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"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta © Centro Editoriale Valtortiano |
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dimanche
28 avril 30
- Sur une autre montagne 180 - Discours (La faute originelle et la grâce 180 - Des peuples viendront au Christ 181 - Le sens du lavement des pieds 181 - Le sens du baptême au nom de la Trinité 182 - Le sens de l'Eucharistie 183 - Le sens de la confirmation 184 - Le sens de la confession des péchés 184 - Le sens du mariage 185 - Le sens de l'onction des malades 186 - Les embûches du sacerdoce ministériel 188 - L'Évangile obscurci 189 - Le rôle de Pierre et des pasteurs 191 - Promesse du Paraclet) 192 - Isaac voudrait partir avec Jésus 192 - L'accueil aux nouveaux disciples ? 193 - Discours (Le souci des gentils 193 - La nouvelle circoncision 194 - La conduite à l'égard des hérétiques 195 - L'Esprit Saint vous conseillera 196 - Discours (La communion des saints) 196 - Qui sera le remplaçant de Judas 197 |
10.21. |
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180> Ils sont sur une autre montagne, plus garnie encore de bois, non loin de Nazareth à laquelle mène une route qui côtoie la base de la montagne. Jésus les fait asseoir en cercle. Les plus proches sont les apôtres et derrière eux les disciples (ceux des soixante-douze qui ne sont pas allés çà et là) et en plus Zacharie et Joseph. Margziam est à ses pieds en une position de faveur. Jésus parle dès qu’ils sont assis et tranquilles, tous attentifs à ses paroles. Il dit : "Donnez-moi toute votre attention car je vais vous dire des choses de la plus grande importance. Vous ne les comprendrez pas encore toutes, ni toutes très bien, mais Celui qui viendra après Moi vous les fera comprendre. Écoutez-moi donc. Personne n’est, plus que vous, convaincu que sans l’aide de Dieu l’homme pèche facilement à cause de sa constitution très faible, affaiblie par le Péché. Je serais donc un Rédempteur imprudent si, après vous avoir tant donné pour vous racheter, je ne vous donnais pas aussi les moyens pour vous garder dans les fruits de mon Sacrifice. Vous savez que toute la facilité de pécher vient de la Faute qui, en privant les hommes de la Grâce, les dépouille de leur force : de l’union avec la Grâce. Vous avez dit : “Mais tu nous as rendu la Grâce”. Non. Elle a été rendue aux justes jusqu’à ma Mort. Pour la rendre à ceux qui viendront il faut un moyen. Un moyen qui ne sera pas seulement une figure rituelle mais qui imprimera vraiment pour celui qui le reçoit le caractère réel de fils de Dieu, tels qu’étaient Adam et Ève, dont l’âme vivifiée par la Grâce possédait des dons élevés donnés par Dieu à sa créature bien-aimée.
Au jour de la Parascève le soupir des patriarches et des prophètes et de tous les justes d’Israël s’apaisa dans la joie de l’accomplissement de la Rédemption. Les âmes, plus blanches que la neige de montagne à cause de leurs vertus, perdirent aussi l’unique Tache qui les excluait du Ciel. Mais le monde continue. Des générations et des générations se lèvent et se lèveront. Des peuples et des peuples viendront au Christ. Le Christ peut-il mourir à chaque nouvelle génération pour la sauver, ou pour tout peuple qui vient à Lui ? Non. Le Christ est mort une seule fois et il ne mourra jamais plus, éternellement. Alors ces générations, ces peuples, doivent-ils devenir sages grâce à ma Parole mais ne pas posséder le Ciel ni jouir de Dieu parce que lésés par la Faute Originelle ? Non. Ce ne serait pas même juste, ni pour eux, car il serait vain leur amour pour Moi, ni pour Moi qui serais mort pour un trop petit nombre.
