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"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta © Centro Editoriale Valtortiano |
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mercredi
- Le groupe se joint à une longue caravane 423 - Des mulets pour les femmes et Jean d'Endor 424 - Le marchand parle de sa famille 425 - Jésus l'interroge sur sa foi d'israélite 425 - Et sur sa présence au Temple 426 - La soirée à l'hôtellerie 426 - Comment parler de Dieu aux païens ? 427 - Les bribes de la Vérité dans les religions 427 |
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423> Après une plaine fertile qui s'étend sur un large espace au-delà du Jourdain, il est beau d'aller pendant la saison sereine et douce qu'est celle d'une fin d'octobre, et après un arrêt dans un petit village qui s'étend au pied des premières pentes d'une chaîne montueuse au relief prononcé - et quelque cime peut prendre le vrai nom de montagne - Jésus se met de nouveau en marche, en se joignant à une longue caravane comptant de nombreux quadrupèdes et des hommes bien armés, auxquels il a parlé pendant que ceux-ci faisaient boire leurs bêtes au bassin de la place. Ce sont des hommes la plupart de grande taille et très bruns, déjà d'aspect asiatique. Sur un mulet très puissant, se trouve le chef de la caravane, armé jusqu'aux dents et avec des armes accrochées à la selle. Cependant il a été très respectueux avec Jésus. Les apôtres demandent à Jésus : « Qui est-ce ? » « Un riche marchand d'au-delà de l'Euphrate. Je lui ai demandé où il allait et il a été poli, Il passe par les villes où je compte aller . C'est une providence sur ces montagnes, alors que nous avons des femmes avec nous. » « Tu crains quelque chose ? » « En fait de vols rien, puisque nous n'avons rien. Mais il suffirait de la peur pour les femmes. Une poignée de voleurs n'attaque jamais une caravane aussi forte, et cela pourra nous être utile pour connaître les meilleurs passages et franchir les plus difficiles. Il m'a demandé : "Es-tu le Messie ?" et en ayant eu confirmation, il a dit : "J'étais dans la cour des Païens il y a quelques jours,[1] et je t'ai 424> plutôt entendu que vu, parce que je suis petit. C'est bien, je te protégerai et Toi, tu me protégeras. J'ai un chargement de grande valeur." » « Il est prosélyte ? » « Je ne crois pas, mais peut-être provient-il encore de notre peuple. » La caravane avance lentement, comme si on ne voulait pas épuiser les forces des quadrupèdes en les faisant trop marcher. Il est donc facile de la suivre au pas, et même souvent il faut s'arrêter parce que les conducteurs font passer les animaux chargés un par un, en les tenant par la bride dans les passages difficiles. Bien que ce soit la montagne proprement dite, la région est très fertile et bien cultivée. Peut-être les monts de plus en plus hauts qui sont au nord-est protègent-ils des courants froids du nord, nuisibles de l'est, et cela favorise les cultures. La caravane côtoie un torrent[2] qui va certainement se jeter dans le Jourdain, aux eaux abondantes qui descendent de je ne sais quelle cime. La vue est belle, toujours plus belle à mesure que l'on monte, se développant à l'ouest vers la plaine du Jourdain. Au-delà ce sont les gracieux aspects des collines et des montagnes de la Judée du nord, alors qu'à l'orient et au nord c'est un continuel changement de panoramas, les uns s'ouvrant sur de vastes lointains, les autres offrant aux regards un enchevêtrement de mamelons et de cimes verdoyantes ou rocheuses qui semble fermer la route comme le mur inattendu d'un labyrinthe. Le soleil va descendre derrière les monts de la Judée, rougissant vivement le ciel et les côtes, lorsque le riche marchand qui s'est arrêté en laissant passer la caravane, interpelle Jésus : « Il faut arriver au pays avant la nuit, mais beaucoup de ceux qui sont avec Toi paraissent fatigués. C'est une dure étape. Fais-les monter sur les mulets de l'escorte. Ce sont des animaux tranquilles. Ils auront toute la nuit pour se reposer et ce n'est pas fatiguant de porter une femme. » Jésus accepte et l'homme commande la halte pour faire monter les femmes sur les animaux. Jésus fait monter aussi Jean d'Endor. Ceux qui vont à pied, y compris Jésus, prennent les rênes pour rendre la marche plus sûre pour les femmes. Margziam veut faire... l'homme et, bien qu'il tombe de fatigue, il ne veut absolument pas monter en selle avec personne, mais au contraire il prend les rênes du mulet de Marie très Sainte qui se trouve ainsi entre Jésus et l'enfant, et ce dernier chemine bravement. 