés ensuite ensemble au-delà de la Mer Morte.
La volonté de Dieu les avait réunis là, et ensemble ils étaient allés de
l'avant se comprenant, bien que chacun parlât sa langue propre, comprenant et
pouvant parler les langues des pays traversés par un miracle de l'Éternel. Ensemble ils étaient
allés à Jérusalem parce que le Messie devait être le Roi de Jérusalem, le roi
des Juifs. Mais l'étoile s'était cachée sur le ciel de cette ville. Ils
avaient senti leurs cœurs se briser de douleur et s'étaient examinés pour
savoir s'ils avaient démérité de Dieu, Mais s'étant rassurés la conscience,
ils étaient allés trouver le roi Hérode pour lui demander dans quel palais
était né le Roi des Juifs qu'ils étaient venus adorer. Le roi, ayant réuni
les princes des prêtres et les scribes, leur avait demandé où pouvait naître
le Messie et ils avaient répondu : "A Bethléem de Juda." 209> Ils étaient venus vers Bethléem et l'étoile était réapparue à
leurs yeux, avait quitté la Cité Sainte et le soir précédent avait augmenté
de splendeurs. Le ciel était tout embrasé. Puis, l'étoile s'était arrêtée, rassemblant la
lumière des autres étoiles en son rayonnement, au-dessus de cette maison. Ils
avaient compris que c'était là que se trouvait le Divin Né. Maintenant ils
l'adoraient, offrant leurs pauvres cadeaux et, par-dessus tout, leur cœur qui
n'avait jamais cessé de bénir Dieu pour la grâce qu'Il leur avait accordée et
d'aimer son Fils dont ils voyaient la sainte Humanité. Ensuite ils
retourneraient rendre compte au roi Hérode parce que lui aussi désirait
l'adorer. "Voici à la
fois, l'or qu'il convient à un roi de posséder, voici l'encens comme il
convient à un Dieu, et voici, ô Mère, voici la myrrhe parce que ton Enfant
Né, qui est Dieu, est aussi un Homme et dans sa chair et sa vie d'homme il
connaîtra l'amertume et la loi inévitable de la mort. Notre amour voudrait ne
pas les dire, ces paroles et penser que sa chair est éternelle comme son
Esprit. Mais, ô Femme, si nos cartes et surtout nos âmes ne se trompent pas,
Lui, ton Fils est le Sauveur, le Christ de Dieu et pour ce motif il devra,
pour sauver la terre, prendre sur Lui le mal de la terre dont un des
châtiments est la mort. Cette résine est pour cette heure, pour que ses
chairs saintes ne connaissent pas la pourriture de la corruption et
conservent leur intégrité jusqu'à la résurrection. Qu'à cause de ces dons,
Lui se souvienne de nous et sauve ses serviteurs en leur donnant son
Royaume." Pour l'instant, pour en être sanctifiés, qu'elle, sa Mère,
offre son petit Enfant "à notre amour. Et en baisant ses pieds descende
sur nous la bénédiction céleste." Marie, qui a surmonté
l'effroi provoqué par les paroles des Sages et a caché sous un sourire la
tristesse de la funèbre évocation, offre le Bébé. Elle le met sur les bras du
plus ancien qui l'embrasse et reçoit ses caresses, et puis le passe aux
autres. Jésus sourit et joue
avec les chaînettes et les franges des trois. Il regarde avec curiosité
l'écrin ouvert plein d'une matière jaune et brillante. Il rit en voyant que
le soleil fait un arc-en-ciel en touchant le brillant du couvercle de la
myrrhe. Puis les trois
rendent le Bébé à sa Mère et se lèvent. Marie aussi se lève. Le plus jeune
des Mages donne à son serviteur l'ordre de sortir, alors on s'incline de
chaque côté. Les trois parlent encore un peu. Ils ne peuvent se décider à
quitter cette maison. Des larmes d'émotion se voient dans tous les yeux. A la
fin ils se dirigent vers la sortie, accompagnés de Marie et de Joseph. 210> Le Bébé a voulu descendre et donner sa petite main au plus
ancien des trois. Il marche ainsi, une main dans la main de Marie, l'autre
dans celle du Sage qui se penche pour le conduire. Jésus a le pas encore
incertain de l'enfant et rit en frappant du pied la bande lumineuse que fait
le soleil sur le pavé. Arrivés au seuil - il
ne faut pas oublier que la pièce prenait toute la longueur de la maison - les
trois personnages prennent congé en s'agenouillant une dernière fois et en
baisant les pieds de Jésus. Marie, penchée sur le Bébé, prend sa petite main
et la guide pour faire un geste de bénédiction sur la tête de chacun des
Mages. C'est déjà un signe de croix tracé par les petits doigts de Jésus que
guide Marie. Puis les trois
descendent l'escalier. La caravane est déjà là toute prête et qui attend. Les
bossettes des chevaux resplendissent au soleil couchant. Les gens se sont
rassemblés sur la petite place pour voir l'insolite spectacle. Jésus rit en battant
les petites mains. La Maman l'a soulevé et appuyé au large parapet qui borde
le palier. Elle le tient, avec un bras sur sa poitrine pour l'empêcher de
tomber. Joseph est descendu avec les trois et tient l'étrier à chacun d'eux
pendant qu'ils montent à cheval ou à chameau. Maintenant,
serviteurs et maîtres, tout le monde est en selle. On donne le signal du
départ. Les trois se courbent jusque sur le cou de leurs montures pour un
ultime salut. Joseph s'incline. Marie aussi, et elle se met à guider la
petite main de Jésus en un geste d'adieu et de bénédiction. |
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