Mais ce soir-là, alors que vous étiez déjà purifiés extérieurement, vous rappelez-vous ce que j’ai fait ? J’ai ceint une serviette et je vous ai lavé les pieds, et à l’un de vous qui se scandalisait de ce geste trop humiliant, j’ai dit : “Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec Moi”. Vous n’avez pas compris ce que je voulais dire, de quelle part je parlais, quel symbole je faisais. Voilà, je vous le dis. 182> En plus de vous avoir enseigné l’humilité et la nécessité d’être purs pour arriver à faire partie de mon Royaume, en plus de vous avoir fait observer avec bienveillance que Dieu de quelqu’un qui est juste, et donc pur dans son esprit et son intelligence, exige uniquement un dernier bain pour la partie qui nécessairement se souille avec le plus de facilité même chez les justes, à cause seulement de la poussière que la nécessité de vivre parmi les hommes dépose sur les membres propres, sur la chair, j’ai enseigné une autre chose. A vous j’ai lavé les pieds, la partie la plus basse du corps, qui va dans la boue et la poussière, parfois dans l’ordure, pour signifier la chair, la partie matérielle de l’homme qui a toujours, sauf chez ceux qui sont sans la Tache d’Origine ou par l’œuvre de Dieu ou par Nature Divine, des imperfections parfois minimes au point que Dieu seul les voit, mais qu’en vérité il faut surveiller afin qu’elles ne prennent pas de la force en devenant des habitudes naturelles et qu’il faut combattre pour les extirper. Je vous ai donc lavé les pieds. Quand ? Avant de rompre le pain et le vin et de les transsubstantier en mon Corps et en mon Sang. Parce que je suis l’Agneau de Dieu et je ne puis descendre là où Satan a son empreinte. Je vous ai donc lavés d’abord, puis je me suis donné à vous. Vous aussi vous laverez par le Baptême ceux qui viendront à Moi, pour qu’ils ne reçoivent pas indignement mon Corps et qu’il ne se change pas pour eux en une redoutable condamnation à mort. Vous êtes effrayés. Vous vous regardez. Par vos regards vous demandez : “Et Judas, alors ?” Je vous dis : “Judas a mangé sa mort”. Le suprême acte d’amour n’a pas touché son cœur. La dernière tentative de son Maître s’est heurtée à la pierre de son cœur, et cette pierre, au lieu du Tau, portait gravé l’horrible sigle de Satan, le signe de la Bête. Je vous ai donc lavés avant de vous admettre au banquet eucharistique, avant d’entendre la confession de vos péchés, avant de vous infuser l’Esprit-Saint, et par conséquent le caractère de vrais chrétiens confirmés de nouveau en grâce et de mes Prêtres. Qu’il soit donc fait ainsi avec les autres que vous devez préparer à la vie chrétienne.
Mais qui l’aurait cru ? Combien y a-t-il d’hommes qui savent croire fermement s’ils ne voient pas ? Prenez donc à l’antique Loi mosaïque l’eau lustrale, qui servait pour purifier ceux qui étaient impurs et les admettre de nouveau dans les campements, après qu’ils s’étaient contaminés avec un cadavre. En vérité tout homme qui naît est contaminé car il a contact avec une âme morte à la Grâce. Qu’elle soit donc purifiée avec l’eau lustrale du contact impur et rendue digne d’entrer dans le Temple éternel. Et que l’eau vous soit chère... Après avoir expié et racheté par trente-trois années de vie fatigante couronnée par la Passion, après avoir donné tout mon Sang pour les péchés des hommes, voilà que du Corps saigné et consumé du Martyr furent tirées les eaux salutaires pour laver la Faute d’Origine. C’est avec le Sacrifice consommé que je vous ai rachetés de cette tache. Si sur le seuil de la vie un miracle divin de ma part m’avait fait descendre de la croix, je vous dis en vérité qu’à cause du sang répandu j’aurais purifié les fautes, mais non pas la Faute. Pour elle, il a été nécessaire la consumation totale. En vérité, les eaux salutaires dont parle Ezéchiel sont sorties de mon Côté.[2] Plongez-y les âmes afin qu’elles en sortent immaculées pour recevoir l’Esprit-Saint qui, en mémoire de ce souffle que le Créateur souffla sur Adam pour lui donner l’esprit et par conséquent son image et sa ressemblance, reviendra souffler et habiter dans les cœurs des hommes rachetés. Baptisez de mon Baptême, mais au Nom du Dieu Trin, car en vérité si le Père n’avait pas voulu et l’Esprit-Saint opéré, le Verbe ne se serait pas incarné et vous n’auriez pas eu la Rédemption. Il s’ensuit qu’il est juste et c’est un devoir que tout homme reçoive la Vie au nom de Ceux qui se sont unis dans la volonté de la donner, en y nommant le Père, le Fils et l’Esprit-Saint dans l’acte du Baptême qui prendra de Moi le nom de chrétien pour le distinguer des autres passés ou futurs qui seront des rites, mais non pas des signes indélébiles sur la partie immortelle.
