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Catéchèse du samedi
10 juin 1944
274> Marie
dit :
"Avant que tu ne remettes ces cahiers, j'y joins ma bénédiction.
Maintenant, si vous voulez y mettre un peu de patience, vous pouvez avoir un
ensemble complet de la vie intime de mon Jésus. De
l'Annonciation jusqu'au moment où il sort de Nazareth pour annoncer
l'Évangile vous avez non seulement les entretiens, mais l'illustration des
faits qui accompagnèrent la vie en famille de Jésus.
Les premières années, l'enfance, l'adolescence et la jeunesse
de mon Fils, tout se limite à de brefs épisodes, dans le
cadre de sa vie que décrivent les Évangiles. Là, il est le Maître. Ici, c'est
l'Homme, le Dieu qui s'humilie pour l'amour de l'homme. Il y opère pourtant des miracles, dans
l'anéantissement d'une vie commune. Il les opère en moi, qui sens mon âme
portée à la perfection par le contact avec le Fils qui se forme en mon sein.
Il les opère dans la maison de Zacharie en
sanctifiant le Baptiste, en facilitant l'accouchement
d'Élisabeth, en rendant la parole et la
foi à Zacharie. Il les opère en Joseph, en
lui ouvrant l'esprit à la lumière d'une vérité tellement élevée qu'il ne
pouvait la comprendre avec ses seuls moyens bien qu'il fût un juste. Et,
après moi, celui qui s'en est le plus réjoui de cette pluie des divins
bienfaits, ce fut Joseph. Remarque quel chemin il parcourt dans l'ordre
spirituel, depuis le moment où il vient dans ma maison jusqu'à celui de la
fuite en Égypte.
Au début, c'était seulement un homme juste
de son temps. Puis, par des étapes successives, il est devenu le juste de
l'ère chrétienne. Il a acquis la foi au Christ et il s'abandonne paisiblement
à cette foi. Pensez à cette phrase au début du voyage de Nazareth à
Bethléem : "Comment ferons-nous !" L'homme s'y révèle
tout entier avec ses craintes humaines et ses soucis humains. Puis il arrive
à l'espérance. Dans la grotte, avant la naissance de Jésus, il dit :
"Demain ça ira mieux". Jésus qui vient, lui donne déjà le courage
avec cette espérance qui est, parmi les dons de Dieu, l'un des plus beaux. De
l'espérance, quand il est sanctifié par le contact de Jésus, il passe à la
hardiesse. Il s'était toujours laissé guider par moi pour la vénération qu'il
nourrissait à mon égard. Maintenant c'était lui qui dirigeait les choses
matérielles et celles d'un ordre plus relevé.
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C'était lui qui, comme chef de la Famille, décidait quand il y
avait lieu. Non seulement cela, mais à l'heure pénible de la fuite, après que
des mois d'union avec le Divin Fils l'eurent saturé de sainteté, c'est lui
qui me réconforta dans ma peine et qui me dit : "Même si nous
devions n'avoir plus rien, nous posséderons toujours tout, parce que nous
l'aurons, Lui".
Il opère, mon Jésus, ses miracles de grâce chez les bergers. L'Ange se
rend là où se trouve le berger, que sa rencontre passagère avec moi
prédispose à la Grâce, et le porte vers la Grâce pour qu'Elle le sauve pour
l'éternité. Il opère des miracles, là où il passe, exilé ou revenu à sa
petite patrie de Nazareth. Car là où il était, la sainteté se répandait,
comme une tache d'huile sur un linge, et l'air était parfumé par les fleurs. Qui l'approchait et le touchait, à moins
qu'il ne fût un démon, le quittait avec le désir anxieux d'être saint.
Là où se trouve cette anxiété, elle est une racine de la vie éternelle parce
que, qui veut être bon, le devient et la bonté fait accéder au Royaume
de Dieu.
Maintenant, vous avez eu, par des détails qui en éclairent les
diverses périodes, l'évocation de la sainte Humanité de mon Fils, de l'aube
de sa vie à son crépuscule. Vous pouvez en faire un ensemble qui sera un
tableau complet (si ton directeur juge utile de le faire). Nous aurions pu
vous le donner tout à la fois, mais la Providence jugea utile de procéder
comme nous l'avons fait. Dans ton intérêt, ma chère âme, chacun des exposés
qui t'a été fait, te donnait le remède pour les
blessures que tu devais recevoir. Nous te l'avons donné à l'avance pour que
tu ne sois pas prise au dépourvu.