425> Le marchand est resté près de Jésus et il dit à Marie : « Tu vois, Femme, ce pays ? C'est Ramot. Nous nous y arrêterons. Je suis connu de l'hôtelier parce que je fais cette route deux fois par an, alors que pendant les deux autres je fais la côte pour vendre et acheter. C'est ma vie : dure vie. Mais j'ai douze enfants et qui sont petits. Je me suis marié tard. J'ai quitté le dernier qui avait neuf jours. Et maintenant, je le retrouverai avec ses premières dents. » « Une belle famille...» commente Marie, et elle termine : « Que le Ciel te la conserve ! » « Je ne me plains pas de son aide bien que je la mérite bien peu. » Jésus lui demande : « Tu es au moins prosélyte ? » « Je devrais l'être… mes ancêtres étaient de vrais israélites. Puis... nous nous sommes acclimatés là... » « Il n'y a qu'un air dans lequel l'âme s'acclimate : celui du Ciel. » « Tu as raison. Mais tu sais... Le bisaïeul épousa une femme qui n'était pas d'Israël. Les fils ont été moins fidèles.,. Les fils des fils se sont mariés avec des femmes qui n'appartenaient pas à Israël, en donnant des enfants qui étaient seulement respectueux du nom juif, car nous sommes juifs d'origine. Maintenant moi, petit-fils des petits-fils... plus rien : Au contact de tout le monde, j'ai emprunté à tout le monde, jusqu'à n'appartenir plus à personne. » « Tu raisonnes mal et je vais te le prouver. Si en allant par cette route que tu sais être la bonne tu trouvais cinq ou six personnes qui te diraient : "Mais non, va de ce côté", "Reviens en arrière", "Arrête-toi", "Va vers l'est", "Tourne vers l'ouest", que dirais-tu ? » « Je dirais : "Je sais que celle-ci est la plus courte et la plus facile, et je ne la quitte pas". » « Ou encore : toi, devant traiter une affaire et sachant la manière d'aboutir, écouterais-tu ceux qui par pure forfanterie ou par un calcul astucieux te diraient d'agir autrement ? » « Non. Je suivrais ce que mon expérience m'indique de meilleur. » « Très bien. Toi, originaire d'Israël, tu as derrière toi des millénaires de foi. Tu n'es pas stupide ni inculte, pourquoi alors absorbes-tu les contacts de tout le monde en matière de foi, alors que tu sais les repousser en matière d' argent ou de sécurité des routes ? Cela ne te semble-t-il pas une chose déshonorante même humainement parlant ? Faire passer Dieu après l'argent et le chemin... » « Je ne fais pas passer Dieu après, mais je l'ai perdu de vue... » « Car tu prends pour des dieux le commerce, l'argent, la vie. Mais 426> c'est encore Dieu qui te permet de les avoir, ces choses... Pourquoi alors es-tu entré au Temple ? » « Par curiosité. Sur le chemin, en sortant d'une maison où j'avais négocié des marchandises, j'ai vu un groupe d'hommes qui te vénéraient et il m'est revenu à la mémoire une conversation que j'avais entendue à Ascalon chez une femme qui fabriquait des tapis. J'ai demandé qui tu étais parce que j'avais soupçonné que tu étais celui dont la femme m'avait parlé. Et l'ayant appris, je suis venu derrière Toi. J'avais fini mes affaires pour ce jour-là... Puis je t'ai perdu de vue. A Jéricho, je t'ai revu mais seulement un moment. Aujourd'hui, je t'ai retrouvé... Voilà... » « Voici donc que Dieu unit et entrecroise nos routes. Moi, je n'ai pas de dons à t'offrir pour te remercier de ta bonté. Mais avant de te quitter, j'espère te faire un don, à moins que tu ne m'abandonnes auparavant. » « Non, je ne le ferai pas ! Alexandre Misace ne se retire pas quand il s'est offert ! Voici : derrière ce tournant commence le pays. Je vais en avant. Nous nous reverrons à l'hôtellerie » et il éperonne sa monture et part presque au galop sur le bord de la route. « C'est un homme honnête et malheureux, mon Fils » dit Marie. « Et tu le voudrais heureux selon la Sagesse, n'est-ce pas ? » Ils Se sourient doucement dans les premières ombres du soir. ...Dans la longue soirée d'octobre, réunis