Une foi assurée, ai-je dit. La science ne s’impose pas pour profiter de la Nourriture Eucharistique et du Sacrifice Eucharistique, mais la foi. Foi que dans ce pain et dans ce vin, que quelqu’un, autorisé par Moi et par ceux qui viendront après Moi — vous, toi, Pierre, nouveau Pontife de l’Église nouvelle, toi Jacques d’Alphée, toi Jean, toi André, toi Simon, toi Philippe, toi Barthélemy, toi Thomas, toi Jude Thaddée, toi Matthieu, toi Jacques de Zébédée — consacrera en mon Nom, c’est mon vrai Corps, mon vrai Sang et que celui qui s’en nourrit me reçoit en Chair, Sang, Âme et Divinité, et que celui qui m’offre réellement offre Jésus-Christ comme Lui s’est offert pour les péchés du monde. Un enfant ou un ignorant peut me recevoir, aussi bien qu’un savant et un adulte. Et un enfant et un ignorant auront les mêmes bienfaits du Sacrifice offert comme en aura n’importe qui d’entre vous. Il suffit qu’il y ait en eux la foi et la grâce du Seigneur.
Où
vivent les Prêtres ? Dans le Temple. Et un chrétien sera un temple
vivant. Que font les Prêtres ? Ils servent Dieu par les prières, les
sacrifices et le soin des fidèles. C’est ainsi qu’ils auraient dû
faire... Et le chrétien servira Dieu par la prière, le sacrifice et la
charité fraternelle. Vous vous agitez ? Pourquoi ? Vous avez peur de ne pas savoir distinguer ? J’ai déjà parlé d’autres fois au sujet du péché et du jugement sur le péché. 185> Mais rappelez-vous, quand vous jugez, de méditer sur les sept conditions pour lesquelles une action peut être ou ne pas être un péché, et de gravité différente. Je les rappelle : quand on a péché, et combien de fois; qui a péché; avec qui; avec quoi; quelle est la matière du péché; quelle en est la cause; pourquoi on a péché. Mais ne craignez pas. L’Esprit-Saint vous aidera. Ce que de tout mon cœur je vous conjure de pratiquer c’est une vie sainte. Elle augmentera tellement en vous les lumières surnaturelles que vous arriverez à lire sans erreur dans le cœur des hommes et vous pourrez, avec amour ou autorité, dire aux pécheurs, qui craignent de révéler leur faute ou qui se refusent à la confesser, l’état de leur cœur en aidant les timides, en humiliant les impénitents. Rappelez-vous que la Terre perd Celui qui absolvait et que vous devez être ce que j’ai été : juste, patient, miséricordieux, mais pas faible. Je vous ai dit : ce que vous délierez sur la Terre sera délié dans le Ciel, et ce que vous lierez ici sera lié au Ciel. Jugez par conséquent avec réflexion et mesure tout homme sans vous laisser corrompre par la sympathie ou l’antipathie, par des cadeaux ou des menaces, impartiaux en tout et pour tous comme l’est Dieu, en vous rappelant la faiblesse de l’homme et les embûches de ses ennemis. Je
vous rappelle que parfois Dieu permet les chutes de ceux qu’Il a choisis
non parce qu’il Lui plaît de les voir tomber, mais parce que d’une
chute peut venir dans l’avenir un bien plus grand. Tendez donc la main
à celui qui tombe car vous ne savez pas si cette chute n’est pas la
crise décisive d’un mal qui meurt pour toujours, en laissant dans le
sang une purification qui produit le salut. Dans notre cas : qui produit
la sainteté. Soyez par contre sévères avec ceux qui n’auront pas
respecté mon Sang et qui, l’âme purifiée par le bain divin, se
jetteront une et cent fois dans la boue.