On dirait, pendant la grêle, que rien ne puisse nous abriter, mais il n'en
est pas ainsi. La tempête fait affleurer l'humanité qui dort sous les eaux
spirituelles, mais elle ramène aussi à la surface les semences d'une doctrine
surnaturelle tombées dans votre cœur et qui attendent justement cette heure
de tempête pour affleurer de nouveau et vous dire : "Nous sommes là
aussi, nous. Pensez à nous".
En plus, ma chère âme (pour l'ordre de
succession des visions) il y a eu une raison de bienveillance, en même temps
que de ménagement providentiel. Comment aurais-tu pu, dans l'accablement de
l'heure présente, avoir certaines visions et entendre certains exposés? Tu en
aurais été blessée, au point de te rendre incapable de remplir ta mission de
"porte-parole". Nous t'avons donné ces communications au début pour
éviter de te briser le cœur et nous l'avons fait par bonté. Nous avons évité
de te donner des visions et des entretiens qui s'accordaient mal avec ta
souffrance et qui auraient eu pour effet de l'exaspérer. Nous ne sommes pas
cruels, Marie. Nous agissons toujours de manière à vous réconforter et non
pas à vous affoler et à accroître votre souffrance. Il suffit que vous vous fiez à Nous. Il vous suffit de dire avec Joseph :
"S'il me reste Jésus, tout me reste" pour qu'avec des dons célestes
Nous venions rassurer votre esprit. Je ne te promets pas des dons et des
consolations humaines. Je te promets les mêmes consolations qu'a eues Joseph,
des consolations surnaturelles.
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de page
276> Pour que, tout le monde le sache, les
cadeaux des Mages, avec
les usuriers qui vous serrent à la gorge le pauvre
réfugié, disparurent avec la rapidité de l'éclair, dans l'acquisition d'un
toit, du minimum de mobilier nécessaire à la vie, de la nourriture qui était
indispensable." Nous n'avions que cette ressource, en attendant de
trouver du travail.
La communauté hébraïque est toujours prête à aider les siens, mais la communauté que nous trouvions en Égypte n'était
composée que de réfugiés persécutés, pauvres donc comme nous qui venions nous
y joindre. Une partie des ressources que nous voulions garder pour Jésus,
pour notre Jésus adulte, que nous avions sauvée des frais de l'établissement
en Égypte, dut être prévue pour le rapatriement et à peine suffisante pour
remettre en état la maison et l'atelier de Nazareth, à notre retour. Les
temps changent, mais l'avidité des hommes est toujours la même et profite de
la détresse d'autrui pour l'exploiter d'une manière indigne.
Non. D'avoir avec vous Jésus ne nous procura pas de
biens matériels. Beaucoup d'entre vous prétendent à ces biens quand ils
sont à peine un peu unis à Jésus. Ils oublient que
Lui a dit : "Cherchez les richesses spirituelles". Tout le
reste vous viendra par surcroît . Dieu pourvoit aussi à la nourriture, pour les hommes
comme pour les oiseaux, car Il sait que vous avez besoin de nourriture
puisque votre âme a besoin du soutien de la chair qui l'environne. Mais
demandez-Lui d'abord sa grâce. Demandez d'abord ce dont a besoin votre esprit.
Le reste vous sera donné en surplus. Joseph, de l'union avec Jésus reçut,
humainement parlant, embarras, fatigues, persécutions, faim. Rien d'autre.
Mais parce qu'il s'attachait à Jésus seul, tout se changea en paix
spirituelle, en joie surnaturelle. Je voudrais vous amener au point où en
était mon époux quand il disait : "Même si nous ne devions n'avoir
plus rien, nous posséderions toujours tout, car nous avons Jésus".
Je le sais, le
cœur se brise. Je le sais, l'esprit s'enténèbre. Je le sais, la vie se
consume. Mais Marie !... appartiens-tu à Jésus ? Veux-tu être à
Lui ? Au point de mourir comme Jésus est mort ? Ma petite, qui m'es
si chère, pleure, mais reste courageuse et persévère. Le martyre ne réside
pas dans la forme du tourment, mais dans la constance avec laquelle le martyr
le supporte. Le martyre peut venir par une arme, mais aussi bien par une
souffrance morale, si le but auquel on vise est le même. Tu supportes par
l'amour de mon Fils qui te donne l'endurance. Ce que tu fais pour tes frères,
tu le fais pour l'amour du Christ qui veut leur salut. C'est là ton martyre.
Restes-y fidèle. Consens à ne pas vouloir faire tout de toi-même.
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