tous dans une vaste pièce de l'hôtellerie, les voyageurs attendent l'heure du coucher. Dans un coin, tout seul, le marchand est occupé à ses comptes. Dans le coin en face, Jésus avec tous les siens. Il n'y a pas d'autres hôtes. Des écuries arrivent des braiments, des hennissements et des bêlements. Cela laisse supposer qu'il y a à l'hôtellerie d'autres personnes, mais peut-être sont-elles déjà au lit. Margziam s'est endormi dans les bras de la Madone, oubliant du coup qu'il est "un homme". Pierre sommeille et il n'est pas le seul. Même les bavardes femmes âgées sont à moitié endormies et se taisent. Sont bien éveillés Jésus, Marie, les sœurs de Lazare, Sintica, Simon le Zélote, Jean et Jude. Sintica est en train de fouiller dans le sac de Jean d'Endor comme pour y chercher quelque chose. Mais ensuite elle préfère venir près des autres et écouter Jude d'Alphée qui parle des conséquences de l'exil de Babylone et dit en finissant : « ...peut-être cet homme en est-il encore une conséquence. Tout exil est une ruine... » Sintica fait un signe involontaire de la tête, mais elle ne dit rien et 427> Jude d'Alphée termine : « Pourtant il est étrange que quelqu'un puisse se dépouiller de ce qui est le trésor de siècles entiers pour devenir entièrement nouveau, surtout en ces choses de religion, et d'une religion telle que la nôtre... » Jésus répond : « Tu ne dois pas t'étonner en voyant Samarie au sein d'Israël » Un silence... Les yeux sombres de Sintica regardent fixement le profil serein de Jésus. Elle le regarde avec intensité, mais elle ne parle pas. Jésus sent ce regard et se tourne pour la regarder. « Tu n'as rien trouvé à ton goût ? » « Non, Seigneur. Je suis arrivée au point de ne savoir plus concilier le passé avec le présent, les idées d'auparavant avec celles de maintenant. Et il me semble que c'est pour ainsi dire une trahison, car mes anciennes idées m'ont vraiment aidée à avoir celles de maintenant. Ton apôtre parlait bien,.. Cependant ma ruine est une heureuse ruine. » « Qu'est-ce qui est en ruines pour toi ? » « Toute la foi dans l'Olympe païen, Seigneur. Et pourtant je suis un peu troublée, parce qu'en lisant votre Écriture - Jean me l'a donnée et je la lis parce que sans connaissance il n'y a pas de possession - j'ai trouvé qu'il y a même dans votre histoire... des commencements, dirai-je, il y a des faits qui ne sont pas très différents des nôtres. Maintenant, je voudrais savoir... » « Je t'ai dit : demande et je répondrai. » « Est-ce que tout est erreur dans la religion des dieux ? » « Oui, femme. Il n'y a qu’un Dieu qui ne provient pas d'autres dieux, qui n'est pas soumis aux passions ni aux besoins humains, un Dieu Unique, Eternel, Parfait, Créateur. »
« Femme, moins que d'autres tu devrais me le demander. Tu as lu en effet des œuvres qui pourraient par elles seules répondre à ta question. Toi, aujourd'hui, par associations d'idées, tu es passée du souvenir de tes montagnes natales au souvenir des mythes natals et à leur comparaison. N'est-ce pas ? Pourquoi cela ? » « Parce que ma pensée en se réveillant, s'est souvenue. » « Très bien. Même les âmes des plus anciens qui ont donné une religion à ta terre se sont souvenues. Confusément comme peut le faire quelqu'un qui est, imparfait, séparé de la religion révélée. Mais elles se sont toujours souvenues. Dans le monde il y a beaucoup de religions. Eh bien, si nous avions ici, en un tableau net, toutes leurs particularités, nous verrions qu'il y a comme un fil d'or perdu dans l'abondante boue, un fil qui a des nœuds où sont renfermées des parcelles de la Vérité vraie. » « Mais ne venons-nous pas tous d'un même cep ? Tu le dis. Alors, pourquoi les anciens des anciens venant du cep originel n'ont-ils pas su apporter avec eux la Vérité ? N'est-ce pas une injustice de les en avoir privés ? »
« En partie. Mais maintenant je vais y réfléchir. La nuit est l'amie de celui qui réfléchit et se recueille en lui-même. » « Alors allons nous recueillir chacun en nous-mêmes. Allons, amis. La paix à vous, femmes, La paix à vous, mes disciples. La paix à toi, Alexandre Misace. » « Adieu, Seigneur. Dieu soit avec Toi » dit le marchand en s'inclinant... |
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