Qu’elle fasse grandir la Grâce, qu’elle efface les péchés dont l’homme a un plein repentir, qu’elle suscite un élan ardent vers le Bien, qu’elle donne la force pour le combat suprême, voilà ce que doit être l’onction donnée aux chrétiens qui meurent ou plutôt : aux chrétiens qui naissent, car je vous dis en vérité que celui qui meurt dans le Seigneur naît à la vie éternelle. Répétez le geste de Marie sur les membres des élus, et que personne ne le considère comme indigne de lui. J’ai accepté cette huile balsamique de la part d’une femme. Que tout chrétien s’en tienne honoré comme d’une grâce suprême de la part de l’Église dont il est l’enfant, et l’accepte d’un Prêtre pour laver les dernières taches. Et que tout prêtre soit heureux de faire l’acte d’amour de Marie envers le Christ souffrant sur le corps d’un frère qui meurt. En vérité je vous dis que ce que vous ne m’avez pas fait alors, en laissant une femme faire mieux que vous, et vous y pensez maintenant avec tant de douleur, vous pouvez le faire à l’avenir et autant de fois qu’avec amour vous vous pencherez sur quelqu’un qui meurt pour le préparer à la rencontre avec Dieu. Je suis dans les mendiants et dans les mourants, dans les pèlerins, dans les orphelins, dans les veuves, dans les prisonniers, en ceux qui ont faim, soif ou froid, en ceux qui sont affligés ou fatigués. 188> Je suis dans tous les membres de mon Corps mystique qu’est l’union de tous mes fidèles. Aimez-moi en eux et vous réparerez vos manques d’amour si nombreux, en me donnant une grande joie et en vous donnant une si grande gloire.
C’est cela qu’ils devront être. 189> Mais le bien et le mal à venir ont leur racine dans le présent. Les avalanches commencent par un flocon de neige. Un prêtre indigne, impur, hérétique, infidèle, incrédule, tiède ou froid, éteint, fade, luxurieux, fait dix fois plus de mal qu’un fidèle coupable des mêmes péchés et entraîne beaucoup d’autres au péché. Le relâchement dans le Sacerdoce, l’accueil de doctrines impures, l’égoïsme, l’avidité, la concupiscence dans le Sacerdoce, vous savez où cela débouche : dans le déicide. Or, dans les siècles futurs, le Fils de Dieu ne pourra plus être tué, mais la foi en Dieu, l’idée de Dieu, oui. Ainsi s’accomplira un déicide encore plus irréparable parce que sans résurrection. Oh ! il pourra s’accomplir, oui. Je vois... Il pourra s’accomplir à cause des trop nombreux Judas de Kériot des siècles à venir. Horreur !... Mon Église sortie de ses gonds par ses propres ministres ! Et Moi qui la soutiens à l’aide des victimes. Et eux, les Prêtres, qui auront uniquement l’habit et non l’âme du Prêtre, qui aident le bouillonnement des eaux agitées par le serpent infernal contre ta barque, ô Pierre. Debout ! Lève-toi ! Transmets cet ordre à tes successeurs : "La main au timon, le fouet sur les naufragés qui ont voulu naufrager, et tentent de faire naufrager la barque de Dieu". Frappe, mais sauve et avance. Sois sévère, car il est juste de frapper les brigands. Défends le trésor de la foi. Tiens en haut la lumière comme un phare au-dessus des eaux bouleversées, pour que ceux qui suivent ta barque voient et ne périssent pas. Pasteur et timonier pour les temps redoutables, recueille, guide, soulève mon Évangile parce que le salut se trouve en lui et pas dans une autre science. Il viendra des temps où, comme pour nous d’Israël et encore plus profondément, le Sacerdoce croira être une classe choisie parce qu’il connaît le superflu et ne connaît plus l’indispensable, ou le connaît dans la forme morte dans laquelle maintenant les Prêtres connaissent la Loi : dans son vêtement, exagérément alourdi de franges, mais pas dans son esprit. Il viendra des temps où tous les livres se substitueront au Livre, et celui-ci on s’en servira seulement comme quelqu’un qui doit forcément employer un objet le manie mécaniquement, comme un paysan laboure, ensemence, récolte sans méditer sur la merveilleuse providence qu’est cette multiplication de semences qui chaque année se renouvelle : une semence, jetée dans la terre que l’on a remuée, qui devient tige, épi, puis farine et puis pain grâce au paternel amour de Dieu. Qui, en mettant dans sa bouche une bouchée de pain, élève son esprit vers Celui qui a crée la première semence et depuis des siècles la fait renaître et croître, en dosant les pluies et la chaleur pour qu’elle s’ouvre et se dresse et mûrisse sans pourrir ou sans brûler ? 190>
Et je vous dis pourtant qu’un temps viendra où les Prêtres, oubliant qu’avec peu d’épis j’ai appris aux esprits la Vérité, et oubliant aussi ce qu’a coûté à leur Seigneur ce vrai pain de l’esprit, tiré tout entier et seulement de la Sagesse Divine, dit par la Divine Parole, digne dans sa forme doctrinale, se répétant inlassablement, pour que ne se perdent pas les vérités une fois dites, humble dans sa forme, sans oripeaux de science humaine, sans explications supplémentaires historiques et géographiques, où ces prêtres ne se soucieront pas de son âme, mais du vêtement pour le couvrir, afin de montrer aux foules combien de choses ils connaissent, et l’esprit de l'Évangile se perdra sous ces avalanches de science humaine. Et s’ils ne le possèdent pas, comment pourront-ils le transmettre ? Que donneront aux fidèles ces paillers gonflés ? De la paille. Quelle nourriture en auront les esprits des fidèles ? Autant qu’il en faut pour traîner une vie languissante. Quels fruits mûriront de cet enseignement et de la connaissance imparfaite de l’'Évangile ? Un refroidissement des cœurs, une substitution de doctrines hérétiques, de doctrines et d’idées encore plus qu’hérétiques, à l’unique, véritable doctrine, une préparation du terrain pour la Bête pour son règne éphémère de gel, de ténèbres et d’horreurs. En vérité je vous dis que, comme le Père et Créateur multiplie les étoiles pour que le ciel ne se dépeuple pas à cause de celles qui périssent, une fois leur vie terminée, de même je devrai évangéliser cent et mille fois des disciples que je disséminerai parmi les hommes et dans les siècles. Et je vous dis aussi en vérité que leur sort sera semblable au mien : la synagogue et tes orgueilleux les persécuteront comme ils m’ont persécuté. 191> Mais, aussi bien eux que Moi, nous avons notre récompense : celle de faire la Volonté de Dieu et de le servir jusqu’à la mort de la croix pour que sa gloire resplendisse et que sa connaissance ne périsse pas.
Berger et timonier, Pierre ! Berger et timonier. Il ne te suffira pas un jour d’être berger si tu n’es pas marin, et d’être marin si tu n’es pas berger. Tu devras être l’un et l’autre pour garder réunis les agneaux que des tentacules infernaux et des griffes féroces chercheront à arracher ou bien séduiront par des musiques mensongères de promesses impossibles, et pour faire avancer la barque prise par tous les vents du septentrion et du midi et de l’orient et de l’occident, fouettée et battue par les forces des profondeurs, atteinte des flèches des archers de la Bête, brûlée par l’haleine du dragon, et balayée sur ses bords par sa queue, de sorte que les imprudents seront brûlés et périront en tombant dans l’eau bouleversée. Berger
et pilote dans des temps redoutables...
"Tu nous quittes ici ? Maintenant ? Sur cette montagne ?" Ils sont tous désolés. "Non. Pas encore. Mais le temps vole, et ce moment viendra bientôt." "Oh ! ne me laisse pas sur la Terre sans Toi, Seigneur. Je t’ai aimé de ta Naissance à ta Mort, de ta Mort à ta Résurrection, et toujours. Mais ce serait trop triste de ne plus te savoir parmi nous ! 193> Tu as écouté la prière du père d’Élisée. Tu as exaucé tant de monde. Écoute la mienne, Seigneur !" supplie Isaac à genoux, les mains tendues. "La vie que tu pourrais encore avoir serait de me prêcher, peut-être d’avoir la gloire du martyre. Tu as su être martyr pour l’amour de Moi quand j’étais enfant et tu crains de l’être maintenant pour Moi glorieux ?" "Ma gloire serait de te suivre, Seigneur. Je suis pauvre et sot. Tout ce que je pouvais donner, je l’ai donné de bonne volonté. Maintenant voici ce que je voudrais : te suivre. Pourtant qu’il en soit comme tu veux, maintenant et toujours." Jésus pose sa main sur la tête d’Isaac et l’y laisse en une longue caresse pendant qu’il se tourne vers tous les autres pour dire : "Vous n’avez pas de questions à me faire ? Ce sont les dernières instructions. Parlez à votre Maître... Voyez-vous comme les petits sont en confidence avec Moi ?" En effet, aujourd’hui aussi, Margziam appuie sa tête contre son corps, se serrant contre Jésus, et Isaac n’a pas montré de timidité pour exposer son désir. "Vraiment... Oui... Nous avons des choses à demander..." dit Pierre. "Et alors, demandez." "Voilà... Hier soir, quand tu nous as quittés, nous parlions entre nous de ce que tu nous avais dit. Maintenant d’autres paroles se pressent en nous pour ce que tu as dit. Hier, et aussi aujourd’hui, si on réfléchit bien, tu as parlé comme si des hérésies et des séparations devaient surgir, et bientôt. Ceci nous donne à réfléchir que nous devrons être très prudents envers ceux qui voudront venir parmi nous. Parce qu’en eux se trouvera certainement la semence de l’hérésie et de la séparation." "Tu le crois ? Et Israël n’est-il pas déjà séparé dans sa venue vers Moi ? Tu veux me dire ceci : que l’Israël qui m’a aimé ne sera jamais hérétique et divisé. N’est-ce pas ? Mais est-ce que peut-être il a jamais été uni, depuis des siècles, même dans l’ancienne formation ? Et a-t-il peut-être été uni pour me suivre ? En vérité je vous dis qu’il a en lui la racine de l’hérésie." "Mais..."
"Mais devrons-nous leur dire ce que tu nous as enseigné ? Ils ne comprendront rien car ils ne connaissent pas la Loi." "Vous le dites. Mais, par hasard, Israël a-t-il compris, lui qui connaissait la Loi et les Prophètes ?" "C’est vrai."
"Et qu’en ferons-nous des hérétiques ?" "Combattez de toutes vos forces l’hérésie elle-même, mais cherchez par tous les moyens à convertir au Seigneur les hérétiques. Ne vous lassez pas de chercher les brebis qui se sont égarées pour les ramener au Bercail. 196> Priez, souffrez, faites prier, faites souffrir, demandez l’aumône de sacrifices et de souffrances à ceux qui sont purs, bons, généreux, pour qu’ainsi se convertissent les frères. La Passion du Christ se continue chez les chrétiens. Je ne vous ai pas exclus de cette grande œuvre qu’est la Rédemption du monde. Vous êtes tous membres d’un corps unique. Aidez-vous entre vous et que celui qui est fort et sain travaille pour les plus faibles et que celui qui est uni tende la main aux frères éloignés et les appelle." "Mais y seront-ils, après avoir été frères dans une unique maison ?" "Ils y seront." "Et pourquoi ?" "Pour tant de raisons. Ils porteront encore mon Nom. Ils se glorifieront même de ce Nom. Ils travailleront à le faire connaître. Ils contribueront à ce que je sois connu jusqu’aux extrémités de la Terre. Laissez-les faire car, je vous le rappelle, celui qui n’est pas contre Moi est pour Moi, Mais, pauvres fils !, leur travail sera toujours partiel, leurs mérites toujours imparfaits. Ils ne pourront être en Moi s’ils sont séparés de la Vigne. Leurs œuvres seront toujours incomplètes. Vous, je dis vous, pour parler à ceux de l’avenir, qui vous continueront, soyez où ils sont. Ne dites pas comme des pharisiens : “Je n’y vais pas pour ne pas me contaminer”. Ou comme des paresseux : “Je n’y vais pas puisqu’il y a déjà quelqu’un qui prêche le Seigneur”. Ou par poltronnerie : “Je n’y vais pas pour éviter qu’ils me chassent”. Allez. Je vous le dis : allez. A toutes les nations, jusqu’aux confins du monde. Pour que soit connue toute entière ma Doctrine et mon Unique Église, et que les âmes aient la possibilité d’y entrer pour en faire partie."[4] "Et dirons-nous, ou écrirons-nous toutes tes actions ?" "Je vous l’ai dit. L’Esprit-Saint vous conseillera sur ce qu’il est bien de dire ou de taire selon les circonstances. Vous le voyez ! Ce que j’ai accompli on le croit ou on le nie, et parfois on s’en fait une arme contre Moi, présenté comme il l’est par des mains qui me haïssent. On m’a appelé Belzébuth, quand, comme Maître et devant tout le monde, j’ai accompli des miracles. Et que vont-ils dire maintenant, quand ils sauront que j’ai agi si surnaturellement ? Ils me blasphémeront davantage encore. Et vous serez persécutés dès le début. Taisez-vous donc jusqu’à ce que ce soit l’heure de parler." "Mais si cette heure arrivait quand nous, les témoins, nous serions morts ?"
"Seigneur, hier, et pas seulement hier, nous pensions que tu as dit : “Vous siégerez sur douze trônes pour juger les douze tribus d’Israël”. Mais maintenant nous sommes onze..." "Choisissez le douzième. Cela te revient, Pierre." "A moi ? Pas à moi, Seigneur ! Toi indique-le." "J’ai choisi mes douze une fois et je les ai formés. 198> Puis j’ai choisi leur chef. Puis je leur ai donné la Grâce et leur ai infusé l’Esprit-Saint. Maintenant il leur appartient de marcher, car ce ne sont plus des nourrissons incapables de le faire." "Mais dis-nous, au moins, où nous devons porter nos regards..." "Voilà la partie choisie du troupeau" dit Jésus en faisant un geste circulaire sur ceux des soixante-douze qui sont présents. "Pas nous, Seigneur, pas nous. La place du traître nous fait peur" disent-ils suppliants. "Prenons Lazare. Veux-tu, Seigneur ?" Jésus se tait. "Joseph d’Arimathie ? Nicodème ?" Jésus se tait. "Mais oui ! Prenons Lazare." "C’est à l’ami parfait que vous voulez donner cette place dont vous ne voulez pas ?" dit Jésus. "Seigneur, je voudrais te dire un mot" dit le Zélote. "Parle." "Lazare par amour pour Toi, j’en suis certain, prendrait même cette place et la tiendrait d’une façon si parfaite qu’il ferait oublier à qui était cette place. Mais il ne me semble pas convenable de le faire pour d’autres motifs. Les vertus spirituelles de Lazare existent en beaucoup parmi les humbles de ton troupeau. Et je pense qu’il serait mieux de leur donner la préférence, pour que les fidèles ne disent pas que l’on a cherché le pouvoir et la richesse, comme font les pharisiens, au lieu de la seule vertu." "Tu as bien parlé, Simon. Et tu as d’autant bien parlé que tu as parlé avec justice sans que ton amitié pour Lazare te mette un bâillon." "Faisons alors de Margziam ton douzième apôtre. C’est un enfant." "Moi, pour effacer ce vide horrible, j’accepterais, mais je n’en suis pas digne. Comment pourrais-je parler, moi enfant, à des adultes ? Seigneur, tu dois dire si j’ai raison." "Tu as raison. Mais ne vous hâtez pas. L’heure viendra et vous serez étonnés alors d’avoir tous la même pensée. Priez en attendant. Moi je m’en vais. Retirez-vous pour prier. Pour le moment, je vous congédie. Arrangez-vous pour être tous à Béthanie pour le quatorzième jour de Ziv." Il se lève pendant que tous s’agenouillent, prosternés, le visage dans l’herbe. Il les bénit et la lumière, sa servante qui annonce et précède son arrivée comme elle l’accueille à son départ, l’embrasse et le cache en l’absorbant une fois encore. |
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[1] Cf. Matthieu 28,19 [2] Cf. Ézéchiel 47,1 et suivants [3] Jean 14,26. Jésus reprend une partie du discours qu'Il a tenu lors de la dernière Cène. Cf. 9.19 [4] Cf. Matthieu 28,19 |